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Au cours des années 1908-191 L, Monod a traité en tout 21 étalons dourinés. Quelques cas ont été traités soit par l'atoxyl seul (comme le 1"), soit par l'orpiment seul. Mais, Monod a été amené à donner la préférence à la médication associée, en accordant le rôle principal à l'atoxyl (à là dose de 5 gr. sous la peau) et en alternant son administration avec celle du trisulfure d'arsenic (à la dose de 30 gr. en bols) ou de l'émétique (1 gr. 75 dans la veine) ou des deux à la fois. Dans les derniers cas traités, Monod s'en est tenu à cette association. Chaque traitement comprend deux séries séparées par un repos de 10 jours. Chaque série se compose de 5 closes d'atoxyl et 5 du médicament associé ; on administre une dose alternée tous les deux
Sur les 21 animaux, un est mort, au cours du traitement, d'une affection étrangère à la dourine; deux autres sont morts intoxiqués parle trisulfure d'arsenic. Tous les autres sont guéris. D'aucuns ont été remis en service comme étalons, d'autres conservés entiers ou castrés ont été versés dans des corps de troupes et y font un excellent service1.
Au cours de ces dernières années, l'arsénophénylglycine a été essayée de divers côtés. Zwick et Fischer ont traité à plusieurs reprises, à la dose de 5 cgr. par kg., un cheval infecté depuis longtemps; l'amélioration a été passagère. Un autre cheval, qui a reçu 3 injections, paraissait guéri.
Watson, après avoir employé l'atoxyl seul ou associé à d'autres médicaments, sans résultats concluants2, a expérimenté avec l'arsénophénylglycine; les premiers résultats sont encourageants.
A l'Ecole Vétérinaire de Bucarest, l'arsénophénylglycine a donné d'excellents résultats dans le traitement de la dourine1.
L'arsénophénylglycine a été employée à la dose de 3 à A cgr. par kg. (la dose de o cgr. est mal supportée), en solution au 10e donnée dans la veine jugulaire. 9 étalons et 2 juments ont été guéris.
Chaque animal traité et guéri a reçu trois closes d'à. ph. gl., à intervalles de lo jours, et 1/2 ou 1/3 de dose, A ou 5 jours après la première.
Cette petite dose ainsi donnée est très importante. Riegler et A. Ciuca avaient constaté en effet que le cheval se sensibilise après la première injection à tel point que la deuxième injection donnée 10-12 jours plus tard à dose entière, occasionne des phénomènes très graves, rappelant l'anaphylaxie sérique chez le cheval, qui ont amené la mort en cinq minutes de deux chevaux. Avec la petite dose
1. Monod, Bull. soc. méd. vétér., 30 nov. 1900, p. 500, el documents inédits.
2. L'existence de guérisons spontanées dans la dourine canadienne rend particulièrement difficile l'interprétation des résultats.
3. Popesco, Thèse Ecole supér. Méd. Vétér. de Bucarest, mai lOli,
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intermédiaire, ces accidents sont évités. Les injections, ainsi pratiquées, ne produisent plus que quelques phénomènes bénins, qui ne durent pas plus d'une demi-heure; il est bon de promener le cheval 15 minutes après l'injection.
Dès la première injection, les plaques cutanées et les œdèmes aigus du fourreau disparaissent définitivement. L'animal redevient vif, le poids augmente; il en est de même du nombre des hématies et du taux de l'hémoglobine. Jamais on ne voit de trypan.
Un étalon qui a reçu de l'a. ph. gl. et du trypanbleu à la dose de 2 cgr. 5 par kg. a également guéri.
§ 8. — Prophylaxie.
Prévention. — Nous rappellerons d'abord que c'est avec le trypan. de la dourine que. pour la première l'ois, l'action protectrice du sérum d'un animal à infection chronique a été reconnue (Rouget). L'auteur se servait du sérum de lapins ou de chiens devenus cachectiques; l'infection aiguë des souris était transformée en infection subaiguë ou chronique, cette dernière pouvant se terminer par guérison.
D'après Watson, le sérum d'équidés affectés de dourine chronique, protège, pendant un temps plus ou moins long, les équidés sains contre une inoculation virulente. Le sérum était donné à doses croissantes allant jusqu'à 300 ce.
Rabinowitsch et Kempner ont fait l'intéressante constatation que les rats immunisés contre le Tr. Lewisi ont un sérum actif sur le Tr. equiperdum. Uhlenhuth, Hùbener et Woithe, qui ont confirmé le fait, ont constaté exceptionnellement qu'un rat, infecté de Tr. Lewisi, ne contractait, du fait du Tr. equiperdum, qu'une infection chronique susceptible de guérison.
C'est surtout avec le Tr. equiperdum que Braun et Teichmann ont réalisé leurs expériences de vaccination de souris et de lapins avec des trypan. du sang de rats, isolés par centrifugation, desséchés, et gardés au contact du toluène. Nous en avons parlé au chapitre îx (voir p. 225) et au chapitre du nagana (voir p. 468), ce qui nous dispense d'y insister ici.
Immunité. — Les animaux en puissance de dourine (chevaux ou animaux d'expérience) ont une certaine immunité locale, car, font remarquer Schneider et Buffard, « ils ne manifestent aucun phénomène réactionnel au point d'inoculation, si on leur inocule de nouveau des quantités considérables du parasite ».
« Quelques chiens, dit Nocard, après avoir été extrêmement malades, ont fini par se rétablir et, depuis, ils se sont montrés corn-
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plètement immunisés; ils supportent sans le moindre malaise des doses énormes de sang ou de sérosité dourinique très riche en parasites. » (Soc. de Biologie, \ mai 1911, p. 466.)
Nous avons vu que les Ruminants, guéris de leur infection, ont une immunité solide. Il en serait de même, en règle générale, des chevaux canadiens guéris spontanément (Watson).
Police sanitaire. — La prophylaxie de la dourine est a priori très facile à réaliser, 11 n'est même pas utile, comme pour les autres maladies à trypanosomes, de supprimer les animaux atteints. Il suffit de les mettre dans l'impossibilité de propager la maladie. La castration de tous les étalons dourinés s'impose; dans les pays où sévit la maladie, elle est exigée par la loi. Pour les juments, il est prudent d'exiger l'abatage. En Algérie, en territoire civil, les maires ou les administrateurs ont le droit d'exiger cet abatage.
Mais, pour appliquer les lois et règlements concernant la dourine, il est nécessaire de savoir faire le diagnostic de cette maladie. Or si, chez les chevaux, le diagnostic est généralement facile quand la maladie est à la période d'état, il est souvent difficile à la période de début ; il est toujours difficile chez l'âne.
A cet égard, le diagnostic microbiologique pourra rendre les plus grands services : examen microscopique des sérosités d'œdèmes et, si cet examen est négatif, inoculation au chien d'une quantité aussi grande que possible de la sérosité ou, à son défaut, du sang de l'animal suspect.
Par de simples visites sanitaires, on a pu jusqu'ici protéger la France contre l'invasion de la dourine qui peut lui être apportée de l'Algérie ou de la Navarre, où la maladie est endémique. Les animaux suspects sont écartés définitivement de la reproduction.
En Algérie, la question de la prophylaxie de la dourine est beaucoup plus complexe. « Le baudet est le propagateur de l'affection, le véhicule du trypan., et l'ânesse l'agent conservatéur. C'est le baudet « rouleur », faisant la saillie clandestine, que l'on retrouve à l'origine de toutes les explosions de dourine. Dans les régions d'industrie mulassière, il contamine les juments qui lui sont présentées. Si ces juments ne sont pas fécondées par le baudet, ce dont on s'aperçoit au mois de mai, elles sont conduites malades, mais offrant des symptômes peu visibles, aux étalons de la remonte qui s'infectent à leur tour. Ainsi s'explique l'habituelle apparition de la dourine, dans les haras de l'Etat, vers la fin du mois de mai ou clans la première quinzaine de juin, c'est-à-dire dans le dernier mois de la monte » (Schneider et Buffard).
Le problème à résoudre est donc difficile : empêcher les saillies clandestines, faites, en dehors des marchés, par les baudets non déclarés.
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Si la dourine devient, comme il y a lieu de l'espérer d'après les faits enregistrés, une maladie curable, la police sanitaire pourra être modifiée. Monod propose : 1° que le traitement des animaux atteints soit autorisé à condition de les laisser soumis jusqu'à guérison à la surveillance du service sanitaire; 2° que les étalons traités et guéris puissent être conservés comme géniteurs.
Monod estime qu'un étalon peut être utilisé pour la monte s'il n'a montré aucun symptôme de dourine pendant les 6 mois qui suivent la cessation du traitement et si des injections sous-cutanées de 40 ce. de sang faites à des lapins dans les 3 mois qui précéderont la monte, à raison d'une injection par mois, restent sans résultat.
Appendice.
« Maladie de Soemedang » (Java).
Nous empruntons au Traité de Nocard et Leclainche (t. II, p. 584-585) les détails suivants sur cette maladie.
« En février 1900, Iiubenet découvre sur les étalons du haras de l'Etat, à Soemedang, une affection transmise par le coït aux juments indigènes et ressemblant au surra (qui, comme nous l'avons vu, existe dans d'autres régions de Java) et surtout à la dourine. Un cheval affecté, envoyé au laboratoire de Weltevreden, fait l'objet des recherches de de Does1. La « maladie de Soemedang » est caractérisée par des engorgements des organes génitaux, consécutifs à un coït infectant, accompagnés en général d'un catarrhe purulent de la muqueuse. Les œdèmes s'étendent sous l'abdomen et atteignent le poitrail. Des taches blanches se montrent sur la peau, au pourtour des orifices génitaux et sur le périnée. Des tumeurs œdémateuses arrondies (urticaire) sont constituées par une infiltration du tissu conjonctif sous-cutané. Il se produit ensuite une atrophie progressive des muscles, accompagnée de parésie du train postérieur. Si la maladie progresse, il survient de la paraplégie complète et les malades succombent. La terminaison par la mort est la règle chez l'étalon; mais la guérison des juments n'est pas rare. Les seules lésions rencontrées, en dehors des localisations génitales, consistent en un ramollissement de la moelle épinière, entourée, au niveau de la région lombaire, par un dépôt gélatineux qui infiltre aussi le nerf scia tique.
« La sérosité sanguinolente recueillie dans les œdèmes des organes génitaux contient quelques rares trypan.; mais ceux-ci n'ont jamais
[. J. Di Does, Boosaardige dekziekte in hel Soemedangsche, 111° Rapport. Veeartsenijlmndigc Bladcn voor Nederlandsch-Indië, I. XIV. 1901, p. 20-13.
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pu ôtre découverts dans le sang. Les parasites ne diffèrent pas de ceux du surra, quant a leur aspect.
« Les lapins inoculés sous la peau (1/4 à 5 ce. de sérosité) succombent, très amaigris, après 13 à 25 jours; on note seulement de la conjonctivite catarrhale et, parfois, de la parésie à l'approche de la mort. Les trypan. n'ont pu être décelés dans le sang en aucun cas; cependant l'inoculation du sang d'un malade, à close massive (3 ce), peut tuer un autre lapin. Le chien, inoculé sous la peau ou par scarifications, ne présente aucun accident pendant 4 à 6 semaines '.
« Deux cobayes, injectés sous la peau avec 1/2 ce. du sang, sont restés indemnes. La souris blanche paraît aussi peu sensible. De Does estime que la « maladie de Soemedang » diffère à la fois du surra et de la dourine. En ce qui concerne la distinction avec la dourine, seule discutable, l'auteur fait remarqeur que l'affection de Java est loin d'être toujours mortelle; Thyperesthésie lombaire et la voussure du clos font défaut; l'engorgement des ganglions lymphatiques manque aussi presque toujours; les suites de l'inoculation aux animaux sont dissemblables. De Does pense qu'il s'agit d'une variété évolutive voisine de la dourine. Cette conclusion, imposée par les indications données, gagnerait à être appuyée sur des recherches expérimentales plus complètes et plus précises. »
I. « Les dix chiens inoculés ont tous succombé à une infection massive par les Ankylostomes (?). »