‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 257 sur 410 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

BALERI

Agent pathogène : Tr. Pecaudi, Laveran, 1907.

S 1. — Historique. Répartition.

Laveran a décrit, sous le nom de Trypanosoma Pecaudi, un trypanosome provenant d'un mouton inoculé à Garo (Haut-Sénégal) sur une ânesse infectée naturellement; le mouton avait été ramené à Paris par M. Cazalbou

Ce trypanosome avait été vu déjà par Cazalbou et par Pécaud, mais l'interprétation des faits était restée douteuse.

Dans un travail publié en 1904, Cazalbou note que, chez un cheval infecté dans la région du Bani, il a trouvé deux sortes de trypanosomes, dont l'une plus courte et plus large que l'autre; Cazalbou pense qu'il s'agit d'une infection double 2.

Dans plusieurs lettres, datées de Kati 1906, et adressées à M. Laveran, M. Pécaud parle d'infections- des équidés, delà région de la Voila, caractérisées par l'existence, dans le sang, d'un long trypan. avec un flagelle libre, et d'un autre trypan. court et large. Ces deux formes sont très visibles dans des préparations envoyées de Kati. Pécaud incline à croire qu'il s'agit d'une infection double, mais il constate qu'il n'a jamais réussi à séparer les deux trypanosomes.

D'après Cazalbou, Tr. Pecaudi est l'agent de la maladie que les indigènes de la Haute-Volta désignent sous le nom de baleri.

La baleri paraît avoir une assez grande extension dans l'Afrique inlerlropicale.

Elle est commune dans le Haut-Sénégal et Niger, parliculière-

1. A. Lavehan, Acad. des Sciences, 4 février 1907 cl Ann.de VInst. Pasteur, 1907, t. XXI, p. 338.

2. L. Cazalbou, Rec. de méd. vélér., I .i octobre 1004; Revue yen. de uièd. vétér., 15 mai 1907 et Notes de pathologie exotique, Paris, 1910.

Laveran et Mksnit.. — Trypanosomes et Trypanosomiascs. 42

658 TIt Y PANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

ment dans les territoires de la boucle du Niger, le long du Bani cl " de la Haute-Volta '.

Elle a été observée dans le Bas-Sénégal2, dans la Haute-Casamanctf8, dans la Haute-Côte d'Ivoire'', au Dahomey', au Congo français c, dans la région du Cbari 7.

Dans le Haut-Dahomey, les infections dues au Tr. Cazalboui et au Tr. dimorphon prédominent; celles dues au Tr. Pecaudi sont très rares ( Pécaud).

Balfour et Wenyon ont observé, chez des dromadaires cl, des équidés du Bahr-el-Ghazal, des infections probablement ducs au Tr. Pecaudi s.

Kleine et Fischer, dans la région du Tanganyka, ont trouvé, chez des antilopes et chez un mulet, un trypanosome dimorphe qui paraît devoir être identifié à Tr. Pecaudi*.

§ 2. — Évolution de la maladie. Symptômes.

Les infections naturelles par le Tr. Pecaudi sont communes chez le cheval et chez l'âne, plus rares chez les bovidés; il faut dire que les infections des bovidés qui sont souvent latentes, avec terminaison favorable, attirent moins l'attention que les infections toujours mortelles des équidés.

Equidés. — L'infection, chez les équidés, est caractérisée surtout par des accès de fièvre qui se répètent à des intervalles de 3, 4 ou .*> jours. Au moment des paroxysmes, la température atteint 40° et parfois 4-2°; dans l'intervalle, elle tombe rarement au-dessous de 37°. La mort survient en hyperthermie.

Les trypan., généralement nombreux au moment des premiers accès, deviennent rares pendant la dernière période;

La conjonctive est vivement injectée, parsemée de taches pétéchiales; il existe du larmoiement. Il n'est pas rare d'observer de la

1. Cazaldou, op. cit. — Doufkard, Ann. de Vlnst. Pasteur, 1008, l. XXII, p. I.

2. A. ThirOUX, H. VYurtz et A. Teppaz, Ami. de l'Inst. Pasteur, 1008, t. XXII. p. .584 et Soc. de path. exotique, mai IDOS. Laveran qui a pu étudiera Plnstîtul Pasteur, un trypanosome troùwé par Thiroux chez des chiens du Sénégal a constaté qu'il s'agissait du Tr. Pecaudi.

Page 1