Chillrc bien inférieur au chilTre réel
Angola, 3; île du Prince, 3; Gambie, 2; Cameroun, 1; Katanga, 1; Nigeria, 1; Sierra Leone ou Côte de l'Or, 1; Fernando Po ou Côte de l'Or, 1.
La saison la plus dangereuse est la saison des pluies qui favorise la multiplication des tsétsés.
Les guerres et la famine ont favorisé, en Afrique, la propagation de la maladie du sommeil; c'est la conséquence ordinaire de ces fléaux sur les maladies épidémiques et la maladie du sommeil, habituellement endémique, peut prendre le caractère épidémique.
Les soldats soudanais licenciés après la délivrance d'Emin pacha par Stanley èn 1888 ont contribué, d'après Christy, à répandre la maladie dans l'Ouganda; en 1901-1902, d'après le même observateur, la mortalité due à cette cause a été aggravée par la famine dans les îles du lac Victoria.
A la côte d'Ivoire, la maladie du sommeil était beaucoup moins commune qu'elle ne l'est aujourd'hui, avant l'invasion des bandes de Samory (Kermorgant).
Au Congo français, l'extension de la maladie a coïncidé, vers 1895, avec le développement de la colonisation, l'installation des factoreries et les expéditions militaires, nécessitant l'emploi de nombreux porteurs indigènes qui contractèrent la maladie clans les pays contaminés et la propagèrent dans des régions jusqu'alors indemnes.
§4. — Évolution de la maladie du sommeil chez l'homme. Symptômes. Complications.
I. Incubation. — La durée de l'incubation est très variable ; dans la plupart des cas il est d'ailleurs difficile de dire à quel moment l'infection s'est produite, et par suite quelle a été la durée de l'incubation.
On a cité, chez des Européens, quelques exemples d'une incubation n'ayant pas dépassé une dizaine de jours, très courte par conséquent1.
Par contre, on a cité des exemples d'incubations extrêmement longues, mais il s'agit, dans ces cas, bien plutôt de périodes de latence de la maladie que de périodes d'incubation; ces faits ont été recueil lis à une époque où l'on ne connaissait pas les symptômes du débul de la maladie qui était diagnostiquée seulement au moment • le l'apparition de l'hypnose, c'est-à-dire à sa phase ultime.
I. Broden, Travaux du labor. méd. de Léopoldcillc, Bruxelles, 1006. — Bhodkn et Kodhain, Areh. f. Schiffs u. Tropen Hyg., I" août 1008. — G. Martin cl Ledoeui-, Soc. de path. exotique, 8 juillet 1008.
D'après Corre, les habitants de l'île de Gorée (Sénégal) qui avaient séjourné en Casamance ne se considéraient comme étant à l'abri de la maladie du sommeil que lorsqu'il s'était écoulé une période de 7 ans an moins depuis leur départ de la zone contaminée.
Guérin, aux Antilles, a signalé des cas de maladie du sommeil chez des nègres qui avaient quitté l'Afrique 5 à 8 ans auparavant, et il n'est pas douteux que ces nègres avaient apporté d'Afrique le germe pathogène; jamais la maladie du sommeil ne s'est propagée aux Antilles.
La maladie peut apparaître, écrit Manson. alors qu'on a quitté depuis 7 ans les zones où elle est endémique.
Les observations de Dutton et Todd en Gambie, comme celles de Bruce et de ses collaborateurs dans l'Ouganda, montrent que, chez les nègres, la première phase de la maladie ne s'accompagne souvent d'aucune manifestation morbide apparente.
II. Evolution de la maladif,. Symptômes. — On peut distinguer deux périodes.
La première période, que nous désignerons sous le nom de période d'infection lymphatique et sanguine, est caractérisée principalement par une polyadénite lymphatique, une fièvre intermittente irrégulière avec augmentation de volume de la rate, de l'excitation cardiaque, des exanthèmes, de l'asthénie. Les trypanosomes se trouvent dans les ganglions lymphatiques hypertrophiés et dans le sang.
La deuxième période, que nous désignerons sovis le nom de période d'infection cérébro-spinale, est caractérisée par l'aggravation des symptômes généraux : fièvre, amaigrissement, perte des forces, et par la prédominance des symptômes cérébro-spinaux : tremblements, paralysies, troubles mentaux, apathie, somnolence, léthargie aboutissant au coma et 'à la mort. A cette période, c'est dans le liquide cérébro-spinal que l'on trouve d'ordinaire le plus facilement les trypanosomes.
La maladie qui est curable, lorsqu'elle est traitée avant l'apparition des symptômes cérébro-spinaux, paraît se terminer toujours par la mort chez les sujets qui ne sont pas soumis à temps à une médication appropriée.
Les deux périodes ne sont pas toujours bien distinctes ; les accident'- nerveux peuvent cire précoces; d'autre part, des complications entraînent parfois la mort avantque les symptômes nerveux se soient développés; les malades succombent alors sans qu'on observe chez eux l'état léthargique.
On n'a pas signalé jusqu'ici de différences notables cuire les infections produites, chez l'homme, par Tr. garnbiense et par TV. rhodesiense; nous verrons plus loin qu'il n'en est pas de môme
MALADIE DU SOMMEIL 693 pour les infections expérimentales provoquées chez les animaux par ces deux Irypanosomes.
A. Première période. — La polyadénite est un des symptômes les plus constants. « Nous avons toujours rencontré de l'engorgement des ganglions du cou, écrit Béttencourt; l'adénite cervicale est doue un symptôme constant. » L'envahissement général du système lymphatique a été constaté par le même observateur dans la proportion de 74 p. 100
Les recherches de Greig et Gray, confirmées par celles d'un grand nombre d'observateurs, ont montré que, chez les malades atteints de Irypaaosomiase à la première période, les parasites sont d'ordinaire plus nombreux dans les ganglions lymphatiques que dans le sang'2, ce qui augmente encore l'intérêt de ce symptôme; à propos du diagnostic, nous aurons l'occasion de revenir sur ce point et d'indiquer comment la ponction des ganglions doit être faite.
Les ganglions de la région cervicale ou de la région sus-claviculaire sont ceux qui s'hypertrophient avec le plus de constance; ils ont souvent le volume d'un gros pois ou d'un haricot; ils atteignent rarement le volume d'une noisette; il sont souvent plus gros et plus nombreux d'un côté que de l'autre. En général indolores, les ganglions sont quelquefois un peu sensibles à la pression. Au début de la maladie, ils ont souvent une consistance molle que Gray et Tulloch comparent à celle d'une prune mûre 3 ; à cette période, ils contiennent toujours des Irypanosomes. A une période plus avancée de la maladie, les ganglions s'inclurent.
Les ganglions sous-maxillaires, axillaires et inguinaux, souvent hypertrophiés comme les ganglions cervicaux, sont moins parasités en général que ces derniers.
La rate est hypertrophiée, mais le paludisme est fréquemment en cause. Nous verrons plus loin que l'examen des rates hypertrophiées, provenant de sujets ayant succombé à la maladie du sommeil, a permis de constater souvent des altérations relevant du paludisme. L'hvpersplénie s'observe d'ailleurs chez la plupart des animaux qu'on infecte avec Tr. gambiense, il est donc très admissible qu'elle se développe, chez .l'homme, sous l'influence de la seule trypanosomiase.
La fièvre est un des principaux symptômes. Les malades sont atteints d'une fièvre rémittente irrégulière 4 ; les poussées fébriles