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H.-L. Duke, Proceed. of the P. Soc, 28 mars

4. A. Kingiiohn et AV. Yorke, Ann. of trop. med. a. parasilol., 21) mars 1912.

TllYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

Dans la vallée de la Luangwa, le trypan. humain est propagé par * les Gl. morsitans; 5 p. 100 environ de ces mouches, infectées d'une façon permanente, sont capables de propager le virus; l'intervalle qui existe entre le repas infectant des mouches et le moment où elles deviennent capables de transmettre la maladie est d'environ 14 jours; une mouche qui s'est infectée, garde, pendant toute sa vie, le pouvoir de transmettre la maladie et elle est infectante à chaque sucée de sang; la transmission mécanique ne se produit pas si un intervalle de 24 heures ou plus s'est écoulé depuis la sucée infectante; il paraît prouvé que dans l'intervalle qui existe entre la sucée infectante et le moment auquel la transmission devient possible, les parasites existant chez les mouches ne sont pas infectieux.

Kinghorn et Yorke ont expérimenté, d'une part avec des Gl. morsitans élevées au laboratoire, d'autre part avec des Gl. morsitans capturées à l'état sauvage et infectées naturellement.

Des antilopes : waterbuck (Cobus ellipsiprijmnus), hartebeest (Bubalis Lichtensleini), mpala (Aepyceros melampus), un warthog ( Phacochœrus œlluopicus) et un chien indigène ont été trouvés infectés par le Tr. rhodesiense. Il semblerait, d'après ces premièn ss constatations, que les infections produites par le Tr. rhodesiense chez les animaux sont plus communes que celles produites par le Tr. gambiense.

§ 10. — Diagnostic. Pronostic.

Diagnostic'. — Le diagnostic de la trypanosomiase humaine présente un grand intérêt, non seulement pour les médecins appelés à exercer dans les régions de l'Afrique intertropicale où cette maladie est endémique, mais aussi pour les médecins européens.

On a vu (p. 690) que les individus de race blanche s'infectent comme ceux de race noire et que la gravité de la maladie est aussi grande pour le moins chez les premiers que chez les seconds. Comme la durée de la maladie est longue, et que les Européeninfectés sont rapatriés, les médecins d'Europe ont des occasions, non rares, pour les pays qui ont des colonies dans l'Afrique équatoriale, d'observer la trypanosomiase humaine.

Il importe d'autant plus de faire le diagnostic, et de le l'aire de bonne heure, que l'on connaît aujourd'hui des médications d'une efficacité incontestable dans la trypanosomiase et que ces médications ont d'autant plus de chances de succès que la maladie est à une période moins avancée de son évolution. Dans les pays où la

1. Ce paragraphe est emprunté m partie, au rapport fail par le D' Laveran au Congrès internat, d'hygiène de Berlin m 1907 sur le diagnostic de la trypanosomiase humaine.

trypanosomiase règne à l'état endémique, le diagnostic précoce a une grande importance, non seulement au point de vue du traitement, mais aussi au point de vue de la prophylaxie.

Quelques-uns des symptômes de la trypanosomiase sont assez constants pour constituer d'excellents signes de l'infection, mais aucun d'eux n'est pathognomonique ; le diagnostic n'est confirmé que lorsque la présence des trypan. a été constatée.

Au point de vue du diagnostic, il y a donc lieu d'étudier : les symptômes les plus constants de la trypanosomiase, symptômes dont l'existence chez un malade doit éveiller l'attention du médecin; les procédés d'exploration qui permettent de constater l'existence des trypan. clans le sang, dans la lymphe ou dans le liquide cérébrospinal; enfin les procédés de séro-diagnostic.

La provenance des malades fournit une indication précieuse. On connaît bien aujourd'hui les régions de l'Afrique dans lesquelles la trypanosomiase humainë est endémique, et il n'y a pas d'exemple que la maladie se soit propagée en dehors de ses foyers africains. La répartition de la maladie du sommeil a été exposée au début de ce chapitre, nous n'y reviendrons pas ici.

Le fait qu'un malade a quitté depuis des mois, voire même depuis plusieurs années les zones d'endémicité, ne doit pas faire écarter le diagnostic de trypanosomiase. Une période de latence fort longue (pouvant atteindre six années) a été notée quelquefois, au moins chez des noirs; chez les Européens, l'incubation est d'ordinaire beaucoup plus courte.

A la première période de la maladie, les symptômes les plus constants sont : les poussées fébriles, les exanthèmes, la tachycardie, l'hyperesthésic profonde, l'asthénie, l'hypersplénie et la polyadénite lymphatique.

Les poussées fébriles, symptomatiques de la trypanosomiase, durent d'ordinaire plusieurs jours; elles sont séparées par des périodes apyrétiques. En général, la température s'élève moins que dans les accès palustres; le frisson initial est rare et les sueurs terminales sont peu abondantes; les paroxysmes fébriles ont lieu le plus souvent le soir, contrairement à ce qu'on observe dans le paludisme.

Les poussées fébriles qui' se produisent d'ordinaire à intervalles irréguliers, affectent chez certains malades une périodicité qui peut induire en erreur en faisant croire à l'existence d'accès palustres.

La quinine est sans action sur la fièvre.

Les poussées fébriles s'accompagnent souvent d'éruptions cutanées; il s'agit tantôt de plaques d'érylhôme qui se montrent sur différents points du corps, tantôt d'éruptions papulo-vésiculeuscs plus ou moins prurigineuses.

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L'excitation cardiaque s'observe non seulemenl pendant les poussées fébriles, mais aussi pendant les périodes d'apyrexie. Le nombre des pulsations, rarement inférieur à 100, s'élève parfois à L30 ou même à L40 par minute.

L'hyperesthésie profonde fournit une indication liés utile.

L'asthénie est un des symptômes les plus constants. Les malades perdent leurs forces; ils éprouvent, au moindre effort, une sensation de fatigue qui leur rend le travail très pénible.

L'hypersplénie n'est pas constante au début; d'autre part, le fait que le paludisme est endémique dans les régions où règne la trypanosomiase, enlève à ce signe beaucoup de sa valeur.

La polyadénite lymphatique qui ne s'observe jamais dans le paludisme a, au contraire, une grande importance au point de vue du diagnostic de la trypanosomiase ; elle fait rarement défaut, mais elle existe, suivant les sujets, à des degrés très variables.

La tuméfaction des ganglions est parfois générale, et si accentuée qu'elle attire tout de suite l'attention; les ganglions cervicaux forment des chapelets très apparents; d'autres fois les adénites sont légères et une exploration attentive des différentes régions du corps est nécessaire pour les constater. Les ganglions hypertrophiés sont indolores à la pression, ils roulent sous le doigt, n'adhèrent pas à la peau et n'ont pas de tendance à suppurer.

La polyadénite lymphatique a une grande importance non seulement à cause de sa fréquence dans la trypanosomiase, mais aussi parce que la ponction des ganglions hypertrophiés permet souvent de meltre en évidence les trypan. ; nou> reviendrons plus loin sur ce point.

A la première période de la maladie, le diagnostic différentiel se pose surtout avec le paludisme et avec la filariose qui sont endémiques dans la plupart des régions où sévit la trypanosomiase.

Les poussées fébriles symptomatiques de la trypanosomiase diffèrent notablement des accès palustres; alors même qu'elles se produisent, avec une certaine périodicité, l'inefficacité de la quinine permet d'écarter le diagnostic de paludisme.

Les poussées fébriles irrégulières de la filariose ont une grande analogie avec celles de la trypanosomiase.

L'examen histologique du sang permet le plus souvent de résoudre ces problèmes. La présence dans le sang des hémamibes du paludisme ou des embryons de filaires ne doit pas toutefois faire écarter le diagnostic de trypanosomiase. car cette dernière maladie est souvent associée, chez un même sujet, au paludisme ou à la filariose.

La deuxième période delà trypanosomiase est caractérisée surtout parles progrès de l'asthénie et par les symptômes nerveux : tremblements, apparents surtout à la langue et aux mains, troubles de la

marche (marche hésitante, titubante), paresse intellectuelle, somnolence qui. augmentant peu à peu d'intensité, se transforme en léthargie et aboutit au coma et à la mort. L'intensité de ces symptômes est très variable. La somnolence, parfois précoce, fait défaut dans d'autres cas jusqu'à la (in.

Certains malades accusent des douleurs vives dans la tête, le long du rachis ou dans les extrémités inférieures; il existe des zones d'hyperesthésie ou d'anesthésic. Il faut citer encore: les paralysies, les contractures, les convulsions épileptiformes, les troubles psychiques.

Les œdèmes, parfois très prononcés, font défaut dans d'autres cas.

A la deuxième phase de son évolution, la trypanosomiase peut être confondue surtout avec les affections cérébrales : paralysie générale, tumeurs cérébrales, pachyméningite hémorragique, etc.. Les lésions de la paralysie générale et celles de la trypanosomiase présentent de grandes analogies; dans les deux cas il y a une méningo-eneéphalile diffuse; on conçoit donc qu'il existe également de grandes analogies symptomatiques entre les deux maladies.

Le diagnostic différentiel avec les formes méningées delà syphilis et avec les méningites chroniques présente parfois de grandes difficultés.

On a vu plus haut que les troubles psychiques n'étaient pas rares chez les malades atteints de trypanosomiase. La forme ordinaire de ces troubles est la confusion mentale, mais les malades peuvent présenter en outre des idées délirantes sous l'influence desquelles ils commettent des actes délictueux ou criminels. Des sujets atteints de trypanosomiase ont été internés plus d'une fois dans des asiles d'aliénés. « Tr. gambiense doit être recherché, écrit Thiroux, dans tous les cas d'aliénation mentale chez les sujets qui ont séjourné à la Côte occidentale d'Afrique et principalement au sud du Sénégal 1 ».

L'hypnose n'est, pas spéciale à la maladie du sommeil, on peut l'observer chez des sujets atteints de tumeurs cérébrales, d'encéphalite diffuse, etc..

Il nous paraît inutile d'insister sur le diagnostic différentiel de la trypanosomiase et, des affections cérébrales qui peuvent être confondues avec elle. L'existence de troubles nerveux, chez un sujet qui a séjourné dans une des régions où la trypanosomiase est endémique, doit seulement éveiller l'attention du médecin sur la possibilité de cette affection, c'est à la recherche des trypanosomes, recherche dont nous allons maintenant nous occuper, qu'il faut demander la confirmation du diagnostic.

1° Examen du sang. — Chez certains malades, les trypanosomes

l. \. Tmnoux, Revue de Psychidlrie, septembre 1910.

sont assez nombreux pour qu'il soil facile de constater leur présence dans les préparations de sang frais, faites par le procédé ordinaire.

Martin et Lebœuf en procédant méthodiquement à 1 examen histologïque de préparations ordinaires du sang frais de sujets atteints de maladie du sommeil, caractérisée cliniquement, ont réussi. 39 fois sur 100, à trouver des trypanosomes '.

Les trypan. sont moins rares dans le sang, à la première période de la maladie qu'à la deuxième. Pendant les poussées fébriles, leur nombre augmente, mais on peut les trouver également pendant les intervalles d'apyrexie2.

D'après Dutlon, Todd ctTobey, aucun changement correspondant au jour ou à la nuit ne s'observe dans le nombre des trypan. de la grande circulation

Il est plus facile de trouver les trypan. dans le sang frais que dans le sang desséché et coloré. Quelques observateurs ont préconisé le procédé des frottis épais de sang desséché (non fixé) et coloré (voir chap. vin, p. 162). .

Les préparations de sang frais ne doivent pas être trop minces; l'examen sera fait avec un grossissement de 200 à 250 diamètres. Les mouvements que les trypan. impriment aux hématies servent à déceler leur présence.

Lorsque l'examen du sang, dans des préparations ordinaires, est négatif, il y a lieu de procéder à cet examen après centrifugation (voir chap. vin, p. 162).

Auto-agglutination des hématies. Lorsqu'on examine une préparalion du sang frais d'un individu atteint de trypanosomiase, on constate presque toujours que les hématies, au lieu de se disposer en piles de monnaie, comme dans le sang normal, forment au bout de 10 à 15 minutes des amas irréguliers, qu'elles s'agglutinent en un mot*. Pour bien observer le phénomène, il faut faire des préparations qui ne soient pas trop minces.

L'examen à l'œil nu, par transparence, suffit le plus souvent pour mettre en évidence l'auto-agglutination des hématies; au lieu d'une couche rougeâtre à peu près uniforme, on distingue un pointillé rouge avec des espaces clairs intermédiaires. Dans les cas où le phénomène est peu apparent à l'œil nu, on peut examiner la préparation à la loupe ou au microscope, en se servant d'un objectif très faible.

[. G. Martin et Lebœuf, Soc. de path. exotique, 14 octobre 1908.

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