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ÉLOIGNER DES AGGLOMÉRATIONS OU DE METTRE L'HOMME A L'ABRI DE LEURS

piqûres. — Les glossines, les Gl. palpaiis en particulier, ont besoin, pour s'abriter et pour se multiplier, des terrains humides, recouverts de brousse, qui se rencontrent sur les bords des cours d'eau; aussi le débroussement est-il indiqué par tous les observateurs comme une des mesures les plus utiles que l'on puisse prendre contre la maladie du sommeil. Le débroussement doit être pratiqué autour des agglomérations dans un rayon de 2 km. environ.

Le débroussement par le feu qui est employé d'ordinaire par les indigènes a l'inconvénient de détruire, non seulement la brousse, mais aussi les grands arbres qui sont utiles à différents points de vue et qui ne servent pas d'abri aux glossines. On emploiera donc de préférence le débroussement à la main, en ménageant les arbres à partir de 4 mètres de hauteur2. Les arbres ébranchés jusqu'à 3 mètres au-dessus du sol ne sont pas nuisibles, à la condition qu'ils ne soient pas trop serrés. Là où il n'y a pas d'arbres à ménager, la brousse sera brûlée directement, si la chose est possible, ou bien coupée et brûlée sur place après dessiccation.

1. Consulter, sur la question de la prophylaxie de la maladie du sommeil, les rapports, déjà cités, des missions allemande, anglaises, française et portugaise et les travaux qui suivent : A.-R. Gook, Lancet, 2G oct. 1907. — IIodges, Reports of the sleep. sickn. Commiss. of the R. Soc, n° 9, 1908. — G. Martin, Ledoeuf et Roubaud, Kérandkl, Bouffard, Soc. de path. exotique, mai 1908. — A. Laveran et Kermor- Gant, Rapport, Soc. de path. exotique, 10 juin 1908. — J.-L. Todd, J3ri7. med. Journal, 10 oct. 1908. — Bulletin of sleep. sickn. Bureau, n° 3, janvier 1909. — A. Kinghorn et R.-E. Montgomery, Armais of trop. med. a. parasit., 20 oct. 1909. — Steudel, Deulsches Kolonialblatl, 18 mai 11)12 et Beihefte zum Arch. f. Schiffs u. Trop. Hyg., mai 1912. — A. Laveran et A. Tmnoux, Rapport sur la prophylaxie de la maladie du sommeil au Congrès internat, d'hygiène et de démographie de Washington, sept. 1912.

2. Tmnoux, Wurtz et Teppaz, Ann. Inst. Pasteur, 1908. — A.-D.-P. IIodges, Ohs. relating lo clearing measures, Sleep. sickn. Bureau, R. Soc, 1909.

Le débroussemen't doit se faire à la périphérie, et, s'il y a lieu, à L'intérieur môme des villages, autour des habitations isolées, des factoreries, des postes ou résidences, des points d'eau, des lavoirs fréquentés, aux points d'amarrage des pirogues el d'escale des bateaux, au passage des gués sur les routes fréquentées, aux abords des ponts, le long des voies ferrées, dans une étendue de 100 m. environ de chaque côté de la voie. Au Congo belge, 31 brigades sanitaires comprenant 1680 hommes sont employées au débrousscment ou au déboisement.

Le débroussement a pour effet, non seulement d'écarter les glossines, mais encore d'empêcher leur multiplication. Les larves et les pupes de ces mouches sont très sensibles à la chaleur; elles meurent quand le sol dans lequel elles ont été déposées est soumis, sans protection, aux ardeurs des rayons solaires '.

Il est indiqué de combler les mares inutiles au voisinage des villages, ce qui constitue également une mesure des plus efficaces au point de vue de la prophylaxie du paludisme, et de pourvoir les villages de puils d'un accès facile, afin que les indigènes ne soient pas obligés d'aller puiser de l'eau dans les marigots à glossines.

Lorsque des villages indigènes sont installés sur les bords de lacs ou de cours d'eau où abondent les Gl. palpalis, et que la maladie du sommeil règne avec intensité dans la région, la mesure la plus efficace consiste à abandonner ces villages, et à transporter les habitants dans des localités exemptes de glossines. Les villages des peuplades africaines sont- vite reconstruits, et à peu de frais.

Dans l'Ouganda, la population indigène d'un grand nombre de localités fortement infectées à été déplacée; c'est ainsi que la population des îles Sese (lac Victoria) a été évacuée sur d'autres régions. Pendant l'année 1909, 23 996 personnes ont été éloignées des localités infestées par les glossines. Grâce à cette mesure et au déboisement ou débroussement, largement pratiqué, la mortalité par la maladie du sommeil a considérablement diminué. Dans le Buganda, le chiffre des décès par trypanosomiase qui, en 1905, avait été de 8 003, est tombé, en 1909, à 925; il a été de 1 546 en 1910.

Dans la région de la Luapula (Rhodésia), bon nombre de villages indigènes ont été déplacés également et éloignés des zones à Gl. palpalis ~.

Le déplacement des villages présente cet inconvénient que les localités abandonnées se peuplent de gros gibier et notamment d'antilopes qui paraissent pouvoir servir de réservoir au virus et que les Glossina palpalis y pullulent.

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