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le debab à une souris par des Tabanus tomeniosus qui avaient. 22 heures auparavant, piqué un rat infecté. Il faut ajouter qu'à côté de ce résultat positif, 'les Sergent en ont eu une série de négatifs alors que l'intervalle entre les deux piqûres n'était que de 18 à 70 minutes.
Jusqu'ici des expériences à long intervalle, imitant par exemple celles de Kleine et de ses continuateurs, n'ont pu être réalisées, les insectes mourant trop vite en captivité. La recherche d'une évolution chez ces insectes n'a rien donné de démonstratif.
A notre avis, les maigres résultats enregistrés ne permettent pas de considérer la question du mode de propagation des maladies du type surra, comme définitivement résolue. Ces résultats sont en effet tout à fait superposables à ceux obtenus, dans les mêmes conditions, en particulier avec les mêmes insectes, pour les maladies du type nagana, les maladies à tsétsés. Edm. et Et. Sergent1 ont mis le fait en évidence en expérimentant parallèlement avec le nagana, le debab et la dourine. Ils ont vu qu'avec les trois virus, on obtenait le passage du trypan. d'animal malade à animal sain, en se servant de tabanides qui piquaient successivement et sans intervalle les deux animaux. On n'a pas de meilleurs résultats avec le virus pour la transmission duquel on incrimine les tabanides
La question, a laquelle nous venons de faire allusion, du transport des maladies à tsétsés par d'autres insectes que les glossines, a été envisagée par de nombreux auteurs et les résultats sont assez discordants. On a enregistré des résultats positifs, en particulier en se servant de stomoxes2, soit en obligeant les insectes à piquer successivement des animaux malades, puis des animaux sains, soit en mettant dans une même enceinte à parois grillagées les animaux malades et sains et eu lâchant dans cette enceinte un certain nombre d'insectes. D'autres auteurs, parmi lesquels il convient de citer Bruce eî ses collaborateurs, n'ont guère eu que des résultats négatifs (expériences de l'Ouganda avec Tr. pecorum et tabanides); même en se servant de tsétsés. on ne réussit pas toujours la transmission directe, bien que les résultats soient en général meilleurs qu'avec d'autres insectes piqueurs (Minchin. Bruce); ce dernier auteur refuse pourtant d'attacher de l'importance à la transmission mécanique.
Pour expliquer les discordances, on a allégué que dans les expériences positives, on se servait surtout d'animaux de laboratoire fortement infectés, condition qui n'est ordinairement pas réalisée dans la nature. Il nous semble que toutes les expériences ne
1. Bdm. et Kl. Sergent, Ann. Insl. Pasteur, 1. XX, 1008, pp. 07!) et 880.
2. Schi-berg ci Kuiin, Arb. a. d. Kais. Cesundheitsamtc, U XXXI, 1911.
7G TRYPANOSOMES ET TRYPÀNOSOMIASES
méritent pas celle critique. Nous citerons en particulier celle faite à Bamako par Bouffard 1 et qui a porté sur des veaux atteints de souma; les stomoxes ont transmis la maladie dans des conditions que Ton a le droit de regarder comme reproduisant les conditions naturelles : les bovidés sont les principaux animaux qui prennent la souma au Soudan et les stomoxes piquaient librement les veaux mis en expérience. De plus, une étude serrée de la question de la propagation naturelle de la souma a permis à Bouffard2 d'établir que pour un troupeau déterminé, les premiers cas étaient toujours produits par la piqûre des tsétsés conservatrices du virus (v. ei-dessus) ; mais, une fois la maladie introduite, elle prenait l'allure épizootique en l'absence de toute glossine; les autres insectes la propageaient.
Il y a là une notion très intéressante bien mise en évidence et on ne peut que souhaiter que, clans de nouvelles expériences à entreprendre pour d'autres virus, on cherche à se rapprocher, plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici, des conditions naturelles.
Parmi les insectes avec lesquels on a pu obtenir la propagation des trypanosomes, il convient de citer les Moustiques. Fùlleborn et Mayer:!, à Hambourg, ont transmis les trypan. (sp.?) avec des Slegomyia; G. Martin, Lebœuf et Boubaud, à Brazzaville1, le Tr. Brucei avec des Mansonia.
On sait que ces derniers savants ont émis la supposition que la transmission mécanique par les moustiques domestiques, comme ceux que nous venons de citer, pouvait contribuer à expliquer les épidémies de maladie du sommeil, sévissant par familles et par cases, sur lesquelles ils ont appelé l'attention".
Une autre explication a été donnée par Koch". Ayant constalé des cas de maladie du sommeil chez des femmes n'ayant jamais quitté des localités où les glossines font défaut, il pense que ces femmes ont été contaminées par leurs maris qui, eux, s'étaient infectés dans des territoires à tsétsés.
Ce mode de contagion directe, par pénétration du trypan. par les muqueuses, qui reste encore hypothétique pour le Tr. gambiense dans les conditions naturelles, est le mode normal dans le cas d'une trypanosomiase des équidés, la dourine. Ici, la limitation de la maladie aux équidés reproducteurs prouve manifestement que, dans la nature, les insectes n'interviennent pas dans la propagation :