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B. Brtjmpt, Soc. de palk. exolujue, 8 juin

TRYPANOSOMES DES POISSONS 887 bable cependant que certains trypan. sont communs à des espèces voisines.

La coexistence fréquente, chez les poissons marins, d'hémogrégarines et de trypanosomes a conduit quelques observateurs à supposer qu'il y avait une relation entre ces parasites; cette hypothèse paraît devoir être écartée.

Chez les poissons marins, la coexistence des trypan. et des hémogrégarines n'est pas constante; il n'est pas rare de trouver des poissons parasités par des hémogrégarines qui n'ont pas de trypan. et réciproquement.

On ne trouve pas de formes intermédiaires entre les hémogrégarines et les trypanosomes.

Chez les poissons d'eau douce, les trypan. sont très communs et l'on n'a pas constaté jusqu'ici d'hémogrégarines ; or il est difficile d'admettre que l'évolution des trypan. soit différente chez ces poissons et chez les poissons marins.

On a vu (chap. vi, p. 112) que l'opinion émise par Schaudinn sur les rapports des hématozoaires endoglobulaires de YAthene noclua et des trypanosomes n'était encore qu'une hypothèse infirmée par un grand nombre de faits.

Technique. — Le procédé le plus simple pour examiner le sang d'un poisson vivant consiste à déchirer, avec la pointe d'une pipette fine, un des petits vaisseaux qui se trouvent aux points d'insertion des branchies. Avant de déchirer le vaisseau, il est bon d'appliquer sur les branchies un morceau de papier à filtrer, afin d'enlever la plus grande partie de l'eau qui se trouve entre les lames de l'appareil branchial.

Le sang est examiné frais, entre lame et lamelle, à un faible grossissement pour rechercher les trypanosomes qui sont souvent rares ou très rares et pour étudier leurs mouvements.

Les trypan. des poissons peuvent vivre pendant quelques jours in vitro.

Berg (/. c.) a conservé, vivants, des trypan. du brochet pendant six jours, à la température de 12°, dans une préparation de sang ordinaire.

Mitrophanov a réussi à garder vivants, pendant 3 ou 4 jours, des trypan. de poissons dans du sang mélangé à de l'eau physiologique. Une température assez basse constitue, dit-il, une bonne condition pour leur conservation (/. c. p. 39); cela s'accorde bien avec les observations que nous avons faites sur le 77*. Lewisi.

Chalachnikov (/. c.) aurait vu, dans le sang de Cyprinus carpio et de Esox lucius, conservé quelques jours in vitro, des masses protoplasmiques en voie de division qu'il considère comme des formes de multiplication des trypan. Les trypan. des poissons peuvent sans

doute s'agglutiner in vilro, comme le font d'autres trypanosomes, ce qui explique certaines des formes décrites par Chalachnikov.

Nous avons conservé, pendant plusieurs jours, des trypan. du brochet dans du sang pur ou mélangé à de l'eau physiologique; nous n'avons observé, dans ces conditions, ni les formes de division décrites par Chalachnikov, ni agglutination. Mais pour que ce dernier phénomène puisse s'observer facilement, il faut évidemment que les trypan. soient assez nombreux dans le sang, ce qui n'a jamais été le cas dans nos examens du sang des poissons. Il est possible que, les poissons examinés par Chalachnikov étant plus fortement parasités que les nôtres, des agglutinations aient pu se produire.

Sabrazès et Muralet ont conservé en vie des trypan. de l'anguille (in vitro) pendant huit jours, à la température de 10° à 19°.

Lorsqu'on veut faire une étude complète des trypan.- d'un poisson sur des frottis de sang colorés, il est indispensable de sacrifier le poisson et de recueillir du sang dans le cœur avec une pipette. Le sang est étalé rapidement et en couche très mince sur des lames porte-objet; avant de dessécher le sang, il est bon de le soumettre pendant quelques secondes aux vapeurs d'acide osmique. Cela est particulièrement nécessaire quand il s'agit de poissons marins; L'air est saturé d'humidité au bord de la mer et par suite la dessiccation du sang, abandonné à lui-même, se fait assez lentement pour que les éléments anatomiques et les parasites aient le temps de se déformer.

Après dessiccation, on fixe par l'alcool-éther ou mieux par l'alcool absolu.

Les procédés de coloration sont les procédés généraux applicables à l'étude des trypanosomes (voir chap. n, p. 16)

Dans le sang des poissons morts, les hématies et les trypanosomes s'altèrent rapidement.

§ 3. — Description des espèces.

Nous décrirons successivement les trypan. des poissons d'Europe, qui sont les mieux connus, et ceux des poissons exotiques. Dans chacun de ces groupes nous étudierons d'abord les trypan. des poissons d'eau douce et ensuite ceux des poissons marins.

1. Consulter notamment pour la technique relative à l'étude des trypanosomes des poissons : B.-A.MiNCHiN, Proceed. ofthe zool. Soc. of London, 1909 et E.-A. Mi\. hîn el II. -M. WOODCOCK, Quarterly Journ. of microsc. Se, avril 1910.

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