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tUf. TRYPANOSOMES ET TBYP A.NO-SOMIA SES

Les inoculations peuvent cependant réussir entre espèces différentes, mais très voisines.

Dans le laboratoire de Laveran, des expériences d'inoculation du trypan. de la carpe au cyprin doré faites par Marullaz et Roudsky ont réussi 2 fois sur 23; les inoculations de carpe à goujon ou de goujon à cyprin doré ont toujours échoué.

On verra plus loin que, à l'aide de sangsues, M. Robertson a obtenu des passages de trypan. de cyprin doré (Carassius aura tu») à brème et à perche et réciproquement.

Le fait qu'il est facile d'inoculer les trypan. d'un poisson à d'autres poissons de la même espèce, et que l'inoculation échoue d'ordinaire entre poissons appartenant à des espèces différentes, est intéressant au point de vue de l'identification des trypan. Il est probable toutefois qu'ici, comme pour les trypan. non pathogènes des petits mammifères (voir p. 304), il s'agit souvent d'une adaptation à une espèce donnée,. plutôt que d'une spécificité véritable.

Comment les infections dues à des trypan. se propagent-elles d'ordinaire parmi les poissons?

Etant donné que les trypan. des mammifères sont propagés d'ordinaire par des mouches piquantes, il était naturel de supposer que les trypan. des poissons étaient propagés par les ectoparasites qui se fixent sur les branchies, ou à la surface du corps de ces animaux.

L'étude des petits Crustacés parasites des poissons, faite au point de vue de la transmission des trypan., n'a donné que des résultats négatifs. C'est ainsi que Minchin, ayant placé des Argulm sur des poissons infectés de trypan., n'a jamais observé un développement de flagellés chez ces crustacés.

Les observations faites sur les sangsues parasites des poissons ont conduit, au contraire, à des résultats des plus intéressants.

En 1902, nous constations qu'on trouvait souvent de petites sangsues à la surface des soles, des raies et des rotengles infectés d'hématozoaires '.

Van Beneden et Hesse ont décrit, sous le nom de Hemibdella soleœ s, la sangsue qui se rencontre fréquemment à la surface des soles, à Roscoff en particulier.

Dès 1857, Leydigavait signalé l'existence de flagellés dans le sang de sangsues qui sucent le sang des poissons : Piscicola et Ponlobdella, et en 11)01 Doflein s'appuyait sur les observations de Leydig pour supposer que les sangsues étaient les agents de transmission des trypan. des poissons 3.

En 1904, Hofer note que Keysselitz a réussi, à Munich, à infecter

1. A. Laveran et F. Mesnil, Acad. des Sciences, 13 oct. 1902, t. GXXXV. p. :i"0.

2. Uech. sur les Bdellodcs, Mém. Acad. Se. Belgique, t. XXXIV, p. 41.

3. Doflein, Die Protozoen als Parasitcn, léna, 1901, pp. 71 et 72.

TRYPANOSOMES DES POISSONS 917

différents poissons au moyen de sangsues (Piscicola geomelra) prises sur des poissons de même espèce (tanches, carpes, brochets) infectés de trypan '.

En 1904, Brumpt constate l'existence, dans le tube digestif d'Hemiclepsis marginata, recueillies sur des poissons infectés de trypan., de quantités prodigieuses de trypan. plus petits que ceux des poissons et ayant une structure différente. Ces parasites se trouvaient uniquement dans l'œsophage et l'estomac. Les embryons que portaient des Hemiclepsis fortement parasitées n'étaient pas infectés, d'où l'on pouvait conclure que l'infection n'était pas héréditaire chez les sangsues 2.

En même temps que Brumpt, Léger étudie la question du rôle des sangsues dans la transmission des trypan. des poissons. Il fait sucer par des piscicoles le sang de loches infectées de Tr. barbatulœ, et il trouve, dans le tube digestif des sangsues, différents stades de l'évolution du flagellé ; il décrit des éléments mâles et femelles, et des éléments indifférenciés qui se multiplient activement par divisions binaires égales. Les flagellés deviennent extrêmement nombreux chez les sangsues et ils sont de petite taille 3.

En 1905, Brumpt fait remarquer que certaines espèces de trypan. des poissons, qui se développent bien chez Hemiclepsis marginata, ne se développent pas chez la piscicole, tandis que pour d'autres on observe le fait inverse.

Les trypan. se multiplient plus ou moins rapidement, suivant les espèces, dans l'estomac des sangsues ; au bout de quelques jours, les petits flagellés pullulent dans le tube digestif; la forme Leptomonas est très commune.

La vitalité des trypan. dans l'estomac des sangsues est très grande ; Brumpt en a trouvé chez des sangsues à jeun depuis 9 mois.

Un certain nombre de flagellés remontent par la trompe, et viennent s'accumuler dans la gaîne de la trompe, ce qui peut être constaté à l'état vivant, en examinant la sangsue entre lame et lamelle. Dans l'estomac, les flagellés sont presque tous piqués sur la muqueuse. Pendant la succion, une partie de la gaîne de la trompe de la sangsue est introduite clans la peau du poisson, ce qui permet de comprendre comment l'infection peut se produire.

Les flagellés qui vivent chez les sangsues ne se transmettent jamais aux embryons de ces sangsues.

Brumpt a réussi à infecter de trypan. et de trypanopl . 2 très jeunes

1. HOFER, llandbuch der Fischkrankheiten, 1904 et n° do février 1901, Der allgemeinen Fischercizcitung.

2. E. Brumpt, Soc. de Biologie. 2'-i juillet WOL L'évolution des trypan. chez Les sangsues a été déjà étudiée an chapitre iv, p. 71.

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