L. Léger, Soc. de Biologie, 5 novembre
018 TRYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIASES
carpes et 2 chabots de rivière, en les faisant sucer par des hirudinées
D'après Brumpt, l'évolution du Tr. granulosum chez les Henuclepsis est la suivante (lig. CLV1II). Quelques heures après leur arrivée dans l'estomac des sangsues, les trypan. deviennent piriformes et se rapprochent de la forme Crithidia, Le flagelle persiste. Une segmentation très active qui se produit alors donne naissance à un grand nombre de petits parasites.
Après quarante-huit heures, l'estomac ne renferme presque plus de parasites; les flagellés ont passé dans l'intestin et revêtu la forme Leplomonas; après soixante-douze heures, on trouve aussi de véritables trypan. qui remontent à travers l'estomac et qui vont s'accu-
Fig. CLV1II. — Evolution du Tr. granulosum de j/anguille chez la sangsue
Hemiclepsis marginata (d'après Brumpl) x i 030 environ. 1, a et A, Formes du sang. — 2, a ot 6, Formes do l'estomac. — 3, a-d, Formes de l'intestin. 4, a-c. Formes de la gaine de la trompo.
muler dans la gaîne de la trompe 2; ce sont ces formes qui sont inoculées aux anguilles dont les Hemiclepsis sucent le sang.
Les trypan. des poissons marins (Tr. soleœ, Tr. scyllii, Tr. rajœ) arrivés dans l'estomac des sangsues perdraient leur flagelle et se diviseraient dans cet état; après quelques jours, les flagelles reparaîtraient chez les petits éléments issus de cette segmentation. Tr. solese et Tr. cotli évoluent exclusivement dans l'estomac de la Trachelobdella (Callobdella) punctata et ne passent jamais dans la gaîne de la trompe ; Tr. scyllii et Tr. rajee évoluent au début dans l'estomac de la Pontobdella, puis passent dans l'intestin où ils se divisent un
1. E. Brumpt, Revue scientifique, 9 septembre 1905, et Soc. de Biologie, 20 juillet 1907.
2. D'après Keysselitz l'envahissement de la gaîne de la trompe par les Irypan. ne se produit que lorsque le corps de la sangsue est comprimé mécaniquement (Avch. f. Protistenkunde, 1906, t. VII, p. 68, en note).
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grand nombre de fois; ici encore Brumpt n'a jamais constaté le passage des trypan. dans la gaîne de la trompe1.
Les observations suivantes, dues à Brumpt, sont très probantes au point de vue du rôle que jouent les sangsues dans la transmission des trypan. des Poissons2.
Deux carpes sont piquées, le 3 octobre 1904, par une douzaine d'embryons de sangsues fortement infectés de trypan. et de trypanopl. de la carpe, en partie passés dans la gaîne de la trompe. Le 10° jour clans un cas, le 13° dans l'autre, les parasites des 2 genres se trouvent dans le sang et deviennent assez nombreux.
Deux chabots, indemnes de parasites, sont piqués, en octobre 1904, par o ou 6 Hemiclepsis jeunes et quelques piscicoles gorgées pendant une dizaine de jours sur des chabots infectés. Résultats positifs pour les trypanopl. les 10e et 17° jours.
Quatre anguilles capturées à Roscoff, indemnes de parasites, sont piquées, à la fin d'août 1905, par quelques embryons de sangsues gorgés de parasites. Résultats positifs chez les 4 anguilles dès le 4e jour.
Onze anguilles de 7 cm., achetées à Paris, au mois d'avril 1906, élevées au laboratoire et indemnes de parasites, sont soumises aux piqûres d'embryons d' Hemiclepsis nourris cinq jours avant sur une anguille parasitée et élevés à l'étuve à 28°, pour activer l'évolution des parasites. Dix anguilles montrent des trypan. quelquefois très nombreux le 6° jour.
Un jeune Cottus bubalis de 4 cm. exempt de parasites, piqué au mois d'août 1905 par une Trachelobdella punclata, infectée quelques jours auparavant sur un Collas parasité, montre des trypan. le 13° jour, date à laquelle le premier examen a été fait.
En faisant piquer un poisson ayant de rares trypan. clans son sang par des sangsues infectées, on réussit d'ordinaire, d'après Brumpt, à produire chez ce poisson une infection plus intense.
R.-O. Neumann a étudié avec soin l'évolution des trypan. des poissons marins chez les sangsues; il a décrit et figuré un grand nombre de stades (avec ou sans flagelle) de cette évolution; il a réussi à infecter des Raja punctata saines à l'aide de Pontobdella qui avaient été nourries au préalable sur des raies infectées par Tr. uariabile2.
En 1907, M. Robertson étudie des trypan. trouvés dans le tube digestif de Pontobdella muricata et émet l'opinion qu'il s'agit peutêtre du développement de Tr. rajse dans cette sangsue; en 1909, l'auteur complète heureusement son premier travail sur la question; M. Robertson se met à l'abri d'une cause d'erreur en se servant de sangsues nées de cocons gardés au laboratoire et qui ont jeûné une année avant d'être placées sur des raies infectées de trypan. *.