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LES TRYPANOSOMES EN DEHORS DES ÊTRES VIVANTS CONSERVATION. CULTURE

§ 1. — Conservation destrypanosomes. — Action d'agents divers.

Les trypanosomes ne restent jamais longtemps vivants dès que l'animal-hôte a succombé. Môme avant la mort, on constate que les tr\ panosomes deviennent moins mobiles, prennent une apparence granuleuse. 24 heures après la mort, surtout chez les petits animaux, les trypan. pathogènes ne sont plus mobiles dans le sang ou les organes, ou bien ceux qui le sont se trouvent en très petit nombre; le sang est parfois encore virulent. Yakimoff et Nina Kohi1 ont constaté que les cadavres de souris dourinées conservés à 2°,5-3° au-dessus de zéro, contiennent des trypan. vivants pendant 30 heures. On ne retrouve plus de trypan. vivants si Ton conserve les mêmes cadavres à 19-20°. Nous avons remarqué maintes fois au laboratoire que les trypan. restent vivants plus longtemps après la mort des animaux l'hiver que l'été.

La vie des trypan. non pathogènes, tels que le Lewisi, persiste plus longtemps dans les cadavres. Des rats morts gardés 5 ou G jours dans une chambre froide, montrent encore des trypan. vivants dans le foie et la veine porte2.

Mais pour réaliser des expériences sur les trypan. in vitro, il est nécessaire d'opérer clans un milieu liquide aseptique. Le mieux est de conserver les trypan. dans le sang défibriné ou citraté de ranimai infecté lui-môme.

L'adjonction d'eau physiologique au sang défibriné est plutôt favorable â la conservation des trypanosomes. Celle de sérums divers (sérums de mammifères et d'oiseaux et trypan. de mammi-

1. Yakimoff et Nina Koiil, Arch. Sciences biol. (russe), 1006, a41 4-.'i.

2. 0. Biot. Et. Uiot et G. RICHARD, C. II. Soc. Biologie, (. LXXI, L011, p. 308.

Ijavekan et Mksnit.. — Trypanosomes et Trypanosomiasos. G

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i'èrcs) a en général pour effet d'accroître la durée de conservation. Ce fait, que nous avons signalé dès nos premiers mémoires, a été bien mis en lumière par les expériences de Lignières 1 sur le Tr. equinum.

Ayant de mourir, les trypanosomes subissent des transformations diverses dont les principales sont : l'apparition de vacuoles dan- le protoplasme (particulièrement à l'extrémité centrosomique); — la dégénérescence granuleuse du protoplasme; — le décollement du bord épaissi de la membrane ondulante; — la mise en boule du corps protoplasmique qui est généralement réalisée par étapes (stade en têtard, dans lequel un peu de protoplasme longe encore le flagelle). Certains de ces stades de dégénérescence s'observent in vivo, par exemple dans les dernières heures de la vie d'un animal infecté, par exemple aussi (et c'est surtout là où ils sont nets), chez un animal traité par un médicament.

11 est souvent difficile de décider si un trypan. est réellement mort. Il faut en effet distinguer la faculté de mouvement et celle de reproduction. Un trypan. encore mobile peut être incapable de se multiplier, et on constate souvent que l'inoculation de trypan. mobiles n'est pas suivie d'infection. Réciproquement, des trypan. immobiles ne sont pas toujours morts, car leur inoculation à un animal sensible détermine une infection.

Nous venons de décrire ce qu'on peut appeler la mort lenle des trypanosomes. Les substances toxiques, à dose assez forte, les tuent brusquement, tantôt en conservant leur forme, en les fixant pour ainsi dire; d'autres fois en les dissolvant. Dans ce cas, le trypan. est de moins en moins réfringent; bientôt on ne distingue plus que vaguement ses contours, comme des sortes d'ombres. C'est à ce dernier cas que convient surtout l'expression de trypanolyse.

Un autre phénomène extrêmement curieux que présentent les trypanosomes, c'est celui de l'agglutination. Mais ici, contrairement à ce qui a été observé dans le cas des Bactériacées, l'agglutination n'est pas précédée d'immobilisation. Les agglutinats ont un aspect tout à fait particulier : celui de rosaces formées d'un nombre variable d'individus tous unis par leurs extrémités postérieures, et (Idii t les membranes ondulantes et les flagelles continuent à exécuter leurs mouvements variés.

Ces phénomènes, qui se produisent à la longue pour les trypanosomes conservés dans le sang défibriné, se manifestent très rapidement et avec une grande intensité quand on ajoute, au sang défibriné ou citraté, certains sérums provenant d'une espèce différente de celle qui a fourni les trypanosomes, ou un sérum spécifique de la

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