‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 38 sur 410 · I. LlGNIÈRES. liev. de la Soc. méd. argent., t. X · texte numérisé non relu

I. LlGNIÈRES. liev. de la Soc. méd. argent., t. X

même espèce animale. Ces phénomènes ayant surtout bien été étudiés pour le Tr. Lewisi, nous renvoyons au chapitre qui le concerne pour leur exposé détaillé.

Nous allons maintenant envisager l'action des divers agents : physiques, chimiques, organiques, sur les trypanosomes ainsi conservés.

Action de la température. — Les trypan. conservés en sang défibriné ou en eau citratée, sont extrêmement sensibles à la chaleur. Par exemple, la plupart des trypanosomes pathogènes résistent très peu de temps dès que la température dépasse ou même atteint 40°; on trouvera des chiffres précis dans le chapitre relatif au Tr. Brucei. Le Tr. Lewisi est plus résistant aux températures supérieures à 40°; mais sa sensibilité est encore très grande et il ne résiste jamais plus de 12 heures dans ces conditions.

Dès que la température s'abaisse, les trypanosomes résistent plus longtemps. Le cas est particulièrement net pour le Tr. Lewisi qu'on arrive à conserver jusqu'à deux mois à la température de 5-7°. Entre 40° et 5°, on a tous les intermédiaires au point de vue de la survie de ce trypanosome.

C. et R. Biot et Richard (/. c.) ont attribué un rôle au glucose dans celte longue conservation du Tr. Lewisi à la glacière. Cette idée leur est venue de la constatation de la survivance des trypan. dans le foie des cadavres. Ils ont apporté à l'appui de leur manière de voir l'expérience suivante : le Tr. Lewisi, gardé à 17° en ampoule scellée dans du sang citraté. reste vivant 10 à 15 jours (au lieu de 4 à 5), quand on ajoute du glucose au sang1. Miss Porter2 avait déjà montré que le glucose active très notablement la division de Cri- Ihidia melophagi.

En revanche, quelle que soit la température, les trypanosomes pathogènes ne se conservent jamais plus de 5-6 jours. La température la plus convenable ne serait pas au voisinage de 0° pour les Tr. Brucei et equinum, étudiés par Yakimoff3, mais celle de 20u. Ainsi, dans le sang défibriné, le Tr. Brucei reste vivant et virulent moins de 2i heures à 36°, 6 jours à 20°, 48 heures seulement à la glacière. Dans de nouvelles recherches qui ont porté sur Tr. equiperdum, Yakimoff'' a reconnu que la température de 0° était la plus favorable à la conservation.

1. C. l'u n; [C. l{. Sur. [Uni., [. LXXI, 2."> nov. 191 1, p. 327) qui a étudié « la survie du Tr. Brucei dans quelques milieux d'origine biologique et non biologique », note aussi (jue le glucose favorise à un haut degré la survie du Tr. Brucei, surloul lorsqu'à son action se joint celle d'une basse température!, facteur adjuvant très important ».

2. A. Porter, Quart. Journ. of micr. Se., t. LV, 1910, p. 189-

3. Yakimoff, Cenlralbl. f. Baktcr, I, Oricjin., t. XXVII, 1904, p. 008. h. Id., C. B. Soc. Biologie, t. LX1, 11)00, p. 631.

D'après Prowazek1, la vitalité des trypan. serait assez notablement augmentée par l'adjonction au sang frais d'une trace d'une solution de 1 1 01 à 0.3 p. 100; il a ainsi conservé vivants une semaine, à la glacière, des Tr. equinùm. Les 2 premiers jours môme, ilsse divisent; certaines de ces divisions, très anormales, sont curieuses, en ce sens qu'on voit se séparer seulement un filament bordant ou bien un trypan. très mince. Prowazek explique le rôle de l'acide par son pouvoir de précipitation des solutions colloïdales de lécithine, pouvoir qu'il exerce sur la membrane des trypanosomes,

Au-dessous de 0°, dans un milieu congelé, les trypanosomes monlronL une certaine résistance; mais, très rapidement, il y en a qui meurent, et Cela d'autant plus vite que la température est plus basse. Par exemple Jûrgens a vu que le Tr. Lewisi placé deux heures à — 17° n'est plus virulent; dans des conditions à peu près analogues, nous avons encore trouvé une minorité de trypanosomes bien mobiles, qui se sont montrés très infectieux pour le rat.

Au bout d'un quart d'heure de contact avec l'air liquide ( — 191 i, tous les trypanosomes que nous avons mis en expérience (trypan. pathogènes variés et Tr. Lewisi) se sont encore montrés virulents : à la vérité, l'immense majorité avait péri et il ne subsistait que quelques rares individus mobiles. Après une heure un quart de contact (en 2 fois), le Tr. Lewisi a encore infecté un rat; mais le sang à Tr. dimorphon n'était plus infectieux après une heure de ■contact, bien que nous y ayons encore trouvé des individus mobiles. Après vingt-quatre heures de contact, les Tr. Lewisi et dimorphon étaient tous détruits complètement ou mis en boules; ni l'un ni l'autre ne s'est montré virulent -.

Action des solutions non isotoniqles. — L'eau distillée ou l'eau ordinaire sont très nocives pour les trypan. qui gonflent, se déforment et meurent rapidement. Le meilleur moyen de détruire les trypan. d'une goutte de sang qu'on vient d'examiner est de la jeter dans un cristallisoir rempli d'eau.

Nous extrayons du travail bien documenté de Gœbel 3 les résultats suivants.

Dans toutes les expériences, 1 goutte de sang de cobaye riche en Tr. Brucei est ajoutée à 1 ce. de la solution saline à essayer.

Dans les solutions fortes, les trypan. sont immobilisés immédiatement et perdent leur virulence, mais conservent leur forme en se ratatinant e1 en devenant plus réfringents. Dans les solutions

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