Keysselitz, Arch.f. Prolistenk., t. III, 1904, p
TRYPANOSOMIDKS ET TU Y PA NOPLASMES U'iN VEUTÉBUÉS 955 recherches de Jollos1. Crawley a retrouvé chez les Hélix albolabris de Washington le môme parasite2.
Les Hélix pomatia, horlensis et nemoralis de nos pays sont parasitées3. Le Trypanoplasma, qui vit dans le receptaculum seminis, se rencontre aussi dans les spermatophores; de cette constatation, on peut induire que le passage d'un escargot à l'autre se fait vraisemblablement au moment de la copulation.
Le Trpl. helicis a les caractéristiques essentielles des trypanoplasmes (fig. CLXXI, 1). Il faut pourtant remarquer que la membrane ondulante; est étroitement accolée au corps et ne montre pas de plis. La partie libre du flagelle est assez développée ; mais parfois, cette partie se recourbe pour s'accoler partiellement au corps, de sorte que le flagelle postérieur décrit trois quarts du tour du flagellé (Delanoë). Friedrich a observé la division longitudinale et Jollos a précisé les caractères cytologiques des noyaux à l'état de repos.
Le Trpl. vaginalis a été trouvé par Hesse 'F dans les organes génitaux mâles des sangsues : Hirudo medicinalis et Aulastomum yulo.
On distingue des individus fusiformes, étroits et allongés, très mobiles, avec une extrémité postérieure longuement acuminée, à membrane ondulante qui n'est guère perceptible que sur le vivant, à noyau et blépharoplaste antérieurs, le dernier en forme de baguette simple ou tronçonnée; et des individus fusiformes, massifs avec une faible mobilité flagellaire, et une certaine mobilité amiboïde; la membrane ondulante est peu visible; elle peut se décoller et alors le flagelle postérieur est dirigé en avant.
A côté des trypanoplasmes, on observe des amibes et Hesse se pose la question des relations entre ces deux catégories de formes.
Le Trpl. dendrocœli a été découvert en Angleterre par Fantham et miss Porter5 dans le tube digestif de la planaire d'eau douce si commune, Dendrocœlum lacteam. Les auteurs ont observé des formes arrondies et croient qu'il y a des kystes. La transmission se ferait aussi par le mode héréditaire, car le parasite pénètre dans les œufs des vers et s'y divise.
Tous ces organismes paraissent différer des Trypanoplasma du sang des poissons par le peu de développement de la membrane ondulante. Ils peuvent donc être considérés comme intermédiaires entre les Trypanoplasma et les Prowazekia (sensu Hartmann et Chagas). Une étude plus complète des divers représentants de la
L. Friedrich, Areh. f. Protistenk., t. XIV, 1907, p. 363. — Jollos, Ibid., t. XXI, 1910, p. 103.
2. Chawley, U. S. Dep. of Agric, Bur. of anim. Ind., Bull. 119, oct. 1909, p. 16.
3. Delanoë, dans le laboratoire de Mesnil, a étudié le Tpl. helicis. 11 a tenté sans succès la culture.
I. Hesse, C. R. Acad. Sciences, t. CLI, 23 août 1910, p. 504.
5. Fantham et Porter, Proc. zool. Soc. London, octobre 1910, p. 670.
056 TRYPANOSOMES ET Tlî YP ANIISOMIASES
famille des Trypanoplasmides révélera sans doute d'autres différences entre les Trypanoplasma sanguicoles, avec hôte intermédiaire, et les formes propres aux invertébrés. Les trypanoplasmes intestinaux des Poissons, dont nous parlons an chapitre xxxiv, seront peut-être à joindre à ces trypanoplasmes d'invertébrés.
Trypanosomide d'insecte inoculable à la souris, Tr. Boylei, Lafont.
Lafont1 a trouvé, dans l'intestin des Conorhinus rubro-fasciatus de l'île Maurice et de la Réunion, un flagellé se présentant sous
forme Crithidia et sous forme trypanosome (fig. CLXXII).
Les Crithidia (fig. 1) sont de dimensions très variées ; les plus petites ont 7 à 9 jx de long pour le corps, 4 à 5 |x pour le flagelle; les plus grandes atteignent 50 a (flagelle compris) sur 2 à 4 ;x et sont souvent rubanées.
Les trypanosomes sont de petite taille (7 à 15 ix sur 1 jx, 4 à 2 [x, 8) et présentent (fig. 2) un gros centrosome terminal ou subterminal.
On rencontre aussi des formes arrondies et kystiques et des formes en fuseau qui paraissent également enkystées (fig. 3).
Lafont n'a rien obtenu en faisant piquer des mammifères variés par des Conorhinus infectés; il a été plus heureux en injectant dans le péritoine de rats et de souris le contenu intestinal des hémiptères.
Chez le rat, l'infection n'a jamais dépassé le péritoine; mais chez la souris, une infection sanguine a été obtenue. Tous les passages ont été observés entre la forme trypan. de l'insecte et une autre forme trypan. de 28 à 42 jx de long, dont 4 à 10 pour le flagelle, sur 1 jx, 4 à 4 jx, 2 de large (fig. 4 et 5).
Cette forme définitive est très différente du Tr. Dultoni de la souris, qui paraît d'ailleurs manquer à Maurice et à la Réunion. Les variations de l'extrémité postérieure traduisent un amiboïsme assez
Fig. CLXXII. — Trypan. Boylki (d'après Lafont).
1, forme critliidienno moyenne; 2, forme trypan. dos Conorhinus; 3, kyste; 4, formo de passage chez la souris; 5. trypan. du sang circulant do la souris.
I. Lafont, Bull. Soc. médic. de l'île Maurice, 1910 et 1911; C. R. Soc. Biologie, t. LXXI1, mnrs 1912, p. 380; Ann. TnsL Paste*, t. XXVI, 1912.
PLAGELLOSE DES EUPHORBES 957
marqué de celle région-; le noyau clic cenlrosome sont peu dislanls (2 u. environ au lieu de G-7 clans le cas du Dutloni).
L'infection de la souris dure quelques jours; le parasile disparaît.. Comme généralement les souris ont alors succombé, on n'a pas pu voir s'il y avait réapparition.
■ Quand on t'ait piquer des souris infectées par des larves de Conorhinus écloses au laboratoire, on obtient de nouveau les formes intestinales dont on était parti.
Lafont a désigné cet intéressant parasite sous le nom de Trypanosoma Boijlei. Ici, la l'orme trypan. chez l'insecte est neltement caractérisée, ce qui n'est pas le cas avec les espèces du genre Criihidia (v. nos remarques p. 948).
APPENDICE Flagellose des Euphorbes.
Agent : Leplomonns Davidi, Lafont, 11)09.
§ 1. — Historique. Répartition.
Lafont a fait, en 1909, l'intéressante découverte d'un flagellé ayant les caractères essentiels des Leplomonas, qu'il a appelé L. Davidi, vivant dans le latex de diverses euphorbes herbacées, annuelles, à l'île Maurice l.
Les Euphorbes parasitées de Maurice sont Euphovbia pilulifera ou Jean Robert, E. thymifolia ou rougetle et E. hypericifolia ou herbe colique; une quatrième espèce, E. peplus ou réveille-matin, n'a jamais été trouvée parasitée.
La même infection a été rencontrée dans les points les plus variés de la zone tropicale et, en dehors de cette zone, une seule fois, au Portugal.
Vincent, à la Réunion, a trouvé des E. pilulifera et thymifolia parasitées2. A Madagascar (Tamatave, Majunga, Diégo-Suarez, Nossi-Bé), l'infection a été observée par Carougeau d'abord, par Lafont ensuite3. C'est encore Lafont qui a fait connaître le Lept.
1. Lafont, C. h. Soc. Biologie, l. LXVI, 19 juin 1900 cl Ann. Insl. Pasteur, I. XXIV, 1010, p. 205.
2. Vincent, Bull. Soc. Palh. rxol., t. XII, juill. 1910 cl in Lafont.
3. Carougeau, in Lafont; — Lafont, Bull. Soc. Path. exot., t. IV, 1911, p. 464.
958 TUYPANOSUMES ET TIIYPANUSOMIASES
Daviilih MayôLle et à Zanzibar. Donovan l'a rencontré dans le latex des E. pilulifera de Madras
Dans l'Afrique centrale et occidentale, le môme parasite existe dans le bassin supérieur du Congo, région du Katanga (Rodhain et Bequaert2), au Dahomey (Bouet et Roubaud3), à Bamako, sur le Haut-Niger (A. Léger*).
Aux Antilles, à la Martinique, Noc et Stévcnel5 ont rencontré des E. pilulifera et hypericifolia parasitées'.
En Nouvelle-Calédonie, Lebœuf a trouvé des parasites en divers points de l'île sur des euphorbes et il a entrepris leur étude en collaboration avec Javelly6.
A côté de ces nombreux examens positifs dans la zone tropicale, des examens négatifs ont été enregistrés, en particulier par Broquet, en Cochinchine, C. Mathis et M. Léger au Tonkin7.
Le Lepl. Davidi est certainement beaucoup plus rare dans les régions tempérées. Bien qu'à notre connaissance il ait été cherché avec persévérance, en particulier en France, la seule constatation positive est celle de França au Portugal8.
$ 2. — Action sur les Euphorbes.
Les euphorbes herbacées paraissent seules atteintes. Les auteurs ne s'accordent pas sur les conséquences de cette infection pour la plante. Lafont, dès le début, a affirmé qu'il y avait maladie de la plante qui s'étiolait, puis se flétrissait. Bouet et Roubaud, Rodhain et Bequaert, Noc et Stévenel, A. Léger n'ont pas noté de symptômes morbides, mais les infections qu'ils observaient n'étaient pas toujours intenses. França a constaté une maladie de YE. peplus, mais peu de symptômes chez E. segelalis.
Lafont a fait remarquer qu'une branche peut être parasitée et la branche voisine ne pas l'être. Rodhain et Bequaert ont rencontré le flagellé dans la racine, la tige, la feuille, le pédoncule floral et même la paroi capsulaire des jeunes fruits.
França a insisté sur la localisation très étroite du parasite chez une plante; il peut n'exister que dans quelques rameaux et même quelques feuilles; de plus, l'infection n'a pas toujours le même