GIS
particulier crocodiles et varans), poissons silurides, petit poisson des criques du genre Periophlalmus (Zupitza).
Roubaud les a vues sucer le sang de chenilles, de Sphingides par
exemple, et chercher à piquer des Lombriciens et des Pulmonés du groupe des Adiatines.
Mais la nourriture de choix es!
le sang des mammifères (ou des oiseaux). L'alimentation exclusive sur vertébrés à sang froid est nuisible, surtout au point de vue de la reproduction (Kleine, Roubaud). A l'île du Prince, les Gl. palpalis auraient une prédilection pour le sang de porc
L'insecte absorbe en sang de 100 à 200 p. 100 (parfois même plus) de son poids initial (Stuhlmann, Roubaud). Le vol de la mouche gonflée de sang est alourdi; l'insecte repu regagne rapidement la brousse où il se cache pour digérer en paix.
C'est en raison de la conformation anatomique des glossines chez lesquelles le tube digestif a une très grande longueur (voir fig. CLXXXl) que les insectes peuvent absorber une aussi grande quantité de sang.
Il ne se produit pas d'hémo-
celui du canal opposé en un canal commun 1 ...
C. c. y. ; 1. th., portion thoracique de l'intestin lyse dans le tube digestif. La
moyen;/. M, sa partie abdominale;//, intestin j;o.psf;nn f]nrp Ae lln i trojc
postérieur (rectum); A.B, ampoule rectale; P. H., OlgeSUOn QUre Qe un d irtUfe
pupilles roctaies. jours, suivant la quantité de
sang absorbée, suivant aussi les conditions thermiques et hygrométriques extérieures. Dès que la digestion est terminée, les tsétsés éprouvent le besoin de s'alimenter à nouveau; elles piquent tous les deux ou trois jours. Les mâles sont plus voraces que les femelles. La sécheresse de l'air affame les glossincs (Roubaud); il en est de même quand la tem-
1. Voir, en dehors des auteurs déjà cités, Bruce. Hamerton, Bateman et Mackie, Proc. Roy. Soc, B., t. LXXX1I. 1910, p. 490.
Fig. CLXXXl. — Organisation digestive de la Gl. palpalis (d'après Minchin, légèrement modifié par Roubaud).
Pli., pharynx; Œs., icsophago; Pr., proventricule; J., jabot pédicule; C. son canal d'union avec le proventriculo; Gl. s., glandes salivaires; C. i/l., leur canal excréteur, qui se réunit avec
LES MOUCHES TSÉTSÉS 971
pérature dépasse 28°; au-dessus de 30°, la Gl. palpalis, la plus sensible, ne tarde pas à succomber.
Les glossines sont donc, au point de vue de la nutrition, nettement liées à leurs conditions d'habitat.
Migrations. — En principe, toutes les espèces de glossines effectuent, en dehors de leurs gîtes, des déplacements à la poursuite de leurs hôtes. Mais les espèces des zones ombragées ne s'aventurent pas aussi loin que les espèces de brousse et de savanes [rnorsiians) à la suite du gros gibier. Cette dernière espèce passe son existence sur les traces des animaux sauvages. Il peut y avoir du gibier sans tsélsés, dit Theiler; il n'y a pas de tsétsés sans gibier. Cette opinion unanime des explorateurs, voyageurs et chasseurs de l'Afrique centrale et méridionale, s'applique surtout à la rnorsiians et aux espèces affines.
Les Gl. palpalis et lachinoides se bornent à accompagner à quelques centaines de mètres les hôtes après lesquels elles s'acharnent. Elles effectuent aussi, autour de leur gîte, des déplacements dont le rayonnement dépend de la température extérieure et de l'état hygrométrique. En hivernage, leurs migrations sont plus importantes et plus étendues qu'en saison sèche.
D'après Zupilza, en terrain découvert, le vol des Gl. palpalis peut atteindre 300 mètres; ces insectes pénètrent clans les habitations et y piquent.
Bagshawe, en Ouganda, a étudié le vol de la Gl. palpalis et montré que l'étendue du déplacement par vol peut être influencée par des causes secondaires, le transport par les bateaux, les îlots flottants de papyrus, les gros animaux nageurs (hippopotames et crocodiles). Les femelles seraient de moins bons voiliers que les mâles; il a constaté des déplacements allant jusqu'à 1 600 mètres.
Roubaud, à Brazzaville, a constaté des faits qui ne lui ont paru explicables qu'en admettant que des glossines avaient accompli un trajet de 10 à 15 km., sans doute en plusieurs étapes.
Reproduction. — Nous devons à Bruce les premiers détails circonstanciés sur l'évolution des tsétsés. Depuis, les faits établis pour les glossines du groupe de la rnorsiians ont été étendus aux autres espèces par Brumpt, Sluhlmann, Roubaud. Ce dernier observateur a fait connaître d'une façon très précise les conditions anatomiques et physiologiques de la reproduction.
La viviparité des tsétsés est d'un type spécial, intermédiaire entre la viviparité habituelle des Muscides vivipares et la pupiparité des Pupipares. Elle aboutit à la formation dans l'utérus d'une volumineuse larve, incapable de se nourrir au dehors, mais susceptible de se mouvoir aisément et de s'enfouir.
L'appareil femelle est modifié dans le même sens que chez les
972 THVPANUSOMES ET TKYPANOSOMIASES
autres diptères pupipares. Il y a, somme toute, développement exceptionnel des glandes annexes; leur sécrétion exagérée sert à la nutrition de la larve et rend possible son développement intégral dans l'utérus.
Il n'y a qu'une paire de tubes ovariques; un œuf à la fois s'y développe; il y a alternance des glandes droite et gauche (voir les chiffres de la fïg. CLXXXII). La descente des œufs dans l'utérus est soumise à une autorégulation active; par exemple, elle ne se fait pas quand
Fig. CLXXXII. — Gl. palpalis. Appareil génital femelle, vue dorsale
(d'après Roudaud).
O, œuf le plus ancien; 0', cellules vitcllogônes du follicule 2; Od., oviducte; Od. C, oviducto impair; Sp., spermathôques; C. sp., leur conduit propro; GL, glandes utérines; C. gl., leur canal excréteur commun; Ut., utérus; V., vagin; Àt. pd., M. po., M. d., muscles. — Les chiffres 1 à 8 représentent l'àgo relatif et l'ordre do succession des différents ovules dans lo fonctionnement de l'apparoil.
il n'y a pas eu fécondation, ou quand les conditions physiologiques sont mauvaises.
Le développement embryonnaire intra-utérin est de quatre jours environ; la vie larvaire intra-utérine dure de quatre à cinq jours avec trois mues. Il y a ponte d'une larve tous les huit à dix jours: seule la première larve ne sort qu'au bout de trois semaines. Toute cette physiologie de la reproduction a été suivie dans le détail avec un soin minutieux par Roubaud. Quand les conditions extérieures sont défavorables, on observe des accidents de la gestation : l'avortement ou la nymphose intra-utérine qui amène la mort de la mère.
Les modifications adaptatives de l'appareil digestif larvaire sont des plus intéressantes ; par une langue musculeuse (L, fig. CLXXXIII), la larve suce le produit de la glande nourricière, liquide blanchâtre, qui renferme un peu de matières grasses et beaucoup de matières
LES MOUCHES TSETSES
albuminoïdes. Ce « lait » débouche au sommet d'une papille conique, très riche en muscles, qui représente une véritable tétine. Les expériences relatives à l'action de la chaleur et de l'humidité
ÏW N.
Fig. CLXXXIIl. — Organisation digestive d'une larve de Gl. palpalis in utero
(d'après Roubaud).
Coupe sagittalo médiane d'un utérus gravide, renfermant une larve dans sa position normale (x 25). — Od., oviducte impair; Ut., paroi de l'utérus; T, expansion dorsale de cette paroi fonctionnant comme té.tine; C. sp., conduit commun des spermathôquos ; C. gl., conduit excréteur commun des glandes nourricières, qui débouche à l'extrémité do la tétine; Sx., restes de mues; V, vagin; B, orifico buccal de la larve; Ph., pharynx; L, langue; Œ., œsophage; N., masse nerveuse sus et sous-œsophagienne; Prov., proventricule; /. M. A., partie antérieure tubulouse de l'intestin moyen; 5. st., sac stomacal; /. M. p., partie postérieure tubuleuse de l'inlestin moyoo; T. M., tubes de Malpighi; T. int., tractus intermédiaire; Ii., int. postérieur clos aux 2 extrémités; An., trace do l'anus; AI., masse chitineuse remplissant l'espace compris entre la cuticule chitineuse et lo fond do la cuvette hypodermique du dernier segment.
montrent, là encore, que les conditions requises sont une température de 25-28° et un degré hygrométrique élevé.
La [larve de Gl. morsitans et de Gl. pallidipes est, d'après Bruce,
Fig. CLXXXIV. — Aspects successifs offerts par une larve de Glossina
PENDANT LA REPTATION (d'après ROUBAUD).
jaunâtre, presque aussi large que l'abdomen de la mère; elle mesure environ 6 mm. 1/2 de long sur 3 mm. 1/2 de large; elle est annelée
974 TllYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASKS
et compte, d'après Austen, 12 segments. La larve de Gl. palpalis est blanchâtre.
Dès sa naissance, la larve se meut très activement, à la recherche évidemment de quelque refuge où s'abriter. Roubaud a insisté sur les mouvements de reptation de la larve de Gl. palpalis: il en dessine divers aspects (fig. CLXXXIV); une mobilité de cet ordre n'existe pas pour les autres larves de Diptères.
Les protubérances caudales sont caractéristiques des tsétsés: il y
Fig. CLXXXV. — Pitpe de Gl. morsitans (d'après Austen). A. Vue d'ensemble, côté dorsal (Gr. 8 diam.). — B. Extrémité antérieure; à noter la ligno lo.igi tudinale suivant laquollo se fait la déhisconce de la pupo pour la sortie do l'insecte dulte. (Gr. 5 diam. 1/2). — C. Extrémité postérieure; s, stigmate. (Gr. 16 diam.).
a là un appareil protecteur des stigmates et en même temps une chambre à air.
Stuhlmann et Kudicke ont vu des Gl. fusca (? ou brevipalpis) donner en six mois, à travers deux générations, 19 descendants.
D'après Roubaud, la vie des Gl. palpalis femelles doit atteindre en moyenne trois mois, et une série de 8 à 10 pontes représente la fécondité de l'insecte. D'après Kleine, la limite extrême de vie des glossines serait de sept à huit mois (cas observé de 227 jours).
Dès que la larve a trouvé un endroit de repos, elle se transforme rapidement en pupe. Elle commence immédiatement à changer de couleur et, au bout de quelques heures, elle est transformée en une pupe dure, d'un noir de jais (fig. CLXXXVI ; pour les détails de structure, voir fig. CLXXXV).
Il n'y a que quatre ans que Ton connaît le lieu de refuge des pupes de tsétsés dans la nature (Zupitza au Cameroun, Bagshawe èn Ouganda). On les rencontre dissimulées dans les fentes d'écorce d'arbre, dans la mousse des troncs d'arbres surtout aux points dé bifurcation des branches, à la base des troncs de bananiers, de
LES MOUCHES TSÉTSÉS 975
figuiers, de dattiers, d'Allophyllus, dans les gaines des feuilles, ou encore dans l'humus, dans le sable ombragé. Fréquemment, ces pupcs sont groupées suivant des espaces très circonscrits qui représentent des lieux de ponte (Bagshawe).
La durée de la nymphose chez les différentes espèces est d'un mois environ. La température optima est, pour GL palpalis, de 25-27 ; 28° est la température critique. Les espèces des autres groupes sont moins sensibles au degré thermique. Ainsi, ~ pour Gl. fusca (=? brevipalpis) , la température critique est, d'après Stuhlmann, de 32°.
Ces faits donnent une nouvelle raison de l'adaptation si étroite de la Gl. palpalis à son habitat.
Destruction des Glossines. — Une destruction raisonnée des glossines doit profiler de toutes les circonstances éthologiques que nous avons relatées. Pour des espèces comme Gl. palpalis, on arrivera à en débarrasser une région limitée par un déboisement partiel, ce que Roubaud appelle un éclaircissement, delà galerie forestière : les rayons solaires peuvent ainsi arriver à la surface du sol et agir défavorablement à la fois sur la nutrition et la reproduction des adultes, et sur l'évolution des [m pes. Par ses recherches plus récentes au Dahomey, Roubaud a même vu que des conditions, encore compatibles avec la vie des glossines, ne le sont plus avec le développement salivaire des trypanosomes (voir ch. iv). Un déboisement, capable d'empôcher ce développement, est donc suffisant pour arrêter les progrès d'une trypanosomiase telle que la souma.
Pour la Gl. morsitans, il serait nécessaire, pour la faire disparaître, île procéder à un véritable débroussement. Il sera plus simple, dans la majorité des cas, d'escompter sa disparition comme conséquence de la destruction du gros gibier.
Fin. GLXXXVI. — Pupes de Gl. palpalis (cliché du Sleeping Sickness Bureau).
Photographies du Dr Graham, grossissements, 2 et 8 dia mètres.
TI1YPAN0S0MES ET TRYPANOSOMIASES
Détermination des espèces. — Les tableaux dichotomiques suivants, empruntés à -Austen, permettent de distinguer les espèces du genre Glossina.
Austen, dans sa dernière édition, répartit les glossines en 4 groupes de la façon suivante :
Tarses des patles postérieures entière- ) „ , . , .
mrnt noirs j Groupe de Glossina palpahs.
Espèces de petite taille :
longueur au plus égale à 10 mm. 5, généralement très inférieure; ailes en extension ne dépassant pas22 mm. 5.
Partie supérieure de l'abdomen couverte de bandes nettes, noires sur fond pâle.
Espèces de grande taille : longueur au moins 10 mm. 5; ailes en extension, au moins 25 mm. La partie supérieure de l'abdomen n'est pas couverte de bandes nettes comme dans le groupe ci-dessus.
Seuls, les deux derniers arliclesdes tarses des pattes postérieures sont noirs, les autres ont une leinle pale.
Groupe de Gl. morsitans.
Ailes sombres: palpes longs et minces.
Ailes pâles; cou ris.
palpes
) Groupe de
) Gl. fusca.
I Groupe de
) Gl. brevipalpis.
Le groupe de la palpalis contient aussi : lachinoides, Westwood, 1850, facilement reconnaissable par sa petite taille (au plus 8 mm. de long),
et par la striation de l'abdomen qui rappelle tout à fait les glossines du groupe de la morsitans; — pallicera, Bigot, 1891, qui ne diffère guère de palpalis que par la teinte pâle et la longue pilosité du 3e article des antennes; — et 3 espèces récemmentdécrites : caliginea,Austen, 1910 (qui ne diffère de palpalis que par des détails de teinte du corps), — fuscipes, Newstead, 1910,etylt/s/en/,Newstead,1912; cette dernière caractérisée par le fait que les 2 derniers segments des tarses postérieurs sont plus sombres que les autres. — La Glossina palpalis (fig. CLXXV et CLXXXVII) comprend comme variété la Gl. Wellmani, Austen, qui n'est autre que la Gl. Bocagei, França, 1905.
Le groupe de la morsilans comprend les 3 anciennes espèces :
Fig. CLXXXVII. — Glossina palpalis
(d'après Austen).
Gr. = 2diam. 1/2.
LES MOUCHES TSÉTSÉS
Les deux derniers articles des tarses des pattes antérieures et médianes avec extrémités nettement colorées en noir ou en brun foncé.
pallidipes, longipalpîselmorsilans, là submo'rsitans de Newstéad, 1910, n'étant pas,, pour Austcn, une espèce distincte de morsitans.
Espèce plus grande que la suivante-, tète plus largé; front plus sombre et plus étroit dans les deux sexes: côtés de la tête parallèles chez le d ; bandes abdominales plus larges, laissant seulement d'étroites bordures postérieures pûtes; liypopygi.um du d1 plus petit, plus foncé et plus poilu; extrémité de l'abdomen du d1 couverte sur les côtés d'une couche plus dense de poils; soies du sixième segment plus (lues et moins saillantes.
Troisième article des antennes avec revêtement de lins poils au bord frontal...
Espèce ordinairement plus petite que la précédente; tète plus étroite; front plus pâle et plus large; yeux chez le <$ et la Ç convergeant en avant; bandes abdominales inoins larges; bordures postérieures pâles des segments plus inarquées; hypopygium du d* plus large, plus pâle, d'un contour plus ovale et couvert d'une couche moins dense de poils; soies du sixième segment du mâle plus fortes et plus saillantes. Troisième article des antennes sans revêtement
pileux morsitans, Weslwood,
1858 (flg. CLXXIV).
Tarses des pattes antérieures et médianes ou bien entièrement jaunes, ou bien avec les deux derniers articles des
pattes antérieures légèrement teintés de brun paiitdipes,Austen,1903.
to:i<ji.[jali>is,\\r iedemann , i830.
Le groupe de la fusca renferme, en plus de cette ancienne espèce de Walker, 1849 (qui n'est pas celle que Austen avait décrite sous ce nom en 1903), la labaniformis (ancienne espèce de Westwood, 1850, qui vient d'être retrouvée et a pu être identifiée à la grossa de Bigot, 1891), la nigro fusca de Newstéad (1910 et 1911) et une espèce nouvelle d'Austen fuscipleuris.
Ces espèces diffèrent surtout par la longueur des poils du 3° article
Fil
CLXXXV1II. Glossina longipennis (d'après Austkn) Fomollo au repos. Gr. — 3D.
I. Ce cliché, comme ceux des figures CLXXXIX el CXCI-CXCIV, est emprunté à l'article de BouvnfR, Récolte et conservation des Diptères, paru en 1900 dans les Annales de l'InUilut Paslcui
Lavera* ot MesHil. — Trypanosomes et Tiypanosomiasos.
978 TRYPANOSOMES ET TKYPANOSOMIASES
antcnnal : reconnaissables avec une loupe grossissant a 15 diam. chez tabaniformis et nigrofusca (ils sont surtout longs chez cette dernière espèce), ils sont très courts chez fusca et fuscipleuris qui diffèrent par des détails de coloration.
Le groupe de la brevipalpis (espèce récente de Newstead, à laquelle Austen rapporte sa fusca de 1903) est surtout remarquable par la brièveté de la trompe et des palpes qui l'enserrent.
Les 3 espèces de ce groupe peuvent se distinguer ainsi :
Partie dorsale du thorax avec quatre petites taches ovales, brun foncé, bien délimitées, disposées en parallélogramme (deux en avant el deux en arrière de la suture transversale); le bulbe situé à la base de la
trompe. (B, Qg. CLXXVI) est brun à l'extrémité lonqipennis, Corli, 1895
(ilg. CLXXXVIII).
Sur le thorax, pas de taches, ( Veine antérieure transmais stries longitudinales \ verse des ailes (a, plus ou moins distinctes; le < flg.CLXXVII) de coubulbe proboscidien n'esl pas/ leur sombre brevipalpis, Newstead, 1910.
brun à l'extrémité. \ Ailes d'Une seule teinte, medicorum. Austen, 1911.
Autres Insectes convoyeurs1.
Stomoxes et genres voisins2. — Les Stomoxes sont des mouches ubiquistes dont on ne connaissait naguère qu'un petit nombre d'espèces; ce chiffre s'accroît tous les jours avec les progrès de nos connaissances sur leur biologie et leur rôle pathogène. Semblables dans leurs dimensions et leur aspect général à des mouches domestiques communes, ils s'en distinguent par leur trompe aigué et saillante, horizontalement disposée suivant l'axe du corps quand l'insecte est au repos, comme chez les glossines. La constitution de cette trompe est fondamentalement la môme que celle des Glossines (fig. CLXXVII, m), mais l'organe tout entier est plus court et plus épais.
Les stomoxes se nourrissent surtout du sang des vertébrés, mais à la différence des glossines, ils peuvent aussi aspirer des liquides divers, surtout des nectars et des jus sucrés végétaux. Toutefois l'alimentation sanguine paraît être absolument indispensable aux deux sexes (Roubaud). Ce sont par excellence les ennemis des bestiaux, et dans les régions chaudes leur abondance en fait un véritable fléau.
1. Voir en particulier GrÛNBERG, Die Mulsaugenden Dipteren, lena. Fischer, 1907.
2. Voir pour la trompe, Stephens et Newstead, Ann. of trop. Med. a. Par., t. 1. 1907, p. 10»; GlLES, Journ. of trop. Med., t. IX, 1900. — Pour Tanalomie interne, Tullocii, Proc. Roy. Soc.. B., t. LXXV11, 1906, p. 523. — Pour la biologie de Sto-
Fig. CLXXXIX.
Stomoxys du Natal (d'après Austen).
Fomollc au repos.
Gr. = 3D.
L'espèce la plus répandue dans le monde entier, Stoinoxys calci- Irans, vit uniquement au voisinage des écuries. D'autres espèces, étudiées par Roubaud en Afrique, affectionnent les pâturages, le bord des eaux courantes, la brousse à gros gibier, les lagunes salées, etc.
Les conditions de développement des larves, suivant les espèces, sont aussi variées que la localisation des adultes, d'après les recherches récentes. St. calcitrans dépose ses œufs dans les fumiers des écuries ou dans la terre souillée d'urine et de crottin de cheval. Dans les régions soudanaises, en saison sèche, c'est au bord des
Fig. CXC. — Stomoxys nigra (cliché du Slceping Sickness Bureau).
Gr. - 5D.
eaux que s'effectue la ponte, l'insecte abandonnant momentanément le sol desséché des écuries. D'autres espèces recherchent pour pondre les pâturages humides, le sable littoral des fleuves ou des lagunes (Roubaud).
Les larves ont une croissance relativement lente (deux ou trois semaines). Elles redoutent l'action du soleil et meurent à une température supérieure à 30°. Les pupes éclosent en une quinzaine de jours.
Si le rôle des stomoxes dans le transport des trypanosomiases, surtout celles du type surra, est désormais hors de conteste, on n'est pas fixé sur le rôle des genres voisins : Hsematobia, Robin. Desv., 1830, Lyperosia, Rond., 1862 et Beccarimyia, Rond., 1873, qui se distinguent immédiatement du genre Stomoxys par la dimension des palpes maxillaires, aussi longs ou presque que la trompe.
moxys calcitrans, Newstead, Ann. of trop. Mcd. a. Par., t. I, 11)07, p. 75; pour celle des diverses espèces et la diagnose des Stomoxys et des Lyperosia, Roubaud, Bull. Soc. Palh. exol., t. IV, 1911, pp. 122, 396 et 544; C. B. Acad. Sciences. 15 mai 1011.
«80 TRYPAN0S0MES ET T11YPAN0S0M1ASES
Les Ifeemalobia se rencontrent fréquemment en Europe sur les bestiaux. Elles ont à peu près le porl et la taille des stomoxes; elles s'en distinguent par des palpes allongés en cuiller, presque aussi longs que la trompe, par la tête aussi large que haute, et par une convergence plus grande au bord de l'aile des nervures longitudinales 3 et A (voir fig. GLXXVT1).
Les Lyperosia, très répandues en Europe et en Afrique, et qui doivent être suspectées en ce qui concerne les trypanosomes, sont des mouches de petite taille dont les ailes au repos se croisent complètement sur le dos. Les palpes sont allongés, parfois en forme de baguettes grêles (L. longipalpis Roub.); les nervures longitudinales 3 et 4 sont presque contiguës au bord de l'aile. Ce sont des parasites plus parfaits que les autres représentants de la famille, en ce sens que, comme les hippobosques, ils ne quittent guère le corps de leurs hôtes.
Le genre Beccarimyia n'est représenté que par une espèce abyssinine.
Tabanidés. — Nous empruntons à Bouvier1 les lignes suivantes concernant les tabanidés.
Les Tabanidés ou Taons forment une famille des plus riches où Ton compte de nombreux genres et près de 1,600 espèces; ils sont répandus partout, principalement au voisinage des lieux fréquentés par les grands Mammifères herbivores, sauvages ou domestiques.
Ces mouches ne présentent jamais de dimensions très réduites; une des plus petites est notre chrysops aveuglant (Chrysops cœculiens, fig. CXCI) qui mesure environ 7 millimètres de longueur, et les plus grandes ne dépassent guère notre taon du bœuf (Tabanus bovinus, fig. CXCII) qui peut atteindre près de 30 millimètres.
Les Tabanidés se reconnaissent à leurs formes un peu lourdes, à leur corps sensiblement déprimé, à leur tète convexe en avant et un peu concave en arrière, à leurs yeux énormes qui montrent des reflets irisés, à leurs ailes un peu écartées en arrière pendant le repos.
Ils présentent souvent des taches ou des bandes sombres (fig. CXCI) sur ces dernières, et leur troisième article antennaire conserve à son extrémité libre les restes d'une segmentation. Leur trompe est de coutume dirigée vers le bas, recouverte en avant par les gros palpes maxillaires; chez certaines Pangonia, elle devient fort longue et alors fait saillie en avant. Les yeux des mâles sont contigus sur le vertex comme dans les Simulies de même sexe; ceux des femelles sont séparés par une bande étroite, à bords presque parallèles.
I. Op. cit. On trouvera dans cet opuscule, édité à part par l'Institut Pasteur el mis à la disposition de tous ceux qui désirent récolter des insectes piqueurs dans les pays chauds, des conseils pratiques pour la conservation de leurs captures.
Les œufs sont déposés en masse sur les plantes ou clans les débris végétaux; ils donnent naissance à des larves longues et fusiformes, souvent ornées de verrues en divers points de leurs anneaux. Ces larves carnivores ou omnivores vivent dans le sol, dans les détritus,
Fig. CXCI. — Ghrvsops C/ECutiens L., Fig. CXCII. — Tadanus bovinus L.,Taon petit Tabanide -européen; femelle, européen de grande taille; femelle.
ou dans l'eau; elles se transforment en nymphes ovoïdes et immobiles qui se tiennent dans les mêmes milieux.
Les Tabanidés femelles poursuivent l'homme et les grands Mammifères durant la journée, surtout quand il fait chaud. Les mâles se contentent de butiner sur les fleurs.
Le rôle de ces insectes dans le transport du surra aux Indes, du debab en Algérie, paraît bien établi.
Hippoboscidés. — Les Hippoboscidés, dit Bouvier, sont appelés
Pigi CXCIII. — IIippobosca equina L., Pupiparc européen dépourvu d'ailes; un Pupiparc européen; femelle. femelle.
aussi Pupipares à cause de la propriété qu'ont les femelles de produire des larves qui se transforment en pupes au moment de la naissance.
Les Hippoboscidés ont des formes lourdes, une tête peu épaisse et
982 TRYPANOSOMES ET TU YPANOSOMIASES
souvent rétractile contre le thorax, un abdomen où la segmentation " s'atténue, des téguments élastiques et de fortes griffes au bout des pattes. Ils volent peu et mal, et souvent môme sont dépourvus d'ailes. Les Hippobosques (fig. CXCI1I et fig. XLVII, p. 340) attaquent les chevaux, les ruminants et les chiens; les Ornilhomyia vivent aux dépens des oiseaux; les uns et les autres ressemblent à des mouches
déprimées et présentent encore des ailes qui, au repos, s'appliquentl'une sur l'autre comme celles
des glossines. Les Lipoptena vivent aux dépens des Cervidés, et perdent rapidement leurs ailes; ils ne dé passent guère 3 mm.
(Europe, Amérique du Nord, Malacca). Les Mélophages sont représentés par une seule espèce, le Melophagus ouinus (fig. GXCIV), qui est toujours aptère et se tient dans la toison des moutons.
Conorhinus. — Le genre Conorhinus a été créé pour des insectes hémiptères héléroptères de la famille des
Fig. CXGV. — Conorhinus megistus femelle Réduvidés. Les Rédu- (d'après Chagas). vidés diffèrent des Pu-
Gr. = 2 D. 1/2. Cliché du Précis de Parasitolorjie de Brumpt. naises OU Cimicidés en
ce que les ailes sont bien développées et que le ventre est volumineux et saillant. Cette famille est représentée dans nos pays par les genres Rediwius et Harpactor qui piquent accidentellement l'homme. Les Conorhinus sont aussi sanguivores que les punaises, par exemple. Ils ne fréquentent que des endroits habités; on les rencontre de préférence dans les habitalions mal tenues; pendant le jour, ils se logent dans les interstices des murs et y pondent leurs œufs.
Ces insectes ne piquent que la nuit; la piqûre est peu douloureuse.
Les œufs ont 2 mm. sur 1 mm.; blanc-crôme au moment de la ponte, ils prennent peu à peu une teinte rose. L'éclosion a lieu du 25e
au 30° jour au Brésil dans les mois chauds, du 30e au 40e dans les mois froids. La larve devient plus rapidement brune et subit 4 mues avant d'atteindre la période nymphale; durant ce temps, elle suce le sang et s'accroît. La période nymphale dure 1 mois 1/2, l'insecte fait alors de longs repas de sang. L'adulte a besoin de se nourrir de sang 8 jours après sa sortie de l'enveloppe nymphale. L'accouplement a lieu et la femelle commence à pondre 53 jours après le 1" repas. La ponte se fait par poussées successives. Neiva1, à qui nous empruntons ces détails, cite une femelle qui, en 4 mois, a pondu 218 œufs. Le cycle évolutif complet, d'œuf à œuf, demande, dans les conditions optima, 324 jours.
Pédiculines. — Le seul pou qui, pour le moment, intéresse l'étude des trypanosomiases, est VHœinatopinus spiniilosus du rat. Les Hsemalopinidœ sont très voisins des Pecliculidse qui comprennent les poux humains (genres Pediculus et Phthirius); ils en diffèrent surtout en ce que le pharynx est long et mince et la trompe très longue. Nous repré- . sentons (fig. CXCVI) la femelle de H. spinulosus; le mâle est de plus petite taille et plus dégradé 2.
Aphaniptères ou Siphonaptères. — On sait le rôle capital que joue une puce, Ceratophyllus fasciatus (fig. CXGVII), dans l'évo- Fj lution et la transmission du Tr. Lewisi. D'après diverses constatations, d'autres puces sont capables de remplir un rôle analogue; tel
est le cas de Ctenophlhalinus agyrles, d'après Nuttall, Strickland et Swellengrebel, de Ctenocephalus serraticeps canis, d'après le travail récent de Noller*. Les autres trypan. non pathogènes des rongeurs doivent être aussi transmis par des puces.