ET AUSTRALE DE DISTRIBUTION DES GLOSSINES
sina tachinoides en Arabie, non loin d'Aden. On sait que l'Arabie méridionale appartient zoo-géographiquement à la région éthiopienne.
La carte ci-jointe (fig. CLXXVIII) donne les limites nord et sud des tsétsés2. Au Nord, les tsétsés ne dépassent nulle part la zone tro-
1. Ii. M. Carter, British. med. Journ., 17 jiov. 1906, p. 1303.
2. Voir pour plus de détails les caries publiées par le Sleeping Sickness Bureau et la carte du livre récent d'Àusten. Nous devons appeler l'attention sur ce que cette carte indique, à tort, la présence de tsétsés au sommet de la boucle du Niger (région de Tombouctou). C'est en tenant compte des renseignements récents recueillis par Bouet et Iioubaud que nous avons tracé notre ligne limite au Soudan nigérien.
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pieale. Le point le plus septentrional où elles aient été rencontrées est situé au sud de Saint-Louis (Sénégal), sur le 16e degré. Au Soudan nigérien, elles ne dépassent pas le 14e degré et la limite s'abaisse encore au Soudan égyptien et au pays des Somalis. En a-t-il toujours été ainsi? Aucun fait précis ne vient à l'encontre. Signalons à titre documentaire l'opinion de Westwood que la tsétsé, dépassant ses limites ordinaires, a causé la quatrième plaie d'Egypte. « Une multitude de mouches très dangereuses vint dans les maisons de Pharaon, de ses serviteurs et par toute l'Egypte. » (Exode, Ch. vin, v. 24.) La cinquième plaie, celle des bêtes, aurait été ainsi la conséquence de la quatrième1.
Dans l'Afrique du sud-est, les tsétsés descendent au-dessous du tropique du Capricorne et atteignent, au Zoulouland, le 26,! degré de latitude sud.
L'île du Prince et les îles espagnoles du golfe de Guinée (Fernando Po, etc.), sont infestées; l'île de San Thome est indemne.
Les diverses espèces de tsétsés n'ont pas la môme répartition. Nous allons voir que cette répartition dépend, entr'autres, des conditions physiques de la région.
Nous avons donné en détails, au chapitre xxviu, la distribution géographique de la Gl. palpalis. C'est une espèce de l'Afrique tropicale et, pour la plus grande partie de son habitat, de l'Afrique occidentale 2.
Des autres espèces du même groupe, la seule importante à considérer est la Gl. lachinoides. C'est une mouche des régions soudaniennes de l'Afrique occidentale et de l'Afrique du Tchad; on la trouve aussi dans l'Afrique orientale allemande. Nous avons déjà fait connaître le petit foyer arabe.
L'aire de la Gl. morsitans et des espèces voisines déborde celle de la Gl. palpalis surtout à l'Est et au Sud. On trouve Gl. morsitans du Zoulouland au Bahr-el-Ghazal et à la Gambie. La Gl. longipalpis est une espèce surtout occidentale; la pallidipes une espèce orientale.
Les glossines de grande taille sont beaucoup moins répandues et, partant, bien moins intéressantes à considérer ici. La Gl. fusca (telle qu'Austen la considère maintenant) est une espèce de l'Afrique occi-
1. Westwood, cité par Labouldène, art. Tsétsé du Dictionn. encyclop. des Se. médicales.
2. D'après S. Neave (Portions of Report on Work of Katanga med. comm., 1906-08. Londres, 1908), Gl. palpalis fait partie d'une faune africaine tropicale occidentale. opposée à une faune orientale. Cette fauue tropicale occidentale occupe la cùle occidentale d'Afrique du Cap-Vert a Benguela, les bassins du Niger et du Congo jusqu'aux grands lacs : Victoria, Tanganyka, Moero, etc. Il y a tout lieu de supposer, dit Neave, que la Gl. palpalis ne dépassera pas cette zone et, en particulier, n'atteindra pas le Zambèzo, mi elle rencontrerait cependant des conditions physiques identiques a celles des rivières du Katanga.
LES MOUCHES TSÉTSÉS 967
dentale, qui va jusqu'à l'Ouganda (cf. Gl. palpalis). La Gl. brevipalpis, bien qu'elle ait été signalée au Congo belge, est avant tout une espèce de l'Afrique orientale et australe.
Habitat. — Certaines espèces de glossines (palpalis, lachinoides) se rencontrent au bord immédiat des eaux sous l'ombrage épais d'une végétation puissante (galeries forestières de l'Afrique équatoriale). D'autres (Gl. fusca, longipalpis) affectionnent les buissons, les broussailles moins denses, plus éloignées du bord des eaux. D'autres enfin (Gl. morsitans) se rencontrent dans les savanes plus ou moins couvertes, souvent éloignées de tout point d'eau; ce sont des mouches xérophiles, par opposition aux autres espèces qui sont hygrophiles (Roubaud). Cette dernière espèce paraît affectionner particulièrement l'ombrage de certains arbres ou arbustes; tel est, par exemple, le mimosa (Chapman dans le sud de l'Afrique, Morel sur le Chari, Roubaud sur le Niger, l'ont observé). Exceptionnellement, on la rencontre sur des collines (par exemple : au nord du Transvaal); dans la Rhodésia septentrionale, elle a été trouvée à 4 i 10 pieds (1 400 mètres environ) au-dessus du niveau de la mer.
Dans les régions à Gl. morsitans (fly-belts des Anglais), il ne faut pas s'imaginer que la mouche est partout. Souvent, elle est confinée à de très petites surfaces de forêt ou de brousse; il y a ainsi, dans une région plus ou moins grande, une série de petites taches où la mouche existe à l'exclusion des autres points. Inversement, une région peut être couverte de tsétsés, sauf dans des sortes de clairières où l'on n'en rencontre jamais. On peut ainsi arriver à faire traverser une région infestée à un troupeau, en voyageant la nuit et passant la journée dans ces clairières.
Quelquefois, la mouche n'existe que d'un seul côté d'une rivière; l'exemple que nous devons à Livingstone, de la rivière Chobé, est devenu classique.
Les autres espèces de glossines qui vivent dans des secteurs beaucoup plus circonscrits de la zone ombragée des cours d'eau, ont aussi certains endroits de prédilection dans l'étendue de leur milieu biologique, que l'on peut appeler gîles, où elles attendent leurs hôtes. Les gîtes au voisinage de l'homme sont importants à considérer pour l'étiologie de la Irypanosomiase humaine.
Ces habitais si spéciaux des tsétsés et en particulier de celles appartenant au groupe de la palpalis sont conditionnés par des raisons biologiques sensibilité thermique et hygrométrique) qui ont été mises en lumière par Roubaud.
(les conditions sont particulièrement étroites pour la Gl. palpalis. Dans les régions où elle vit au Congo, fait remarquer Roubaud, le climat est 1res égal; toute l'année, la moyenne thermique est, voisine de 15° C; le degré hygrométrique de l'air est très élevé; il
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avoisine 70. Dans d'autres contrées, les conditions de vie de cette glossinc sont un peu moins étroites (races géographiques). Par exemple, Roubaud, au Dahomey, l'a trouvée dans les palmeraies incultes des bords des ruisseaux où le couvert n'est pas très épais
La sensibilité thermique et hygrométrique de Gl. morsilans est moins grande que celle de Gl. palpalis; on s'explique ainsi qu'on puisse rencontrer la première espèce loin des cours d'eau.
Les mâles et les femelles de Gl. longipalpis ont des gîtes nettement distincts : broussailles touffues pour les premiers; clairières découvertes a acacias et mimosées pour les secondes (Roubaud).
Pour une même espèce, la résistance aux conditions extérieures peut varier avec la contrée. Au Dahomey, les palpalis résistent mieux qu'au Congo à la température de 35°.
Ces considérations font comprendre les migrations des glossines, qui, en saison des pluies, occupent une aire bien plus étendue qu'en saison sèche alors que les points d'eau sont devenus rares. Elles font comprendre aussi la notion, apportée par Roubaud, des gîtes permanents et des gîtes temporaires.
Nous examinerons plus loin la question du vol des glossines.
Les conditions physiques que nous venons de préciser sont nécessaires, mais ne sont pas suffisantes. Il faut encore des conditions de nutrition que nous allons maintenant étudier.
Nutrition. — Les glossines qui, dans leur aspect extérieur, ne présentent aucune trace de dégradation parasitaire, sont cependant aussi nettement adaptées à la vie parasitaire que les Diptères Pupipares qui sont des ectoparasites. Elles ne vivent que de sang et présentent même cette particularité curieuse qu'elles ne peuvent absorber que le sang circulant des capillaires où leur trompe plonge directement; dès qu'un animal est mort depuis quelque temps, elles ne peuvent plus sucer son sang.
Les mouches des deux sexes sucent le sang; elles piquent dans la journée et le soir; parfois, mais plus rarement, la nuit, lorsque le clair de lune est très beau.
A l'entrée dans la contrée de la mouche (Gl. morsitans et palhdipes), dit Bruce, on n'est pas longtemps à ignorer la présence de la tsétsé; on voit les indigènes frapper leurs jambes nues, les chiens mordre en rond et les chevaux mer. En quelques minutes, dans les espaces couverts de broussailles, on peut être attaqué par 30 ou A0 mouches.
[. KiNGHORN él Montgomery (Ann. of trop. Med. a. Par., t. III. 1909, p. 31 11 ) rapportent le Tait suivant sur les mœurs de Gl. palpalis. Le lac Tanganyka est limité par de hautes falaises dont le pied est bordé de rochers présentant comme seule végétation de petites loulTes de roseaux (Phragmiles communis); presque toujours, on peut y trouver la mouche.
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Le vol de la tsétsé à jeun est extrêmement rapide et en ligne droite et, comme la mouche aime l'ombre et se cache sous les feuilles, au milieu des poils chez les animaux et dans les replis de la peau, on a de la peine à la voir, mais les effets de la piqûre révèlent rapidement sa présence.
Quand la mouche vole près de la tête, on perçoit un bruit d'ailes fugitif (que rappelle le nom tsétsé) en raison de la rapidité du vol. La
Fig. GLXXIX; — Glossina morsitans (d'après Bruck). A, Mouche à jeun. — B, Mouche dont l'abdomen est distendu par le sang. (Gr. 2 diam. 5.)
mouche se pose avec tant de délicatesse sur la peau qu'on ne la sent pas. La pénétration de l'aiguillon est le plus souvent indolore, c'est ce qui en fait le danger. Parfois en 20 à 30 secondes seulement, la mouche se gonfle de sang (comparez fig. CLXXIX, A et B), l'abdo-
men prend une teinte rose d'abord, puis rouge.
Lorsque la mouche, gorgée de sang, retire sa trompe, on éprouve généralement une démangeaison, variable suivant les sujets, au point de la
piqûre. Fig. CLXXX. — Attitude de la mouche pex-
Les conséquences DANT LA PIQÛRE (d'aPrès R°ubaud).
moins immédiates de la
piqûre sont très variables, sans doute suivant les propriétés de la salive. On a remarqué que, chez un certain nombre d'Européens qui ont contracté la maladie du sommeil, la piqûre infectante avait amené rapidement un phlegmon.
On sait que la salive des glossines a une valeur variable comme milieu évolutif pour les trypanosomes. On remarquera (fig. CLXXXI), la position des glandes salivaires et leur extrême développement. Ce développement permet sans doute d'expliquer le fait, unique dans nos connaissances, que certaines espèces de trypan. (comme le Cazalboui) puissent évoluer uniquement dans le liquide salivaire.
Pour piquer, la mouche rabat sa fine trompe et relève les palpes à angle aigu (v. fig. CLXXX).
Les tsétsés sucent le sang de vertébrés appartenant à toutes les classes de l'embranchement : mammifères, oiseaux, gros reptiles (en
TllYPA N0S0MES ET TIIVI'A XOSOMI ASES
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