Martin Mayer, Ibid., I. XXI, 1911, p
116 TRYPANOSOMES BT THYPANOSOMIASES
En se servant surtout de Caler annulatûs nés au laboratoire, Mayer a obtenu d'une façon constante la production de flagellés intestinaux en nourrissant les insectes sur des chouettes ayant de nombreux Halteridium; les témoins nourris sur canaris sains ne donnaienl rien. Dans ces cas, Mayer a pu obtenir une série, encore incomplète, de figures reliant les ookinètes de Y Halteridium aux flagellés. L'auteur a d'ailleurs cherché une preuve indirecte contre l'origine trypanosomienne en faisant piquer, à des Culex et à des Stegomyia, des rais à Tr. Lewisi et des padda à Tr. paddse : il n'y a pas eu multiplication dans l'intestin des insectes.
On peut, eu partant de ces flagellés de l'intestin des moustiques, obtenir des cultures sur milieu Novy qui se sont montrées comme morphologie et comme résistance, comparables à celles obtenues directement du sang de la chouette.
Avec les Halteridium des padda et des pigeons, on n'obtient aucune culture.
Celte dernière série de faits peu}; encore s'interpréter par l'existence d'un trypan., très rare dans le sang de la chouette, et qui se développerait particulièrement bien dans le tube digestif du moustique.
Quelques chouettes avaient aussi des Leucocytozoon et ces gros trypan. que Schaudinn a regardés comme les formes femelles mobiles des premiers. En partant d'une chouette avec nombreux Leucocytozoon (s. s.), l'auteur a obtenu, chez les Slegomyia qui l'ont piquée, de nombreux flagellés, longs et minces, se mouvant à la façon des spirochètes. 11 rapproche encore cette observation, évidemment très incomplète, de celles de Schaudinn sur L. Ziemanni.
Enfin, la publication d'ensemble des œuvres de Schaudinn1 contient quelques faits en faveur de la môme thèse. Hartmann fait connaître qu'il a observé, en culture, des ookinètes de Haemoproteus; puis, au bout de 48 heures, des trypan. du type de ces ookinètes.
Comme on le voit, il es! encore prudent de rester dans l'expectative au sujet des faits publiés par Schaudinn. Mais de nouveaux faits, que nous allons passer en revue, ont été observés, qui prouvent que les groupes des Flagellés et des Hémocylozoaires ne sont pas aussi séparés qu'on le pensait autrefois.
C'est d'abord la découverte des Leishmania, faite par Leishman et Donovan en 1903. Dans la première description qui ail été donnée de la Leishmania Donovani, nous avions cru devoir classer provisoirement cet organisme parmi les piroplasmes. La découverte, faite l'année suivante par Rogers, que ce parasite donne, en culture, des flagellés voisins des organismes que nous avons appris à connaître
l. Fritz Sciiaudinn's Arbeilen, !.. Ynss, Hambourg ci Leipzig, 1914.
sous le nom de Lep.tomonas, en fait une l'orme de transition entre le groupe des piroplasmes et celui des trypanosornes.
Dans l'organisme humain, les Leishmania parasitent le plus souvent de grandes cellules mésodermiques du type macrophage. Ce sont donc des parasites endocellulaires.
UEndotrypanum Schaudinni réalise le type d'un organisme, assez voisin des Crilhidia, qui, à certaines phases au moins 'de son existence, vit à l'intérieur des globules rouges.
Chagasa décrit, chez son Schizotrypanum Crazi, déjeunes stades, non flagellés, à l'intérieur des hématies; il déclare que les formes trypanosornes peuvent pénétrer dans les globules.
Carini 1 a tracé, pour divers trypanosornes d'un batracien commun en Amérique du Sud, le Leptodactylus ocellatus, une série de stades endoglobulaires, les uns avec noyau unique, les autres avec noyau et centrosome; à ce stade, le parasite endoglobulaire est même capable de se diviser. Il a tous les caractères cytologiques des trypan. que l'on trouve libres dans la préparation.
Dès 1904, Billet avait cherché à montrer que les hémogrégarines bien connues des grenouilles étaient capables de se tranformer dans le trypan. décrit peu de temps auparavant par Edin. et Et. Sergent sous le nom de Tr. inopinatum ; les hémogrégarines acquerraient d'abord un centrosome, puis une membrane ondulante ; la transformation inverse pourrait aussi s'observer. Ces faits n'ont pas été confirmés, en particulier par Brumpt qui a étudié d'une façon spéciale le cycle évolutif du Tr. inopinatum.
On a aussi cherché à retrouver, chez divers parasites endoglobulaires déjà classés, tels que les hématozoaires pigmentés, des traces d'un second noyau ou d'un appareil flagellaire rappelant celui des trypanosornes.
Certains Leucocytozoon renferment, à côté ou à l'intérieur du noyau, un gros grain ressemblant tout à fait au centrosome des trypanosornes. A cet égard, ils rappellent le Trypanosoma Chattoni.
Hartmann2 a cherché à faire la synthèse de tous ces faits et il a créé', pour l'ensemble des organismes dont nous venons de parler, un groupe spécial, celui des Binucleata dont les caractères essentiels sont basés sur les 2 noyaux tels qu'ils existent chez les trypanosornes. Hartmann et Jollos, plus récemment (/. c), ont partagé les Binucleata en un certain nombre de familles, dont la première esl celle des Trypanosomiàse, qu'ils comprennent comme nous-mêmes. Ils n'y placent pas le genre Leishmania qu'ils classent dans une autre famille avec les- Piroplasma et Toxoplasma.