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TECHNIQUE POUR L'ÉTUDE DES T R Y PA N OS O M ES

§ 1 . — Recherche et examen à l'état frais.

Pour l'observation des trypanosoraes clans le sang- frais, on se procure une goutte de sang de l'animal infecté. Quand il s'agit d'un Mammifère, on fait une écorchure à l'oreille, ou bien (rat, souris) on coupe l'extrémité de la queue; pour les Oiseaux, on fait une piqûre à Tune des grosses veines qui font saillie à la face interne de l'aile; pour les Reptiles, on prend le sang, suivant les cas, à l'extrémité de la queue ou à un doigt; pour les Batraciens, on sectionne un doigt d'une des pattes, de préférence le pouce d'une patte antérieure; enfin, chez les Poissons, on sectionne un ou deux rayons de la nageoire caudale ou bien on fait une petite écorchure aux branchies.

La goutte de sang est recueillie sur une lame porte-objet et on recouvre d'une lamelle. Si l'on désire étudier la structure des parasites, le sang doit être en couche mince; il importe, en effet, que les trypanosomes ne soient pas dissimulés, sur tous les points de la préparation, au milieu des hématies. Les mouvements que les trypanosomes impriment aux hématies permettent de reconnaître l'existence des parasites à un très faible grossissement (100 diamètres quand ils sont nombreux, et facilite leur recherche à un grossissement plus fort (300 ou 100 diamètres) quand ils sont en petit nombre dans le sang.

Dans ce dernier cas, si l'on désire seulement constater la présence des parasites, il y a avantage; à avoir une couche relativement épaisse de sang, où les globules serrés les uns contre les autres tonnent une couche en apparence uniforme. Avec quelque habitude, la présence des parasites se reconnaît alors aux mouvements giratoires qu'ils impriment aux hématies voisines, et l'on a ainsi l'avan-

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tage d'observer une plus grande masse de sang. Mais il faut se garder de confondre avec d'autres parasites, tels que les spiroehetes : il est bon de prolonger l'observation de la région en mouvement jusqu'à ce qu'on distingue nettement une partie du corps du trypanosome. La confusion avec les microfilaires, dont le corps cylindrique a une longueur qui atteint 200 ou 300 u, est plus facile à éviter.

Dans les cas douteux, en particulier quand il s'agit de faire le diagnostic microbiologique d'une trypanosomiase, il est souvent nécessaire d'examiner successivement plusieurs préparations de sang, et même, tant que l'examen est négatif, de le répéter plusieurs jours de suite (exemple : Ruminants atteints de nagana ou de surra, homme et mammifères divers infectés avec le TV. gambîense).

Pour faciliter la recherche des trypanosomes dans le sang, Kanthack, Durham et Blandford ont les premiers conseillé de centrifuger le sang rendu incoagulable; les trypanosomes se rencontrent dans la couche moyenne leucocytaire. Ce procédé est surtout utile pour rassembler, au-dessus des hématies, les parasites lorsque ceux-ci sont très nombreux.

Dans le cas de la dourine, nous verrons que l'examen doit surtout porter sur la sérosité sanguinolente des œdèmes; dans le cas de la maladie du sommeil, la recherche des parasites doit porter sur le sang, le suc de ponction ganglionnaire, et le liquide céphalorachidien de ponction lombaire. Comme les trypanosomes sont généralement rares dans ce liquide, on le centrifugera avant l'examen.

Dans les cas où l'on veut faire des observations prolongées sur les trypanosomes, il faut employer des préparations, en goutte pendante, lutées à la paraffine ou à la vaseline, qui sont très utiles, notamment pour l'étude du phénomène de l'agglutination. Le sang est ou bien mélangé à de l'eau physiologique ordinaire, puis défibriné, ou bien mélangé à de l'eau physiologique citratée de manière à empêcher la coagulation, ou encore à du sérum d'animal neuf. Francis1, pour le Tr. Lewisi, conseille de laisser coaguler le san^ : les trypanosomes passent dans le sérum où on peut les étudier débarrassés des hématies. Généralement au bout d'une heure entre lame et lamelle, au bout d'un temps un peu plus long en goutte pendante, le mouvement des trypanosomes se ralentit et l'on peut alors observer commodément leur forme et les mouvements de leurs diverses parties.

Pour hâter ce ralentissement des mouvements des trypano-

I. Francis, Bull, n" 11, Hyg. Labor., U.S. Pub. Health a Mar. Hosp. Serv., Washington, 11)03.

somes, Plimmer et Bradford1 conseillent d'ajouter à la goutte de sang une goutte d'une solution à 1 p. 100 de gélatine.

On a encore une bonne idée des trypan. à l'état de mouvement en se servant de microphotographies cinématographiques prises à l'ultramicroscope, que l'on peut examiner en repos. Comandon a exécuté des films très réussis de divers trypan. (Tr. Lewisi et trypan. pathogènes), et, avec le concours de Levaditi et Mutermilch, il a pu saisir sur le vif divers stades du phénomène de la phagocytose. Ces films constituent surtout un bon élément pour démonstrations.

§ 2. — Procédés de fixation et de coloration.

A l'état frais, on peut étudier la forme générale des trypanosomes, leurs mouvements, l'action des divers agents physiques et chimiques. Mais, pour se faire une idée précise de leur structure intime, il est indispensable d'avoir des préparations colorées après fixation appropriée. De nombreuses méthodes ont été proposées, dont nous allons passer en revue les principales.

Pour se rendre compte des déformations que la fixation fait subir au corps des trypanosomes, il est bon d'avoir des tests donnant une idée exacte des trypan. à l'état vivant. Minchin 2, à qui Ton doit tant de notions intéressantes sur la technique microscopique appliquée à l'étude des trypanosomes, a insisté sur l'importance de ces « standard préparations ». 11 conseille de se servir de parasites fixés aux vapeurs d'acide osmique et examinés soit en goutte pendante, soit entre lame et lamelle, sans autre technique ou bien après l'addition à la préparation d'une solution de vert de méthyle acidulée; on arrive à distinguer les deux noyaux (trophonucléus et kinétonucléus de Minchin) et la membrane ondulante.

Fixation. — Les trypan. étant surtout observés dans le sang, on a commencé tout naturellement à leur appliquer les procédés ordinaires pour l'étude du sang.

Fixation des frottis desséchés. — Le sang est étalé sur une lame de verre en couche minche, le mieux avec un morceau de carton, par exemple une carte de visite, ou encore avec une lamelle. Il faut quelque habitude pour obtenir une couche assez uniforme cld'épaisseur convenable. On sèche le plus rapidement possible, au besoin en agitant vivement la lame ou en l'approchant d'une flamme. On fixe dans l'alcool absolu (:; à 10 minutes) ou encore dans l'alcool

1. Plimmer et Bradford, Centralbl. f. Dakter., /., I. XXVI, L809, p. i40.

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