‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 62 sur 410 · I. Brumpt, C. li. Soc. Biologie, t. LXV, juin 1908, p · texte numérisé non relu

I. Brumpt, C. li. Soc. Biologie, t. LXV, juin 1908, p

132 TlhTANOSOMES ET TIIYPANOSOMIASES

été le cas pour les rais infectés de Tr. Lewisi ou de Tr. equiperdum, les cobayes infectés de Tr. Brucei ou de Tr. Evarïsi, placés par R. Ross et Williams 1 dans une chambre froide dont la température oscillait au voisinage de 0°.

Les températures élevées (au voisinage de 40°), nocives in vilro pour les trypan. pathogènes, n'agissent pas sur ces organismes lorsqu'ils se trouvent dans la circulation des animaux, par exemple du cobaye. C'est ce que Bouffard, dans des expériences restées inédites, a constaté en se plaçant clans des conditions expérimentales (48 h. à l'étuvé.à 37°) analogues à celles de Vincent pour le tétanos ou de Remlinger pour la rage. La température rectale dus cobayes atteignait 41°. La mortdcces animaux pouvait survenir; leurs trypanosomes restaient nombreux clans la circulation.

L'état de santé des hôtes influe souvent sur la marche de l'infection. Mais l'action peut être diamétralement opposée suivant les cas.

Certaines infections, particulièrement les infections bactériennes, paraissent antagonistes des trypanosomiases : les flagellés disparaissent de la circulation des animaux qui peuvent succomber à la maladie intercurrente en ne montrant pas de trypan. à l'examen du sang qui parfois n'est même plus infectieux. Ce sont des faits que l'on observe souvent dans les expériences de laboratoire, et en particulier chez les animaux qui servent à la conservation des virus, que l'on est ainsi exposé à perdre.

Schein 2, chez une chienne infectée avec le trypan. du surra. de l'Annam. a vu les trypan. disparaître de la circulation alors que les bactéridics charbonneuses y faisaient leur apparition.

vVHain et Trautmann :i attribuent à une pneumonie intercurrente la disparition des trypan. chez deux malades du sommeil.

Thomas et Breinl i ont cherché à reproduire expérimentalement cet antagonisme en employant diverses bactéries; ils n'ont obtenu qu'un certain retard dans l'évolution de la trypanosomiase. Nissle :', auparavant, avait vu que l'injection intrapéritonéale d'une culture rie prodigiosus est capable de faire disparaître les trypan. d'un rat infecté de nagana.

En revanche, Rodet, Mlle Rubinstein et Bader 0 n'ont pas obtenu de modification des I r\ panosomiases par les injections bactériennes : injections de bac. d'Eberth ou debact. charbonneuse chez les coba\ es nagahés, injection intraveineuse de staphylocoque chez les chiens,

l. R. Ross et G. L. Williams, Ann. of trop. Mcd. a. Parasil., t. IV, 1910, p. 225. ' 2. Schein, Ami. Insl. Pasteur, t. XXI, 1907, p. 739.

3. Allain et Thautmann. Bull. Soc. Palh. exot., t. 111, 1910, p. 25.

h. Thomas et IIkeinl, JÀucrpool. Sch. of trop. Mcd., mém. XV, 1905, p. L

5. NiSSLE, Uygien. Pundichau, l. XIV, 1004, p. 1030, cl Arcli.f. Hyg., t. LUI, 1905. p. 181,

0. Rodet, Rudi.YSTEIN et BAOBR, Bull. Soc. Path. exot., h III, 1010, p. 83.

injections sous-cutanées de streptocoque chez des lapins et des chiens. Même, dans deux cas où l'injection bactérienne (b. d'Eberth dans le péritoine du cobaye) a précédé l'infection à trypan., celle-ci a évolué avec une rapidité anormale.

Les seules recherches expérimentales suivies, ayant donné des résultats positifs nets, ont porté sur des Protistes aberrants, les spirochètes du sang-, agents des fièvres récurrentes. Trautmann ', puis Daels 2, ont surtout expérimenté avec les souris naganées, dont l'infection, du type aigu, durant 4-5 jours, est d'une telle régularité que toute action perturbatrice exercée par les spirochètes (Sp. Dultoni) apparaît très nettement.

Pour Trautmann, la survie est la plus longue quand les souris sont inoculées d'abord de nagana sous la peau, puis le lendemain de spirochètes, dans le péritoine; des souris ont ainsi résisté de 30 à 37 jours (au lieu de 4 à o). L'évolution des trypan. devient tout à fait irrégulière; il y a une série de poussées, séparées par des intervalles durant lesquels l'examen du sang est négatif. L'évolution des spirochètes est également modifiée : la poussée du début est moins considérable; elle est suivie généralement do, trois crises (coïncidant avec les régressions de trypan.), alors qu'il n'y en a pas plus de deux normalement. 11 faut noter qu'à côté des souris, chez lesquelles les deux infections sont ainsi influencées, il y en a d'autres chez lesquelles elles évoluent à la façon normale, amenant rapidement la mort.

Quand linoculation des spirochètes et des trypan. est simultanée, soit en mélange, soit tryp. sous la peau et spir. dans le péritoine, on obtient encore une régression des trypan. et une survie, mais moindre que dans le cas précédent.

Ni l'immunité pour les spirochètes, ni l'inoculation d'un culot de spir. morts n'influent sur la marche normale du nagana chez la souris.

D'accord avec Trautmann pour la majorité des faits, Daels en diffère sur quelques points. Par exemple, il cite des expériences où il y a action alors que l'infection à spirochètes précède l'infection à trypan. Pour lui, on a de bons résultats par l inoculation intrapéritonéale de trypan. au milieu ou à la fin de la spirillose.

Mais Daels est d'accord avec Trautmann pour constater que ce -ont les spirochètes vivants qui agissent, qu'il y a en somme une véritable concurrence vitale dans le corps de la souris. Il note par exemple que la poussée finale de trypanosomes coïncide avec la fin ou le déclin de l'infection spirillairc. Des souris peuvent vivre plu-

1. Trautmann, Ann. Inst. Pasteur, t. XXI, oct. 14)07, p. 808.

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