TUYPANOSOMES ET T H Y I1 A N OSO M I AS ES
sieurs jours avec un nombre considérable de Irypan. dans le sang, qui les tue d'habitude en 24 heures.
Pour Trautmann, il n'y a pas atténuation vraie de virulence des trypan., car, inoculés à de nouvelles souris, ils les tuent, dans le temps normal; mais, fait intéressant, ces nouvelles infections ne sont plus, pendant quelques générations, influençables (en règle générale) par les spirochètes; les trypan. ont acquis une sorte de vaccination héréditaire.
Pour Daels, il n'y a aucune accoutumance des trypan. à l'action gênante des spirochètes, au contraire, les trypan. se sensibilisentde plus en plus à l'action nocive. Ainsi l'inoculation d'un mélange de spir. et de trypan., pris en combinaison chez un animal, donne une infection à rechutes, alors que le mélange de spir. et de trypan. ordinaires produit une maladie aiguë normale. Daels a obtenu aussi, avec ces trypan. sensibilisés, des infections avec de longues périodes où le sang n'est même plus infectant. ïl ne croit pas que les spir. agissent par des substances solubles, car les trypan. peuvent se développer dans un sang rempli de spir. Cette conclusion n'est-elle pas en contradiction avec le fait, qu'il a observé chez les rats (où la combinaison spir. -trypan. a la même action que chez la souris), que des spirochètes protégés par des sacs et introduits dans le péritoine, déterminent une perturbation delà trypanosomiase?
Daels, dans le même travail, note encore que, chez les souris cancéreuses, arrivées à la période cachectique, l'infection par le Tr. Brucei est allongée.
Trautmann a constaté également un antagonisme du S. Dutloni et des Tr. Evansi, equiperdurn, gambiense. En revanche, les infections à Tr. Lewisi sont réfractaires à l'action des sph'ochètes, même quand le rat présente une infection intense.
D'autres affections des animaux en expérience paraissent favoriser l'infection trypanosomique. C'est ainsi que nous avons constaté une influence favorisante, peut-être indirecte, de l'acariose cutanée des rats sur l'infection duc à un Tr. gambiense de virulence peu marquée.
G. Martin 1 a eu l'occasion d'observer un cas de réveil, par la clavelée, de la trypanosomiase, chez un mouton infecté de Tr. dimorphon, dont le sang n'était plus infectant pour le cobaye à la dose de ."> ce. : les trypan. son! revenus assez nombreux dans la circulation.
Il existe, dans tous les pays du monde, des trypan. propres aux bovidés et à peu près dépourvus de pathogénité. Ces trypan. sont rarement visibles à l'examen direct du sang et il est généralement nécessaire d'ensemencer ce sang pour déceler leur présence (voir ch. XII). Or ils ont été reconnus à l'examen direct chez des
I. (1. Martin, Les Trypanosomiascs en Guinée française, Paris, Mnloine, 1908.
bovidés atteints d'affections diverses : galziekte (Theiler '), peste bovine (Holmes2, Luhs3), piroplasmose (Holmes, Stockman4).
Nous verrons, au chapitre Palhogenie, que l'ablation de la rate n'influe pas sur l'évolution d'une trypanosomiase subséquente.
Chez un animal en bonne santé et dans des conditions physiologiques normales, l'âgejoue quelquefois un rôle.
Ainsi, nous avons constaté que les jeunes rats étaient beaucoup plus sensibles à l'infection par le Tr. Lewisi que les rats adultes. D'autre part, les animaux usés par l'âge paraissent moins résistants que ceux en pleine vigueur.
La fatigue, une nourriture mauvaise ou insuffisante, produisent des résultats de même ordre. On a souvent remarqué, au cours d'épizooties, que les animaux bien nourris et laissés au repos résistaient longtemps et pouvaient même guérir, alors que les animaux soumis au travail succombaient assez rapidement. L'insuffisance de nourriture est Un facteur favorisant de la maladie du sommeil.
L'adaptation à une région infectéè semble rendre les animaux plus résistants. De nombreux observateurs ont constaté, par exemple, que les chiens importés aux Indes ou en Afrique australe étaient beaucoup plus sensibles aux trypanosomiases de ces régions que les chiens indigènes. Les bœufs de Madagascar importés à l'île Maurice ont éprouvé une forte mortalité du fait du même surra qui est si peu pathogène pour les bœufs dans l'Inde. Le cas des Ruminants sauvages, tolérants aux trypanosomiases de la région, est évidemment à citer ici.
Enfin, il existe des particularités individuelles que nous ne savons pas discerner et qui font que, dans un lot d'animaux en apparence identiques, certains se montrent réfractaires, tandis que d'autres s'infectent à des degrés divers; mais pareils faits ne se présentent généralement que quand le trypan. est mal adapté à l'espèce animale, ou bien est peu virulent pour elle.
£ 2. — Moyens de défense de l'organisme.
Nous avons vu qu'un même frypanosome détermine, chez les diverses espèces animales auxquelles on l'inocule, des maladies très différentes, en particulier au point de vue de la durée et de la présence des trypan. dans la circulation. Cette simple constatation prouve que l'organisme réagit plus ou moins, et aussi de façons