‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 74 sur 410 · A. Rodet el G. Vallet, Acad. des Sciences, G août · texte numérisé non relu

A. Rodet el G. Vallet, Acad. des Sciences, G août

•3. A. Lanfranchi, Moderno Zooiatro, 1010, n° 5, cl La clinica veterinaria, 1010, n° 3. 4. A. Laveran et A. Thiroux, Acad. des Sciences, lor juillet 101)7, et Ann. de l'Inst. Pasteur, 1007, t. XXI, p. 503.

PÀTHOGrBNIE * 173

noyaux, lorsqu'on examine des frollis de raLe d'un animal infecté de trypanosom.es et sacrifié au début d'une crise trypanolytique, ou après l'administration d'un médicament d'une activité reconnue sur les parasites; on conçoit facilement que, dans ces cas, les cadavres des trypanosomes viennent s'accumuler dans la rate, comme s'y accumulent les hématozoaires du paludisme à la suite des accès traités par la quinine. Nous verrons plus loin que les noyaux des trypanosomes qui s'accumulent ainsi dans la rate ont été considérés par quelques observateurs comme des formes latentes des parasites.

D'après Rodel et Vallet, l'extrait de rate posséderait in vitro une action trypanolytique. Dans les expériences de Laveran et Thiroux, les mouvements des trypanosomes se sont ralentis plus vite dans les préparations du mélange eau H- extrait de rate, que dans celles du mélange sang -+- extrait du foie, mais c'est dans les préparations sang -h eau physiologique qu'ils ont disparu le plus rapidement. Devant ce résultat, il paraît inutile de faire intervenir des propriétés trypanoly tiques de l'extrait de rate pour expliquer le ralentissement des mouvements des trypanosomes dans le mélange sang -(- extrait de rate.

Il était indiqué, pour se rendre compte du rôle de la rate dans les trvpanosomiases, de dérater des animaux et de voir quelle serait l'influence de l'opération sur la marche des infections.

D'après les recherches de Bradford et Plimmer et de E. Sauerbeck, l'évolution du nagana serait un peu plus rapide chez les animaux dératés (lapins, chiens, chats, rats) que chez les animaux normaux.

En 1902, nous avons constaté qu'un rat dératé, inoculé du nagana, s'était comporté exactement comme un rat témoin '.

Les expériences de Laveran et Thiroux, faites avec le surra, ont porté sur 5 cobayes et sur 2 rats.

La durée moyenne de la maladie chez les cobayes dératés a été de dix-sept jours; chez les témoins, elle a été de vingt-trois jours, mais cette différence est due à ce qu'un des témoins a survécu quarantesept jours à l'inoculation, fait exceptionnel avec le virus employé; dans plusieurs expériences, des cobayes dératés ont survécu vingt et un et vingt-deux jours à l'inoculation, alors que les témoins mouraient en dix-huit jours; un des témoins est môme mort en neuf jours.

Chez les deux rats dératés, la durée de la maladie a été de six et de sept jours, alors qu'elle était de sept jours chez les témoins.

Chez les cobayes dératés, la crise trypanolytique s'est produite comme chez les cobayes normaux et souvent mieux que chez les témoins.

I. A. Lavehan cl F. Mesnil, Ann. de L'Inst. Pasteur, 1902, t. XVI, p. 30.

174 THYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIASES

Les inclusions de trypanosomes dans des leucocytes n'ont pas été observées plus souvent dans le sang des cobayes dératés que dans le sang des cobayes normaux.

L'aspect de la moelle osseuse chez les animaux dératés n*a pas paru différer de celui de la moelle des animaux normaux; les inclusions ont été notées quelquefois comme plus nombreuses.

On a vu (p. IGo) que les infections produites par des trypanosomes s'accompagnent presque toujours d'hypersplénie et que parfois cette hypersplénie atteint des proportions énormes. Pour une même trypanosomiase, le surra par exemple, on observe de grandes différences suivant les espèces animales; c'est chez les animaux qui ont le plus grand nombre de parasites dans le sang et pendant le plus longtemps que l'hypersplénie atteint ses plus fortes proportions; il semble que le rapport devrait être inverse si la rate avait la propriété de détruire les trypanosomes.

L'hypertrophie des ganglions lymphatiques, si commune dans les Irypanosomiases, est aussi en rapport avec la pullulation des parasites dans ces glandes.

En conclusion. Laveran et Thiroux estiment que la rate n'a pas de propriétés trypanoly tiques spéciales.

Massaglia conclut dans le même sens. « La rate, dit-il, n'a pas de propriétés tiypanolytiques, elle seri seulement à débarrasser la circulation des trypanosomes morts et en voie de destruction, de là la concordance qui existe d'ordinaire entre le nombre des trypanosomes et l'hypersplénie '. » On conçoit que l'accumulation des trypanosomes vivants ou morts dans la rate et la destruction de ces derniers donnent lieu à une vive irritation de ce viscère qui se traduit d'abord par la congestion et ensuite par l'inflammation.

Max Gottberg a confirmé les résultats obtenus par Laveran el Thiroux dans l'étude des trypanosomes de la rate -.

On s'est demandé comment un certain nombre de trypanosomes échappent à la destruction pendant les crises trvpanolytiques et chez les sujets traités qui, si souvent, ont des rechutes; l'examen histologique direct ne permettant plus de constater la présence des parasites dans le sang périphérique, on a supposé que les trypanosomes se réfugiaient dans certains viscères, dans certains tissus, ou bien qu'ils avaient des formes plus résistantes que la forme flagellée ordinaire.

D'après Salvin Moore et Breinl, les trypanosomes prennent dans la rate une forme latente [laient bodies) susceptible de se développer à un moment donné .

1. A. Massaglia, Acad. des Sciences, 30 septembre l!)i)7, et Soc. mcd.-chir. di Modem, 12 février 11)01).

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