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THÉRAPEUTIQUE ET PROPHYLAXIE GÉNÉRALES DES TRYPANOSOMIASES

§ 1. — Sérothérapie.

Les recherches ont porté sur les sérums normaux et les sérums provenant d'animaux ayant acquis l'immunité contre les trypanosomes et qui recevaient ensuite des doses successives de trypan. Examinons d'abord cette dernière catégorie.

Sérums d'animaux préparés. — Nous avons vu, au chapitre précédent, que, au cours des infections subaiguës ou chroniques, les sérums acquièrent des propriétés protectrices, qui persistent longtemps après la guérison. On a naturellement cherché à renforcer ces propriétés afin d'obtenir des protections plus énergiques et aussi des actions curatives. Dans cet ordre d'idées, tous nos essais qui ont porté sur des sérums de Ruminants, ont été infructueux : la dose de 1 et môme 2 ce. donnée chez la souris, n'influe en rien sur le cours de l'infection. On verra, au chapitre consacré au Tr. Lewisi, que les sérums de rats hyperimmunisés possèdent parfois une légère action curative; mais elle est inconstante.

Avec les sérums d'ânes guéris, puis hyperimmunisés par des injections massives de trypan., on a obtenu quelques résultats.

Diesing1, au Cameroun, a constaté que les ânes de l'Adamaoua, qui sont sensibles au trypan. de la région (espèce indéterminée), résistent très bien et guérissent. Le sérum de ces ânes guéris et hyperimmunisés, injecté à des bovidés ou à des chevaux trypanosomés, a uue action sur le cours de la maladie (disparition momen-

I. DiESING, Arch. f. Sch. u. Trop. Hyg., t. IX, 1008, p. 427.

tanée des trypan. de la circulation, relèvement de l'état général) qui est prolongée d'une trentaine de jours.

Kleine et Mollers1, en soumettant deux Anes, qui paraissaient guéris de leur infection à trypan. (TV. togolense), à des inoculations intraveineuses massives de trypan. de rat, débarrassés autant que possible des éléments du sang, ont obtenu un sérum qui s'est montré doué de quelques propriétés curatives. Sans action sur l'infection des souris déterminée par le virus de passage, il guérissait les souris infectées par le virus de cobaye, à condition d'intervenir très tôt, alors que les parasites étaient encore assez raies; dès que les souris montraient à l'examen 1-^ parasites par champ, on n'arrivait, malgré des injections répétées de sérum, qu'à prolonger la vie jusqu'à 25-40 jours. Un chien, traité à partir du 3e jour après l'infection, avec des doses de 20 ce. de sérum d'âne, a eu sa vie prolongée de 10 jours environ.

Mais ce sont là des résultats isolés, très imparfaits d'ailleurs et l'on a le droit de dire que le traitement, par sérums d'animaux préparés, n'a encore rien donné de pratique dans les trypanosomiases.

SÉRUMS de primates. — Il existe un certain nombre de sérums normaux qui possèdent, vis-à-vis des trypanosomiases, des propriétés curatives manifestes.

Cette propriété a d'abord été reconnue par Laveran2 pour le sérum humain. Quand il est injecté à dose suffisante, ce sérum agit sur les divers agents des trypanosomiases animales en faisant disparaître d'une façon temporaire, et même parfois définitive, les trypan. du sang des animaux infectés.

Laveran3 reconnut ensuite que le sérum des cynocéphales (genre Papio) manifeste une action de même ordre. Le sérum des Cercocebus, singes voisins des cercopithèques, est doué de propriétés analogues, comme l'ont établi Mesnil et Lebœuf 1 au cours de leurs études sur l'action comparée des sérums de Primates sur les infections à trypanosomes.

La plupart de ces recherches ont porté sur les souris et le virus ordinairement employé a été ie Tr. Brucei; il donne une infection des plus régulières à la souris et est parmi les espèces les plus sensibles aux sérums en question.

Avec des souris naganées de 1S à 20 grammes, il faut, pour obtenir la disparition des trypan. de la circulation en 24 à 36 heures, une

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