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G. Fusco, liiforma mec/., 11110, n

176 THYl'ANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

maux trypanosomés mais la pathogénie ordinaire des accidents est certainement autre.

Pour expliquer les accidents si souvent mortels et les lésions anatomiques que provoquent les Irypanosomes, on a été conduit naturellement à supposer que ces parasites donnaient lieu à la formation de toxines -.

Uhlenhuth, Hûbener et Woithe ont émis l'opinion que chez les animaux dourinés il y avait, à certains moments, mise en liberté d'une toxine; ils ont constaté que le sang' des rats fortement infectés par le trypanosome de la dourine tuait rapidement les rats après destruction des parasites par dessiccation ou par l'action de bassin températures 3.

D'après Landsteiner et Raubitschek, on pourrait extraire des Irypanosomes une substance hémoly tique \

Leber a observé des lésions de la cornée à la suite de l'injection, dans la chambre antérieure, de trypanosomes vivants, de sang renfermant des trypanosomes tués ou d'extrait de trypanosomes; il a conclu à l'existence d'une toxine5.

D'après BeckG, on peut constater l'existence d'une toxine, chez les animaux infectés avec Tr. gambiense, de la manière suivante : du sang contenant des trypanosomes en moyenne quantité est additionné de son volume d'eau physiologique puis filtré; l'injection du filtrat, exempt de trypanosomes, donne lieu à une somnolence passagère chez le rat, à un état maladif chez le lapin, et tue la souris en général en vingt-quatre ou quarante-huit heures.

Laveran et Pettit ont repris l'étude de cette question en suivant une autre technique7.

Du sang d'animaux fortement infectés (rats spécialement) on isole, par centrifugation, les trypanosomes ; ceux-ci sont immédiatement desséchés dans le vide sulfurique ; le résidu ainsi obtenu est injecté à la souris, soit simplement en suspension dans l'eau physiologique, soit sous forme d'extrait (voir exp. 3). Les quantités de liquide servant de véhicule pour les injections ont toujours été faibles; des

1. 15. Lovvenstein. Zcilschr. f. Hygiène, 1909, l. LXIII, p. 410. — Dès 1902 nous avons appelé l'attention sur In fréquence de ln morl subite précédée de quelques mouvements convulsifs chez 1rs rais cl les souris naganés, Ann. </<• VInsl. Pasteur, 111112, I. XVI, p. 21).

2. A. Laveran el P. Mesnil, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1902, cl l- éd. de cet ouvrage, p. 142. — M. Mayer, Zcilschr. f. exper. Pathol. u. Thcrap., 1905, t. I, pp. ;539-546.

:(. Uhlenhuth, Hûbener et Woithe, Arb. a. d. k. Gesundheitsamte, 1907, i. XXVII, p. 37.

4. K. Landsteiner ci H. Raubitschek, Centralbl.f. Bakter., I, Origin., 31 décembre 1907.

.fi. A. Lf.rer, Deutsche med. Wochcnschr., 22 octobre 191)8.

(i. M. Beck, Arb. a. d. k. Gesundheitsamie, août 1910.

7. A. Laveran el A. Pettit, Soc. de path. exotique, Il janvier 1911.

expériences comparatives ont montré que l'eau physiologique ainsi que les globules et le plasma entraînés n'avaient pas d'influence sensible sur les phénomènes observés.

ta Souris, pesant 2:5 grammes, reçoit sous la peau, le 18 juillet 1910, à 3 heures, 0 g. 05 de corps desséchés de. Tr. Evansi en suspension dans ] ce. d'eau physiologique. 3 h. 23-3. h. 4b, refroidissement, abattement; par moments, tremblements; 5 heures, l'animal se remet et le lendemain, étal normal.

2° Souris, pesant 22 grammes, reçoit sous la peau, le 18 juillet 1910, à 2 h. 40, 0 g. 10 de corps desséchés de Tr. Evansi en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique: 2 h. 45, animal abattu; 2 h. 55, quelques convulsions des pattes postérieures; 3 heures, tremblements de tout le corps; refroidissement; 3 h. 14, refroidissement plus marqué; paresse à se mouvoir: 3 h. 30-3 h. 50, crampes des extrémités postérieures et tremblements épileptoïdes de tout le corps: abattement: 5 h. 15, mis sur le dos, l'animal y reste: refroidissement très marqué: 6 h. 30, mieux sensible; le lendemain, état normal.

3° Souris, pesant 13 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, le

9 décembre 1910, à 9 h. 5, 1 ce. du mélange suivant : 0 g. 25 de corps desséchés de Tr. Brucei1 sont traités par 10 ce. d'eau distillée chloroformée: le filtrat est desséché sur l'acide sulfurique, puis repris par 3 ce. d'eau physiologique; 9 h. 10, crampes des pattes postérieures; 9 h. 20, inoculation intrapéritonéale de 1 ce. du mélange ci-dessus; 9 h. 21, crampes des pattes postérieures; 10 heures, inoculation sous-cutanée de

1 ce. du mélange ci-dessus; 10 h. 5, refroidissement. L'animal se remet; il est sacrifié, en bonne santé apparente, le 15 décembre.

4 Souris, pesant 15 g. 5, reçoit dans la cavité péritonéale, le 13 décembre 1910, à 2 h. 35, 0 g. 13 de corps desséchés de Tr. Brucei, en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique; 2 h. 36, secousses musculaires: 2 h. 37, refroidissement: 3 heures, état amélioré et bientôt normal. L'animal est sacrifié en bonne santé le 19 décembre.

Souris, pesant 16 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, le

2 septembre 1910, à 2 h. 55, 0 g. 03 de corps desséchés de Tr. Brucei en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique; 3 h. 10, refroidissement;

3 h. 20, tremblements épileptoïdes; 3 h. 25-4 h. 35, abattement; refroidissement ; paresse à se mouvoir; par intervalles, crampes des extrémités postérieures : 5 heures, état amélioré ; le lendemain l'animal est normal.

6 Souris, pesant 17 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, le

10 janvier 1911, à 3 h. 15, 0 g. 04 de corps desséchés de Tr. Brucei en suspension dans 0 ce. 5 d'eau physiologique: 3 h. 17, crampes des pattes postérieures; 3 h. 22, abattement, refroidissement, respiration rapide el courte, température rectale = 30° 9 ; 3 h. 34 et 3 h. 38, deux courtes crises de tremblements; 3 h. 40, tremblements de la queue, température rectale inférieure a 30° (faute de thermomètre gradué au-dessous de 30", la température ne peut être précisée); 3 h. 50, abattement profond; 3 h. 55,

I. Il s'agit du virus de Nagann que Wbrditzki a réussi 11 modifier eu traitant 1rs animaux par l'oxnzine.

Lavkran ot Mesmii.. — Trypanosomos ot Trypanosomiasos. 12

TIIVPANOSOMBS ET THYPAN0S0M1 ASUS

légère amélioration; 5 heures, amélioration sensible; réchauffement; le lendemain, ranimai paraît bien portant.

7° Souris, pesant 16 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, à

9 h. 50, 0 g. 18 de corps desséchés de Tr. lîrucei en suspension dans 0 ce. 5 d'eau physiologique; 9 h. 55, mouvements incertains, refroidissement;

10 heures, mouvements lents, abattement, respiration rapide et courte : l'animal mis sur le dos ne se relève (pie lentement (10 h. 10) et, ensuite, y reste (10 h. 15;; 10 h. 20, température rectale inférieure à 30°; une crise de tremblements de tout le corps; 10 h. 25, nouvelle crise de tremblements; 10 h. 30, l'état s'améliore; seconde injection (faite exactement dans les mêmes conditions que la première) d'une dose de 0 g. 12: 10 h. 35, état sensiblement aggravé; mise sur le dos, la souris y reste;

mouve nts convulsifs des membres; 10 h. 40, refroidissement très

marqué; respiration rapide et courte: 10 h. 50, respiration intermittente; 11 heures, mort. La. cavité péritonéale renferme approximativement 3/4 de ce. de liquide, dans lequel flottent de petits amas de corps de trypanosomes.

Laverai! a constaté que les corps desséchés des Tr. gambiense contiennent également une toxine dont les effets sur la souris sonl analogues à ceux produits par la toxine du Tr. Bruce.i '.

Ces expériences montrent que les trypanosomes élaborent une toxine dont l'injection à la souris détermine l'hypothermie, des mouvements convulsifs, un abattement profond et, à dose massive, la mort. A la vérité, la dose nécessaire pour tuer une souris est extrêmement forte. 11 esl bien possible que la trypanotoxine injectée à un animal soit d'ordinaire éliminée trop rapidement pour produire ses effets, tandis qu'à dose beaucoup plus faible, mais grâce à une action continue, cette toxine donne lieu à des altérations profondes des I issus qui finissent souvent par entraîner la mort. C'est peut-être là la cause des nombreux insuccès (pie les observateurs ont enregistrés clans la recherche de cette toxine, et l'explication de la nécessité d'employer des doses massives pour déterminer la mort d'un animal.

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