‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 82 sur 410 · Laveran et Thiroux, l. c · texte numérisé non relu

Laveran et Thiroux, l. c

3. Laveran, C. R. Acad. Sciences, l. GXLVH, 21 sept. L008, p. 510 et. I. c page précédente.

192 TlïYl>ANOSOMES ET THYPANOSOMIASES

l'étude des rapports entre la composition chimique et l'activité a donné lieu à quelques résultats que nous exposerons le plus brièvement possible.

Nicolle et Mcsnil, passant en revue un grand nombre de couleurs de benzidine, parmi lesquelles le trypanrot d'Ehrlich et Shiga, ont établi que ces substances ne sont actives qu'autant que la base diazotée est benzidinique et qu'elle est combinée à une chaîne na.phtalénique. Cette chaîne doit renfermer au moins deux groupes SO'4H et un groupe NH- (voir les exemples ci-dessous).

Ces! parmi les naphtylamines disulfo, les amidonaphtols disulfo, les naphtylène-diamines disulfo et les naphtylamines trisulfo que Ton trouve des chaînes actives. Parmi les a naphtylamines disulfo, la meilleure est le type 1. 7: parmi les p naphtylamines disulfo, les meilleures sont les types l. 5. 7 et surtout 2. 3. 6 (chaîne latérale du trypanrot : parmi les amidonaphtols disulfo, les meilleurs sont le type 1. 8. 4. 6 (acide K) et surtout le type 1. 8. 3. 6 (ac. H) ; parmi les naphtylenes-diamines disulfo. la meilleure est le type 2. 7. 3. 6. Les a et p naphtylamines trisulfo demeurent très inférieures aux a et p naphtylamines disulfo.

Les bonnes chaînes latérales ont été étudiées en combinaison avec un nombre plus ou moins grand de diazos; suivant la base employée, l'activité des dérivés résultants va de o à la survie indéfinie des souris naganées traitées.

so'ii

Acido R

NH' SO'H

KiMizidini* monosulfo

Trypanrot.

SO'H

Ml

SOnH

SO'H

Napluylônc diaminc disulfo

Rouge a.

Mi'

SO'H

Acido II

Trypanbleu.

Pour ce qui concerne les conditions d'activité des chaînes latérales, disons seulement que les meilleures de ces chaînes sont celles qui contiennent les sulfo-groupes S-7, 4-6 et surtout 3-6 (Ehrlich est arrivé de son côté à la même conclusion).

Quelle est la part des diazos dans l'efficacité des couleurs? Les bases benzidiniques seules se montrent actives. Mais l'activité de ces bases est liée à une série de conditions. D'abord, à la place du gr. NH2 diazotable : la position méta (par rapport à la liaison benzidinique) est mauvaise, la position ortho, bonne, au contraire. Puis, à la structure générale du diazo : les noyaux benzidiniques proprement dits semblent toujours meilleurs que les bases où les deux hexagones, au lieu de se trouver directement accolés, sont réunis par un groupe ou atome bivalent. La benzidine constitue, d'une façon générale, un bon noyau; dans ses dérivés, l'activité se montre en rapport avec la situation et la nature des groupes substituants.

Les chaînes latérales ont une certaine influence sur les bases. On constate, par exemple, que, lorsqu'une chaîne latérale possède un sulfogroupe en position 6, l'activité du composé, résultant de l'union de cette chaîne avec l'une des 3 bases, croît de la benzidine à la tolidine. Lorsque la chaîne latérale possède un sulfo-groupe en 7, c'est le contraire qui s'observe.

Les dérivés, actifs vis-à-vis du nagana des souris, qui a servi de test dans toutes ces expériences, se présentent sous la l'orme de solutions bleues ou rouges, transparentes ou non à la lumière, colorant les souris de façon durable douées de substantivité (pouvoir de teindre le coton non mordancé), complètement inoffensives à dose thérapeutique (généralement 1 cgr. pour 20 gr.) souvent même à dose supérieure. Le meilleur de ces dérivés est le composé >< dichlorobenzidine + acide H » (en abrégé Cl) ; puis, viennent, le composé « tolidine + ac. H » (A ou trypanbleu). Ces deux couleurs peuvent faire disparaître définitivement les trypan., après une seule injection, dans nombre de cas; un tel résultat n'est obtenu que plus rarement avec le composé « benzidine + naphtylène diamine ilisulib 2. 7. 3. 6. » (rouge a) et qu'exceptionnellement avec le trypanrot et le composé « p. diamidodiphénylurée -f acide H » (P/iou al'ridol violet).

Paradiamidodiphénylurée

Vis-à-vis des autres Irypanosomes, les bonnes çouleurs restent, en général, les mêmes; mais leur ordre d'activité est différent. Nous y reviendrons plus loin.

I. Bouffard (Ann. Inst. Pasteur, I. XX, 1906, p. 539) a montré qu'une portion de lu couleur se fixe sous la peau; la plus grande partie passe dans la circulation. Lu, elle filtre, d'une part, au niveau des glandes autres que les reins; et se fixe, de l'autre, au niveau de certaines cellules. \u moins pour les cellules du rein, la couleur fixée passe peu à peu dans l'urine. La décoloration des animaux comprend deux phases : l'une brève, correspondant ii la décoloration du plasma sanguin, l'autre plus longue correspondant à celle des éléments cellulaires.

I j a vehan ot Mksnii.. — Trypanosoni'is ot Trvpanosomiascs. 13

*9* TRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASBS

•Cherchant à établir un parallèle chimique entre leurs bonnes couleurs et les autres substances dont l'activité était alors connue. Nicolle et Mesnil émettent la supposition que c'est Pauxochrome amidogène NH! qui représente l'élément essentiel de leurs boum s couleurs. L'un des H peut être substitué, dans certains cas (glycine de l'acide H), sans que cette activité disparaisse.

Or les colorants actifs de la série du triphénylméthane (violet de méthyle BB, bleu patenté NN, vert lumière, vert malachite et vert brillant) contiennent chacun deux groupes NH2 (le violet de méthyle en possède .même un troisième). Ces deux groupes sont totalement substitués, il est vrai, mais cela ne saurait empêcher de les comparer aux groupes NH2 ou NH (CH2 C00 H) des couleurs de benzidine :

CH

Vert malachite

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