PROPHYLAXIE GÉNÉRALE DES ÏRYPANOSOMI ASES
aussi facilement et aussi rapidement que les autres et l'évolution de la maladie n'est pas modifiée '.
Mesnil et Kerandel ont constaté que l'arsénophénylglycine donné Ions les o jours à la dose de o centigrammes par kilogramme empêchait une forte infection des macaques par Tr. gambiense*. Breinl et Nierenstein et Beck ont signalé également que rarsénophénylglycine avait une action préventives Malheureusement ce médicament est trop dangereux à dose répétée pour être prescrit d'une façon continue, comme doit l'être un médicament employé à titre prophylactique contre une maladie endémique, comme l'est par exemple la quinine dans le paludisme.
B. Mesures de poltœ sanitaire. — Les mesures à prescrire sont évidemment très différentes suivant la nature de la trypanosomiase, suivant sou mode de propagation et suivant qu'il s'agit d'un pays indemne ou d'un pays déjà contaminé \
La prophylaxie de la dourine est relativement facile parce que la maladie ne se propage que par le coït. La castration des étalons dourinés s'impose, et, dans les pays où règne la maladie, elle est exigée parles règlements sanitaires. Pour les juments, il est prudent d'exiger l'abatage.
La prophylaxie des trypanosomiases que propagent les mouches piquantes présente des difficultés bien plus grandes.
Supposons d'abord qu'il s'agit d'un pays indemne. Les régions froides ou tempérées sont peu exposées à l'importation des trypanosomiases, à cause de la rareté des mouches piquantes et de leur disparition complète pendant l'hiver; il n'en est pas de même des régions intertropicales ni même des régions chaudes telles que le Sud algérien.
La première mesure à prendre est de prohiber l'importation d'animaux provenant de régions infectées. A cet effet il sera nécessaire de dresser une liste de ces régions de même que, pour la prophylaxie des épidémies, on dresse la liste des régions dans lesquelles régnent le choléra ou la peste.
Les animaux importés vivants de régions suspectes, seront examinés avec soin et abattus immédiatement, si l'existence d'une trypanosomiase est reconnue. Il est indispensable que les vétérinaires de tous les pays se familiarisent avec l'examen histologiquc du sang et avec la recherche des trypanosomes. Nous verrons plus
I. I" Mit. de cet ouvrage, p. I7*>. — A. Laveuan et A. Tiiiroux, Acad. des Se, 30 sept. 1907.
il. F. Mesnil cl .1. Kerandel, Soc. <lr palh. exotique, juillet 1900 el décembre 1 910.
3. Breinl et Nierenstein, Ann. of trop. med. a. paratil., novembre 1909. — Beck, Arb. a. d. Kais. Gcsundlicilsamte, noùl 1910.
4. A. Laveran, Prophylaxie des épizootics dues ;ï des Irypanbspnïês, Réunion internai, d'agronomie coloniale, Pnris, 1905.
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loin que si l'épizootie de surra a pris en 1902, à l'île Maurice, une extension si rapide, c'est parce que la nature de la maladie a été méconnue an début et que, par suite, les mesures prophylactiques ont été tardive--.
L'examen histologique du sang est souvent insuffisanl pour déceler l'infection des équidés, des bovidés, des camélidés et il esl nécessaire de recourir aux animaux d'épreuve (voir Surra).
Les équidés et les bovidés importés d'une région dans une autre doivent être examinés surtout de très près, mais il faut se rappeler (pie les mammifère-, appartenant à d'autres espèces (mouton-, chèvres, porcs, dromadaires, chiens) peuvenl être infectés et servir à l'importation d'une trypanosomiase ; les règlements sanitaires ne devront donc pas viser exclusivement les bovidés et les équidés.
Les trypanosomes meurent rapidement sur le cadavre; la viande de- animaux atteints de trypanosomiase n'est donc pas dangereuse, en particulier pour l'homme qui ne la consomme qu'après cuisson.
Supposons maintenant que, malgré les mesures de surveillance, une épizootie due à une trypanosomiase a commencé à se développer dans un pays jusque-la indemne. Dès que le diagnostic aura été porté, les localités dans lesquelles existent des animaux malades seront déclarées infectées, il sera défendu d'envoyer de ces localités dans d'autres, des animaux susceptibles de propager la maladie: toutes les écuries seront visitées et les animaux qui auront été reconnus atteints de trypanosomiase seront abattus. Les équidés atteints de surra, de nagana ou de caderas succombent invariablement; on peut donc les abattre sans indemnité. Il n'en est pas de même des bovidés qui, placés dans de bonnes conditions d'hygiène (alimentation abondante, travail modéré), guérissent dans la proportion de 50 p. 101). Le ; bovidés seront abattus comme les équidés , attendu que pendant toute la durée de la maladie et même alors qu'ils paraissent guéris, ils constituent une cause d'infection pour les animaux sains, mais les propriétaires devront être indemnisés. Les animaux atteints de trypanosomiase peuvent être utilisés d'ailleurs pour la boucherie, quand la maladie n'a pas encore produit l'amaigrissement qui caractérise la dernière période.
Les animaux suspects pourront être gardés dans les écuries qui seront protégées à l'aide de toiles métalliques contre l'accès des mouches piquantes.
On n'importera pas, dans les localités infectées, d'animaux sains, afin de ne pas fournir à l'épizootie de nouveaux aliments.
Dans les régions où les trypanosomiases sont endémiques depuis longtemps, la prophylaxie est naturellement plus difficile.
On recherchera avec soin quelles sont les zones les plus dangereuses; telles sont les zones dites à tsétsés de l'Afrique équatoriale;