PROPHYLAXIE GÉNÉRALE DES T R YP A N G SO M I A S ES
on tuira ces zones et quand il sera nécessaire de los faire traverser à des animaux susceptibles de s'infecter, on le fera de nuit, les tsétsés ne piquant que pendant le jour.
Les animaux seront laissés dans des écuries protégées contre l'accès des mouches piquantes; clans certaines parties de l'Afrique, les indigènes ne réussissent à conserver quelques bestiaux qu'en enfumant les cases qui servent d'écuries, ils ne font sortir les animaux que pendant la nuit pour les conduire dans les pâturages ou à l'abreuvoir.
On détruira à proximité des écuries ou parcs à bestiaux et sur les bords des mares ou cours d'eau, là où les bestiaux vont s'abreuver, la brousse qui sert d'abri aux mouches piquantes.
Dans l'Afrique équatoriale, les animaux sauvages, les buffles et les antilopes en particulier, sont souvent infectés de trypanosomiases plus ou moins latentes et les tsétsés qui suivent d'ordinaire les troupeaux formés de ces animaux s'infectent en suçant leur sang. En détruisant ou en refoulant le gros gibier, on accomplit donc une couvre des plus utiles au point de vue de l'assainissement d'une région dans laquelle le nagana, par exemple, est endémique.
Dans certaines régions, il est impossible de conserver des chevaux ou des mulets. L'exemple suivant est bien démonstratif. M. Sauvain, chef du poste de Toumanéa (Guinée française), adressait, en 1904, à M. Laveran des échantillons du sang d'un cheval, mort le 4 septembre 1904, dans lesquels on trouvait de nombreux trypanosomes. Or, c'était le quatre-vingt-onzième cheval que perdait le chef indigène de Toumanéa, deux seulement étaient morts de blessures, quatre-vingt-huit avaient succombé déjà à la trypanosomiase ; jamais un cheval n'avait pu vivre une année entière à Toumanéa1.
Il faut renoncer, dans ces conditions, à l'usage des équidés et utiliser seulement les bovidés, les moutons et les chèvres qui n'échappent pas aux trypanosomiases, mais qui guérissent dans une forte proportion et qui, après guérison, possèdent l'immunité. Les races indigènes seront toujours préférées aux races étrangères qui se montrent plus sensibles.
Dans l'Etat de Matlo Grosso (Brésil), le caderas ayant détruit depuis 1860 tous les chevaux, les habitants n'utilisent plus, comme bêtes de trait et même comme montures, que des bovidés; déjeunes taureaux ont été dressés à ces usages. Les habitants du Matto Grosso ont agi sagement; s'ils s'étaient entêtés à importer des chevaux, pour remplacer les chevaux morts de caderas, ils auraient fourni seulement des aliments nouveaux à cette redoutable épizootie.
I. A. Laveran, Trypanosomiases et tsétsé dans la Guinée française, Acad. des Sciences, 9 janvier 1905.
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L'hygiène générale joue, dans la prophylaxie des trypanosomiases, un rôle d'une importance incontestable; les bovidés surmenés et mal nourris meurent dans une proportion beaucoup plus forte que ceux qui reçoivent une nourriture abondante et de bonne qualité cl qui ne sont soumis qu'à un travail modéré. Le fait a été constaté maintes fois, notamment pendant 1 epizootie de l'île Maurice.
La prophylaxie de la maladie du sommeil sera l'objet d'une étude spéciale (voir Trypanosomiase humaine).
On étudie aujourd'hui les trypanosomes dans les laboratoires de tous pays; il est indispensable qu'il en soit ainsi et que les savants aient toute latitude pour poursuivre leurs recherches sur ces parasites dont l'importance en pathologie humaine ou animale est si grande, mais des précautions doivent être prises pour que les laboratoires ne servent pas à la diffusion des trypanosomiases.
Dans les localités où il existe des mouches piquantes, les animaux trypanosomés seront conservés dans des'locaux protégés à l'aide de toiles métalliques contre l'accès de ces mouches. On évitera d'ailleurs d'installer des laboratoires clans ces localités.
Les cadavres des animaux morts de trypanosomiase seront mis à l'abri des mouches; les autopsies seront pratiquées dans un local protégé contre l'accès de ces insectes, et l'es cadavres seront détruits aussitôt que possible par le feu ou enfouis profondément. On se rappellera que les trypanosomes peuvent survivre plus ou moins longtemps à leur hôte; des chiens ou des chats qui avaient mangé des débris d'animaux trypanosomés dans les laboratoires se sont souvent infectés.
Les garçons de laboratoire qui manient journellement des animaux vivants ou morts infectés de Tr. gambiense ou de Tr. rhodesiense. et dont les mains et parfois le visage sont souillés par le sang de ces animaux, doivent être avertis des précautions à prendre pour éviter la contamination : se laver avec soin les mains quand elles ont été souillées avec du sang contenant des trypan. ; si des écorchures de la peau existent aux points .souillés, les badigeonner aussitôt que possible avec la teinture d'iode; si des gouttes de sang infectieux onl souillé la face, se laver aussitôt avec de l'eau distillée qui détruil les trypanosomes aussi rapidement que les solutions de sublimé ou d'acide phénique sans avoir les inconvénients de ces solutions.
Dans le cas où le virus aurait été inoculé profondément, on fera immédiatement une injection sous-cutanée de 0 g. 50 d'atoxyl1.
Pour manier les singes et les rais infectés avec le Tr. gambiense OU le Tr. rhodesiense, il est prudent de se servir de gants à l'épreuve de la morsure de ces animaux.