SCENE II
(Jacques entre du fond, venant de droite.}
RICHARD. (Va à lui, après avoir reconduit légèrement Nadine.
Ronjour Jacques ; voilà huit jours que je ne t'aie vu, tu as donc levé une milliardaire ?
JACQUES. (Descend en scène n. I.j Mon vieux Richard ! je suis débordé en ce moment J'ai bâclé hier tout mon ic deux » de l'Ouragan, ma nouvelle pièce, et je la porte aux Français. Oh ! ça sent rudement bon chez toi ! Tu avais quelqu'un '.'
RICHARD. (2; Passe itérant lui et va
au chevalet.) Oui une visite.
JACQUES. Avisant le porto sur le guéridon.)
Une visite à porto blanc. C'était donc la reine ?
RICHARD
Oui.
(Richard va au fond gauche, y prend sur le meuble une boîte de cigarettes
■ I en offre à Jacques.
JACQUES Rien matinale pour' une amoureuse de trois ans !
Je ne m'en plains pas.
JACQUES C'esl donc toujours le roman bleu ;>
Toujours
RICHARD
JACQUES Quelle drôle d'idée d'éterniser ainsi ses aventures, surtout avec une femme mariée ?
RICHARD
Que veux-tu ? Ce n'est pas toujours nous qui choisissons nos amours : ce sont elles qui nous choisissent.
JACQUES
Car enfin, de telles liaison* sont pleines de dangers. Puis les rares instants d'amour dont tu dois faire ton bonheur sont des heures volées, après lesquelles >us .etombez l'un et l'autre dans votre solitude !
RICHARD
Le sou\ émir nous tj> ni c mpagnie \
JACQUES. A gagné insensiblement la droite.
Oh ! toi, tu es un tendre.
RICHARD
Et toi un voluptueux.
JACQUES. (Revenant à Richard.)
Ah ! que ne puis-je te convertir.
RICHARD. (Reporte ta boite de cigarettes
sur le meuble au fond gauche.)
N essaie pas ! je suis un impénitent.
JACQUES
Allons je ne te querelle plus. Si tu le veux bien, reprenons pied sur la bonne terre de l'entente. Qu'avons-nous au chevalet en ce moment ?
RICHARD. (Descendant à gauche du chevalet.) Regarde !
JACQUES. (A droite du chevalet.) Oh ! Tapé ! mon cher. Une mise en page, une finesse de touche ! C'est du Bertier, et du meilleur !
RICHARD. (Souriant.) On est content ?
JACQUES Emballé ! Et quel ravissant modèle !
Ah ! ça. il y a donc encore de vraies Russes, à Paris ?
RICHARD
Elles sont rares ! Mais dame ! quand on les rencontre...
JACQUES
C'est chez le maître Richard Bertier, le chantre de la femme, le dernier peintre où l'on pose. (Au portrait). C'est drôle, plus j'examine cette figure, plus il me paraît..
RICHARD. (Souriant.) Quoi donc ?
JACQUES, qu'elle ressemble à la comtesse Prasloff.
Ah !
RICHARD. (Souriant).
j v.i ,i ES Gagnant la droiti par hasard la reine
RU il \l: n Non. Tu vois ici le | Made
moiseJle Rita Karnowitch, la jeur de la coml
l h ne un
RU h \l:h.
Dame, tu te fais >i rai
JACQ1 I S Vllons, raconte. Il > i> d à droite du gui ridon
RIl II VRD.
En deux mots, voici. 1 I porto?
.1 VI Ql ES \ men m H Mil) (s'assied en face de Ja< que
Au dernier salon, la c jutasse m'a pri santé cette charmante enfant, i i
li rie suffil ■< <>•"■ mettre en sym
pathie ces s eux là m'avaient l.elle-
éduil que j'aurais voulu les Bxei
toul de suil omédia
teraent, j'avais vu le pastel que je pou-
n tirer. Aussi ai-je au plus vite
supplié Mademoiselli Karnowitch de mi
tairi on portrait.
I VI Ql ES
Tu étais donc dans Bertiei esl souvent plus avare île son arl El alors, elle te plaît, la petite
InfiiiinuTii.
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