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TUBERCULOSE EXPÉRIMENTALE DES VOIES BILIAIRES

Comparaison et Conclusions générales PATHOGÉNIE

Dans le cours de ce travail, j'ai à dessein résumé à la fin de chaque chapitre les données principales qui s’en dégageaient, en les énonçant sous forme de conclusions.

Il me parait donc inutile de les transcrire à nouveau en détail. Elles marquent chacune une étape franchie et conduisent pas à pas, par une série d’acquisitions progressives, à la conclusion finale, énoncée à la fin du chapitre précédent.

Je m'étais proposé d'étudier la pathogénie de la tuberculose des voies biliaires ; pour parvenir au but, j'ai dû faire de longues recherches histologiques et expérimentales ;..... la conclusion tient dans trois lignes.

Ma conviction est ferme. Elle résulte d’une analyse minutieuse de mes recherches et repose sur les considérations qui se dégagent de la comparaison des résultats anatomo-pathologiques et expérimentaux que j'ai obtenus. :

Exposer et développer ces considérations dans un dernier chapitre, c'était en quelque sorte faire la synthèse de mes recherches ; il m'a paru que c'était en même temps expliquer

et justifier, je l'espère, mes conclusions.

Les recherches histologiques nous ont montré que le tubercule biliaire est un tubereule développé dans la gaine même d’un espace-porte et paraissant avoir pour localisation primitive, pour centre de formation, une thrombose tuberculeuse de la veine. Elles ont confirmé l'interprétation de Sabourin et sont toujours restées en désaccord avec l'opinion de Kotlar.

Les recherches expérimentales nous ont permis de reconnaître que, quelle que soit la voie d’inoculation, si l’angiocholite tuberculeuse apparait, le bacille est toujours apporté par les voies vasculaires, même s’il a été injecté directement dans les voies biliaires extra-hépatiques ; que, dans ce dernier cas, une lésion locale se développe au point d’inoculation, si la survie est longue (chiens IV et VIT) et que c’est de là que le bacille passe dans les voies vasculaires pour arriver au foie.

Elles nous ont montré que les tubercules biliaires ne sont confluents et généralisés que si un traumatisme portant sur les voies biliaires les a désignées aux localisations du bacille charrié par le courant sanguin, et cela quelle que soit la voie d’inoculation ; — les observations des deux cobayes femelles, qui, inoculées dans le péritoine, étant pleines, eurent le cholédoque comprimé fortement par des ganglions caséeux et firent de la tuberculose généralisée des voies biliaires, sont des arguments probants en faveur de cette thèse.

L'existence dans les foies humains de lésions cirrhotiques constantes, quoique souvent peu marquées, et affectant le type des cirrhoses biliaires consécutives à la ligature du cho lédoque, sont en accord parfait avec les données de la pathologie expérimentale.

La présence du bacille de Koch dans la bile des animaux

tuberculisés qui ont subi la ligature du cholédoque, — l'absence de ce bacille dans la bile des animaux tuberculisés sans traumatisme des voies biliaires, viennent encore appuyer cette argumentation.

J'ai acquis la conviction que si des tubercules biliaires peuvent être constatés en dehors de toute lésion inflammatoire propre des voies biliaires, ils sont très discrets et jamais confluents :

Que la pathogénie de la tuberculose généralisée des voies biliaires trouve son explication dans une lésion préalable ou concomitante des voies biliaires, servant de point d'appel aux localisations du bacille et favorisant l'effondrement de la barrière épithéliale, si longtemps intacte, et la production des tubereules biliaires ramollis, cavernuleux ou cavitaires ;

Que cette lésion propre des voies biliaires n’est pas le fait d’une infection biliaire ascendante, mais relève bien plutôt d’une inflammation chronique ; — que l'hypothèse de Chauffard n’est pas démontrée et que l’opinion de Sabourin parait être l'expression de la vérité, pour ce qui est de l'interprétation des lésions d’angiocholite constatées en aval des tubercules et cavernes biliaires ;

‘ Qu’en résumé, la tuberculose des voies biliaires n'existe pas au sens d’angiocholite tuberculeuse proprement dite ou d'infection biliaire ascendante à bacilles de Koch ; — qu’elle n'est pas non plus le produit d’une infection bilaire à microbes pyogènes, greffée sur une tuberculose péri-bihiaire (Chauffard) ; qu’elle résulte bien plutôt d’une péri-angiocholite secondaire à une pyléphlébite tuberculeuse primitive; que la thrombose tuberculeuse des branches de la veine-

porte, si elle peut suffire à elle seule à déterminer de-ci de-là

l'apparition d’un tubereule biliaire, est insuffisante à créer la tuberculose généralisée des voies biliaires ; que pour la pathogénie de celle-ci, il est de toute nécessité de faire intervenir l'existence d’une inflammation préalable ou concomitante des voies biliaires, créant un point d'appel et permettant la localisation en quelque sorte systématique de cette variété de tuberculose hépatique.

En dernière analyse, je pense que deux conditions doivent se trouver réunies pour la production de la tuberculose généralisée des voies biliaires :

1° D'une part, l'apport du bacille par le sang de la veineporte (existence presque constante des ulcérations tuberculeuses de l'intestin chez l’homme).

2° D'autre part, une inflammation préalable ou concomitante des voies biliaires, créant un point d'appel (c’est à cette seule condition qu’elle à pu être reproduite expérimentalement).

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