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tolérance pour le tubercule »: mais, qu'est-ce à dire? Peut-on se reposer sur cette assertion pour croire l'œil de par sa conformation à l'abri des désordres terribles que crée le bacille de Koch. Assurément non, on peut voir là seulement une opinion émise au sujet de ces cas où l'infiltration profonde de la choroïde namène qu'un léger affaiblissement de la vision. Que se passe-{-il, en effet, autour des tubercules du sac ? Une zone inflammatoire s'y révèle par une dilatation, une néoformaltion vasculaire et une infiltration de cellules embrvonnaires qui étouffent les éléments du stroma primitif et préparent à la propagation de voisinage. Le terrain préparé, le virus tuberculeux déposé sur la conjonctive ou la cornée arrive au tractus par les voies lymphatiques antérieures en passant par l'humeur aqueuse qui en est le réservoir immédiat. Là, le tubercule évolue à nouveau pour son propre compte et nous pouvons assister aux mêmes phénomènes que ceux que l’expérimentaltion nous apprend quand on inocule directement du virus tuberculeux dans la chambre antérieure du lapin. La cornée (Gradenigo, 1869), la slérotique, Piris (Arcoleo, 1869), le corps vitré (Poncet de Cluny, 1882), la slérotique, la rétine, le nerf optique (Bouchet, 1869), enfin tous les milieux et membranes de l'œil pourront être atteints, sauf le cristallin qui jusqu'ici à paru doué d’une certaine immunité vis-à-vis de la tuberculose et des tumeurs malignes quitte, toutefois, à présenter des troubles de voisinage (synéchies, subluxation) (Wolf). Une fois implantée dans l'œil, soit à l’état de granulations, soit à l’état de masses plus où moins volumi-
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neuses, la tuberculose, d'après Wotjaziewilz « amène fatalement au bout d’un temps plus ou moins long la désorganisation de l'œil et la perte absolue des fonctions. Le dernier terme est la phtisie et l'atrophie scléreuse de l'organe, lesquelles résultent soit d'une fonte caséeuse du globe après perforation de la cornée ou de la sclérotique, soit d’une résorption des tissus de l'œil dans leur coque, le processus tendant d’abord à la perforation puis rétrogradant. La perte de l'œil est plus rapide et plus grave dans la tuberculose du tractus dans l'enfance et peut-être dans les cas primitifs. » Dans la majorité des cas, un seul œil est tuberculisé, l’autre est et demeure constamment sain. Ce n’est que rarement qu'il est à son tour envahi par l'infection (Hosch, Trélat, Parinaud, Eperon). — Quelle influence cet œil tuberculeux va-t-il exercer sur l'économie ?
Des travaux de Conheim, Hœnselle, Jamelsohn, Koch, Parinaud, Cornil, Leloir, Gillet de Grandmont et autres, il résulte que la plupart des inoculations faites dans la chambre antérieure ont été suivies d’une tuberculisation généralisée. D'autre part Laennec et Wirchow ont comparé la tuberculose à une affection maligne. « Le tubercule, dit Wirchow, se comporte comme une néoplasie maligne. Indépendamment de sa malignité locale, cetfe néoplasie possède une tendance marquée à se diffuser dans tout l'organisme, ce qui la rapproche de la catégorie des tumeurs malignes. » — « Quand un sujet offre un tubercule quelque part, il est sous le coup de la tuberculose; le tuberculeux à la tuberculose » (Trélat).
Et de fait la généralisation est fréquente après nombre de tuberculoses locales : tels les abcès froids, les ostéites et les arthrites tuberculeuses, le testicule tuberculeux. La rareté des observations de tuberculose du sac lacrymal ne nous permet pas d'affirmer que dans ce cas la généralisation suit avec la même fréquence, toutefois nous ne voyons pas pourquoi la dacryocyslite tuberculeuse qui présente tant d’analogie avec une tumeur blanche du genou par exemple, s’en écarterait au point de vue pronostic. En tout cas, lorsque le virus à été transporté du sac lacrymal au tractus uvéal Wotjaziewitz nous indique plusieurs observations de cette influence de la lésion locale sur l'économie : « Mackenzie, trois cas de tubercules choroïdiens suivis de mort par tuberculose pulmonaire. — Auger, tuberculose primitive de la choroïde, suivi 6 mois après de mort par tuberculose pulmonaire et abdominale. — Nicati, tuberculose cornéenne suivie de mort par tuberculose pulmonaire trois mois après. » Cette tendance à l'envahissement complet de l’organisme par le tubercule, né et localisé d'abord dans l'œil, est d'autant plus manifeste que souvent lextirpation du foyer primitif de l'infection à élé impuissante à en arrêter le progrès, et que presque toujours lexistence de ce foyer twberculeux exerce une influence fâcheuse et débilitante sur l'état général (Wolf, Manfredi, Coffer, Gayet, Panas, Parinaud). C'est au reste l'opinion en faveur aujourd'hui que la tuberculose primitivement limitée au globe oculaire est susceptible de se généraliser et d’infecter loute économie. Cette généralisation à parfois des motifs qui nous échappent,
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d'autres fois il faut les rechercher dans l'âge, le siège, le terrain, l'absence de traitement. Une seule chose nous permet donc encore aujourd'hui, faute d'observation de tuberculose du sac non traitée, d'accepter un pronostic d'une certaine bénignilé pour la dacryocystite tuberculeuse, c’est la rareté relative du passage du virus du sac au tractus uvéal. N'oublions pas tou- Lefois que cette complication est possible, et que faute de traitement actif, le pronostic de la tuberculose du sac peut se trouver singulièrement noirci par le pronostic de la tuberculose oculaire.