‹ Tuberculose du sac lacrymal: et son traitementChapitre 5 sur 25 · AD · texte numérisé non relu

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tuberculeux. Enfin, quelques données anatomo-pathologiques ou expérimentales nous font voir dans quelques cas, quoique encore rares, des nodules tuberculeux dans le sac lacrymal et la transmission de la tuberculose par leur inoculation.

La tuberculose. du sac lacrymal longtemps soupconnée n’a été décrite que récemment, et cependant depuis longtemps le sac lacrymal à été l’objet, le point visé dans le traitement des voies lacrymales. Les anciens portaient déjà le fer et le feu sur cet organe, alors qu’ils ne connaissaient pas encore l'anatomie de la région. Aétius, Galien, puis les Arabes et les chirurgiens du Moyen Age agissaient à l'aveugle sur le sac. Aétius insiste même sur la cautérisation des points lacrymaux, cependant KFallope croyait encore que les larmes cheminaient vers l'œil par les canalicules et les points lacrymaux. En 1702, Sthal établit le premier que la fistule succède à un abcès ‘du sac et il faut arriver à Maître Jean et Anel pour trouver établi nettement le rôle des voies excrétoires des larmes. Chose curieuse, plus nous nous rapprochons de l’époque actuelle et plus les praticiens semblent s’écarter de l’intérvention sur le sac; malgré les faci-' lités que l’antisepsie fournit à la chirurgie, c’est au sondage que l’on s'adresse de préférence : on s’ingénie à façonner des sondes qui pourront surmonter tous les obstacles et rester à demeure; on assimile les voies lacrymales aux voies urétrales, on fabrique des. sondes médicamenteuses, des sondes dilatatrices ; que sais-je... Certainement des motifs poussent les praticiens dans cette voie, et ces motifs sont des préjugés

sur cerlaines propriétés des larmes ou du sac et sur les Conséquences disgracieuses de malades opérés par des maitres.

Nous parlerons seulement ici de la propriété bactéricide attribuée aux larmes par Valude : nous nous réservons de donner plus loin notre appréciation sur la tolérance de l'œil pour le tubercule (Nitot) et surtout sur les cicatrices vicieuses consécutives aux opérations sur le sac. Valude, encore hanté par cette idée que les larmes mettent l'œil et ses annexes à Pabri des agents morbides, fait un travail documenté qu'il intitule : Action bactéricide des larmes. Valude expérimente sur 22 centimètres cubes de larmes obtenues d’un malade dont les paupières avaient dû être suturées après l’ablation du bord palpébral pour un épithélioma. L’examen clinique montre qu'il s'agissait d’un liquide à réaction légèrement alcaline comme les larmes normales. Ce liquide s'est montré absolument stérile et de plus, fort peu altérable aux ferments de Pair.

Il fut essayé vis-à-vis de différents micro-organismes. La bactéridie charbonneuse, fort sensible aux agents empêchants ou destructeurs, ne peut se développer dans le liquide lacrymal, même les bactéridies charbonneuses adultes perdent leur vitalité lorsqu'elles restent quelque temps en contact avec ce liquide. Le colibacille réagit identiquement. Le staphylocoque doré ne pousse pas sur le liquide lacrymal et le séjour de ce microbe au sein du liquide lui fait perdre en huit jours sa faculté de rajeunissement sur un milieu très nutritif. L'action du liquide lacrymal sur le bacille

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de Koch a été cherchée surtout dans les expériences sur les animaux et les résultats sont fort différents de ceux obtenus vis-à-vis des autres microbes.On inocule deux cobayes, l’un avec de la matière tuberculeuse en émulsion dans du liquide lacrymal, l’autre avec la même matière, mais dans de l’eau distillée; ce dernier animal meurt après 35 jours de là tuberculose généralisée et le premier inoculé avec des bacilles où émulsion avec le liquide lacrymal résista jusqu’à 54 jours. Pour nous cette résistance des larmes aux bactéries doit être attribuée à lalcalinité du milieu, .ilest du reste une chose admise que la diminution de résistance aux infections qu'offrent les humeurs naturelles de l'organisme dont l’alcalinité décroit. Mais nous tenons pour relativement factice cette résistance des larmes; il nous semble que si elle était si puissante, nous devrions être moins impuissants à faire l’asepsie de l'œil. Les larmes qui séjournent dans le sac offrent bien plus les désavantages d’un milieu de culture que les propriétés d’un bain antiseptique. Terson dans une publication récente (1891) insiste avecraison sur l'importance du sac dans les affections des voies lacrymales. D’après Valude, le sac renfermant des réserves de larmes devrait, pour ainsi dire, entretenir les voies lacrymales dans un pansement humide : or, la clinique nous démontre le contraire; dansles. simples cas de catarrhe, Terson nous dit : « Le sac est. un vrai réservoir purulent, où abondent les colonies microbiennes; dans le cas surtout où le canal est oblitéré au-dessous du sac, les larmes viennent y ajouter les microbes de la conjonctive. » M. Panas, dans ses

dernières publications, abonde dans la même idée que nous en insistant sur le peu de ménagement à prendre, vis-à-vis du sac et l'enlevant toutes les fois qu'il le croit coupable. On voit donc qu’en pratique on ne peut compter sur l’antisepsie faite par les larmes, et que l'on doit entourer d’une thérapeutique énergique les affections des voies lacrymales et surtout du sac. Au Congrès d'ophtalmologie de 1891, Panas disait déjà : « Pour les anciens qui n’ont jamais cessé d’avoir des imitateurs (Hannoni, Desmarres et bien d’autres) tout se réduit à modifier plus où moins profondément la vitalité du sac ». « Le progrès à accomplir consiste à revenir pour bien des cas de dacryocystite à l'indication premiere telle qu'elle a été admirablement exposée par: Aétius. » Panasinsistesur l'opération radicale etapplaudit à l'audace d’Aétius quirecommandait d'y aller largementdans l'intervention « sans crainte de sectionner un ligament palpébral interne, de facon à agir dans tous les méandres de la poche. »

De ces faits il résulte bien l'importance du role pathologique du sac dans les affections des voies lacrymales, et le soupcon du chirurgien que dans les cas rebelles de dacryocystites, il y a souvent non pas de la sténose comme dans les voies urinaires, mais un principe infectieux spécifique en dehors des atteintes des antiseptiques ordinaires et que seule une opération sanglante peut extirper : c'est ce principe, qui, par ses manifestations locales et générales nous fait penser à

la tuberculose.

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