CHAPITRE Il
Etiologie. — Pathogénie
Quelle est l'origine de la tuberculose du sac lacrymal ?
Si nous considérons la tuberculose primitive du sac, c’est-à-dire les cas où la dacryocystite s’est développée sans qu'il existät déjà des lésions tuberculeuses dans les organes voisins, l’étiologie est assez obscure: peut-être le nombre des observations de dacryocystite tuberculeuse primitiveaugmentant àlavenir,sescauses apparaîtront plus nettes; pour le moment, des publications faites sur ce sujet, il ressort seulement que c'est l'adolescence et le sexe faible qui sont presque toujours atteints. Pourquoi cette préférence ? Voici comme nous l’expliquons: pour la question d'âge, nous ne sortons pas ici de l'évolution ordinaire de la tuberculose, quant aux préférences pour le sac lacrymal, on sait qu'une diathèse en puissance se révèle dans les parties de l'organisme qui offrent le moins de
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résistance: souvent les traumatismes amènent celte infériorité d’un organe ou d’un membre et c’est tous les jours que le fait se constate pour les articulations. Ici le traumalisme est rarement mis en jeu quoiqu'il puisse exister pour le sac ce qu'il advint pour la conjonctive dans le cas de Phano, où à la suite d’une opération de strabisme, l’auteur nous dit avoir vu se développer une tuberculose aiguë de la conjonctive. En outre, les jeunes filles sont moins exposées aux traumatismes que les jeunes gens.
Aussi en général, c'est à la suite d’une inflammation persistante, d’une suppuration plus ou moins rebelle de la région que la muqueuse du sac lacrymal devient un lieu de ninus resistenticæ : c'est sur cette prédisposition fréquente aux dacryocystites congénitales que nous voulons insister, prédisposition qui ressort de la malformation chez de nombreux enfants du canal lacrymo-nasal, et de la constitution même du Sac.
Le sac lacrymal, nous dit Albert Tacquet, constitue une sorte de réservoir situé dans l'angle interne de l'œil : il rappelle la forme du cœcum, terminé en cul-desac supérieurement, et se continue en bas avec le canal nasal sans ligne de démarcation appréciable à l'extérieur et recoit à angle droit le tronc commun des deux canalicules lacrymaux, de même que le cœcum recoit l'intestin grêle ; pour compléter l’analogie, il existe à l'embouchure de ce tronc commun une valvule, la valvule de Huschke qui aurait pour rôle illusoire, comme celle de Bauhin, de s'opposer au
reflux du liquide.
Le sac et le canal possèdent une muqueuse à épithélium prismatique irrégulier. Les larmes, au sortir des conduits excréteurs des glandes, sont étalées sur le globe oculaire par un mouvement intermittent de lorbiculaire, le clignement et aussi par les mouvements de l'œil lui-même: elles sont alors en partie évaporées, le reste retenu par les sécrétions grasses des bords ciliaires s’accumule dans le lac lacrymal. De là qu'elles soient aspirées comme le veut de Wecker, par la contraction du muscle lacrymal antérieur qui dilate le sac, puis chassées par le muscle lacrymal postérieur qui le rétrécit en même temps qu'il ferme les conduits lacrymaux ; ou bien qu’elles progressent sous l’action du courant d'air nasal (Mathias Duval) sous l’action de la capillarité des canaux et de la contraction de l’orbiculaire.
Peu nous importe, le point intéressant, c'est que les larmes doivent normalement s’écouler du lac dans le sac et du sac dans les fosses nasales par le canal lacrymo-nasal: or si une affection ou une malformation des fosses nasales se produit au niveau de orifice inférieur du canal nasal, la rétention des larmes, qui en est la conséquence, fait se développer secondairement des affections du sac et par extension de la conjonctive. Remarquons, en passant, que ce processus d'apres lequel le sac estle premier lésé, dans les cas de refoulement des larmes de bas en haut, est bien fait pour montrer là minime importante de la valvule de Huschke comme moyen de protection: Rochon- Duvigneaud, dans son étude sur la pathologie des voies lacrymales, nous montre commentla conforma-