MERCIER
Lupus. Cinq grossesses.
Femme de 25 ans.
Pas d’antécédents héréditaires bacillaires.
Mariée deux fois; ses deux maris paraissent être morts de la poitrine.
Début de lupus avant son premier mariage.
A cette époque, bonne santé générale.
Depuis, elle a eu cinq enfants. à
Deux de ses enfants sont morts de méningite.
Après ces cinq grossesses, l'étendue du lupus, dont les bords présentent encore nettement des tubercules lupiques en voie d'évolution, n'a pas augmenté et présente les mêmes dimensions quil avait lorsque la malade fut soignée, étant jeune fille, à l'hôpital Saint-Louis.
A son arrivée à l'hôpital, elle présente une douleur assez vive dans la fosse iliaque droite, au niveau de l'extrémité inférieure du cæœcum, où l’on sent des froissements péritonéaux.
L'auscultation de Ja poitrine montre au sommet droit des signes de tuberculose pulmonaire.
OBSERVATION X (personnelle).
Pleuro-péritonite. Guérison. Mariage. Grossesse. Pas de récidive.
Jeune femme de 22 ans.
Pas d’antécédents bacillaires héréditaires.
PINCE . Se 1Æ
Soignée par le docteur Lasalle (de Lormont) pour une péritonite à forme ascitique, elle a déjà subi la laparotomie. L'ascite ne s'est pas reproduite, mais elle fait de temps en temps des poussées de pleurésie. (
Au moment où je l'ai vue, il y a quatre ans, toux fréquente, avec quelquefois vomissements après la toux. Etat général mauvais.
Actuellement guérison absolue.
Mariée depuis un an. Grossesse de trois mois.
Etat général assez bon.
IL est bien évident que, dans cette série d'observations, la grossesse ne parait avoir eu sur ces malades qu’une influence tout à fait douteuse. Leloir, dans son ÆEfiologie et pathogénie du lupus, admet l'influence aggravante de la grossesse sur le lupus, lorsqu'il dit : « Enfin, parfois, c'est à la suite d'un état pathologique antérieur, rougeole, fièvre typhoïde, rhumatisme articulaire aigu, grossesse, que l'on voit apparaître la scrofulotuberculose tégumentaire ».
Cependant, dans nos deux cas, il est bien évident que l'action des dites grossesses fut à peu près nulle sur l’évolution de la maladie, puisque l'une des malades à pu mener à bien cinq grossesses sans altération de l’état général, et que l’autre (obs. de Mercier) a eu aussi cinq grossesses pendant lesquelles ses deux maris sont morts de tuberculose pulmonaire.
Quant aux cas de tuberculose ganglionnaire, ostéo-articulaire ou du tissu cellulaire sous-cutané, outre que dans nos observations ces lésions ne paraissent pas s'être ressenties d’une façon appréciable de la grossesse, ce n'est un secret pour personne qu'il s'agit là de manifestations souvent bénignes de la tuberculose et que, sans avoir d'observations très précises à cet égard, chaque médecin a pu voir très fréquemment des familles où des enfants nombreux avaient pour mère des femmes qui, pour présenter un état général excellent, n'en avaient pas moins été soignées par le passé pour des tuberculoses locales.
Cependant, ce n’est pas seulement la tuberculose pulmonaire avérée qui est défavorablement influencée par la grossesse ou