OBSERVATION XLII
Porain, clinique médicale.
Femme riche.
Hérédité tuberculeuse.
Aurait eu des accidents après un premier accouchement qui auraient fait craindre une bacillose pulmonaire. La cessation de l'allaitement à cette époque aurait fait cesser les accidents.
Deuxième grossesse. Potain déconseille l'allaitement malgré une intégrité absolue à l’auscultation de l'appareil respiratoire. Mais l'avis contraire d'un autre médecin est écouté et suivi.
Accidents pulmonaires rapides.
La malade est emportée par la maladie.
OBSERVATION XLIII (résumée).
ORTÉGA
Femme de 43 ans, couturière.
Père mort phtisique, bronchite suspecte ayant duré deux ans à l'âge de 18 ans.
sa
de
PSE
Quatre grossesses en huit ans. Après les trois premières, allaitement de treize à quinze mois sans incident. Pendant la quatrième grossesse, privalions. Après l'accouchement, allaitement, au sixième mois duquel débutent des signes locaux et généraux de tuberculose pulmonaire, mais qui est malgré tout continué jusqu'au treizième mois.
A l'examen, elle présente des signes de grosse caverne aux deux sommets.
L'état général est lamentable.
OŒdème des membres inférieurs, diarrhée, fièvre.
Mort quatre jours après l'examen, quinze mois après l’accouchement.
C. Marche et évolution clinique des accidents. — Conduite à tenir.
Il est impossible de tracer un tableau des accidents observés ordinairement au cours de l'allaitement. Ils sont éminemment variables, obéissant en cela à la nature si capricieuse de la maladie dans son évolution et nul ne saurait dire, après les avoir constatés, comment ils se termineront.
Un fait capital cependant ressort de leur étude : c'est que les accidents rétrocèdent souvent ou restent à l’état stationnaire dès que l'allaitement est suspendu. Sur onze cas où cette précaution fut prise, nous voyons que, dans sept cas, la maladie a rétrocédé: dans trois cas, l'évolution ultérieure de la maladie n'est pas notée et dans un seul cas, il n'y eut pas d'amélioration. Si nous supprimons donc les trois cas dont la fin est inconnue, nous voyons que dans sept cas sur huit, la cessation de l'allaitement a entraîné une amélioration rapide. Et cependant, on ne peut pas dire que, dans ces cas, toutes Îles conditions d’une hygiène absolue et tous les moyens habituels de guérison de la tuberculose se soient trouvés réunis entre les
mains de ces malades.
Dans les observations XXX, XXXI, XXXII et XXXIIT, où une
Er, Que
amélioration sensible est notée avec la suspension de l'allaitement, nous avons affaire à quatre malades de situation sociale précaire : deux étaient ménagères, une couturière, une travaillait dans un atelier. Toutes quatre furent traitées à l'hôpital où les tuberculeux sont, nous le savons, dans un mauvais milieu pour arriver
à la guérison de leurs lésions. Elles avaient toutes des lésions
nettes du premier degré, une même en était à la période de ramollissement. Une fois (obs. XXXIX), la malade présentant un tempérament lymphalique, et par conséquent prédisposé à la bacillose, était déjà arrivée au début de la troisième période, puisqu'elle présentait des craquements humides et même des râles cavernuleux. Et cependant, la cessation de l'allaitement entraina une amélioration considérable, favorisée, il est vrai, par un traitement énergique, une fortune qui permettait d’utiliser tous les moyens de guérison. Il en fut de même chez la malade de Peter (obs. XL), chez laquelle la guérison fut complète, se maintint sept ans et permit une nouvelle grossesse sans incidents. Le seul cas où la maladie ait continué à évoluer malgré cette précaution se rapporte à une femme pauvre, exerçant une profession pémible, ayant eu quatre grossesses en cinq ans, ayant allaité trois fois et présentant, lorsqu'elle cessa
l'allaitement, des signes d’induration à gauche et de caverne à
droite. On ne niera donc pas que cette femme se soit trouvée dans des conditions très défavorables pour guérir.
C'est là, il est peut-être vrai, une série heureuse. Elle montre en tous cas que les accidents que l’on observe au cours de l'allaitement sont particulièrement susceptibles de rétrocéder sous l'influence de l'arrêt de la lactation. Ils rétrocèderont, et c'est là, nous le croyons, une cause de la fréquence des guérisons dans ces observations, lorsque, comme chez cinq de ces malades, on ne note ni antécédents héréditaires ni antécédents personnels — et que la tuberculose apparaîtra chez ces malades comme quelque chose de purement accidentel dans un organisme momentanément aflubli, mais susceptible de reprendre, avec la cessation de la cause d’affaiblissement, sa première vigueur.