CONCLUSIONS
L. Il ressort de l'exposé des faits qu'en autorisant le mariage d'un sujet tuberculeux, le médecin ferait courir à son malade les risques suivants :
1° S'il s'agit d’un tuberculeux, des risques personnels peu importants, d'autant plus graves cependant que l'étendue des lésions et leur degré sont plus considérables.
2 S'il s'agit d'une tuberculeuse, les dangers sont plus grands, car : 1° la grossesse, 2° l'accouchement, 3° l'allaitement apparaissent chacun comme de puissantes causes d’aggravation de la tuberculose.
a) La grossesse, en débilitant l'organisme maternel par la neurasthénie, les vomissements, etc., facilite la marche aiguë des lésions et leur extension rapide, et après une période initiale où la lésion parait quelquefois améliorée, elle laisse la plu- part des malades à la troisième période au moment de l'accouchement.
b) L'accouchement, par l'effort qu'il nécessite, par l'hypertension quil provoque, entraine souvent, chez ces malades, des hémoptysies graves et souvent des crises de dyspnée aiguë par congestion pulmonaire entraïnant souvent la mort.
c) Le post-partum voit souvent s'éteindre par fièvre hectique et cachexie des malades qui, après une tuberculose subaiguë pendant leur grossesse, ont vu leurs forces épuisées par l'effort de l'accouchement et l'hémorrhagie si fréquente.
d) Enfin l'allaitement, susceptible à lui seul d'influencer défavorablement une tuberculose préexistante, capable même de favoriser très efficacement l'implantation du bacille, a souvent
raison des malades dont les lésions n’ont pas trop été aggravées du fait de la grossesse ou de l'accouchement.
IT. 1] ressort en outre qu'il y a danger de contamination pour celui des deux conjoints qui est sain avant le mariage.
Il se contamine :
1° Par tous les moyens ordinaires de contamination de la tuberculose quand il y a cohabitation.
2 Par la voie génitale exceptionnellement, quand il y a des lésions des organes génito-urinaires.
Qu'enfin la descendance est menacée :
1° L'accouchement pouvant se terminer : a) par avortement; b) par accouchement prématuré; c) par l'accouchement à terme d'un enfant mort.
2° L'enfant présentant lui-même à la naissance : a) exceptionnellement des lésions spécifique ; b) presque toujours des lésions d'hérédo-dystrophie.
II. Contrairement à l'opinion de ceux qui soutiennent qu'on doit laisser marier les tuberculeux, ce mariage doit être interdit par le médecin quand les-lésions sont en période de croissance ou en période stationnaire.
Il ne sera autorisé qu'en présence d'une guérison maintenue pendant un temps que le médecin prolongera ou abrègera pour chaque malade, suivant l'état général, la situation de fortune et la régularité que met la malade à observer les prescriptions.
Les candidates à la tuberculose n'auront pas droit absolu au mariage. Il ne sera permis que dans des cas exceptionnels et sous la condition que la femme sera surveillée étroitement par son médecin.
VU BON A IMPRIMER : Vu : Le Doren, Le Président de la these. À. PITRES D' X. ARNOZAN.
Vu KT PERMIS L'IMPRIMER :
Bordeaux, le 26 octobre 1908 Le Recleur de l'Académie,
R. THAMIN.
S & dat