‹ Tuberculose et phthisie pulmonaireChapitre 1 sur 6 · EXTRAIT DE LÀ GAZETTE HEBDOMADAIBE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE LÀ GAZETTE HEBDOMADAIBE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

Parip. -—Imprimerie de E. Martinet, rue Mignon, 2.

t. —Exposé de la question.

Tuberculose et phlhisie pulmonaire, deux mots qui^ dans le langage de bien des médecins sont employés presque comme synonymes ; deux choses dont les relations sont aussi grandes, peut-être, que nombreuses ont été les confusions auxquelles elles ont donné lieu ; l'une vieille comme la médecine traditionnelle qui dénommait la maladie par son expression phénoménale^ raatre jeune comme Fanatoime pathologique qui a introduit dans la nomenclatuns la désignation ^ produit morbide et de Torgane lésé ; touées deux se ftisionnant pour ainsi dire en quelques années à la faveur d'une atitt:e découverte, celle de l'auscultation, qui semblait capable d^ëclairer la question jusque dans ses piofondeurs. fit la fUsion est devenue tellement intime que, après cinquante an$ à peine, malgré les grands ébranlements que les doctrinaires ont fait subir à la science^ malgré l'action sourde et incessanté de destruction et de rénovation qu'ont introduite les recherches de minutieuse analyse, malgré les travaux nombreux et les publications innombrables que la question a provoqués dans ces dernières années, la doctrine que les maîtres nous ont enseignée est encore debout bien que minée de toutes l^arls. Le doute l'a envahie et Ton chercherait vainement ses

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défenseurs ; mais elle est la loi qui règle la pratique de l'immense majorité des médecins. On ne croit plus, mais on pratique toujours. C'est comme la foi que Descartes conservait par provision avant de se lancer dans le doute universel.

Quelque difficile que soit la question, il n'y a pas témérité, il y a urgence à Taborder. Le but que nous nous proposons dans cette série d'études n'est pas d'offrir une solution ni de tracer une histoire complète des fluctuations de la science sur ce point. Mettre en lumière les différentes doctrines qui restent en présence, montrer leurs relations ou leurs contradictions, dégager pai:mi les questions douteuses celles oii réside la difficulté et dont la solution importe au plus haut degré, recher- Oher comment les données que la science possède pourraient être utilisées pour conduire à cette solution, telle est la tâche que nous nous proposons dans cette critique.

Le mot phihisie^ expression de pure sémiotique, a été détourné de son sens ; il n'exprime plus l'état d'épuisement qui peut résulter de telle ou telle maladie, il désigne la maladie même ; et, pendant longtemps, les phthisies étaient toutes les maladies à lente évolution s'accompagnant de consomption graduelle. On les distinguait à la rigueur par le siège du mal et par sa nature ; on avait la phthisie pulmonaire, la phthisie dorsale, la phthisie intestinale, on avait aussi la phthisie cancéreuse, la phthisie syphilitique, etc. Le cadre est devenu graduellement plus restreint, la compréhension du mot phthisie est devenue moins étendue, son sens plus précis. Un phthisique, dans le langage des médecins comme dans celui des gens du monde, c'est un homme que mine lentement une maladie de poitrine ou, plus exactement, une maladie du poumon ; et cette maladie, ce n'est ni une masse cancéreuse, ni une gomme syphilitique, ni une production parasitaire ; ce qui la caractérise, ce sont des altérations de structure du tissu pulmonaire que nous n'avons encore indiquées que par élimination, mais que les médecins, depuis Laennec, n'hésitent pas à nommer tuberculeuses.

ici une remarque est indispensable ; l'expression phthisie tuberculeuse n'exprime pas comme pourraient le faire les mots phthisies scrofuleuse, lymphatique, syphilitique, goût-

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