CHAPITRE IT
Etudions maintenant les rapports qui existent entre la tubercu-lose et la sous-alimentation. <
A priori, la liaison entre ces deux manifestations apparaît nette-ment. Comme nous l'avons précisé dans la première partie de ce travail les deux courbes de morbidité et de mortalité tuberculeuses: montent en flèche quand on compare les années d'avant et d’aprèsguerre (1938-1939 1941-1942) et d'autre part le nombre de calories baisse considérablement, selon que l’on estime les rations de 1938-. 1939 et elles d’après-guerre comme nous venons de le démontrer. Essayons de préciser s'il y a une proportion entre l'augmentation de la mortalité tuberculeuse calculée suivant les statistiques et la. diminution des calories de nos rations.
Voici un tableau comparant l'indice d'augmentation de la mortalité par tuberculose pulmonaire enregistrée à Paris de 1938 à 1942 avec le déficit de nos rations calculé par jour en caloriés selon les catégories de rationnaires.
Le taux d'augmentation des décès par tuberculose est tiré de notre enquête personnelle étudiant l'accroissement de la morbidité
et de la mortalité tuberuleuse et exposée dans la première partie de ce travail. ;
INDICE d'augmentation £ ou de diminution de la DÉFIGIT OU EXCÈS CATÉGORIES mortalité par tuberculose calculé journellement pulmonaire, comparaison en calories des années 1938/41
Ce tableau est significatif, plus le déséquilibre alimentaire est.
grand, plus l’indice de l’accroissement de la mortalité par tubercu-
lose est élevé. Nous sommes amenés à faire une remarque pour
la catégorie V qui, bien que moins défavorisée que la catégorie A
(— 1490 au lieu de — 1815 calories) présente quand même une-
mortalité tuberculeuse plus élevée. 11 semble que dans ce cas ce soit encore la sous-alimentation qui entre en jeu, peut-être d’une
manière indirecte, mais il est certain que les vieillards forment une
classe sociale de gens à petits moyens, entretenus par leurs enfants, vivant d'une petite retraite ou travaillant encore. = Quelle que soit l'éventualité envisagée, leurs revenus ne sont cer-
tainement pas ajustés aux coûts de la vie et ne leur permettent pas. d'améliorer sensiblement « l'ordinaire » constitué par la distri-
bution du ravitaillement général.
Ceci expliquerait leur sous-alimentation et par là même le plus.
lourd tribut payé par eux à la tuberculose.
Les enquêtes faites avant la guerre sur le risque tuberculeux,.
selon l’âge sont à revoir, car actuellement ce sont les vieillards les plus touchés. Je,
A côté du déséquilibre alimentaire, il existe des conditions physiologiques qui les rendent plus vulnérables à l’agression tubercu-
leuse. P. BroDin et M. FOURESTIER ont fait aux Petits-Ménages,.
depuis la guerre, les constatations suivantes : Accroissement certain
de la mortalité tuberculeuse chez les « petits vieux », surtout par:
formes extra-pulmonaites en particulier, formes péritonéales et gan-
glionnaires.
Rien d’étonnant si nous nous rapportons à notre courbe traduisant l'augmentation de la tuberulose selon l’âge, nous voyons que les.
vieillards sont très touchés par les formes extra-pulmonaires.
Voici un schéma qui traduit nettement ces remaraues