CONCLUSIONS GÉNÉRALES
1° En période de misère sociale l'accroissement de la morbidité et de la mortalité tuberculeuses est indiscutable. Toutes les statistiques, en tous pays en font foi, quelle que soit la période historique considérée 1870-1871, 1914-1918, 1939-1942;
2° L’accroissement de la morbidité et de la mortalité tuberculeuses est dù à des causes multiples. Dans ce travail nous avons seulement étudié l'influence de la sous-alimentation, facteur d’aggravation prépondérant de la tuberculose ;
3° Les travaux ont été entrepris en France depuis 1940. Des enquêtes ont été faites dans divers milieux : sapeurs-pompiers, hôpitaux psychiatriques, prisonniers rapatriés. Toute une série de docu- ments concordants démontrent, nous l’avons vu, l'importance du facteur sous-alimentation dans lextension du péril tuberculeux.
A côté de l’accentuation globale et brutale du taux de morbidité et de mortalité tuberculeuses, nous avons remarqué l'apparition de formes cliniques rares avant la guerre, des formes à localisations anormales, des âges enfin différemment touchés ;
4° Nous avons comparé pour Paris la courbe de mortalité tuberculeuse par catégories d’âges (tuberculose pulmonaire et tuberculose extra-pulmonaire) en 1938-1939 avec la ration alimentaire calorique normale donnée par le Comité d'Hygiène de la S.D.N,, et celle de 1941-1942, avec la ration calorique allouée par le ravitaillement général. L'étude comparée des deux courbes montre une étroite proportionalité entre le déficit calorique journalier et l'augmentation de la tuberculose.
Notre enquête personnelle corrobore les travaux effectués en Allemagne de 1914-1918 sur ce même sujet, où les conditions de vie étaient semblables à celles que nous subissons actuellement Re, CHNER- Lœwy).
5° Nous avonc cru intéressant de rechercher si le travail plus ou
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-moins pénible effectué par les travailleurs, par ailleurs soumis aux restrictions alimentaires, influençait le taux de morbidité et de mortalité tuberculeuses.
Nous avons comparé en 1938-1939 et 1941-1942 deux groupes -de professions classés selon leur assujettissement aux cartes spé- -ciales d'alimentation T1-T2 et T.
L'accroissement calorique dont le groupe Ti-T2 (travailleurs de force) est favorisé par le ravitaillement général est insignifiant ; par contre la morbidité tuberculeuse de ce groupe s’est considérablement élevée en 1942 par rapport à 1938, en comparaison de l’accroissement du taux de morbidité du groupe I (T), comprenant les individus effectuant un travail moins intense. Il est certain que le travail pénible auquel sont soumis actuellement de nombreux travailleurs s'ajoute à la sous-alimentation générale pour aggraver et accroître les cas de tuberculose.
Notre ouvrage confirme encore certaines constatations faites en Allemagne en 1914-1918 (BLIEDLUNG) qui permettent d'affirmer les rapports étroits qui unissent actuellement, tuberculose, déficit calorique et professions.
6° La sous-alimentation seule ne peut rendre compte de l’augmentation de fréquence et de gravité de la tuberculose dans les circonstances actuelles. Il convient d’insister en terminant sur les facteurs psychologiques. Dans de nombreux cas, les chocs affectifs, le surmenage, la dépression morale ont fait éclore et évoluer des tuber- -culoses latentes jusque la.
Ne négligeons pas de signaler les contagions plus fréquentes et plus faciles observées à l’heure actuelle du fait de la non-observance des règles d'hygiène individuelles et collectives.
Nine:
Le Doyen, Mr. BAUDOUIN
Vu :
Le Président de Thèse, Pr. TROISIER
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur, Gilbert GIDEL