‹ Tuberculose et Syphilis: Étudiées dans un Milieu SpécialChapitre 9 sur 33 · TE CARE · texte numérisé non relu

TE CARE

nous avons vu quelques syphilitiques à accidents multiples,

répétés, ou ayant eu des syphilis viscérales antérieurement, s

nous n'avons pas eu de syphilis grave en observation. | De même, malgré trois ou quatre observations de

tuberculose avancée, jamais nous n’avons eu à observer

une malade atteinte de tuberculose aiguë.

Il en résulte qu’au point de vue syphilis et tuberculose l'état sanitaire de Saint-Lazare est satisfaisant.

En résulte-t-il que les nombreux auteurs qui ont signalé

la dangereuse association de syphilis et tuberculose aient

commis une erreur d'interprétation ? EE

Les quelques observations où, sans donner lieu à des aggravations notables, la coexistence de syphilis et tuberculose a cependant assombri le pronostic de certains malades, nous sont une preuve du contraire.

Aussi devons-nous admettre que ces prostituées syphilitiques graves ou tuberculeuses avancées échappent à Saint-Lazare.

Cependant, nous avons, au début de notre travail, voulu rechercher aussi la proportion des tuberculeuses parmi les filles soumises, syphilisées pour la plupart, et venant accomplir à Saint-Lazare une détention administrative. Le délai trop court de leur passage dans la maison le Nous a pas permis de recueillir des observations probantes. Cependant de l’ensemble des examens auxquels nous nous sommes livré il ne semblait pas résulter que la proportion des tuberculeuses avérées y fût plus grande que parmi les malades de l’infirmerie, proportion du reste identique à celle de Spillmann.

Il n’en est pas moins vrai que par la gravité même de

| Jeur tadies syphilitiques et ‘tuberculeuses, ‘sérieusement alteintes échappent à l'hospitalisation forcée de Saint- 7 Lazare. Lesaccidents trop marqués qui les rendraient inca-

pables de continuer avec succès leur métier, les phénomè:

nes graves qui leur interdisent le séjour prolongé au dehors

les chassent vers les hôpitaux généraux, où elles sont

admises au même titre que d’autres femmes, où le métier

dangereux et antihygiénique qu’elles exercent est soigneu-

sement caché. eg Il en résulte que, rendues à la circulation, guéries de tout

accident syphilitique contagieux momentanément, mais

loujours contagieuses par le bacille de Koch de leurs cra-

chats, elles vont devenir des agents propagateurs de la

tuberculose dans une proportion bien plus considérable que les autres malades.

Bien mieux, alors que leur syphilis sera étroitement surveillée, lors des examens médicaux qu'elles subiront à la Préfecture, leur tuberculose, souvent torpide, restera ignorée, et c'est peut-être plus par cette dernière maladie qu’elles constitueront un danger public ; car elles mêmes ne se soigneront qu'aux derniers stades de la maladie.

Nous pensons donc qu'il peut être formulé les conclusions suivantes :

Au point de vue médical. — 1° La tuberculose et la syphilis coexistent souvent chez les prostituées, mais, le plus souvent, chez elles, les antécédents ou la misère physiologique en ont fait des tuberculeuses avant qu'elles ne soient syphilitiques.

20 Dans nos observations, Pere la syphilis est venue

compliquer la tuberculose, les deux maladies ont vu leurs

que pour cela il y ait eu des complications graves.

3° Dans les rares cas où la tuberculose s est ‘installée % après la syphilis, et chez les syphilitiques jeunes, lat tuber- Hi

lose a marché rapidement.

Au point de vue social. — Il est nécessaire de. considérer au point de vue prophylaxie et hygiène sociale la tuberculose comme une des maladies transmissibles par les prostituées et nous ne pouvons que nous rallier au vœu

formé par le professeur Bouchard à la Commission de

Considérant que tout contact prolongé, comme dans l'acte génital, est condition favorable à la transmission de la tuberculose. ;

Que les autorités chargées de la surveillance administrative ont le devoir de protéger la santé publique contre toute maladie contagieuse transmise dans l’exercice de la fonction de prosti-

tuée et non seulement contre les maladies plus spécialement

vénériennes, que transmise dans ces conditions la tuberculose

devient essentiellement une maladie vénérienne,

La Commission émet le vœu que dans l’examen sanitaire des personnes se livrant à la prostitution la tuberculose soit assimilée aux autres maladies contagieuses, dites vénérien-

nes,

Et nous concluons que syphilitiques et tuberculeuses, les malades pour la plupart négligentes, constituent un

danger social, qu’il est des plus urgent de combattre.

symptomatologie compliquée Sur Et association, sans 4}

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Lt

FPS à | Que ; ES . | ü $ à a 5 DE Te Nous n'avons retenu que les observations présentant

PME SX. + cr ST un certain intérêt. ‘ me HS PR:

ESS i à - ; v- à 7 Fret 4 € { ’ F 2 æ'

Se DATE OBSERVATION I

(Service du D: Le Pileur). | - 04 z YARPERES ÿ $ Q Bart... J..., âgée de dix-huit ans, entrée en octobre 1908, se À LE prostitue depuis dix-huit mois ; exerçait auparavant le métier de + qu plumassière ; antérieurement elle avait travaillé dans le cui- D = < FAR \ A] Me: vre (métiers à poussières). 3 ee Y'A Troisième séjour à Saint-Lazare. Syphilitique depuis jan vier 1908, elle a subi une première série de piqûres à Saint-Louis. ve Te AUS $ è 5 Ne FA Elle a séjourné à Saint-Lazare en mai, puis en juillet. Enfin

elle revient pour la troisième fois au mois d'octobre, avec des $ accidents secondaires muqueux. Ÿ Antécédents personnels. — Depuis quatre ans, elle était sujette aux bronchites, maiselle ne se plaint ni de cracher ni de sueurs. Elle tousse surtout depuis qu’elle habite Paris. (Deux ans environ.)

Antécédents héréditaures. — Mère malade de la poitrine, un frère mort de méningite, un autre mort à deux ans de bronchite. Père mort après deux ans de maladie de phtisie.

Traitement. — % injections de 8 centigrammes d’huile grise de Vigier.

Auscultation. — Au sommet droit : Inspiration rude. basse, expiration prolongée est un peu soufllante, Stade de germination. La syphilis a été assez sérieuse, nécessitant trois séjours

en six Mois.

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