TE TR RER DES
Ces chiffres sont donc sensiblement les mêmes pour les deux années, et la proportion de 46 0/0 des insoumises syphilitiques est à peu près identique à celle du Dr Le Pileur. Ainsi, sur 1364 femmes arrêtées, 622, c’est-à-dire 48,50 0/0 sont syphilitiques, et la plupart de ces syphilitiques, éminemment contagieuses, sont des femmes insoumises. c'est-à-dire n'ayant subi avant leur arrestation
aucun contrôle, et surtout aucune espèce de traitement
médical.
Remarquons, en passant, que les femmes de maison sont reconnues indemnes d'accidents syphilitiques conta-— gieux. L'auteur nous explique que les mesures de police, qui n’admettent dans les maisons closes que des femmes âgées d'au moins vingt et un ans, et par conséquent, pour
la plupart prostituées depuis quatre à cinq ans, et syphi-
litiques depuis le même laps de temps environ, sont pour
beaucoup dans cet état de choses.
Nous pouvons donc en conclure quel danger considérable crée la prostitution pour la contagion syphilitique. Et ce danger est d'autant plus grand, que les plus malades sont celles qui s'offrent à chaque pas, qui provoquent le client et d’un autre côté ne se soignent que lorsqu'elles y sont forcées.
Ne seront-elles pas aussi les facteurs de cet autre mal
Ms
dE M
RECHERCHES : POURSUIVIES ü A L'INFIRMERIE DE SAINT- LAZARE
Le milieu dans lequel n nous ‘avons CE nos observations est la section administrative de la maison de Saint- Lazare.
Divisée en deux portions distinctes, cette section comprend, d'une part une division purement administrative, d’autre part une division médicale : l’Infirmerie spéciale.
La division administrative reçoit pour un nombre de jours variable les filles soumises qui, ayant contrevenu aux règlements de police qui les régissent, se sont attiré une peine administrative. Obligées de se soumettre à leur sortie à un examen médical destiné à faire constater qu’aucun accident vénérien ne s'est déclaré pendant leur incarcération, ces filles sont examinées à leur sortie, soil par un médecin de Saint-Lazare, soit par un des médecins du dispensaire de salubrité de la Préfecture de police, lorsque leur peine à dépassé quatre jours.
L'infirmerie recoit les malades reconnues atteintes d’accidents contagieux, lors de l'examen pratiqué au dispensaire de la salubrité.
Elles sont soumises à cette visite au lendemain de leur arrestation sur la voie publique, au cours de ràîfles ou
lorsqu'elles raccolent, qu'elles soient inscrites où ‘non. Klein 3
“a Lorsque € ce sont des filles en carte, AE peuvent & êtr note arrêtées à l'occasion d’une de leurs visites réglementaires, È
| visites hebdomadaires pour les syphilitiques isolées ou les filles de maison, bi-mensuelles, pour les isolées non syphi- F
litiques. | | - , | * *
Ce sont les femmes de deux services de l’infirmerie spéciale qui nous occuperont particulièrement ; nous avons
recueilli ainsi 60 observations.
Pour ranger ces femmes par catégories, nous nous som-
mes inspiré du questionnaire que M. le profcsseur Spill-
mann à institué dans son enquête internationale sur la
tuberculose chez les prostituées, et que nous rappelons ici.
1° Quel est le pourcentage de la tuberculose chez les pros tituées ;
2° Quel estle pourcentage des tuberculeuses contagieuses;
a) Forme à expectoration contenant de nombreux bacilles ;
b) Tuberculose du larynx, pharynx, de la cavité buccale (dont les formes aiguës doivent être envisagées comme plus graves que les formes chroniques) ; .
c) Tuberculose des organes génitaux, surtout des organes génitaux externes ;
d) Tuberculose cutanée, surtout la forme ulcéreuse rongeante, en nolant exactement la localisation ;
3° Rapports existant chez la tuberculose prostituée entre :
a) Une gonorrhée pré ou simultanément existante ;
b) Une syphilis pré ou simultanément existante.
CHÉz celles-ci. surveiller l'influence at traitement mer curiel sur la tuberculose. :
4° Les questions eccdéntes concernant les iles venant
se faire soigner volontairement dans les hôpitaux pour vénériens ; |
5e ne de la tuberculose urinaire ou génitale dans les hôpitaux ; EL SIENE a) Chez les prostituées : AS +
le
b) Chez les malades se faisant TRUE Drame
c) Chez les hommes.
Ces deux derniers paragraphes ne nous concernent pas, 6 naturellement. Il eût fallu, pour y répondre, étendre notre enquête en dehors de Saint-Lazare. k Nous avons voulu, aussi, tout particulièrement en ce qui concerne la coexistence de la syphilis, faire bien ressortir quel avait été l'ordre de succession, chez la même femme, de ces deux maladies, et quelle était celle des deux que nous avions constaté nettement avoir préexisté le plus souvent.
Age. — En ce qui concerne l’âge de nos malades, les constatations sont les suivantes :
4 de nos observations portent sur des malades âgées de moins de dix-huit ans ; 16 filles de dix-huit à vingt ans ; 10 filles de vingt à vingt-cinq ans ; 5 filles de vingt-cinq à
trente ans ; 6 filles de trente à quarante ans.
Ce sont donc, et nous n'avons retenu de ces observations que les plus intéressantes, pour la plupart, sur des sujets jeunes que nous avons effectué nos recherches.
Durée de prostitution. — La durée de prostitution de ces femmes n'est cependant pas toujours en rapport avec
leur âge.
At
# ( est ainsi que dans 5 < cas la durée de prostitution datai 1 k :
de quelques semaines; à à Fe PEER
Elle était d’ Sion iii mois dans 11 cas, de deux à
six mois dans 14 cas; Elle était d’un an environ Le 40 cas et de deux ans
Fe dans 10 autres cas ;
Enfin elle datait de trois ans dans 3 Cas, cinq ans dans 2 cas.
Elle était vieille de cinq à dix ans dans 4 cas, el remontait à vingt ans environ dans un seul cas.
Cette fréquence de prostituées jeunes en date de pros-
titution est expliquée et confirmée par les publications :
de M. le D' Le Pileur, à propos du projet de loi de M. Bérenger qui reportait de 16 à 18 ans l'âge au delà duquel . les prostituées n'étaient plus envoyées en correction.
Sur 100 filles arrêtées, insoumises, avant dix-huit ans, dit, en substance, l'auteur, 64 ne reviennent plus une seconde fois dans le service.
Pour les filles, au-dessus de vingt et un ans, la proportion s'élève à 73 0/0 de malades, qui, après un premier séjour à Saint-Lazare ne reparaissent plus. Nous n’avons pas à nous occuper, pour le moment, des causes probables de ce phénomène.
Nous trouvons confirmation de ces chiffres en recherchant, chez nos malades, le nombre de leurs séjours.
Dans environ la moitié des cas, 29 environ sur 60, les femmes étaient arrêtées pour la première fois.
Dans le quart des cas, 15 sur 60, les femmes séjournaient à Saint-Lazare pour la deuxième fois, et pour la troisième fois dans environ 1/5 des cas. Une seule fois, le
uombre des séjours dépassail 5.
Fréquence de la syphilis
Sur les malades que nous avons observées, 33 étaient. syphilitiques. Ps & :
EU . Surles 33 FYPRRBAREE dy avait 16 filles en carte et 17 insoumises. Parmi ces filles en carte, un certain nom- | “hi bre avaient la syphilis avant d’être inscrites sur les registre
de la Préfecture. FREE Cu
L âge de la syphilis de ces malades s ‘échelonne, environ, entre quelques mois et trois à quatre ans. Æ
Elle datait de moins d'un mois dans 1 cas.
De un à six mois dans 12 cas.
De six mois à un an dans 8 cas.
De un an à deux ans dans 6 cas.
De deux ans à trois ans dans 2 cas.
De trois ans à quatre ans dans 3 cas.
Non affirmée, ou plutôt non contagieuse dans 1 cas où l'existence d’une syphilide pigmentaire du cou fut constatée chez une malade envoyée pour une affection blennorragique et qui ne portait aucun accident contagieux.
Enfin, une fois, il fut impossible, chez une prostituée MAN de longue date, d'établir si elle avait eu la syphilis ; elle FR n’en avait présenté les symptômes à aucun de ses séjours.
En général, les syphilis se présentent sous des formes moyennes ou légères ; prises dès leurs manifestations secondaires les premières, elles subissent un traitement énergique et la malade après avoir fait deux séjours dans
l’espace de moins d’un an reste alors plusieurs mois sans
être arrêtée. C'est a moins ice que nous avons COns-
taté chez nombre d'entre elles qui en étaient à leur troi- sième séjour, et qui n ‘avaient plus été hospitalisées depuis unanou deux. moment auquel elles étaient en très peu de temps revenues à deux reprises à l'infirmerie.
Nous avons cependant pu relever dans l'observation XXXVI une laryngite survenant à la période secondaire
et probablement cause première des phénomènes pulmo-
naires que nous constatons.
Danslobservation XXX, la malade ne présente actuellement aucun symptôme de syphilis contagieuse, elle a cependant une syphilide pigmentaire qui a fait décider sa mise au traitement spécifique et elle sort de Saint-Louis où elle a été soignée pour un ictère, peut-être manifestation d'une syphilis du foie, dont, du reste, aucune trace ne subsiste actuellement.
A part ces symptômes viscéraux, nous trouvons quelques manifestations sérieuses (obs. I et IT), une syphilide papulo-squameuse généralisée malgré un début assez récent de la maladie (obs. XVII), des accidents oculaires en 1902 chez une malade (obs. VIT), la seule qui aitcontracté la syphilis avant de se livrer & la prostitution, un chancre ulcéré persistant après deux mois el malgré un premier traitement intensif au benzoate de mercure à Saint-Louis.
La plupart sont d'intensité moyenne cependant et il n y a rien à y relever de particulier. Le traitement institué a toujours été l'huile grise à la dose moyenne de 7 à 8 centigrammes de mercure par semaine’et la plupart des malades pouvaient sorlir de l'hôpital après un séjour qui rarement
dépasse six à huit semaines.
particulier, ont voulu le prétendre, que la syphilis soitune
maladie particulièrement bénigne ? il suffit de se. reporter
aux statistiques rapportées plus haut pour voir qu'en tout |
cas elle est très répandue. Quant à sa gravité; qui n’a pas vu ces malades hospitalisés dans les services spéciaux de vénéréologie ou même dans les salles de médecine des hôpitaux généraux et dont beaucoup succombent à des phénomènes graves dus à la syphilis ? |
Quel est donc le motif pour lequel nous voyons assez rarement à Saint-Lazare des syphilis graves ? Au cours d’une discussion sur la création de services spéciaux dans les hôpitaux de Paris pour le traitement de la syphilis ou la dispersion des syphilitiques dans les services de médecine générale, le Dr Le Pileur a établi, chiffres en mains, le rôle bienfaisant joué dans la campagne antisyphilitique par l’infirmerie de Saint-Lazare.
« Sur 1.000 femmes, reçues chaque année à l’infirmerie de Saint-Lazare, 500 venant pour la première fois, 500 autres environ y accomplissant un nouveau séjour, 5 0/0 à peine trouveraient place dans les services des hôpitaux de Paris. »
En effet, d’après des chiffres précis, relevés par l’auteur, sur 100 femmes syphilitiques, 81 n'avaient pu être admises, faute de place dans le service de M. le professeur Fournier, à Saint-Louis. Certainement tous les moyens de se soigner au dehors leur ont été offerts, même la facilité de revenir à époque fixe prendre une injection mercurielle, mais nous savons combien il est parfois difficile de revenir à
heure fixe, surtout pour des malades qui doivent travailler
| Est- -ce à dire, cine certains auteurs, Augagneur e en
| pour vivre de combien une attente, souvent longue, fatigue fé
les plus courageuses. Ne 2e F GR Nous voyons par à que 1/5 des malades syphilitiques RG seulement trouve .place dans les hôpitaux, et par conséquent les plus gravement atteints. D'un autre côté les 4/5 restants ne seront pas soignés énergiquement et ne rentreront à l'hôpital que lorsque leur négligence aura entrainé pour eux des complications graves.
Fe Enfin, d'après les statistiques rapportées plus haut, nous 4 voyons quelle est la proportion, 48,5 0/0 de syphilitiques CT fi parmi les femmes admises à Saint-Lazare, proportion con- |
À sidérable à côté de celles qui sont admises dans les hôpi- n: taux de Paris.
i) Hospitalisées administrativement, ces femmes sont contraintes de subir un traitement énergique, et, cela dès le moment où ce diagnostic de syphilis à été posé, le plus souvent dès les premiers mois de la maladie. La prostituée syphilitique à donc, dès le début de sa maladie, sinon un régime enviable, car beaucoup serait à dire sur le régime, du moins un lit d'hôpital et surtout un traitement sérieux, surveillé de près par des spécialistes qui y consacrent leur savoir et leur temps sans compter. N'y aurait-il pas là, au moment du grand « branle- "NUS bas », une cause importante de ce fait que chez les prostituées nous constatons rarement, à Saint-Lazare, des phénomènes graves ?
Il y en à cependant d'autres. Les syphilis soignées à Saint-Lazare sont des syphilis jeunes encore. Plus tard, si des phénomènes sérieux surviennent, la prostituée, for-
cée d'abandonner ses occupations, n’altendra pas que la
police la force à:se soigner, et dela lle se dir
gera vers un des services spéciaux bien connus elles, où
elle trouvera les soins nécessaires el pas d’internement
obligatoire.
e % Cependant, il faut bien le dire, le nombre de syphiliti=
ques revenant dans la première année est assez imposant
par rapport au nombre total de syphilis traitées pour qu'il
faille bien admettre à notre pure argument une cer. 24 __ taine valeur.
Fréquence de la tuberculose
Dans quelle proportion la tuberculose va-t-elle frapper ces malheureuses ?
Il n’est point besoin de rappeler longuement ce que (0 nous disions plus haut sur les enquêtes faites sur la tuberculose dans les différentes agglomérations pour, nous basant sur sa fréquence, prévoir que dans l’aggloméra- ATEN
tion de l'infirmerie de Saint-Lazare nous pourrons en RS recueillir de nombreuses observations. Le
Tel n’est cependant pas tout à fait le cas, et l'impression générale des médecins de Saint-Lazare, que nous avons consultés, est que la tuberculose y est rare — chez les hospitalisées — tout au moins sous ses formes graves et ses stades avancés.
Ici encore un examen attentif est nécessaire, el si nous ne trouvons pas de malades ayant un mouvement fébrile vespéral, de l'inappétence, des symptômes d’auscultation
avec bruits de râles, des crachats et tout le cortège d’une
tuberculose à la période d'état, avec un*ensemble symp- Se
tômes fonctionnels et physiques manifestes, est-ce à dire que nous ne trouverons pas des femmes déjà touchées par
le bacille de Koch ; que s'il n'y a pas de phtisiques, il n’y aura pas de bacillaires ? Rue \ Nous avons, pour notre enquête, adopté les règles si
ESS bien décrites par le professeur Grancher, au sujet de son
A enquête sur les enfants des écoles et exposées en particu-
lier au Congrès de 1905. Le D' Claisse, les reprenant dans x
une lecon clinique, montre que l'épreuve d’auscultation doit garder la première place dans le diagnostic de la tubercu- LS lose et que les nouveaux moyens, aujourd'hui bien con-
ÊnAE nus, mais qui ne sont pas sans présenter des inconvénients,
tels que la cuti ou l'ophtalmo-réaction ne peuvent servir
qu'à les contrôler.
D'autre part si Van Pirket lui-même, père de la
méthode de culti-réaction, a déclaré qu’elle n’est intéres-
sante que chez les enfants, n'avons-nous pas toute une
série d'accidents dus à l’ophtalmo-réaction ?
Rappelons donc les signes de Grancher :
1° Inspection. — Elle ne révèle rien d'anormal.
2° Palpation. — Ne révèle encore aucun signe patho- « logique.
90 Auscullation. — Elle apprend que l’ExPIRATION est
normale, presque nulle, mais lINSPIRATION est affaiblie.
Cependant les examens devront être répétés au moins trois fois et autant que possible à trois mois de distance. Si à un troisième examen l'inspiration reste affaiblie, il y a lésion. Nous avons ainsi trouvé sur 60 examinées un
nombre de 25 femmes qui ont présenté à des degrés diffé-
rents des phénomènes non douteux de tuberculose pul-
monaire. FLE Near de :
Nous n'avons tenu compte que de celles chez qui une
auscultation répétée avait décelé les mêmes symptômes,
chaque fois.
Chez celles-là nous avons étudié tout spécialement l’ins-
piration, interrompant l'auscultation pendant l'expiration et comparant les deux inspirations, en portant successivement l'oreille des deux côtés de la poitrine, en avant dans la fosse sous-claviculaire, en arrière dans la fosse sus-épineuse, les omoplates étant bien écartées pour diminuer l'épaisseur des tissus séparant l'oreille du poumon:
Chaque fois que nous avons trouvé une simple différence dans l'intensité de l'inspiration, accompagnée d'une altération de timbre nous avons rangé les malades dans une première catégorie dite période de germination de à Grancher. Nous avons ainsi relevé sur 60 malades auscultées méthodiquement, 13 cas où ces phénomènes ont persisté et n’ont pas varié d'une auscullation à l’autre.
Ceux qui avec ces mêmes phénomènes présentaient une altération du rythme respiratoire, avec des changements perceptibles à la percussion el à la palpation du thorax, ainsi des bruits, craquements, ou frottements surajoutés, ont été classés comme premier degré véritable de luberculose, et nous en avons relevé 7. soit 11 0/0.
Enfin chez 4 de nos malades nous avons trouvé des symptèmes nets d’un début de ramollissement, craquements humides, souffle expiratoire et crachats purulents. Ceux-
ci sont arrivés au terme de la période secondaire, ce sont
les tuberculeux les plus contagieux et les moins facilement
su “ tu ae |
guérissables.
= Enfin 4 femmes, sans symptômes fonctionnels, ont pré- a
senté des légères diminutions d'intensité du sommet droit,
avec souffle interscapulaire. symptômes d’une adénopathie trachéo-bronchique. Mais chez ces femmes, la coexistence de la syphilis et des antécédents tuberculeux héréditaires et l'absence de symptômes fonctionnels qui puissent sans aucun doute se rattacher à la tuberculose nous ont fait admettre un diagnostic douteux. C’est ainsi que dans l’observation IX une tuberculose paternelle et des symptômes d’adénopathie bronchique existent chez une femme n'ayant commencé à maigrir qu'un mois et demi après le début de lasyphilis ; s'agit-il en l'espèce d'une anémie et d’une adénopathie purement syphilitique ? Nous n’oserions l’affirmer car, malgré un traitement qui a comporté déjà deux séries d'injections d'huile grise, les symplômes n'ont montré aucune tendance à s’amender.
Chez une seule cependant, il n'existe pas de syphilis ; les parents ou collatéraux n'ont, d’après ses affirmations, présenté aucun symptôme de tuberculose. Cependant, cette fille, qui ne se prostitue que depuis cinq mois, a exercé primitivement le métier de cuisinière, et depuis deux mois elle a des hémorragies utérines à répétition et des sueurs nocturnes avec des symptômes de germination du côté du sommet gauche et des ganglions bronchiques:
Est-ce là une contagion par contact au cours de sa vie de prostiluée ; y a-t-il une influence attribuable à l'anémie
bien connue par l’'oxyde de carbone chez les cuisinières ?
Ces Re causes ont-elles mutuellement excité leur action ? 7
he départ n’est pas facile à faire. Me Fe
Les antécédents. — Les antécédents héréditaires ont pu S
être établis un certain nombre de fois et douze Ë à quinze | fois
environ nous trouvons une affection pulmonaire ou ménin-
gée mortelle chez un parent, frère ou sœur ou chez un “
enfant. Cependant 3 de ces malades n'ont malgré des antécédents héréditaires ou une tuberculose du mari présenté aucun phénomène de tuberculose : ni symplôme 4e fonctionnel ni auscultation positive (obs. VIII, XVIU, XXXID. A va Plusieurs fois, nous Houyons des manifestations bacil-
< laires de l'enfance, Dans 4 cas (obs. VIL VIIL, XI et XVI) il a existé une tuberculose osseuse. La malade qui fait le sujet de l'observation XVI est en cela particulièrement intéressante. Elle porte des stigmates d’hérédo-syphilis (son père est Si resté interné comme aliéné pendant près de deux ans) et a a présenté, étant enfant, une tuberculose vertébrale, qui a | causé une déviation encore persistante. Une autre a eu un mal de Pott et ne présente actuellement aucun symptôme à l’auscultation.
Dans 5 cas, les femmes examinées ont eu à un moment de leur enfance des ganglions multiples, quelques-unes même des abcès ganglionnaires.
Enfin 3 d’entre elles ont eu des manifestations scrofuleuses du cuir chevelu ou de la face et chez 2 malades des phénomènes pulmonaires s'étaient déjà manilestés dans l’enfance. Les autres ont vu débuter les symptômes à l’âge adulte ; beaucoup d'entre elles ont des antécédents
héréditaires ; chez quelques-unes on ne retrouve pas dans
rt : ; de DT Er $ #i « y
l'interrogatoire, la mention. d'une tuberculose famili le
Cependant l’une de ces femmes présente une observa-
tion particulièrement intéressante. Fille de tuberculeux et
sœur de tuberculeux, se livrant à la prostitution depuis
environ huit ans, elle contracte la syphilis il y a trois ans
et demie et subit un premier traitement à Saint-Lazare. Internée dans une maison de correction pendant trois ans peu de temps après, elle n’a, prétend-elle, subi aucun traitement spécifique pendant ce laps de temps. Gest dès le début de son internement, malgré une affection laryngéedatant de l’âge de quinze ans, que les symptômes fonctionnels ont acquis une importance qui atüre son attention. Au bout d'un an et demi d'incarcération l'amaigrissement est notable, les sueurs vespérales et une fièvre légère presque quotidiennes, et au printemps de 1907 elle a une hémoptysie.
L'absence de traitement spécifique chez une syphilitique jeune, son internement dans des conditions certainement peu favorables à la cicatrisation de tubercules pulmonaires, le fait surtout de l’aggravation du tableau. symptomatologique coïncidant avec le début. de la syphilis, n'y a t-il pas là un ensemble de phénomènes auxquels il faille s'arrêter un moment etqui montrent combien cette maladie a dù jouer un rôle néfaste dans l’aggravation de la tuberculose ?
Et cependant, si nous trouvons chez cette malade un ensemble symptomaliqne sérieux, au point de vue tuberculose, nous constatons que la maladie est restée canton-
née à un seul poumon. De même, sa syphilis, en pleine
| période secondaire, ne- re pas ‘actuellement de manifes-
tations graves. . é RARE
Nous n'avons du reste, ‘chez ie malades que nous avons
Re . constaté que rarement des syptômes fonction- à
nels importants. Six d'entre elles se sont plaintes de tousser, quelques- -unes d'une façon régulière tous les matins ou la nuit, la plupart ont des périodes de rhume en hiver, mais pas de toux continuelle, Très peu d'entre elles ont constaté un amaigrissement ou n’y ont accordé aucune ‘importance, étant donné le genre de vie qu'elles mènent : chez cinq d'entre elles, un interrogatoire serré a pu cependant révéler soit un mouvement fébrile vespéral soit des sueurs nocturnes quelquefois abondantes.
Et cependant, si dans la grande majorité des cas, 20 sur 25, la tuberculose était unilatérale chez les autres, les deux sommets étaient touchés.
D'autre part, bien que 13 d’entre elles ne soient qu'au stade de germination, les 7 malades plus sérieusement atteintes ou les 4 malades dont l’auscultation révèle des signes de ramollissement n'ont pas semblé avoir jusque là considéré leur mal comme important. Et cependant chez 2 d’entre elles, arrivées à une période assez avancée pour constituer un danger pour leurs voisins ou pour ceux qui les approchent, et même être sérieusement compromises dans leur santé personnelle, nous avons trouvé des bacilles de Koch, et une fois la malade portait une lésion tuberculeuse des organes génilaux externes.
Ce sont donc des tuberculoses, sinon ignorées, du moins négligées, progressant plus ou moins rapidement, aidées
dans leur marche par les conditions de vie, d'aération ou
quelles on ne ue cru se Ces des en géné- Le ral ne se soignant que lorsqu'elles y sont obligées.
Coexistence de la syphilis et de la tuberculose
Dans la plupart des cas, la syphilis complique le tableau.
Dans 17 cas, la tuberculose se compliquait de syphilis,
‘à cependant l’ordre de succession n'a pas toujours été le F7. à si même. ; 4
de Tandis qué dans 10 observations les manifestations pul- : A É À monaires, les antécédents personnels datant de l'enfance des FREE
malades nous font admettre comme démontrée la priorité de l’existence de la tuberculose. trois cas sont restés douteux | \ (obs. XVII, XXXI et XXXIV), les malades, avec peu ou pas d’antécédents personnels ou héréditaires, et aucun s symptôme fonctionnel, ayant présenté des symptômes de germination avec une syphilis datant de quelques mois. Début par syphilis. — Dans les autres observations, la syphilis est certainement la première en date mais comment la tuberculose s’est-elle implantée sur cet organisme ? Dans l'observation XV, il semble bien que la malade soit surtout sous l'influence d'un état de dépression dû à la syphilis commençante. Elle a eu un accident primaire sérieux, long à guérir. Et cependant son sommet est resté suspect de tuberculose malgré une légère amélioration, après deux séries d'un traitement intensif. Est-ce le grand
branle-bas seulement ? Est-ce, sous son influence, la tuber-
culose qui s installe 3 Toujours est ce la symptomato- fie logie de Grancher est pose.
Une autre (n° XII) a des antécédents tuberculeux dans sa | famille. Un enfant est mort de méningite il ya dix-neuf mois,
deux frères sont morts tuberculeux. Elle est syphilitique
depuis un an, a fait déjà deux séjours à Saint-Lazare, mais HE # ne HET que depuis six mois. Elle nani toux, ni sueur, F mais un sommet droit nettement déjà atteint au premier degré. C'est une tuberculeuse dont la maladie remonte sa tout au moins à la période correspondant au début de sa , Hi ie - syphilis. Elle a donc tout naturellement une marche accé- | a lérée. | A LES La malade du n° XXV, a eu une syphilis longue à soi- ÿ 5 Re gner au début. Syphilitique en février 1905, elle refait un : second séjour qui dure de août 1905, à avril 1906 ; les né manifestations muqueuses ou cutanées furent nombreuses 4 et rebelles au traitement. Pas de bacillose dans sa | | famille ; et cependant elle a elle aussi des symptômes \ de premier degré. Ce n’est que depuis deux mois, cependant, qu'elle a remarqué l’amaigrissement, qui au dire des personnes du service l'ayant déjà vue, est fort notable, et elle se plaint à nous de transpirations et de dyspnée d'effort, | La malade de l'observation X, syphilitique depuis septembre 1907, sans antécédents héréditaires ou personnels nettement tuberculeux, fait remonter ses symptômes pulmonaires à décembre de la même année. Elle a fait, à ce moment, une période assez longue de détention correctionnelle, les symptômes ont progressé rapidement et elle est
Le
en ce moment en plein 2° degré.
Klein A
Enfin la lale n° XXI rentre dans les cas que n nous ie
ont appris Potain. et Barthélemy.
Une laryngite datant de quelques semaines après le début de la syphilis l’a beaucoup fatiguée. Elle a des : Hs |Sueurs, tousse étant couchée et présente des symptômes de germination. Sa syphilis n'est du reste vieille que de dix mois. Elle à un frère mort poitrinaire.
Sauf chez la malade du n° XV, aucune d'elles n’a eu d’a-
mélioration symptomatique locale notabie, à la suite du
w traitement mercuriel. Cependant ce traitement, quoique 74 Fa 1 Q L Fr 0 Q 7 va r . TA > £ intensif,n’a donné aucune complication de l'état général qui +
pi était plutôt amélioré, ni de phénomènes d’intolérance.
A Chez deux malades douteuses (obs. XVII et XXXD), chez
qui nous trouvons, avec une syphilis de quatre mois, des
Æ symptômes soit d’adénopathie trachéo-bronchique sans aucun symptôme fonctionnel(obs. XXXI),soit une légère dimi-nution du sommet gauche (obs. XVIL), le traitement ayant cependant semblé donner une légère amélioration, il pour- +
rait se faire que la syphilis seule soit en cause.
Au contraire, chez la malade de l'observation XXXIV, les symptômes pulmonaires sont restés nels, elle a des antécédents héréditaires tuberculeux. Le seul doute qui subsiste repose sur la date de début de chacune des deux ma- ; ladies.
En général, le traitement na pas donné, même aux tuberculeuses avérées, le « coup de fouet », dont le mercure à été si souvent rendu responsable.
Début par tuberculose. — Bien plus souvent, chez ces
malheureuses la tuberculose était déjà installée lorsque la
variable. g" L
Dans la grande a de cas, les malades avaient Me
présenté, dès l'enfance, des accidents cutanés (obs. XXVD, ouosseux (obs.VII et IX),ou ganglionnaires St HEIV, VE XXVI). | \ D'autres ont eu dès l’âge de deux ou trois ans des bronchites à répétition {obs.IV et V).Enfin,bien qu'ayant débuté à l'âge adulte, trois femmes étaient tuberculeuses depuis environ trois à quatre ans, ou tout au moins toussaient l'hiver, depuis cette époque (obs. I, IE, IL). TS Cependant chez la plupart d’entre elles, les manifestations pulmonaires restent longtemps stationnaires, ne donnant lieu à aucun symptôme remarqué par la malade. Chez la première, malade cependant avant le début de sa syphilis, c'est depuis son début qu’elle se porte plus mal. Une autre tousse depuis quatre ans (obs. II) et a eu une syphilis qui a nécessité trois séjours à l'infirmerie en l’espace d’une année. Enfin tandis que quelques-unes, ayant des antécédents bacillaires datant de l'enfance, ne s’aperçoivent pour ainsi dire presque pas de leur tuberculose, si ce n'est depuis la contagion syphilitique qui a été le signal d’un état d’anémie plus marqué, il en est un certain nombre qui doivent à un état bacillaire préexistant une syphilis plus intense (obs. V, VII, IX) ou, quoique moins souvent, une tuberculose à marche accélérée par la syphilis (obs. IT, VI) en même temps qu'une syphilis à accidents récidivant plus facilement.
Ce qu'il y a de certain, c’est que l'association de ces
syphilis fit son apparition: et céla depuis un temps très
NE: RTE : D LurE & pre] à *
__ deux maladies semble bien créer un, état pathologique TR |
spécial, que surtout les syphilis survenant chez des tu-
__ berculeux paraissent généralement dans ce milieu de
Saint-Lazare être plus difficiles à guérir que celles des malades de même milieu non suspectes d’être contaminées par le bacille de Koch.
En pouvons-nous tirer une conclusion ? Dans la grande majorité des cas il ne semble pas que la tuberculose, même lorsqu'elle sommeillait depuis longtemps dans un organisme prédisposé, s'aggrave du fait de la syphilis. Nous n'en voulons comme preuve que la proportion des malades qui ont présenté à notre examen des symptômes d’auscultation positive, sans que, si nous ne l’avions recherchée, la tuberculose eùt été soupçonnée, étant donné l'absence ou le peu de retentissement des symptômes fonctionnels. |
Bien au contraire, il semble que sur un organisme déjà débilité par la tuberculose, la syphilis augmente sa virulence et donne lieu à un ensemble symptomatique plus retentissant ou à récidives plus fréquentes. D'un autre côté chez les syphilitiques jeunes au début de leur maladie la tuberculose commençante semble prendre une allure plus accélérée vers des lésions sérieuses. Cependant, l’ensemble de nos observations n'a porté que sur un nombre trop restreint de malades et pendant un espace de temps très limité. Nous ne voulons du reste pas borner là nos efforts et nous nous proposons de continuer ces recherches si instructives au point de vue médical, comme au point de vue social.
De plus, comme nous le montrions et l’expliquions, si
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