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Poumons. — Respiration faible et saccadée au sommet droit et en avant; en arrière, quelques râles secs et fins au niveau de la zone sus-épineuse gauche; à droite, résistance au doigt au niveau de la fosse sus épineuse, submatité dans toute l’étendue du poumon (côté de l’ancienne pleurésie); nombreux râles secs et fins, aux deux temps de la respiration au sommet et à la base, frottements à la base. On ne peut rechercher les vibrations vu la dysphonie du malade. Toux fréquente, non douloureuse; expectoration mucopurulente peu abondante; les crachats sont pauvres en microbes pyogènes, mais ils fowrmillent de bacilles de Koch.
L'’épididyme gauche pris dans toute son étendue forme une grosse masse indurée embrassant à la façon d’un croissant tout le bord inférieur et postérieur du testicule ; une large fistule laisse écouler un liquide séro-purulent (pas de bacilles); prostate tuberculeuse. Le pus venant de l’oreille ne renferme pas de bacilles, il est riche en microbes pyogènes.
Rien au cœur ; urines normales. Le système digestif est en bo, état, pas de diarrhée. Le malade très amélioré quitte l’Hôtel- Dieu fin janvier 1894 pour aller dans le service des convalescents où il est suivi par le D' Roque.
Il continue à avoir un excellent état général sans fièvre. Il rentre pour quelques jours dans la clinique de M. Bondet, en juillet 1894, exactement dans le même état, quant aux lésions et quant à l’état général.
En résumé, on setrouve en présence d’un malade présentant des symptômes pulmonaires depuis treize ans, atteint certainement de tuberculose depuis quatre ou cinq ans et spécialement de tuberculose laryngée depuis plus de deux ans, les crachats fourmillent de bacilles. Cependant la marche de l'affection est lente, l’apyrexie complète, l'état général demeure excellent.
On remarquera la bénignité vraiment extraordinaire de la lésion laryngée qui, d'ordinaire, emporte le malade en
CRT peu de mois ; on remarquera également la coexistence de lésions tuberculeuses du sternum, du testicule et de la langue. Il y a, en somme, contraste absolu entre l’abondance des lésions et la marche bénigne de l’affection ; l'état général est resté éminemment satisfaisant.
EXPÉRIENCES
Expérience III (Série I). — Les crachats contenant beaucoup de bacilles sont inoculés le 22 décembre 1898, sous la peau de la cuisse droite, à deux lapins et deux cobayes.
Les cobayes présentent, vers le dixième jour, les ganglions caractéristiques ; ils sont sacrifiés en bonne santé deux mois après inoculation.
Autopsie I. — Petite masse indurée à centre caséeux, au point d’inoculation, pas de véritable abcès ni de sphacéle; ganglions inguinaux et cruraux volumineux et caséeux, petit ganglion lompaire caséeux des deux côtés, ganglion rétro-hépatique tuberculeux, rate dure, très grosse (8 grammes), absolument farcie de tubercules très fins, foie également farci de tubercules (48 grammes). Les deux poumons sont parsemés de très nombreuses granulations grises du sommet à la base ; péritoine également parsemé de granulations tuberculeuses ; une dizaine de gros ganglions mésentériques caséeux.
Autopsie II. — Absolument classique, abcès local fai ble, superbes ganglions inguinaux, cruraux caséeux, du coté droit, ganglions lombaire droit et rétro-hépatique
HO caséeux, rate et foie très tuberculeux, poumons parsemés de tubercules.
Les deux lapins sont sacrifiés au terme habituel (2 mois); l’un présente un petit abcès local au point d’inoculation, tous deux possedent un embonpoint considérable (graisse autour de tous les viscères), matières moulées dans l'intestin, estomac en bon état, viscères abdominaux absolument sains. Les poumons, examinés avec le plus grand soin, ne présentent ni à la vue ni au toucher la moindre trace de tuberculose.
Expérience IV (série IT). — Deux lapins et deux cobayes sont inoculés sous la peau de la cuisse droite, le 22 février 1894, avec la pulpe du foie d’un des cobayes de la première série.
Ces deux lapins et un cobaye meurent d’abcès et on inocule par le procédé habituel deux nouveaux lapins avec les pièces très riches en bacilles de ce cobaye qui avait succombé un mois après inoculation (22 mars 1894).
Le cobaye survivant avait présenté vers le dixième jour les ganglions caractéristiques — il est sacrifié en bonne santé au bout de deux mois :
Autopsie absolument classique. Abces local. Ganglions inguinaux, cruraux, lombaire du côté inoculé, rétro-hépatique, caséeux. Rate et foie farcis de tubercules; dans les poumons, les tubercules disséminés paraissent moins confluents que chez les cobayes de la première série. Les deux lapins sacrifiés soixante Jours après Inoculation, ne présentent aucune trace de tuberculose,
Expérience V (Série III). — Les pieces provenant du dernier cobaye de la deuxième série servent à inoculer
se sous la peau de la cuisse droite le 22 avril 1894, deux lapins et deux cobayes.
Un cobaye meurt vingt jours après inoculation avec les ganglions classiques. On trouve, à l’autopsie, traces très légères de tuberculose. Rien localement. Ganglions eruraux et inguinaux caséeux et moyennement gros. Ganglion lombaire tuberculeux. Le pus qu’ils renferment contient une quantité moyenne de bacilles. Rien aux poumons.
Le deuxième cobaye présente vers le huitième jour les ganglions caractéristiques du côté inoculé, on le sacrifie le 11 juillet. Autopsie absolument classique. Abcès caséeux local, énormes ganglions inguinaux et cruraux du côté inoculé, énorme ganglion lombaire droit, caséeux, gros ganglion rétro-hépatique, le pus de ces ganglions est moyennement riche en bacilles, rate grosse, hérissée de volumineux tubercules séparés par des bandes de tissu sain en apparence; quelques tubercules gris dans les deux poumons.
Des deux lapins, l’un meurt d’abcès trente -quatre jours après inoculation, pas de tuberculose ; le second, sacrifié au bout de deux mois est également indemne de tuberculose.
Expérience VI, (série IV). — Jusque-là les animaux en expérience avaient été sacrifiés deux mois après inoculation. Dans une quatrième expérience, ils sont laissés à eux-mêmes, on attendra qu'ils meurent. Les lésions tuberculeuses du cobaye de la troisième série servent donc à inoculer dans le tissu sous-cutané de la cuisse droite, douze cobayes le 11 juillet 1894.
Le 21 novembre 1894 ; des douze cobayes huit sont morts, et leur autopsie a révélé une tuberculose classique, quatre seulement survivent, l’état de leurs ganglions per-
met d'affirmer qu’ils sont tous en possession de tuberculose.
Comme on le voit, la marche de la tuberculose a été
bien lente chez ces cobayes, puisque, plus de quatre mois
après inoculation, quatre d’entre eux sont encore vivants.
On peut synthétiser les quatre expériences de l’observation II dans Le tableau suivant :