COMMENT DEVRAIT SE FAIRE LA. DÉCLARATION OBLIGATOIRE SES CONSEQUENCES
Déux questions se pos “ent d’abord:
1° A qui et par qui doit être faite 36 da 20 À quels cas doit elle s'appliquer?
Pour éviter les ennuis aux praticiens, certains auteurs -out demandé que la déclaration soit faite par la famille et ont proposé des sanctions pour punir la négligence ou la mauvaise volonté. En cas de non déclaration, le médeein serait done obligé de dénoncer son chent, rôle bien épineux et bien peu digne. Adopter ce procédé, ce serait avoir l’air de reculer devant la responsabilité à enCOurir. Le médecin traitant est certainement la personne la plus qualifiée pour faire Ja déclaration, C’est à lui que revient, et l’honneur est grand, le premier geste destiné à défendre la société. Ainsi en décide la loi et c’est justice. En outre 3l pourra, le cas échéant, spécifier que toutes les
mesures sont prises et éviter aux autorités publiques d'intervenir.
La déclaration devra être remise entre les mains du médecin sanitaire départemental qui surveillera le tuber- -culeux et qui ne déclanchera les mesures sanitaires que en
as de nécessité.
Ce fonctionnaire ne faisant pas de chentèle sera audessus de tout soupcon. Se Re
La loi ne prévoit la déclaration obligatoire que pour Jes tubereuloses pulmonaires ouvertes, c’est-à-dire dans les seuls cas où le bacille de Koch aura pu être mis en évidence dans les erachats, Est-ce suffisant? Convient-il au contraire de déclarer toute tuberculose? Il est évident que plus la déclaration sera précoce, plus elle sera efficace et que, d'autre part, il ne faut la faire qu avec des certitudes cliniques pour éviter autant que pos ssible toute erreur de diagnostic.
: Si on exige la présence du bacille dans l’expectoration, on va laisser de côté un grand nombre de malades: 1° ceux : dont la tuberculose fermée est pourtant grave: 9 les poussées congestives du début où les bacilles dans les crachats sont rares et même inconstants; 3° la plus grandé partie de la tuberculose infantile; 4° les tuberculoses chirurgicales suppurées ouvertes qui, bien que généralement peu bacillifères, peuvent être contagieuses.
Aussi adoptons-nous les conclusions de Sergent: € La déclaration est à faire largement, il faut y comprendre tout cas éliniquement tuberculeux, mais, par contré, cette déclaration, si compréhensive qu’elle soit, pourra entrainer deux conséquences différentes s: les non bacllifères seront seulement signalés pour être dirigés et soignés, les bacillifères seront seuls soumis aux dispositions légales ».
Il nous reste maintenant à étudier rapidement les mesures prophylactiques que suppose la déclaration si on veut en retirer les bons résultats attendus.
La déclaration faite, toute l’organisation antitubercujJeuse va se-mettreen mouvement. Elle comporte trois orvanismes principaux: les dispensaires, les sanatoria, les hôpitaux pour tuberculeux.
Les dispensaires sont avant tout des centres de triage,
et la première étape de la lutte antituberculeuse, c’est à eux que sera adressé le malade, et, suivant le cas, ce sont eux qui, par l’intermédiaire de leurs agents, se rendront au domicile du tuberculeux, et deux enquêtes seront menées parallèlement: enquête sociale qui renseigne sur la Situation de fortune, le nombre des enfants, l’hygiène du logis et la docilité du sujet; examen médical qui précisera la nature des lésions et leur gravité; examen de l’entourage pour s'assurer qu'il est indemne. |
Voilà donc le malade pourvu d’un dossier établi sur des renseignements exacts, sur des bases solides. Si le tuberculeux n’est pas ouvert, s’il se prête de bonne grâce au contrôle médical, il relève uniquement du disfensaire qui est à la fois organe d’éducation et instrument d’assistance et qui ne fait pas d’hospitalisation.
Par l'intermédiaire de ses visiteuses, il donne des conseils d’hygiène et de prophylaxie et veille à leur application dans la famille; il distribue avant tout et surtout, des erachoirs, mais aussi des lits, des chaises longues, des secours de loyer et de chômage, des bons de médicaments, d’aliments, ete.; il apprend à faire pénétrer l’air dans les appartements et, si possible, le soleil Il protège les enfants en obtenant des parents qu'ils soient éloignés du foyer familial contaminé et il les place dans un milieu indemne, soit séparément dans les familles (placement familial) soit collectivement dans des établissements spéclaux (placement collectif).
Ces précautions sont indispensables: une tuberculose fermée pouvant d’un moment à l’autre se transformer en tuberculose ouverte. Si le sujet est cracheur de bacilles, mais si les lésions ne sont pas trop avancées, s’il est encore permis d'espérer la guérison, si, d’autre part, le ma-
lade est susceptible d’être discipliné, on le dirige vers le sanatorium. Là ïl est soumis au traitement classique de la tuberculose pulmonaire: cure d’air, cure de repos, cure d’alimentation; là aussi et là surtout il doit faire son éducation de sorte que, revenu dans son milieu, il deviendra un véritable moniteur d’hygiène, il répandra autour de lui les principes de prophylaxie qui lui auront été inculqués, et ne fera courir aucun risque de contagion autour de lui. Fi re |
La cure au sanatorium devra être précoce, et sa durée sera établie suivant chaque cas particulier sur la rapidité de l’éducation antituberculeuse et les résultats thérapeutiques obtenus. Si le tuberculeux paraît exposé à des rechûtes en reprenant son ancien métier, il faudra le diriger sur une école de rééducation professionnelle, de préférence agricole, semblable à celles qui fonctionnent actuellement pour les réformés de guerre, par exemple celle de C'ampagne-les-Bains (Aude).
Reste l'hôpital. Il s’adresse à trois sortes de malades :
1° Ceux qui sont en poussée évolutive; 2° ceux qui ont besoin d’être observés un certain temps soit pour établir un diagnostic, soit pour prendre une décision; 3° les Cas graves et avancés qui ne peuvent plus être considérés comme curables. II recueille donc la catégorie de malades la plus dangereuse au point de vue de la dissémination de la maladie, et il doit, en conséquence, réaliser avant tout leur isolement. Si c’est un hôpital spécialisé, ne recevant que des tuberculeux, les malades seront isolés automatiquement du fait même de leur entrée dans la formation; si c’est un hôpital ordinaire, il faudra réaliser l’isolement par des salles spéciales, ou mieux, par des pavil-
Jons spéciaux.
La déclaration entraînera-t-elle forcément la désinfection de l’habitation? Non, car la tuberculose est une maladie chronique et la désinfection intermittente serait inefficace et vexatoire. Elle ne s’imposera que dans des Cas particuliers : décès, changement de domicile, départ du contagieux pour une formation sanitaire.
Surverllant le fonctionnement des dispensaires, des. Sanatoria, des hôpitaux pour tuberculeux, se désinfections et délivrant les certificats de salubrité, trouve le médecin sanitaire départemental. I reçoit . déclarations, s’efforce de Servir de intermédiaire entre les malades ét les œuvres diverses qui peuvent leur venir en aide, et coordonne tous les efforts tendant vers le même but.
Tels sont les moyens directs dont nous disposons pour combattre la tuberculose et qui ne seront rendus efficaces que par Îa déclaration.
Il faudrait encore étudier l'hygiène individuelle, l’hygiène alimentaire, la lutte contre lPalcoolisme, contre le tandis, moyens indirects de grande valeur, mais ces questions sont trop vastes et elles sortent du programme que nous nous sommes tracé. |
re CONCLUSIONS
L -— La déclaration obligatoire de la tuberculose est une mesure nécessaire parce qu'elle permet de dépister la analadie, de protéger les sujets sains, de traiter et guérir ‘les malades, de grouper, de coordonner tous nos moyens d'attaque et de défense contre le fléau bacillaire.
FT. — La déclaration obligatoire est une mesure réalisable dès maintenant parce qu’elle ne porte pas attemte à la dignité médicale, parce que les préjugés contre la tuberculose s’évanouissent rapidement et qu’elle aidera à leur disparition, parce que le malade aura tôt fait de com- -prendre qu’elle est instituée dans son intérêt et celui des siens. |
© III — La déclaration obligatoire est insuffisante à elle seule. Elle doit être accompagnée nécessairement de mesures d'assistance aux malades et à leur famille, de dis- pensaires, de sanatoria, d’hôpitaux spéciaux.
Elle suppose toute une organisation de la lutte antituberculeuse dont elle est la condition permière et la base
indispensable.