LIBAAIRES DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE
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TUBERCULOSE A^RTÉBRALE
SOMMAIRE
Introduction. — Historique yéncruL — Jiislificalion du nom delà maladie. Polt décrit la paraplépio du mal vertrbral l't gutînt ce mal par remploi des cautères. David (de Houon) propose le traitement par le repos. (îibbosilé, dépôts aux aines et phymata mentionnés dans llippocrate. Séverin décrit les tubercules vertébraux ; Wcdel, les paralysies ; Le Dran, los collections de pus. Dolpecli, Nicliet, Nélalon, appliquent à la tuberrulose du rachis la doctrine de Bayle et do Laennec sur la luberculose pulmonaire. Louis, Ollivier (d'Angers), Cbarcot et l'école de la Salpétrière étudiont les altérations méningées et médullaires; TCirck et Boucbard, les déjL'énéraiions secondaires.
Divisions du sujet, — La luberculose verlébrale comprend : le mal de Pott proprement dit ou mal vertébral antéiieur, le mal vertébral postérieur, le mai sous-occipital, la tuberculose saoro-iliaque ou sacro-coxalgie tuberculeuse, enfin la luberculose sacrée et sacro-coccygienne.
Anatomie PATHor.oGiouK du mal de Polt.
Tuberculose des corps vcrt*^br<ntx, — Aspect général du corps ; foyei*s tuberculeux multiples, viscéraux et exlt^nes.
Lésiom du rnckis, — Il en existe ileux variétés : altérations profondes avec coupure du racbis, altérations superlicielles ou carie tuberculeuse.
Altérations profondes. — Description du foyer osseux, son étendue, ses limites; foyers multiples.
Inflexion du rttchis, — Anule rentrant sur la face antéiieure du racbis. Inflexion du tronçon supéiieur<lansle plan médian. Le tronron supérieur se creuse quelquefois une gouttière sur l'inférieur.
Gibbositr. — Elle est postéritîuro, médiane et souvent angulaire; ce dernier caractère surtout est inconslanl. Gin»! variétés principales do gihbosité.
Mécanisme de l^ inflexion vcrtèbndv. — Pesanteur, contracture musculaire.
Déformations secondaires. — Courbures de compensation du racijis audessus et au-dessous de la gibbosity. — Thorax globuleux ou aplati. — Bassin cyphotique symétrique ou quelquefois asymétrique.
Alté$*alions du canal vertébral et des trom de conjwjaison. — Ces organes no sont pas rétrécis ordinairement.
Lésions tuberculeuses des vertèbres.
Forme enkystée, — Description de Delpeçh et de Néialon. L.»s masses tul)ercuk*u:>es ont leur point de départ dans une granulation, dont révolution j»ar ramollissement central et accroissement périphérique conduit à la caverne ossuese. Description de la caverne.
Forme infiltrée. — Indiciuée par Nichet, décrite par Nélaton. Étals divers : infiltration lie de vin, élal graisseux. Début de riniilhation par la tachf» grise de Nélaton. Nature tubercul«»uso do celte tache. C'esl une néoplasie peu vasculaire. Éburnation : formation du séquestre d'uiHlt ration.
Altérations superficielles. — Elles sont en surcroît ou indépendantes des altérations prol\)ndes.
Carie ou oatéo-périoUitc tubercidru.st: muprrficidle. — Son histoire varie selon les doctrines régnantes : Doctrines humorales (A. Paré); c'est une iiitlammation simple (Gerdy, Malgaigne, Nélaton, Gosselin); elle consiste dans une dégénérescence graisseuse des osléoplastes(Volkmainij ; ce «lernier élal est primitif (Uanvier}, secondaire (Ollier) ; analogie d«î la «•arii.' avec le tubei-cule (Ollier). Démonstration de la nature tuberculeuso des fongosités, et par suite de la carie. Processus histologitiue de la carie, intlltration lente, raréfaction, développement de fongosités, séquestres.
Polyarthrite vertébrale. — Elle est toujours secondaire et consécutive à une lésion de l'os. Aucun fait ne démontre qu'elle soit primitive.
Réparation des lésions osseuses. — Mécanisme de la guérison des ulcérations, des petites cavernes, des grands foyers. Modifications et transformations du contenu : kystes sén^ix, consolidation Ilhrense, osseuse : cal périphérique et intermédiaire. Persistance d'amas de matière tul)erculeuse au milieu du foyer après la guérison, dans les cavernes : explication tics rechutes.
Ductrinrs anciennes sur la tubrrculn^ie des os. — Les ph\ mata d'IIi[4)0crat(î sont des tubercules. Doctrines humorales des Arabes ; le mal verlébral est un spina ventosa (Guy de Chauliac). Doctrine de Hayle et de Laennec; travaux de Delpech, Paletta, Nichet, Nélaton. Doctrine dualiste de Reinhardt et de Virchow. Retour à la doctrine de Havie et de Laennec.
HISTORIQUE (lÉNÉRAL
Deux formes d'altérations pathologiques du rachis, en apparence assez distinctes pour lavoir été décrites isolément jusqu'ici, le tubercule et la carie des vertèbres, sont désignées depuis cent ans sous le nom générique de mal de Pott. Le chirurgien anglais à qui la postérité a rendu cet hommage n'a pas cependant découvert , ni même décrit d'une manière complète la maladie vertébrale. Mais dans ses deux mémoires, publiés successivement en 1779 et en 1783 \ Percival Pott a magistralement tracé le tableau clinique des troubles nerveux qu'on y observe communément. Il a montré plus nettement qu'on ne Tavait fait avant lui les rapports de la paralysie et des abcès par congestion avec les lésions du rachis et la gibbosité. Enfin, mérite plus important et suffisant k lui seul pour légitimer ropinion des chirurgiens, Pott croyait posséder le moyen d'obtenir la cure des paralysies, crempùcher cet accidentde so produire, lorsqu'on traitait les malades par les cautères dès le début, et même de corriger en partie les difformités existantes.
Bien certainement les faits ayant servi d'appui à une doctrine acceptée avec un empressement enthousiaste pendant près d'un siècle étaient exacts en eux-mêmes ; mais leur interprétation était pour le moins discutable, sinon erronée. Déjà, en Angle-
1. Percival Pott, Œuvres chirurgicales. Traduit de Tauglais par M*, docteur en médociue, t. 111, publié eu 1792. — Preniier ini'moire. Remarque sur cette espèce de paralysie qui accompagne souvent une courhure de l'épine et qui est supposée en dépendre, avec la manière de la traiter; publié en 1779, traduit en 1792. — Deuxième mémoire. Nouvelles reuïarquea sur l'état d'inutilité des membres inférieurs qui accompagne une courbure de l'épine; publié en 1783, traduit en 1792.
lerrc, les élfeves et les contemporains de Polt mellaienl en stH cion l'efficacité des cautères. Mais on iloit surloul rappelei^ le nom d'un modeste praticien de Rouen , François Davl qui, à l'époque de P. Polt, faisait ressortir les bienfaits; repos et du décuLitus horizontal, ainsi que leur aétion cura( sur les accidents du mal vertébral. Or les malades de P étaient aussi tenus au lit, et c'est au repos qu'ils devaient réalité leur guérîson. 11 serait superflu à l'heure actuelle de b' rêter plus longuement sur ce point.
Avant 1780, le mal vertébral n'était pas, il s'en faut, s afîoction ignorée. Bans le paragraphe 42 du livre dos Articu liofis, Ilippocrale non seulement désigne et décrit sous le m de phymata les tubercules enkystés des os, tels que nous les tx naissons; mais il montre les rapports de la gibbosité sus-di phragmalique avec la déformation et l'étroitesse du thorax, ce de la gibbosité sous-diapbragma tique avec certaines lésifl des reins et de la vessie, avec les dr'pôls aux aines; il indiq encore la coïncidence fréquente des phymata dans les po mons, la petite taille de ceux qui portent la gibbosité, le p de chance qu'ils ont d'atteindre l'âge de soixante ans et, d'u manière générale, la gravité du pronostic : tout cela est in pire par l'observation. Les mêmes notions, plus ou moins ol curcies et défigurées par les diverses doctrines médicales, retrouvent dans tous les livres anciens depuis Galien' jusqi nos vieux chirurgiens, fiuy de Chauliac' et Ambroise Paré Partout se retrouve la description de la gibbosité de cause i terne, mais peu de chose est ajouté à ce qu'avait dit Ilippocral
Au xvii° siècle, Séverin ° décrit longuement les tubercules d
1. F. Da\iô, Sur !cs fffets du Mouiieiiienl et lia repo! en chirurgie, 1179.
2. GalitQ, llippocralis de arliculis liber et Galieni in eum commentarius lerli édiEinu di^ Kllho, t. XVIIl, pan I, p. 192.
3. Guy de Chauliac, la Grande Chiruryiâ du maislre Guy de Chauliac. Trad. Siman ïliugélouseaux, 1612.
. i. A. Parf, fdil. de Slalgaigac, tSiO, IÎt. XIV, cliap, ivii, ft liv. 3
5. Sfïvoriu, Degilitis, valsia, carit, t/c, ca|i, ïïiii, IC32.
terre, les élèves et les contemporains de Pott mettaient en suspicion refficacité des cautères. Mais on doit surtout rappeler ici le nom d'un modeste praticien de Rouen, François David*, qui, à Tépoque de P. Pott, faisait ressortir les bienfaits du repos et du décubilus horizontal, ainsi que leur action curalivc sur les accidents du mal vertébral. Or les malades de Polt étaient aussi tenus au lit, et c'est au repos qu'ils devaient en réalité leur guérison. 11 serait superflu àTheure actuelle de s'arrêter plus longuement sur ce point.
Avant 1780, le mal vertébral n'était pas, il s'en faut, une afl^ection ignorée. Dans le paragraphe 42 du livre des Articuhlions, Ilippocrate non seulement désigne et décrit sous le nom de ph} mata les tubercules enkystés des os, tels que nous les connaissons; mais il montre les rapports de la gibbosité sus-diaphragmatique avec la déformation et Tétroitesse du thorax, c<'ux de la gibbosité sous-diaphragmatique avec certaines lésions des reins et de la vessie, avec les depuis aux aines; il indique encore la coïncidence fréquente des phymata dans les poumons, la petite taille de ceux qui portent la gibbosité, le peu de chance qu'ils ont d'atteindre l'i^go de soixante ans et, d'une manière générale, la gravité du pronostic : tout cela est inspiré par l'observation. Les mêmes notions, plus ou moins obscurcies et défigurées par les diverses doctrines médicales, s(^ retrouvent dans tous les livres anciens depuis Galien * jusqu'à nos vieux chirurgiens, Guy de Chauliac' et Ambroise Paré ^ Partout se retrouve la description de la gibbosité de cause interne, mais peu de chose est ajouté à ce qu'avait dit Ilippocrate.
Au xvu*' siècle, Séverin" décrit longuement les tubercules des
1. F. David, Sur les e/feh du mouvement et du repos en chirurgie, 1779.
2. Galion, lUpporratis de arficuNa liher et Galieni in cum commentarius terlius, édition de Kiihn, t. XVHI, pars ï, p. t92.
3. Guy de Cliaiiliao, la Grande Chirun/ie de maislre Guy de Chauliac, Trad. de Simon Miiigrlousoaux, 1672.
. \, A. PanS édlt. de Mal^aigne, 1840, liv. XIV, chap. xvn, et liv. XV, chap. xvni.