‹ Tuberculose vertebraleChapitre 24 sur 76 · Boycr, loco cit, t. UI, p · texte numérisé non relu

Boycr, loco cit, t. UI, p

2, E. Gaucher, BulL de la Soc, anat., 1878, t. LU, p. 117.

INFECTION GANGUONNAIRE

Lorsqu'on dissèque avec soin la région correspondant à l'angle rentrant de la déviation rachidienne et aux abcès tu^

I . — Mal de Poil dorao- lombaire. Abcèi symplomaUque >iec nombreux gsnglloo* le long de» tBlsieaui. (Voir ob«. XVI, p. 370.)

lymplMiliqaw dlMéminé* k •> lurbee el

berculeux, i! est fréquent, pour ne pas dire constant, de découvrir un certain nombre de ganglions altérés, quelquefois toute une cbalne continue qui s'étend plus ou moins loin. La 6gure 11 en représente un exemple remarquable. Dans ce cas de mal de Pott lombaire, compliqué d'un vaste abcès froid qui

s'étend de la lésion vertébrale à Tarcade de Fallope, et qui remplit une bonne partie de la fosse iliaque gauche, on aperçoit, sur le trajet de Tarière iliaque et plus haut de l'aorte, une série de gangfions engorgés» peu volumineux inférieurement, plus gros à la partie supérieure. Ce point d'anatomie pathologique n'est pas spécial au mal de Pott, et j'ai depuis longtemps signalé l'infection ganglionnaire en rapport avec lés collections tuberculeuses de toutes sortes : abcès tuberculeux des parties molles, abcès ossifluents, arthrites tuberculeuses. La propagation s'étend en passant d'un ganglion à l'autre, et en suivant, sans aucun doute, les canaux lymphatiques. L'examen des ganglions engorgés démontre qu'ils renferment des éléments tuberculeux à divers degrés de développement : petits noyaux isolés ou conglomérés, masses caséifiées plus volumineuses. H peut arriver qu'ils se ramollissent et forment de véritables abcès tuberculeux ganglionnaires. Les ganglions tuberculisés sont parfois le point de départ d'une nouvelle étape d'infection pour les groupes ganglionnaires voisins ou plus ou moins éloignés. ( r. fig. H, p. 93.) Quelquefois aussi l'infection suit une voie dififérente : de proche en proche, les tissus adjacents présentent des granulations disséminées de plus en plus rares à mesure qu'on s'éloigne du foyer primitif. Le système lymphatique n'est, en résumé, que Tune des voies suivies par l'agent infectieux dans sa généralisation. Il n'est pas besoin d'insister longtemps sur ce sujet, pour montrer qu'il ne s'agit pas là d'un fait particulier au mal de Pott, mais d'une propriété générale liée à l'affection tuberculeuse. On sait, en effet, que les tubercules pulmonaires sont accompagnés d'infiltration des ganglions trachéo-bronchiques, la tuberculose intestinale de gonflement et de dégénérescence casécuse des ganglions mésentériques. Virchow * signale brièvement cette invasion ganglionnaire dans les affections tuberculeuses, et ne doute pas qu'elle ne se produise « absolument

1. Virchow, Pathologie des tumeurs, trad. d'AroDssohu, t. UI, p. 166.

comme celle des ganglions axillaires dans le cancer du sein, cl

Fio. lî. — Mal de Polt dorso-lombalK. Abcèi tuberculeux n de l'aorle, pliMcmcnt de ce valiseau, dllalationaor tique au-desiusdc Oranulallon^ laberculeuses pleurales au loiilnage de> fo^Grl Inbert feclion, (Voir oli». XV, p. 360.)

celle des ganglions épigaslriques dans le cancer de l'eslomac ».

GRANULATIONS TUBERCULEUSES DISSÉMINÉES A UNE CERTAINE DISTANCE DU FOYER VERTÉBRAL OU DE SES PROLONGEMENTS DIRECTS.

On rencontre parfois un autre mode de dissémination des lésions tuberculeuses à partir du foyer principal. Il se fait sur un organe voisin, sur la plèvre, sur le péritoine, sur Tintestin, sur le poumon, un semis de granulations. Un remarquable exemple de ce fait est représenté dans ses traits principaux par la figure 11, p. 95, qui est d'ailleurs aussi destinée à montrer d'autres lésions importantes. Le corps de la douzième vertèbre a presque entièrement disparu ; celui de la première lombaire est aussi en partie détruit ; de là une cavité qui est le point de départ d'un abcès froid déjà volumineux, descendant vers la fosse iliaque sur le côté gauche du rachis. Cet abcès est rempli de matière caséeuse, et une paroi épaisse le circonscrit. En haut, la poche est en contact avec la plèvre, qu'elle soulève de chaque côté du rachis ; or, sur cette séreuse, on aperçoit un semis de granulations tuberculeuses très rapprochées dans le voisinage immédiat de l'abcès, de plus en plus rares à mesure qu'on s'en éloigne. Elles se présentent ici par petits groupes confluents, là elles sont au contraire isolées. Les poumons contiennent seulement quelques rares granulations. Cette observation montre avec évidence que l'inoculation se fait de proche en proche, et qu'elle a son origine dans le foyer infectieux du rachis.

Mais ce n'est pas là un fait isolé, et il est fréquent de voir les lésions tuberculeuses se répandre à distance, sans qu'on puisse déterminer la voie suivie. J'ai décrit et figuré ailleurs des cas du même genre *. On rencontre assez souvent chez les enfants porteurs d'une lésion tuberculeuse des os ou des par-

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