ALTÉRATIONS DES MÉNINGES : PACHYMÉNINGITE TUBERCULEUSE
Delpech s'exprime ainsi sur l'envahissement tuberculeux des méninges : « Lorsqu'on trouve des ulcérations de ces membranes dans le mal vertébral, elles n'ont probablement pas d'autre origine que le ramollissement des tubercules qu'elles renferment*. » Ollivier (d'Angers), à son tour, décrit ce qu'on appelle aujourd'hui la pachyméningite tuberculeuse et la myélite correspondante sur un sujet qui avait succombé avec une gibbosité dorsale et de la rigidité des membres inférieurs ; il trouve dans le canal vertébral les lésions suivantes : « La membrane * qui enveloppe le cordon rachidien était évidem-
1. Delpech, Traité des maladies réputées chirurgicales, t. III, p. 646.
2. Ollivier d'Angers, De la moelle épinière et de ses maladies, 1824, obs. LU,
ment épaissie au niveau de la gibbosité. Elle présentait, d€ms son épaisseur, plusieurs foyers remplis de matière tuberculeuse ramollie; un liquide purulent remplissait la partie inférieure de la cavité de la méninge et communiquait avec un abcès placé sous le faisceau ligamenteux antérieur, au niveau de la quatrième vertèbre lombaire (?). La moelle épinière dans le point correspondant à Tépaississement était désorganisée dans rétendue de deux pouces environ. Son volume était diminué de moitié, et cette sorte d'atrophie semblait due à la compression l]ue les membranes épaissies avaient opérée sur sa substance. » Le même auteur avait vu d'autres variétés *. « Quelquefois la matière tuberculeuse est comme infiltrée dans le tissu de la membrane (dure-mère); d'autres fois elle forme un noyau isolé, un tubercule, en un fiioi, qui a son enveloppe propre ; tantôt plusieurs tubercules paraissent s'être développés d'abord isolément, puis s'être confondus en une seule masse plus ou moins volumineuse et qui peut comprimer la moelle, d'autant plus que toujours les membranes sont alors épaissies, engorgées.... Ce qui prouve que cette dégénérescence des enveloppes de la moelle est alors dépendante de celle qui affecte le tissu osseux, c'est qu'on ne l'observe que dans le point correspondant à la carie. » Louis ^ avait vu également la compression, l'aplatissement, le ramollissement de la moelle par des tubercules ramollis, par des abcès froids, qu'il y eût ou non déviation du rachis. Les lésions médullaires, de même que les symptômes correspondants, se rattachaient à la propagation de la lésion tuberculeuse, et non à une compression osseuse. Nichet et Tavignot ont rapporté des faits du même genre. Les observations de GuU ajoutent peu de notions nouvelles '. Mais c'est surtout à l'école de la
j>. 361. — Les observations XIX, XX, XXI, XXII, donnent aussi des relations remarquables de lésions méningées.