Malgaigne, Traité des fractures et des luxations, t. II
2. Bouvier, Leçons cliniques sur les maladies de Vappareil locomoteur, p. 93.
les lusatixiis en avant sont de beaucoup les plus coaumine». Il faut d'ailleurs s'entonilre sur ce qoe doit ëlre en pareil cas k procéiit!» (le réduction. On ne saurait en ^ffel, pour une luialioa pathologique, employer des maoœuATes rapfiolanl la réductîn des lusalions traumatiques ; ces maiHPUVivs seraient dangereuses, à cause du voisinage du bu]be. et iauliles. à cause de 11 tendance de la luxation à se reproduire. Mais il y a loal avantage, lorsque la flexion de ' rie el la paralysie indiquent re\istcnco d'un déplacement l'atlas en avant, à placer le malade dans le décubilus horizontal sor un matelas résisIânL à pratiquer sur la t^te une extension modérée elconlinoe, e(i diminuer peu à pou l'épaisseur des oreillers, de manière que k redressement se fasse lentement et sponlanéroent pour ainsi dire. Quant aux manœuvres de pression sur la saillie postérieure de l'axis, elles sont inutiles et, à certains é^rds. dangereuses.
La question de la durée du traitemenl. qui se pose pour toutes les ostéo-arihrites tuberculeuses, reparaît ici. sua tpill soit possible de la fixer avec précision. Le traitement est tonjours long, et les précautions ne doivent pas être abandonnée parce qu'il s'est produit une amélioration telle qu'elle puisse faire croire à une guérison réeUe. Une guérison avec consolidation incomplète est elle-même un danger, en ce que, pe^ mettant aux sujets de reprendre leurs occupations habîtuelloi, elle les ex[>05e à un déplacement subit qui peut être moriet- J'en ai précédemment rapporté un exemple frappant, p. 31fi-
Obs. nu. — Mal sotis-offipilat. iferf pmr eam pr t ui « m de U troéil I
par un ah(èt tijmptomalîijvt.
Maria Bonnet, àpée île trois ans, entre à rbdptlaJ Trousseau, s Girald.^, n* li, le 30 décembre 1885.
Pas d'anl.^;édentâ tuberculeux dan? U bnûlle.
L'enfant a toujours i-té d une sanlê délkale. Elle n'a eu ni i ni ^anKli->Ds ençorg-r?, ni maux d'yeus.
L'sllJlude de la léfe s'est modifiée depuis âx Bois, et le douloureux au toucher.
Au moment de rentrée h Thopital, on reconnaît un mal de Pott
cervical supérieur (sous-occipital'. La tête est immobile, maintenue
f->ar les musclés contractures, un peu renversée en arrière, de telle
S5 0rte que le sillon de la nuque est très profond et que la lôte semble
M-entrée entre les épaules. Les tentatives de redressement de la tète
l^rovoquent de la douleur; la région de la nuque est douloureuse à
la pression, mais on ne peut localiser exactement le point douloureux.
^.'exploration ne démontre pas Texistence d'une déformation de la
ciîolonne cervicale. La déglutition est normale. Pas de paraplégie ;
^^nnté générale assez bonne ; Tenfant mange bien; elle n*est nulle-
Mnent abattue.
La tête est immobilisée avec un appareil plâtré. Le 25 janvier, à cinq heures du soir, après avoir mangé comme d'ha- S)itude, Tenfant est prise d'un accès de sufTocation subit, et en quel- .^ues minutes la respiration s'arrête complètement. Presque aussitôt m3n pratique la trachéotomie et la respiration artificielle, mais sans .siucun résultat. La veille, Tenfant avait eu déjà un léger accès de suf- ^ocalion de peu de durée. La déglutition ni la respiration n'avaient -^té en rien troublées. La voix était toujours un peu rauque.
Autopsie, le 27 janvier 188(). — Les poumons sont congestionnés ^:omme dans Tasphyxie. L'encéphale et le bulbe sont sains. Foie un ^eu gras ; rate normale.
Altérations des 08. — Elles sont surtout localisées sur l'articulation *^eratlas avec Taxis, et principalement du côté gauche. On ne trouve plus trace de la surface articulaire de Tatlas; le cartilage est détruit eomplètenMnt, et la masse latérale de l'atlas a disparu en partie. La surface de l'axis a pu glisser en arrière dans une étendue considérable et il y a en réalité une subluxation en arrière et à gauche de la colonne cervicale sur l'atlas. Les liens d'union de l'axis et de l'atlas n'existent plus. En ce point, en outre, il existe un petit abcès provenant de Tarticulation détruite , qui remonte entre l'arc postérieure de l'atlas du côté droit et l'apophyse odontoïde, sans pénétrer dans le crâne. L'articulation de Tatlas avec l'axis du côté droit présente un certain degré d'arthrite simple et de ramollissement des ligaments ; son examen, comparé à celui de l'autre côté, montre une différence de hauteur entre la masse latérale droite et la gauche. La masse latérale gauche est diminuée de hauteur de plus des deux tiers. Cet état des os explique l'attitude de la tête pendant la vie.
De la lésion osseuse part un abcès symptomatique qui descend
SH OBSERVATIO?Î
derrière le pliarynx cl l'œsophage, et arrive dans le thorax, audevant tic ta colonne vertébrale; cet abcès s"arrôle au nivc. corps de la septième dorsale. 11 est placé, par conséquent , en araiil du corps des vertèbres des rt'gions cervicale et thoraciqiic. Dans k thorax, il se déreloppe en cul-de-sac, de manière è atteindre 1« gouttières latérales. 11 soulève en avant l'œsophage, la traciiée ette vaisseaux, déplaçant en partie ces organes; l'œsophage adhère ila paroi de l'abcès dans une étendue d'un pouce environ, et se confuiid avec celte paroi; ce qui veut dire que la lunique musculaire deToNtphage en fait déjà partie et se trouve envahie par les élément) Idberculeux. Dans celte étendue l'œsophage esl aplati et ne prêsenlt plus son calihre ordinaire. En outre, ce conduit est beaucoup plu) dévié A driMte à son entrée dans le thorax. La trachée est aplatit |tar la poche, surtout dans la région thorncique, où la poche se reaOc el où elle atteint le volume d'une petite orange. Cet aplatissement de la trachée résulte non seulement de ce que la poche la soult've, mais aussi de ce que cet organe se trouve compris dans la région du IhoraK entre deux tumeurs ; en elTet, en avant de la trachée et Hu nivi\iu dt? sa bifurcation, une grosse masse ganglionnaire caséeuscla comprime d'avant en arrière. Cette grosse masse conlouroe la trachée el va rejoindre ta poche précédente, k laquelle elle adhère; il en résulte que la trachée est comprise, en réalité, dans une oOfU mséeuse qui l'aplatissail d'avant en arriére, et cela expliqué !'»•■ phyxie. cause de la mort. La compression de la trachée était d'autant jvlus facile que. pnr suite du renversement de la tête en arrière, la colonne cervico-dorsale soulevait cet organe. La trachéotomie ne pouvait rien contre une pareille disposition.
Il existe encore des déviations des troncs vasculaircs ; la crosse de l'uorli" est refoulée à gauche ; le tronc artériel brachio-céphalique wt aussi d'-vié et remonlt' vers la région cervicale; l'incision de la Itachéoloiuie a failli l'atteindre; elle arrive à sa limite. La veine caveaupérieure pst a)>liitie. L'artère vertébrale a un lit aussi sur la poche, * laquelle elle adhère fortement. Kn résumé, celte pièce montr plicnomèru's de l'ulcération eompressive dans l'articulation atl axoidienne, et le nMe de la déformation articulaire et de la contra ture musculaire sur l'allitude. Entin, elle explique la mort par !< compression de la trachée; elle est encore intéressante par l'eu*tence d'un abcès dans le canal rachidien.
SOMMAIRE
1. — Tuberculose sacro-iliaque ou sacro-coxalgie tuberculeuse.
Historique, — Boyer et plus tard Erichsen décrivent cette affection en lui attribuant une origine scrofuleuse. J.-D. Larrey crée le nom de sacro-coxalgie. On ne tarde pas à réunir sous cette appellation des espèces morbides différentes par leur nature et leur pathogénie. Nous décrirons seulement la sacro-coxalgie tuberculeuse.
Anatomie pathologique. — Œdème des membres inférieurs. Trajets fistuleux au niveau de la région sacro-iliaque.
Cavité articulaire. — Altérations osseuses du sacrum et de l'os iliaque : ulcération, infiltration fongueuse, séquestres, hyperostose. L'ankylose est intermédiaire ou périphérique.
La tuberculose sacro-iliaque est consécutive au mal vertébral ou primitive : dans ce dernier cas, Taltération n'en a pas moins son origine dans le tissu osseux.
altération des ligaments; luxation pathologique.
altérations ganglionnaires.
Abcès tuberculeux : ils sont intra-pel viens ou extra-pelviens.
'Étiologib. — Age, enfants et adolescents. Fréquence plus grande dans le sexe masculin. Les fatigues exagérées, la mauvaise hygiène, sont des causes prédisposantes.
Symptômes. — Début insidieux. Douleur spontanée et provoquée. Gonflement, contracture, empâtement, troubles de la marche. Attitude du membre : inclinaison latérale du bassin ; théories des auteurs à ce sujet.
Deuxième période. — Formation des abcès : variétés de siège et d'évolution de ces abcès. L'état général des sujets est souvent altéré. Tuberculose pulmonaire, péritonéale, intestinale.
La durée de l'affection varie de quinze mois h plusieurs années.
Pronostic sérieux. Danger des rechutes.
Diagnostic différentiel avec les altérations tuberculeuses des os dans le voisinage de l'articulation, la coxoluberculose, le mal de Poil, le cancer du rachis, le lumbago, l'arthrite sacro-iliaque puerpérale et blennorrbagique.