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mélangé aux toxines solubles obtenues par concentration du bouillon de culture dans le vide.
Denys, en 1901, se contente de filtrer les cultures de bacilles tuberculeux en milieu glycériné, et non stérilisées à chaud.
Béranek, en 1903, prépare une tuberculine en mélangeant des extraits de corps bacillaires obtenus en les soumettant à l’action d’une solution d’acide orthophosphorique, avec les toxines solubles obtenues par filtration de la culture et concentration dans le vide.
La tuberculine bovine PTO de Spengler ne diffère de la tuberculine ancienne de Koch que par l’emploi de bacilles bovins à la place de bacilles humains.
Ishigami, en 1908, traite les bacilles par lPacide sulfurique pour obtenir la « tuberculotoxoïdine ».
Pour préparer les différentes variétés d’ « Eisentuberkulin », Ditthorn et Schultz,.en 1909, précipitent par loxychlorure de fer des extraits bacillaires différemment isolés. Le précipité est ensuite repris en solution glycérinée.
Much, en 1909, dissout les bacilles tuberculeux dans la neurine, produit de décomposition de la matière cérébrale. :
Baudran (endotoxine tuberculeuse, 1909) traite les bacilles successivement par divers solvants : alcool, éther, chloroforme, toluène, puis par leau. Le résidu, après concentration, est repris par l’alcool et évaporé.
Rosenbach, 1910, ensemence, sur des cultures de bacilles tuberculeux âgées de six à huit semaines, un champignon : le trichophyton holosericum album. C’est de cette culture mixte que sont extraites les toxines.
Vaudremer, en 1910, obtient une tuberculine analogue à la précédente, et, comme elle, à toxicité très faible, au moyen de l’aspergiilus fumigatus.
Citons encore la « tuberculomucine » de Wileminsky, 1912: la « tubolytine » de Siebert et Rœmer en 1915.
Il existe donc, ainsi que nous venons de le voir, et nous n’en avons cité que quelques-unes, un très grand nombre de préparations d’extraits bacillaires, nombre qui s’accroît encore chaque jour. Si beaucoup de ces préparations se rapprochent de la tuberculine brute de Koch, d’autres en diffèrent profondément par le fait même que les auteurs ont cherché à purifier la tuberculine pour en isoler le principe actif et éliminer ce qui leur paraissait inutile ou même nuisible, ces dernières substances provenant soit du bacille lui-même, soit du milieu de culture. |
Cette recherche ‘du mieux n’a d’ailleurs pas donné ce que l’on en pouvait attendre. On conçoit que quelle que soit la résistance du poison tuberculeux, certaines des manipulations proposées en modifient plus ou moins profondément la nature et la tuberculine ancienne reste encore une des meilleures, si ce n’est la meilleure, de ces préparations.
Lorsque le 4 août 1890 R, Koch fit sa retentissante communication sur la tuberculine, il pensait avoir découvert le remède spécifique de la tuberculose et il s’exprimait ainsi : « Je possède maintenant le remède cherché. Les cobayes, animaux extraordinairement prédisposés à la tuberculose, résistent grâce à cette substance, à linoculation du virus tuberculeux, et ceux qui sont déjà atteints d’une tuberculose avancée peuvent être guéris sans que cette substance ait une autre influence sur l’organisme ».
Mais, ri la tuberculine ancienne, ni les extraits bacillaires employés ensuite ne donnèrent les résultats escomptés, dans les nombreux essais qui en furent faits dans tous les pays, et plus particulièrement en Allema-
gne, aux Etats-Unis et en Suisse. On eut même, il faut bien le dire, à déplorer des accidents sérieux.
Cependant, si la tuberculine ou autre extrait bacillaire ne s’est pas montrée le remède actif spécifique espéré, si souvent elle s’est montrée dangereuse, il semble que dans certains cas des résultats heureux ont pu être enregistrés.
Les premières constatations dans ce sens furent faites par Koch cherchant à créer l’immunité active du cobaye par des injections de bacilles tués et broyés. De ces expériences devait sortir la mise en évidence du « phénomène de Koch » et la découverte de la tuberculine elle-même. « Koch avait remarqué que le cobaye tuberculeux était tué par une dose (de bacilles tués et broyés) inoffensive pour l’animal sain, mais il put constater aussi que ces inoculations avaient au contraire une action curative dès qu’il abaïssait suffisamment la dose de bacilles injectés; les animaux ainsi traités avaient une survie plus longue et leurs foyers tuberculeux entraient en régression. Les bacilles injectés n’étaient pas résorbés, ils restaient dans la région inoculée où ils provoquaient souvent la formation de foyers localisés de suppuration. Koch a conclu de ces expériences que le principe curatif du bacille réside dans un corps spécial, renfermé dans sa substance même et qui en est extrait par les humeurs de l'organisme. » (Kolle et Hetsch) (1). |
Depuis, au cours des nombreux essais qui furent faits, on put constater dans certains cas une orientation heureuse de la marche de laffection traitée par la tuberculine et plus particulièrement dans les tuberculoses externes. Si bien que M. Kuss pouvait écrire « Tous les au-
(1) « La bactériologie expérimentale appliquée à l'étude des maladies infectieuses).
teurs qui ont la pratique de la tuberculinothérapie ont observé des améliorations lésionales profondes, inattendues, à la suite de fortes réactions de foyer dans les tuberculoses cutanées, dans les adénopathies tubercuüleuses, dans les tuberculoses externes, voire même dans les tuberculoses pulmonaires ».
Et plus loin: « Les transformations favorables de foyer s’observent avec le plus de netteté dans les tuberculoses extrapulmonaires, les dermatologistes en particulier ne discutent plus Paction curative de la tuberculine sur les lésions cutanées; cette action dépend uniquement des modifications locales provoquées par la tuberculine. De même, dans les adénopathies cervicales caséeuses, l'utilité de la tuberculinothérapie est souvent manifeste. » (M. Kuss) (1).
Malgré ces phénomènes favorables, en raison de ses dangers, la tuberculine a totalement cessé, tout au moins en France, d’être employée comme agent curatif de la tuberculose, et ses réactions localisées ne sont plus amployées que pour le diagnostic et le pronostic de l’affection : souscuti, cuti, intra-dermo., et ophtalmo réactions.
Et M. A. Jousset pouvait dire dans son article « Vaccinothérapie et tuberculinothérapie », tome I* de l’article Tuberculose, collection Sergent (n° XVII) : « La tuberculinothérapie est donc dans son ensemble une méthode de très médiocre valeur pour ne pas dire inefficace. Ajoutons qu’elle est une méthode redoutable au dire même de ses adeptes les plus fervents. Le nombre des phtisiques achevés par la tuberculine est aujourd’hui considérable, et nous ne parlons que de résultats connus, loyalement publiés ! »
(2) « Traitement de la tuberculose pulmonaire. — Teese) des maladies respiratoires », Bibliothèque de thérapeutique.