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(Rappin), l’oléate de soude (Noguchi, 1909), la monochlorhydrine (Salimbeni, 1912). On s’est également adressé aux agents physiques : rayons ultra-violets (Henry), aux diastases.
Jusqu'ici, tous ces essais sont restés sans résultats appréciables : « On sait aujourd’hui que les bacilles morts et ceux dont le protoplasma a subi des altérations profondes n’ont qu’un pouvoir vaccinant très faible ou nul ; ils ne sont donc pas utilisables pratiquement » (M. Calmette). :
« Il semble bien actuellement acquis que le bacille tuberculeux mort est complètement inapte à conférer la moindre immunité et qu’il est préférable de s’adresser aux bacilles vivants » (MM. Borrel, Boez et A. de Coulon) (1).
La vaccination par bacilles vivants est beaucoup plus importante du fait des résultats déjà obtenus. Elle est de date ancienne puisque, dès 1886, Cavagnis injectait des crachats bacillifères traités par l’eau phéniquée. D’autres essais furent faits plus tard par Gaucher et Ledoux-Lebard en 1889, Gaucher et H. Martin en 1890.
1902 apporte les premiers faits intéressants. Behring publie son procédé de bovovaccination « Jennerisation des bovidés ». J1 pratique deux injections intraveineuses, lune de 4 milligrammes, l’autre de 20 milligrammes d’une souche humaine de bacilles tuberculeux cultivés au laboratoire depuis dix ans et desséchés dans le vide.
Des nombreuses vérifications qui ont été faites de cette méthode ïl résulte que les animaux ainsi vaccinés acquièrent une résistance nette à la contamination expérimentale ou naturelle. Mais cette résistance est de
(1) « Etude comparée de la virulence et de la toxicité des corps microbiens et de la tuberculine de divers échantillons de bacilles tuberculeux » (MM. RoRREL, Bogz, A. DE CouLox). Annales de l’Institut Pasteur, Décembre 1923.
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courte durée, et, dès qu’elle cesse, les bacilles, introduits dans l'organisme par les injections vaccinales et par l'injection d’épreuve — ces bacilles ne sont qu’incomplètement éliminés durant la phase de résistance — entrent en activité et déterminent des lésions évolutives.
Koch et Schütz, en 1904, dans l'espoir d’obtenir une résistance plus grande, utilisent les injections intraveineuses de bacilles frais. Maïs cette méthode, sans avantage sur la précédente, réalise encore plus sûrement l’infection de l’animal.
Citons encore les essais de vaccination par bacilles acido-résistants d’animaux à sang froid (Friedmann, 1903), par virus sensibilisé (Meyer, 1910, Calmette et Guérin), par émulsions de ganglions tuberculeux (Rodet et Garnier, 1903 - Trudeau et Krause, 1910), par injections de bacilles virulents à doses croissantes (Williams, 1911).
L’immunisation a été enfin tentée par voie digestive (Calmette et Guérin - Roux et Vallée).
Beaucoup de ces méthodes donnent des résultats appréciables, en ce sens qu’elles confèrent aux animaux sur lesquels elles sont expérimentées, une résistance marquée, quoique de durée limitée, aux infections expérimentales ou naturelles, mais elles présentent un danger constant : les bacilles employés, non résorbés dans l'organisme, possèdent un trop haut degré de virulence et restent tuberculigènes, créant des lésions organiques dès que ja résistance vaccinale disparait.
« La résistance chez Panimal tuberculeux est fonction du foyer tuberculeux vivant dans son organisme: aucun autre antigène ne peut la produire. Or, le problème n’est pas aisément soluble, qui consiste pour obtenir une vaccination, à introduire dans un organisme des germes tu-
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berculeux sans qu’un dommage ultérieur soit possible » (MM. Debré et Bonnet)1.
Aussi, actuellement, cherche-t-on le bacille capable de conférer à l’organisme le degré de résistance nécessaire, mais suffisamment avirulent pour n'être pas lui-même un danger en puissance.
Dans cet ordre d'idées, il faut citer les « bacilles biliés » de MM. Calmette et Guérin. Ces auteurs ont obtenu par nombreux passages sur milieux à la bile glycérinée une race de bacilles à virulence atténuée ne déterminant chez les bovidés aucune lésion folliculaire, mais conférant cependant un degré d’immunité tel que les bacilles virulents d’épreuve inoculés par la suite, tout en persistant dans le système lymphatique, ne créent aucune lésion nodulaire.
Mais la résistance conférée disparaît dès que l’élimination du vaccin antituberculeux employé est totale. Ainsi M. Vallée recherche « si le vaccin le plus favorable pratiquement ne serait pas celui qui offrirait, avec les garanties nécessaires d’inocuité, la plus grande lenteur de résorption ».
Il emploie dans ce but un bacille d’origine équine à virulence extrêmement dégradée qu’il émulsionne dans un excipient irrésorbable constitué par une suspension de grès porphyrisé ou de tale, dans l'huile de vaseline.
M. Vallée constate que les bacilles ainsi inoculés « prolifèrent au sein d’une lésion fibro-caséeuse purement locale, sans tendance aucune à la généralisation » et qu’ils semblent « devoir être fixés sur place pour toute la durée de la vie économique de l’animal porteur de la lésion de vaccination »; que les animaux inoculés possèdent deux ans plus tard, une résistance complète à une ino-
(1) « Surinfection tuberculeuse expérimentale » MM. DEBRÉ et BONNET, Journal Médical Français, n° 9, Septembre 1922,
culation d’épreuve mortelle ou tout au moins des plus graves pour les témoins (1).
Enfin, dans les annales de l’Institut Pasteur de décembre 1923 (déjà citées), MM. Borrel, Boez, A. de Coulon publient les résultats qu’ils ont obtenus dans leurs essais de vaccination avec la souche BB. La souche BB s’est montrée expérimentalement avirulente et incapable d’acquérir la moindre virulence, tout en se montrant des plus toxiques par inoculation intracérébrale au cobaye tuberculisé depuis 45 jours. Les cobayes préparés avec cette souche ont montré une résistance manifeste à l’inoculation d’épreuve. « Les cobayes préparés par voie souscutanée avec l’origine BB ont présenté une survie double et parfois même triple de celle des témoins ».
Les résultats déjà obtenus semblent donc confirmer la nécessité pour vacciner efficacement d'employer des « bacilles encore vivants, mais privés autant que possible de leur aptitude à produire des lésions folliculaires » (M. Calmette), et, pour obtenir des résultats durables, de pratiquer « des inoculations en excipients irrésorbables » (M. Vallée).
Ce fut le 4 août 1890 que Robert Koch fit connaître au Congrès international de Berlin sa découverte de la tuberculine. En 1891, il en indiquait la nature et la préparation. |
Pour obtenir la tuberculine brute de Koch « tuberculine ancienne », on part de cultures de bacilles tuberculeux âgés de six semaines, ayant poussé en voile à la surface de bouillon glycériné à 50 pour mille. Après sté-
(1) Médecine expérimentale. — Bacille tuberculenx et excipient irrésor= bable. Note de M. VaLLËe, présentée par M. Roux à la séance du 26 décembre 1923 de l’Académie des Sciences (Comptes rendus n° 1, Janvier 1924).
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rilisation à l’autoclave pendant une demi-heure à 110°, on opère une réduction au dixième par chauffage au bain-marie, puis on filtre sur Chardin. Le filtre arrête la plupart des corps microbiens et on recueille un liquide épais, sirupeux, brun, qui est la tuberculine brute. Cette tuberculine renferme les exotoxines et une partie des endotoxines du bacille tuberculeux.
Pour purifier cette tuberculine, Koch la précipitait par l'alcool à 60°; il obtenait ensuite, après broyage de la masse précipitée, une poudre qu’il reprenait par l’eau glycérinée. Comme se rapprochant de cette dernière, citons la tuberculine CL de Calmette, la tuberculine précipitée de l’Institut Pasteur.
Depuis la préparation initiale de la tuberceuline brute de nombreuses modifications ont été apportées d’où sont sorties de multiples tuberculines se différenciant plus ou moins de la préparation ancienne de Koch. Dans ces procédés, les auteurs se sont attachés à éliminer de la tuberculine les substances étrangères provenant des milieux de culture, et les substances inactives du bacille lui-même : peptone, cire et graisses, sels, cherchant à isoler le principe véritablement actif.
En 1897, Robert Koch prépare la tuberculine TR à partir de bacilles desséchés dans le vide puis broyés au mortier. La poudre obtenue est diluée dans du sérum physiologique additionné d’eau glycérinée à 5 pour 100. Par centrifugation on obtient un liquide surnageant : la tuberculine TO (tuberculinum originale) qui est analogue à la tuberculine brute. Le culot de centrifugation est desséché, broyé, repris par l’eau, et cela à plusieurs reprises. Le résidu obtenu, additionné de glycérine, constitue la tuberculine TR (tuberculine Rest), qui contient les endotoxines bacillaires.
Désirant obtenir un produit renfermant à la fois les
endotoxines et les toxines solubles, ces dernières n’existant pas dans la tuberculine TR, R. Koch, en 1901, fut conduit à une nouvelle préparation: la tuberculine BE (Neutuberkulin bazillenemulsion), qui est obtenue à l’aide d’une émulsion de bacilles, préalablement broyés dans de l’eau glycérinée.
Afin d'éviter l’action pyrétogène de l’albumine, Koch utilisa des cultures obtenues sur des milieux à base d’asparagine et ne contenant ni viande ni peptone; il obtint ainsi la tuberculine AF (Albumose frei).
Kiebs, er 1891 prépare la « tuberculocidine » en précipitant la tuberculine brute par l’alcool, puis, en traitant le précipité par un mélange de chloroforme, d’alcoo! et de benzine. Le produit restant est repris par la glycérine phéniquée.
En 1897, Buchner et Hahn soumettant à une forte compression les bacilles broyés avec de la terre d’infusoires et du sable en présence de glycérine et de chlorure de sodium, obtiennent la « tuberculoplasmine ».
Hirschfelder, en 1897, traite la tuberculine brute de Koch par l’eau oxygénée, d’où le nom d’ « oxytoxine » donné à la préparation.
La même année, Maragliano fait un mélange d’endotoxines, extraites par macération et réduction à chaud de cultures totales, et de toxines solubles obtenues. par concentration à basse température, dans le vide, de bouillon et de culture.
Landmann, en 1898, obtient le « tuberculol » : des bacilles à virulence exaltée, préalablement dégraissés et pulvérisés, sont épuisés à 40° dans le sérum physiologique glycériné. Cette opération est renouvelée plusieurs fois, après décantation, à température croissante jusqu’à 100°. Le produit ainsi obtenu renfermant les endotoxines est évaporé dans le vide à sec. Cet extrait est
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