RÉACTION FOCALE
L'étude de la réaction focale est de beaucoup la plus importante, tout au moins en ce qui concerne les tuberculoses externes dont nous nous occupons. — C’est elle seule, en effet, qui peut nous fixer sur l’action de la substance injectée et sur les modalités de cette action.
Comme elle se manifeste de façon variable suivant le caractère des lésions, leur nature et leur âge, nous l’envisageons pour plus de clarté dans chaque variété de cas traités : adénites, ostéites, hydarthroses et orchi-épididymite.
a) Adénites. — Nous avons surtout traité des adénites cervicales et c’est là que nous avons pu observer avec le plus de netteté, les phénomènes focaux; il s’agissait en effet de foyers superficiels sous-cutanés, nettement délimités, et les réactions pouvaient être immédiatement contrôlées par la palpation et la vue.
D’après les phénomènes observés et les résultats obtenus, il nous faut établir des catégories différentes et considérer :
d’une part, les adénites en voie de ramollissement, les unes avec peau intacte, les autres déjà fistulisées;
d'autre part, les adénites dures : anciennes ou récentes.
1° Adénites en voie de ramollissement. (Observations
1, 2, 8, 9). — Si l’on met à part l’observation 9, dans laquelle le début remonte à dix mois, il s’agit d’adénopathies récentes, datant de deux à trois mois.
La réaction qui a suivi les injections s’est traduite dans ces cas par une poussée fluxionnaire nette, caractérisée par une augmentation de la masse ganglionnaire, la rougeur des téguments susjacents, alors que le malade éprouvait des picotements, des élancements, une sensation de tension locale.
La fluctuation devenait bientôt évidente ou s’exagérait, et si la ponction, le drainage ou l’incision n’étaient pas pratiqués en temps voulu, l’abcès s’ouvrait à la peau.
Cette évolution avait lieu parfois en deux ou trois jours et même moins.
Une place à part doit être réservée à la malade de l'observation 13. Elle s’est présentée à la consultation avec une petite poche nettement fluctuante située avec quelques petits ganglions durs au niveau de lextrémité inférieure du bord antérieur du sterno-cleido mastoidien. Ces ganglions existaient depuis plusieurs années. A la suite des injections, la petite poche diminua de volume, puis disparut sans évacuation à l’extérieur.
2° Adénites déjà fistulisées. (Observations 4, 6, 7, 10). — Dans ces cas, dont le début remonte à plusieurs années, sauf dans l’observation 10 où il ne date que de quelques mois, la réaction a été beaucoup moins nette que dans les cas précédents. La fonte et, partiellement, l'évacuation, avaient eu lieu, en effet, avant les injections. Le résultat le plus net a été la diminution plus ou moins marquée de linflammation et de l’empâtement péri-
phériques.
3° Adénites dures ne présentant aucune tendance au ramollissement, (Observations 3, 12, 5, 11). — Là encore,
deux cas doivent être envisagés : Dans un premier, il s’agit d’adénites anciennes remontant à plusieurs an-
nées (12 ans l’une, 14 ans l’autre), ayant évolué par poussées et régressions successives. Dans ces cas, le traitement a été à peu près sans action : l’'empâtement périphérique a disparu en partie, la périadénite s’est estompée, libérant le ganglion, mais celui-ci n’a pas été modifié.
Dans le second cas, au contraire, il s’agit de réactions ganglionnaires remontant à deux mois seulement. Chez la malade de l’observation 5, non seulement la périadénite a disparu, mais encore il s’est produit un certain degré de ramollissement des ganglions eux-mêmes, suivi rapidement d’une diminution de volume considérable de ces mêmes ganglions, si bien qu’il ne persistait plus dans la profondeur que deux tout petits noyaux durs et mobiles et que l’on pouvait considérer la malade comme cliniquement guérie. En fait, cet état s’est maintenu pendant six mois, au bout desquels elle nous est revenue avec une récidive qu’une nouvelle série d’injections n’a pu modifier. :
Peut-être cette différence d’action observée à la suite de ces deux séries d’injections à six mois d’intervalle est-elle due à ce fait que la deuxième fois nous avons eu affaire à une adénite récidivée devenue ancienne et se rattachant ainsi à la précédente série, dans laquelle nous avons vu le peu d’action de la vaccinothérapie.
Dans l'observation 11, où il s’agit également d’ua ganglion récent remontant à deux mois, les injections ont déterminé une poussée fluxionnaire marquée, suivie de fonte et nécessitant la ponction.
b) Ostéites. — Dans les ostéites (Observations 14 et 15) que nous avons traitées, la réaction a été moins évidente tout en restant cependant nettement appréciable; elle s’est traduite par l’exagération de l'écoulement du
pus, par la fistule. Chez un de ces malades (observa- -
tion 14), cette élimination activée a été suivie de guéri-
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son locale, avec fermeture de la fistule. La malade de Pobservation 15 partant pour Berck, a quitté le service trop tôt pour que l’on puisse suivre jusqu’au bout l’évolution de son foyer chondro-sternal.
c) Hydrarthroses. — Dans les hydarthroses (Observations 17 et 18) une poussée fluxionnaire a pu être observée, caractérisée par un certain ramollissement au niveau des culs de sac articulaires, puis par la diminution secondaire du volume de l'article. Dans un cas (Obser- vation 18), où il s’agissait d’une hydarthrose vieille de deux ans et demi, ces phénomènes heureux ont tourné court et l’article reprenait bientôt son volume et sa tension primitive, obligeant à la ponction.
Dans l’autre cas (Observation 17), la réaction articulaire avait été beaucoup plus nette, s’accompagnant de douleur et d’élancements, et avait été beaucoup plus loin. Le genou avait repris son volume normal et les mouvements avait récupéré leur amplitude à un tel point que la malade avait pu reprendre ses occupations. Cette amélioration ne s’est malheureusement pas montrée durable et quatre mois plus tard notre malade revenait avec une articulation de nouveau gonflée et une limitation extrême des mouvements.
d) Orchi-épididymite. — Nous avons enfin traité un malade atteint d’orchi-épididymite (Observation 16), et là, lPaction focale du traitement a été d’une rapidité remarquable. Il y eut, en effet, disparition dans les quarante-huit heures qui suivirent la première injection, de l’inflammation et de l’œdème des bourses qui étaient extrêmement marqués. Mais, tandis que le scrotum reprenait ainsi une coloration et un volume normaux, les foyers épididymo-testiculaires ne paraissaient pas touchés.
En somme, l’action focale s’est montrée surtout nette dans les lésions jeunes, se traduisant par une exagéra-