INTRODUCTION
Peu de maladies ont suscité autant de travaux que la tuberculose. Le problème de son traitement a, en particulier, passionné tous les chercheurs.
C’est qu’il est, en effet, peu d’affections aussi redoutables.
Dès la découverte par R. Koch du bacille agent causal de la maladie, les savants de tous les pays, orientés par les travaux de Pasteur, se mirent à la recherche du médicament microbien spécifique; vaccins, extraits bacillaires, sérums furent tour à tour employés.
. Jusqu'ici tous ces essais sont restés, au point de vue thérapeutique, à peu près sans résultat pratique; mais ils ont du moins contribué à faire connaître le mode de réaction de l'organisme à l'infection. La notion de l’immunité de surinfection en est née, plaçant la tuberculose dans un cadre un peu à part, par rapport à la plupart des autres maladies infectieuses. On sait actuellement qu’en matière de tuberculose on ne peut parler d’immunité vraie, mais plutôt de sensibilisation, dont la manifestation la plus évidente est le « phénomène de Koch ». Comme nous le montrerons au cours de ce travail, peutêtre est-il possible d'élargir la signification du « phénomène de Koch » en l’étendant à toutes les manifestations d'intolérance que présente au niveau des foyers, sous l'influence des poisons bacillaires, l'organisme infecté.
On pouvait se demander s’il n'était pas possible, dans certains cas bien déterminés, tuberculoses externes spécialement — et nous verrons par la suite les raisons de
cette limitation dans le choix des malades — de tirer partie de cette réaction focale, qui n'est pas autre chose que l'exagération du processus évolutif naturel, soit pour raccourcir l’évolution normale d’un foyer vers la guérison, soit pour faciliter l'acte chirurgical en aidant à la séparation du mort du vif, à la collection rapide du pus, ou à la disparition des phénomènes inflammatoires périfocaux.
C’est ce que nous avons tenté dans le service de notre maître M. Louis Bazy et sous sa direction, avec un extrait bacillaire tuberculeux préparé par M. Jousset.
L'objet de ce travail est d'exposer:
I Dans une courte étude historique, les principaux essais tentés au moyen des « médicaments microbiens » et leurs résultats.
Il Les observations des malades que nous avons traités et les variétés de réactions que nous avons observées.
III Les conclusions d'ordre plus général que nous croyons pouvoir tirer de cet essai thérapeutique.