HISTORIQUE
A la suite de la communication de Pasteur à l’Académie des Sciences, en 1880, « Sur le choléra des poules et l’atténuation du virus du choléra des poules », et de celle de Pasteur, Chamberland et Roux en 1881, concernant le charbon, « De l’atténuation des virus et de leur retour à la virulence », on crut avoir trouvé le procédé de thérapeutique préventive spécifique pouvant s’adresser à la plupart des affections à germe connu.
Aussi, lorsque Robert Koch eut découvert en 1882 l’agent pathogène de la tuberculose, on se mit dans les laboratoires de tous les pays à chercher la réalisation du traitement de l’affection par le médicament microbien spécifique. C’est ainsi que les uns s’efforcèrent de conférer à l’organisme une immunité active par des injections de bacilles tués ou atténués, ou encore d’extraits bacillaires, exo ou endotoxines, obtenus par différents procédés et formant le groupe des tuberculines, les autres une immunité passive, au moyen d’injections de sérum d’animaux préparés.
Nous ne ferons que citer les principaux essais de sérothérapie, cette question sortant du cadre de notre sujet: Sérum de Maragliano, 1895, — Sérum de Marmoreck, 1903, — Sérum de Lannelongue, Achard et Gaillard, 1906, — Sérum de Vallée, 1906-1909, — Sérum de Ruppell et Rickmann, 1910, — Sérum de Bruschettini, 1912, — Sérum de Jousset, 1912-1913.
Une place voisine doit être réservée aux corps immunisants de Spengler, 1908, préparés à partir du sang total de lapins immunisés.
« Jusqu'ici, il ne semble pas que la sérothérapie ait réalisé les espérances que l’on avait pu concevoir à son sujet » (Calmette). (1).
Nous nous étendrons un peu plus sur les essais de vaccination par les bacilles tuberculeux.
Ils ont été de différents ordres :
Certains auteurs se sont adressés aux bacilles tués par la chaleur : Dembinski, après Strauss, en 1903, les injecte dans les veines du lapin. Maragliano, en 1904, en inocule une petite quantité, par scarifications, dans les téguments du bras. Qt
Calmette et Guérin, en 1914, expérimentent sur les bovidés. :
D’autres auteurs cherchent à modifier le bacille dans sa structure : Vallée emploie des bacilles lavés et desséchés dont il extrait les graisses par l’éther de pétrole.
Martin et Vaudremer emploient l’éther comme solvant, 1906. Les bacilles ainsi traités perdent en grande partie leur acido-résistance.
Notons en passant que les lipoïdes extraits des bacilles ne confèrent expérimentalement aucune immunité à l'animal (Calmette et Guérin. Annales de l’Institut Pasteur. Avril 1914).
Différents agents chimiques ont encore été employés soit pour tuer, soit pour atténuer le bacille : l’eau de Javel (Moussu et Goupil, 1907), le fluorure de sodium
(1) Dans tout ce qui suit nous avons fait de nombreux emprunts au livre si documenté de M. le P' CALMETTE « L'infection bacillaire et la tuberculose chez l'homme et chez les animaux ».