G6 PREMIÈRE PARTIE
Pour étudier les variations d'une espèce causées par le changement de milieu et le polymorphisme qui en résultait, nous partions toujours d'une seule et même culture.
Comme liquide d'observation, l'acide lactique nous a donné de bons résultats.
Quelquefois, les masses sporiteres se dissocient instantanément quand on les place dans le liquide d'observation, par suite de la dissolution de la substance agglutinante qui provient de la gélifîcation de la membrane des spores (Clonostachys). Dans ce cas, il faut faire subir au champignon un séjour dans l'alcool absolu et l'observer dans la glycérine ou gélatine glycérine.
Voici maintenant de quelle façon nous avons fait varier le milieu, soit au point de vue chimique, soit au point de vue physique.
Il y a lieu d'étudier linfluence de la composition chimique du substralum, la qualité et la quantité de ses composants. Si la quantité dépasse une certaine limite, il se produit une action particulière due à la pression osmotique, qui vient masquer l'action simplement nutritive de la substance considérée.
Le milieu nutritif dont nous avons fait usage était tantôt :
A. Complet. C'était alors la liqueur de Raulin. En admettant que les espèces différentes n'aient pas de trop grandes exigences ou préférences vis-à-vis de telle ou telle substance.
B. A azote dominant. Le milieu pouvait être alors de nature : L Minérale. Ex. : solutions d'azotate ou de tartrate d'ammo-
nia(|ue, liqueur de Raulin où l'on augmentera la proportion des azotates au détriment des livdrates de carbone.
II. Organique : bouillon de viande, solution de peptone, décoction de crottin de cheval, urine, albumine de l'ceuf, lait, alcalis organiques, etc.
C. Dépourvu d'azote. C'était une liqueur composée de : eau distillée, looo; sucre, /[O ; sulfate de magnésie, o, 5 ; sulfates de fer. de manganèse et de zinc. (^,0^ de chaque: acide tartrique, 2 ; phospiiate de potasse, i.
TECHNIQUE ET MÉTHODE Gj
Ce liquide n'est qu'une modification de celui de Uaulin.
D. Substances hydrocarbonées prédominantes et, dans ce cas, ces matières étaient: i" accompagnées d'azote: fruits acides ou sucrés, tranche de pomme de terre (sucre et amidon, celui-ci domine) ou de carotte (amidon et sucre, celui-ci domine), tranches d'oignon; 2" sans azote : amidon, tanin, glycérine, huiles, solutions sucrées (saccharose, glucose et lévulose), dextrine, acides organiques.
E. Le milieu nutritif était additionné d'antiseptiques. Beaucoup de champignons inférieurs peuvent supporter des
doses élevées de substances toxiques, s'ils se trouvent pourvus d'autre part d'une riche alimentation. Nous démontrerons ce fait dans notre travail sur le Pénicillium glaucum. Ils subissent alors fréquemment de ce chef des modifications intéressantes.
Oji peut ensuite faire varier la constilution physique des milieux dont nous venons de donner la composition chimique. S'ils sont liquides, on en modifiera la concentration, soit en augmentant les doses des substances soumises à l'expérience, soit, sans modifier en rien la quantité de ces substances, en Tadditionnant de doses croissantes de chlorure de sodium. La valeur nutritive de celui-ci étant à peu près nulle, il agit simplement pour augmenter la concentration. Nous nous sommes assuré expérimentalement de ce fait pour les espèces par nous étudiées.
On pourra encore constituer avec les substances ci-dessus énumérées, des sols : i*" solides, par addition de gélose ou de gélatine, par coagulation des substances albuminoïdes, par utilisation directe de corps organisés (fruits, écorces, feuilles, etc.); i"" poreux, en les répandant sur du plâtre, de la pierre ponce, des éponges, de l'ouate, etc.; ^" pâteux^ amidon, gélatine maintenue à 28 degrés, etc.
Sur ces milieux de composition chimique et de consistance variées, on modifiera : i" les conditions de chnleur^ en étudiant surtout l'action de hautes tenq)ératures de 3o à 40 degrés ;