OO
e pas à se
produire des îlots superficiels de fructifications d'un beau vert prasinus^ au lieu de viridis qu'elles affectent sur le suc de fruit seul (voir Ghromotaxie de Saccardo) ; les filaments mycéliens
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPÈCES gS
plongeant dans le liquide sont rouges, les pieds fructifères ont en moyenne 460 y. de haut, les têtes 27 ju. diam.
Sur pain, sans excès d'humidité, on a des Stérigmatocyslis d'environ 470 y- long., tête 55 a, baside 28 ^u, stérigmates 10 y..
Sur pomme de terre arrosée de peptone 5 se développent les plus beaux Slerigmatocystis ; la tête, à parois très épaisses, a [56 y. diam.; basides, 2D y long. ; stérigmates, 5 k 6 y.
Sur des cultures anciennes de plusieurs mois, nous avons rencontré des basides géantes ayant une trentaine de y de longueur, de plus, très dilatées avec les parois fortement cutinisées et de couleur brun verdâtre, elles peuvent constituer de véritables kystes (fig. i3) ; nous en avons rencontré qui avaient germé en produisant des Aspergillus.
On voit, en somme, que, si la lutte entre les influences héréditaires et celles du milieu peut entraîner une variation désordonnée ayant pour résultat la coexistence de formes diverses sur un même sol et dans des circonstances identiques, il existe aussi des cas où l'influence du milieu l'emporte et où Ton obtientdes formes absolument déterminées et fixes sur ce même milieu.
Nous retrouvons encore cette action immédiate du milieu en étudiant Tinfluence de la concentration des solutions nutritives sur lesquelles végète le champignon.
C'est un fait très remarquable que la faculté d'adaptation et la puissance de résistance qu'ont beaucoup de formes inférieures de champignons, aux fortes concentrations des solutions.
Tandis que, pour les végétaux plus élevés en organisation,
des doses de sont déjà mortelles, Eschenhac^en fiSSo),
1000 "^ ^ y JJ^
qui a étudié le maximum de concentration de diverses substances que peuvent supporter Aspergillus nigeî\ Pénicillium glaucum. a trouvé que le premier résiste encore à
DEUXIEME 1^\RTIE
de sucre de canne ou
d'azolale de soude. l^'Aspcrgillus
repens^ éludié par Kleljs (1886), présente aussi une haute faculté d'adaptation aux concentrations élevées; il trouve
I"'iG. i5. — Fornio l'amifiéc de V Asjicriiillua Vi<..\(\. — Asj)f/-;/i//iisv;iriH-
varlahilia. (Jullurc sur poiniiic lic Icii e Jiiiiiii- hilis. Culluie sui' poiiunc
Icmie il 40 (Icyrés. — (A cl J', i^ioss. 27."»; (Uï Icri'o acidifiée avec une
C, gross. 5o.) soluUon d'acide Iniirique
à l/lOOO. (Gl'OSS. 201).)
^5 pour 1000 pour le sucre do raisin, 57 pour 1000 pour la j^dycérine, etc.
L'A. varia hilis ollre éf^alcment cette propriété. Le premier elïet de la concentration est de retarder la irerminalion : tandis
que sui' jus do pruneau
a la noiiiiiiiaiion se lait eu
moins de douze heures^ elle demande près de deux jours sur
Jus de pruneau i2,5 + NaCl 3,7 ou 7,5 .^ ,, , i ^-^ ^- — . On 1 observe seu-
lOO
lemenl le cinquième jour sur
J. Pr. + XaCl i5
lOO
, et plus du
tout avec
de Na Cl.
lOO
Lorsque l'on augmente la concentration d'une solution nutritive, on remarque une intluence favorable d'abord ; la quantité de la plante développée est proportionnelle à la quantité d'aliment fournie, puis l'effet favorable est contre-balancé, annihilé par l'action osmotique, qui était à peu près insensible jusqu'alors.
Le tableau suivant montre ce fait. Nous représentons graphiquement, par un nombre plus ou moins grand de signes -f-, le développement
plus ou moins abondant. Les cultures en flacons d'Erlenmeyer ont été examinées trois jours après l'ensemencement.
' JG. I-
1/. — Aspergillus variabilis. Ciilliire àgéc de deux mois, sur [)omnic (le leiTC. (Gross. 280 )
Jus de pruneau
Feplone
Saccharose
1 >i; n CI I T
loo Na Cl. 7 . T)
NaCl. 3.7
NaCl. 1.8
Jus de pruneau seul
La concentration a non seulement une influence sur le temps de germination et le rendement total de la culture, elle agit encore sur la forme des appareils reproducteur et végétatif.
Elle entraîne une réduction des dimensions de l'appareil
aérien, sauf celles des spores et de l'appareil végétatif, qui
restent immuables. Ainsi, sur Sel de Seignette on a un
développement, mais faible ; beaucoup de stérigmates sont
FiG. 18. — Cullluc en cellule de VAsperc/illus variubilis dans eau de levure à 10/1000, additionnée d'une solution de menthol à i/iooo. Anastomoses des filaments mycéliens. (Gross. i()o.)
sessiles sur le mycélium, les pieds ne dépassent pas une hauteur de 42 /-t, les têtes de ces petits Aspergillus sont à peine
sensibles ; sur les pieds ont 74," long, tête 8 y. diamètre ;
sur — —: pieds,! 16 m longitêtesq-io u. diamètre ; — ^ — : pieds 100 ^ 100 ^
233 f/, tètes 1 6, 3o /Ji. diamètre.
Sur jus de pruneau additionné de doses croissantes de NaCl,
on voit également s'opérer une réduction correspondante
des pieds fructifères. Par contre, dans des solutions assez peu
concentrées depeptone, on a l'effet inverse: avec — '- — les picdsfr. ^ ^ 100
ont q3 u lonçr ; 35o u ; , 526 u. Ici l'effet peu actif
^ lOO ' lOO
de la pression osmotique est complètement masqué par une nutrition favorable. On remarque encore que plus la solution de peptone est faible, plus le rapport entre les masses du végétal développées dessus et dedans le liquide est en faveur de celle-ci, A mesure que la solution contient moins de peptone, réapparaît la couleur verte normale, qui était devenue vert grisâtre dans les solutions plus riches.
En résumé, une trop faible concentration des solutions nutritives produit généralement les mêmes effets qu'une trop forte concentration de ces solutions, savoir : accroissement de la végétation submergée, diminution de taille des appareils fructifères aériens.
Influence de la lumière. — Elfving (1890, p. io5) rapporte l'observation curieuse qu'il aurait faite sur VEurotiuni herharzorwm, croissant à la lumière solaire d'une intensité moyenne, de la production dans ces conditions d'une forme levure ; celleci devenait même une race héréditairement fixée, incapable de faire retour à l'Eurotium. Ce fait s'appliquant à un Eurotium avait des chances de se retrouver chez des espèces voisines. Klebs a fait des expériences dans ce sens avec l'A. repens, dont il a exposé directement les cultures au soleil d'avril, il n'a jamais rien constaté de semblable.
Nous avons répété ces expériences en juillet. Une culture sur pomme de terre était exposée en un lieu où elle recevait directement les rayons solaires pendant toute la journée ; une autre culture était placée dans les mômes conditions, mais enveloppée d'un papier d'étain, cette deuxième culture servant à apprécier la part attribuable à l'élévation de température qui résultait de cette exposition. Nous observions un retard dans les deux cultures, mais beaucoup plus important pour celle qui n'était pas abritée de la lumière ; de plus, les fructifications y présentaient une coloration grisâtre, au lieu de la
belle couleur varie qiroffrail la cullure lémoiii. Une lumière trop intense peut donc retarder le développement, jamais elle n'a favorisé la production de formes en levure. Il se produit une action parallèle sur liquide de Uaulin.
Sclérotes.
Les sclérotes des Eurotium sont considérés comme un stade de développement du champignon qui évolue vers sa forme périthèce ; tantôt ce stade n'est que de courte durée, tantôt il persiste très longtemps, le passage à l'état périthèce ne s'efPectuant qu'après une période de repos ; dans d'autres cas, le sclérote paraît avoir perdu la faculté de pousser plus loin son perfectionnement et reste à la phase sclérote, c'est ce qui se produit pour l'A. vnriahilis^ qui, pendant les deux années que nous l'avons observé, ne nous a jamais donné la forme parfaite, quelques soins que nous ayons apportés à l'obtenir. Nous les avons inutilement fait reposer pendant quelques jours ou durant des mois, et replacés ensuite en milieu humide, nutritif ou non.
Le développement du fruit ascifère d'un Aspergillus a été pour la première fois décrit par de Bary (1870), qui prétend à leur origine sexuelle, parce qu'il a vu s'opérer la conjugaison des fdaments spirales qui en sont le début. AL Van Tieghem est opposé à la théorie de la sexualité de ces organes ; il est d'ailleurs des sclérotes ou des périthèces qui résultent d'un bourgeonnement homogène du mycélium, cas oîi il ne saurait être question de sexualité.
Tous les Eurotium, Aspergillus ou Sterigmatocystis, passent par une phase sclérote, la maturation de ceux ci se faisant généralement immédiatement chez les premiers, el après un temps de repos chez les seconds.
Quelles sont les condilions qui favorisent l'apparition de ces organes? AL Brefeld (1881 , p. i32) constate que les périthèces
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPECES lOl
de VEurolium herhariorum se forment principalement en automne, si le champignon a déjà produit de nombreuses générations; Siebenmann (i883, p. 28) obtient ces fruits au moyen de cultures à des températures élevées; Elfving (1890) constate aussi leur efficacité et, pour Klebs, une haute température constante est même le meilleur moyen de s'en procurer.
Développement. — En prélevant des portions du thalle dans les parties jeunes des régions où se forment des sclérotes, on peut les observer à différents stades de développement et constater qu'il se fait par un bourgeonnement homogène du mycélium, c'est-à-dire aux dépens d'un certain nombre de ramifications non ditTérenciées du mycélium, qui s'entre-croisent, se pelotonnent et se ramifient de plus en plus, de façon à constituer bientôt une masse homogène de pseudo-parenchyme; ces petits nodules sont d'abord blancs, puis bruns et brun foncé presque noir. En coupe transversale, ils présentent une coloration brun rouge plus foncée vers la périphérie. Cette région est constituée par des cellules à parois très épaissies, tandis que dans la région centrale se reconnaissent encore les filaments. Ces sclérotes peuvent atteindre au maximum i^^^^Sou 2 de diamètre.
Conditions de formation de sclérotes. — Ces conditions sont diverses, et leur production peut dépendre de la quantité ou de la qualité des éléments du substratuin,de sa consistance, de la température ou de l'état des spores.
Une température élevée, voisine de 3o degrés, favorise la
formation des sclérotes. Mais, même à cette température, le
développement se fait plus ou moins rapidement suivant les
milieux. Ils étaient très abondants sur pomme de terre addi-
, Suif. deZn.4-P. I Suif, de Zn. o, i -f P. i
tionnée de et sur
Le sulfate de zinc, dont la présence provoque un épaississement des membranes des parties filamenteuses, paraît avoir
Université dk Lyon. — Beauverie. 7'
une action très favorable sur la production des sclérotes. Après huit jours, il ne s'en était produit aucun sur pain. Ils se montrent rapidement sur tranches d'oignons ; on remarque alors à la surface de ce substratum^ complètement recouvert d'une couche verte de fructifications, des bouquets de pieds fructifères beaucoup plus longs que les autres, et constitués généralement par de beaux Aspergillus. A la base de ces touffes, on trouve des sclérotes avec lesquels elles sont en relation ; ils ont dû germer sur place et produire, alors que le milieu nutritif était épuisé, les Aspergillus aux dépens de leurs réserves nutritives. Ces derniers sont souvent accolés en faisceaux, au moins à leur base.
Sur milieux liquides, la production des sclérotes est beaucoup plus rare qu'en milieux solides et ne se fait que sur ceux qui possèdent une assez grande valeur nutritive. Il faut, de plus, que le mycélium avec ses fructifications ordinaires ait recouvert toute la surface du liquide et constitué ainsi une croûte solide. A partir de ce moment, on voit la culture se recouvrir d'un feutrage d'un mycélium blanc, portant de rares et très faibles fructifications conidiennes, souvent réduites aux stérigmates conidifères; ces filaments proviennent de la germination sur place des spores de la première couche verte, maintenant complètement cachée. Si, après quelque temps, on soulève ce feutrage blanc, on aperçoit au-dessous de lui d'innombrables sclérotes qui se touchent tous (culture sur liquide de Raiilin). Sur jus de pruneau il s'en forme rarement, sur d'autres liquides moins nutritifs, il ne s'en produit jamais.
Le mycélium du feutrage en question présente fréquemment une modification particulière de la membrane, consistant en un renflement brunâtre au niveau des cloisons (fig. 3, h). Cet épaississement, qui se colore en violet par la solution étendue de rouge de ruthénium, doit être de nature pectique (Mangin, 1892).
L'état des spores a également une influence sur la production des sclérotes. Nous avons ensemencé sur pomme de terre des
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPÈCES Io3
spores d'A. variabilis provenant d'une culture très desséchée sur pain, qui nous arrivait du Tonkin, et nous avons été frappé de la rapidité avec laquelle cette culture montra des sclérotes ; elle en était recouverte dès le deuxième jour, alors qu'il n'en existait encore aucun dans une culture témoin. Plusieurs agents ont pu ici déterminer la modification des spores qui se manifeste ainsi : des températures élevées, la sécheresse ou l'atmosphère confinée et l'obscurité qui régnaient à l'intérieur du récipient.
Dans les expériences que nous avons décrites ci-dessus, sur l'influence de la lumière sur le développement du champignon, il ne s'est jamais formé de sclérotes malgré l'augmentation de température favorable. Ces expériences étaient faites au mois de juillet, à une époque oîi la température ne s^abaissait guère au-dessous de 24 degrés dans la salle où se faisaient ces cultures, et quoiqu'elles ne fussent pas maintenues à température constante, l'abaissement nocturne de celle-ci était insuffisante à expliquer l'absence des sclérotes.
Une des circonstances qui favorisent le plus la formation des périthèces, est l'existence d'une atmosphère confinée. Ils apparaissent le plus souvent entre le substratum et la paroi du récipient, dans des régions défendues contre l'accès de l'aire On peut se demander, il est vrai, si c'est le manque d'oxygène ou la compression résultant d'un espace insuffisant qui agissent
^ Xous avons été assez heureux pour rencontrer ÏAspenjilliis nidiilans, avec ses périthèces si remarquables par leur enveloppe épaisse de branches ramifiées terminées par de ^-^rosses cellules sphériques à fortes parois, et par leurs ascospores d'un beau rouge. Ce champignon développait abondamment ses périthèces sur les milieux solides comme sur les milieux liquides les plus pauvres, tels que de Teau ordinaire contenant des traces de jus de pomme de terre. L'examen comparé que nous avons pu faire des conditions de développement des périthèces dWsper- (jillus iiidalaiis et des sclérotes d' A. variabilis^ nous a montré que ces deux organismes ne se comportaient pas toujours de même, vis-à-vis des mêmes conditions.
Io4 DEUXIÈME PARTIE
ici. Il arrive quelquefois qu'une tranche de pomme de terre, par exemple, utilisée comme substratum en boîte de Pétri, se soulève dans sa partie médiane par suite d\m commencement de dessiccation ; il en résulte entre elle et la paroi de la boîte une cavité close, quelquefois assez spacieuse, où les sclérotes se produisent abondamment. On en obtient un grand nombre, même à des températures d'une vingtaine de degrés, en remplissant aux trois quarts une boîte haute, de pomme de terre d'abord cuite à la vapeur d'eau et écrasée, puis stérilisée à I20 degrés et ensemencée; on lute exactement les bords du couvercle. La forme conidienne se développe en premier lieu, mais si l'on ouvre la boîte après dix ou quinze jours, on remarque qu'il s'est formé à la surlace de très nombreux sclérotes. Ces faits doivent faire rejeter l'hypothèse d'une influence exclusive de la compression.
PENICILLIUM GLAUCUM Liink.
Celte espèce, qui constitue une des moisissures les plus vulgaires, a joué un rôle prépondéraift dans l'histoire de la Mycologie. Elle est vraisemblablement connue depuis fort longtemps, au moins d'une façon superficielle, car son étude scientifique réclame le concours de forts grossissements.
Les premières observations datent de Micheli (1729, t. 11^ fig. 3), qui décrit un Pénicillium sous le nom dWspergillus alhiis; puis, Linné en parle sous le nom de Miicor crustaceus albiis (1764, Species pLinL, 11^ editio tertia , p. i656) ; il s'appellera ensuite Monilia digitata Persoon (1801, Syn. meth. fung., Gôttingen, p. 695). C'est Link qui est l'auteur du genre Pénicillium et du nom d'espèce glaucum, aujourd'hui généralement employés fOhserv. in ordines plant, natur. Dissertatio prima, p. 16 et 17). Pries, en 1829, restitue à cette plante le nom d'espèce donné par Linné, et la nomme P. criistaceum (System. mycoL, III, puis Siimma vegetah. Upsaliae, 1849). H constate le premier les formes Coremiam de cette espèce. Ensuite se produisent les innombrables travaux des polymorphistes, qui ne font guère que retarder la connaissance de cette plante. En 1875, Petrowsky décrit des chlamydospores couleur cannelle, à paroi épaisse, situées dans l'enveloppe d'une cellule polygonale, qui s'isolent de la membrane et s'arrondissent, germent sur jus de fruit en donnant le P. glaucum.
Lœw, en 1869, étudie le développement du pied fructifère.
De Seynes (i886, p. 4^) dit que les spores de formation basipète sont encore réunies, après leur production^ par des étranglements correspondant à la région d'un filament primitif dans laquelle la membrane de la spore ne serait point soudée à la membrane du filament.
En i838, Turpin disait déjà avoir vu des globules de levure de bière se transformer en P. glaucum. Mais l'ère du polymorphisme s'ouvre véritablement après les premiers travaux de Tulasne, à partir de i85o. Nous avons longuement insisté, dans l'historique placé au début de ce travail, sur les observations, il vaudrait mieux dire les idées, de Bail, Berkeley, Hoffmann avec son « Diinstrôhrh zur Reincultur », Pouchet, Joly et Musset, Garnoy, Goccardas, etc. ; nous n'y reviendrons pas.
M. Van Tieghem, en 1868, constate que cette moisissure végétant dans une solution tannique, transforme le tanin en acide gallique (fermentation gallique), sans pour cela prendre de forme levure.
Lœw (1867) nie qu'il existe des rapports entre Pénicillium et Dematium . Signalons aussi ce fait, que Tulasne admet tait une liaison génétique entre Pénicillium et Aspergillus : « Hue adde id Penicillii quandoque formam videri diminutam Aspergilli glauci. » (Carp., H, p. 63, note 2, et p. 227.)
Les périthèces, entrevus d'abord par Léveillé en i8^jO, ont été soigneusement décrits par M. O. Brefeld dans son beau travail sur le P. c/lriucum, 1874 (B. II. u. S. 2). 11 observe que leur formation s^effectue dans la profondeur du subslratum et montre que leur production a lieu à l'abri de l'air, tandis que celle des conidies est entravée dans ces conditions. Pour les obtenir, il applique une tranche de pain du côté ensemencé sur une plaque de verre. Il attribue une origine sexuelle à ces organes ; leur formation débute par deux courtes spires enroulées, qui sont pour lui un ascogone et un pollinode, puis il se fait une corLication abondante aux dépens des nombreuses branches stériles qui naissent du mycélium , supportant les
rameaux sexuels, L'ascogone, lui-même, se ramifie bientôt à l'intérieur du tissu stérile qui épaissit ses cellules : C'est la phase Sclerotium. Après un temps de repos el dans une atmosphère humide, le corpogone fournit des branches qui se glissent dans les cavités que laisse le tissu environnant, qui se résorbe d'ailleurs au fur et à mesure du développement de ces branches ; celles-ci émettent des renflements qui deviennent les asques. Le tissu stérile est en ce moment résorbé en majeure partie, ne laissant plus subsister qu'une membrane extérieure de deux ou trois couches de cellules. Enfin, les parois des asques disparaissent elles-mêmes; la membrane externe se fendille et les spores sont mises en liberté. Brefeld conclut de son étude que le Pénicillium est très voisin des Tubéracées et Elaphomyces, et que, vraisemblablement, la station normale de ce champignon (perithèce) doit être hypogée.
M. Van Tieghem le place parmi les Périsporiées (Perisporiacées). Dans la classification adoptée par Fischer, dans Pflanzenfamilien, ils sont séparés des Perisporiales qui, dans cette classification, rentrent dans l'accolade des Pyrénomycètes, et constituent un groupe séparé, celui des Pleclascinées, placé entre les Pyrénomycètes, d'une part, et les Tubérinées d'autre part.
M. Guégen (1898-99) a consacré récemment une importante étude au Pénicillium glaucum. Celui-ci constitue, d'après l'auteur, la majorité des éléments mycéliens des solutions, et les Hormodendron qu'ion y rencontre fréquemment n'en sont peut-être que des états évolutifs. Nous avons, à peu près simultanément, émis des idées se rapprochant de celles de ce botaniste, et signalé la production de formes dematioïdes aux dépens du Pénicillium. M. Guégen ramène, en outre, à cette espèce plusieurs formes qui avait été décrites comme espèces distinctes; il décrit des sclérotes à chlamydospores et observe des périthèces un peu différents de ceux de Brefeld, de situation superficielle el de taille plus petite. Il signale quelques particularités de leur développement.
Nos observations personnelles sur le P. glaucum datent du début de nos recherches. Nous avons été amené à étudier quelle était l'influence de substances toxiques sur ce champignon en présence de matériaux nutritifs, ce qui nous a conduit à l'étude des organismes mycéliens des solutions. Utilisant les données acquises, nous avons pu constituer des milieux très anormaux qui nous ont permis d'observer des déformations intéressantes de ce végétal.
On connaît déjà un bon nombre d'espèces de champignons inférieurs végétant dans des milieux qui semblent peu compatibles avec la vie ; c'est ainsi que l'on en a trouvé dans un grand nombre de sels d'alcaloïdes, dans la picrotoxine, le chromate de plomb qui sert à la conservation des cadavres, l'acide picrique, les solutions arsenicales (VHygrocrocis arsenicus de M. Marchand), des solutions concentrées de sulfate de cuivre, neutralisées par l'ammoniaque et servant à l'immersion de plaques gélatinées employées en photogravure (R. Dubois, C. /i., 1890), dans de l'eau phéniquée à 2/100 (Barnouvin) .
Nous avons encore constaté le développement de moisissures et particulièrement de Pénicillium, sur de la gélatine que l'on avait cru rendre antiseptique par de l'acide salicylique, dans des solutions faibles d'acide chlorhydrique ou sulfurique, dans
une solution à d'acide chlorhvdrique où avaient macéré
des fragments de pancréas, M. Trabut ' (1895) signale une végétation abondante de P. glaucum, vivant dans des conditions particulières sur solution concentrée de sulfate de cuivre. Nous avons signalé nous-même, à propos de l'A. variabilis, la puissance de résistance qu'olîrent beaucoup de moisissures à d'énormes concentrations.
Tous ces exemples, dont on pourrait allonger beaucoup la
* Sur un Pénicillium végétant dans des solutions concentrées de sulfate de cuivre fliiill. de hi Soc. hof. de France. 3" série, t. II, p. 33. iSf)5).
liste, montrent combien il faut être prudent dans le choix de stérilisants ou désinfectants^ puisque certains organismes inférieurs présentent une remarquable force de résistance aux agents, considérés trop facilement comme parasiticides généraux.
Depuis nos recherches, M. Stevens (1898) et M. Guégen (1898- 1899) ont constaté que parmi ces organismes, \e P . glaiiciz/7i présente, plus que tout autre, cette faculté de résistance aux poisons.
Le cas sur lequel nous appelons ici l'attention est celui d'une végétation abondante de deux champignons dans une solution aqueuse contenant :
Sulfate de cuivre 34/iooo
Sel de Seignette 200/1000
Ces deux champignons sont, d'une part le Pénicillium glaucum, auquel la propriété de se feutrer en stroma à la surface du substratum a valu aussi le nom de P. criisfaceum ; d'autre part un Sterigmatocystis mêlé intimement à ce Pénicillium, d'abord rare, puis finissant par le supplanter presque complètement.
M. Trabut^ a signalé récemment la présence du Pénicillium dans des solutions concentrées de sulfate de cuivre. Ayant fait préparer, pour sulfater des semences de blé, une solution de sulfate de cuivre à 2 0/0, dans laquelle des blés charbonnés étaient immergés, il vit se produire, au bout de quelques jours, un mycélium vigoureux, allant du fond du vase à la surface, puis sur les rameaux aériens blancs apparaître des spores constituant des îlots d'un rose terne. Ce champignon différait du Pénicillium f/laucum seulement par la couleur des spores, et M. Trabut le désigne provisoirement sous le nom de Pénicillium glaucum. Cet auteur parvint à faire végéter ce champignon dans des solutions contenant 3, 4?
*■ Loc. cil.
5, 6, 7, 8, 9 et 9 i/4 pour 100 de sulfate de cuivre, solutions oîi l'on avait préalablement fait macérer une poignée de blé.
M. de Seynes^ en ensemençant le Penicillum cupricum de M. Trabut, dans des tubes stérilisés contenant du jus de citron concentré, vit se produire un mycélium blanc, mais portant des spores de couleur verte, établissant ainsi que le P. cupj^icum n'est autre que la moisissure très vulgaire nommée P. çlaucum. Nous avons reproduit celte expérience le plus facilement du monde, en faisant sur divers substratum des ensemencements du champignon développé dans notre solution de sulfate de cuivre, ensemencements qui ont toujours fourni sur pomme de terre, gélatine, gélose, etc., etc., une belle végétation avec les conidies de la couleur vert glauque habituelle du Pénicillium glauciim.
Nous l'avons également cultivé dans des solutions de sel de seignette (tartrate double de po lasse et de soude), sel qui accompagnait le sulfate de cuivre dans notre solution et dans une solution d'acide tartrique 200/ 1000.
Dans les deux cas, la parlie ensemencée s'enfonçait dans le liquide, puis, après quelques jours, émettait des filaments serrés et rayonnant autour de la portion primitive, formant bientôt une masse floconneuse occupant tout le fond du vase. Cette partie était formée exclusivement par un mycélium ramifié, très mince et à cloisons peu apparentes, sans conidies. Le mycélium du Pénicillium glaucum peut donc s'accommoder facilement d'une vie submergée, mais il ne donne pas d'organes reproducteurs dans cette situation. Au bout de plusieurs semaines, on voit apparaître à la surface du liquide une ombre légère due à la présence de filaments fructifères; plus tard se forment les appareils fructifères aériens, très abondants sur le sel de Seignette et d'un vert très accentué, tandis que le mycélium submergé présente une teinte rouge rouille, teinte que
^ J. de Seyncs, Résullal de la culture du Pénicillium cupricum, Trabut (Bul. Soc. hol. de France, S'-'série, t. II, pp.45i et 482, 1895).
ETUDE PARTICULIERE DE QUELQUES ESPECES î I î
nous avons observée aussi chez le mycélium de l'A . variahilis végétant dans la solution d'acide tartrique ou chez le Pénicillium lui-même, croissant dans des solutions faibles d'acide sulfurique.
Nous signalerons une anomalie que nous avons abservée plusieurs fois dans des cultures de Pénicillium (/laucum, en gouttelettes suspendues dans des cellules Van Tieghem, dans l'eau de levure à lo/iooo.
Normalement, les filaments fertiles qui sont dressés donnent naissance latéralement à des branches qui se produisent de bas en haut; les branches primaires, secondaires et tertiaires, de plus en plus courtes, se terminent chacune par un chapelet despores, et l'ensemble de ces branches ultimes se rassemble en une sorte de pinceau surmontant le filament principal. Nous avons vu chez certains individus les branches de premier, deuxième ou troisième ordre s'allonger en filaments remplaçant les chapelets de conidies, tandis que, sur le même pied, des branches de même ordre se développaient normalement (fig, 24). Il se produit ici un véritable avortement des branches conidifères, qui s'allongent sans se cloisonner en spores. D'autres fois, les chapelets de conidies étaient développés, mais la dernière, ou encore une conidie de la partie inférieure du chapelet, s'allongeait en filament présentant parfois des commencements de ramifications. Dans le cas où l'allongement se produit dans une spore de la base du chapelet, celles des spores placées au-dessus sont déjetées sur le côté (fig. 25). Nous avons vu que ce changement d'état des spores ou des stérigmates se produit régulièrement chez V Aspergillus variahilis, qui passe ainsi à l'état stérile par une adaptation à la vie submergée. Il doit se produire un phénomène analogue pour le Pénicillium glaucum, mais il se produit plus rarement ; nous n'en avons pas fait d'ailleurs d'étude approfondie.
Il est évident que c'est grâce à la présence du sel de seignette que peut végéter le champignon dans une solution contenant une dose relativement forte de sulfate de cuivre, qui, s'il était seul, le tuerait.
Nous avons recherché quel était le rôle du sel de seignette ou de Facide tartrique (qui se comporte dans ce cas comme ce dernier corps), sur la variabilité de Taction du sulfate de cuivre.
M. Sauvageau (1894) a attiré l'attention sur cette question à propos de l'action du sulfate de cuivre sur VIsaria farinosa en présence de l'acide tartrique. Il a remarqué que, vis-à-vis de ce dernier sel, le sulfate de cuivre devient environ quarante fois moins toxique. L'acide tartrique agit-il comme substance nutritive, en donnant au végétal plus de force pour résister à Faction du sel de cuivre, ou a-t-il une autre action capable de neutraliser celle du poison ' ?
*M. Maillard a trouvé que le sulfate crammoniaque, en certaines proportions, diminue le pouvoir toxique du sulfate de cuivre vis-à-vis du Pénicillium.
M. Stevens a constaté que la bouillie bordelaise renferme bien plus de cuivre qu'il n'en faudrait pour produire le même effet s'il était dissocié en ses ions simples.
Rappelons ce qu'est la théorie de la Dissociation hydrolytique, due à Svante Arrhenius, 1887 (Journal de physique, 1888, p. 178), dissociation dailleurs purement hypothétique et non admise par tous les auteurs. Les corps dissociables sont ceux que le courant électrique décompose : ils sont électrolyles.
Sous l'influence du courant, ils se divisent (électrolyse) en groupements ou ions qui apparaissent libres sur les éleclrodes. Celui qui se rend à l'électrode négatif ou cathode est le cathion ou radical-éleclropositif ; celui qui va à l'électrode positif ou anode est Vanion ou radicalélectro-négatif.
Le transport de l'électricité paraît lié au déplacement des ions. Or, dans une solution, on constate que la conductibilité électrique augmente avec la dissolution, d'où l'on peut conclure qu'il y a de nouvelles molécules dissociées en ions. Arrhenius admet cette hypothèse, que l'eau dissocie les électrolvtes en leurs ions ; ces ions sont libres dans le liquide , à côté de molécules, qui ont pu demeurer intactes et dont le nombre diminue à mesure que saccroit la dilution.
Les propriétés physiques, chimiques et physiologiques de ces ions sont bien distinctes de celles des molécules, et les propriétés d'une solution saline sont la résultante des propriétés des deux sortes de ions.
ETUDE PARTICULIERE DE QUELQUES ESPECES IlJ
Pour élucider ce problème, nous avons recherché la close limite inférieure du sel de cuivre permettant la germination dans l'eau ordinaire, puis la dose limite supérieure permettant la germination dans une solution à laquelle nous avions ajouté du sel de Seignette ou de l'acide tartrique en quantité déterminée, soit I gramme pour looo. Divisant la dose limite supérieure par la dose limite inférieure, on savait combien de fois I gramme de sel de Seignette ou d'acide tartrique rendait le cuivre, moins toxique.
Dans une seconde série d'expériences, nous avons remplacé ces corps par des substances nutritives plus ou moins complètes, ne les contenant pas. Si le Pénicillium germait encore dans ces conditions, c'est que ces substances purement nutritives auraient le même effet que nos deux sels précédemment expérimentés. Dans ce cas, leur rôle nutritif serait établi, sinon il faudrait chercher ailleurs Texplication de leur action vis-à-vis du sulfate de cuivre.
Pour rechercher la dose limite inférieure de sulfate de cuivre permettant la germination du P . glaucum^ nous avons fait une
lievenons au travail de M. Stevens. Il indique dans un tableau un certain nombre de corps non toxiques. Il conclut de leur non toxicité que ni leurs molécules ni leurs ions ne sont toxiques. Donc, quand un de ces ions reconnus inactifs sera combiné à un autre ion, pour donner une combinaison toxique, ce sera nécessairement le ion introduit qui mesurera la toxicité du composé. Cette théorie est ingénieuse, mais pour quelques faits qui cadrent avec elle, beaucoup sont en désaccord; de plus, elle est toute basée sur l'existence d'une dissociation hydrolytique, qui, nous l'avons dit, est loin d'être prouvée, et qui contrevient aux données de la thermochimie (lîeychler, les Théories physico-chimiques, Paris, 1897, p. 220, Ihill. Soc. chim., 1892, t. II, p. 812). Une utilisation pratique de ces données est peut-être un peu prématurée. Nous nous rangeons volontiers à l'avis de M. Guegen (analyse de l'ouvrage de M. Stevens, Bull. Soc. myc. de Fr., 189g, p. i34), qui pense qu'il est plus rationnel d'admettre que chaque composé est toxique par une qualité qui lui est propre, qui peut dépendre dans une certaine mesure de la nature des composants, mais ne semble point obéir à une loi fixe.
Il4 DEUXIÈME PARTIE
série d'ensemencements de ce champignon provenant d'une culture pure bien développée sur pomme de terre, dans des gouttelettes suspendues en cellules Yan Tieghem. Ces gouttelettes ayant la composition suivante :
Sulfate de cuivre . . o,io 0.20 o,3o o,4o o,5o 0,60 Eau ordinaire . . . 1000 1000 1000 1000 1000 1000
Une expérience témoin, avec de l'eau pure, permettait de constater le retard qu'apportait le sulfate de cuivre à la germination des spores.
Après quelques heures, dans l'eau ordinaire, les spores, après avoir doublé de volume, avaient produit un ou deux tubes de germination ; elles s'étaient comportées à peu près de
même dans la solution à — ^ ; le retard était faible dans les
solutions à 0,20 et o,3o pour 1000, mais beaucoup plus accentué à partir de 0,40, où ne germent qu'un nombre de spores de plus en plus restreint : elles émettent alors des tubes germinatifs qui demeurent courts ; enfm, dans la solution à o,5o ne se produisaient à peu près plus de germinations. La dose limite
intérieure est donc ou un peu supérieure \
Nous avons recommencé une série d'ensemencements en
ajoutant cette fois aux solutions de sulfate de cuivre i gramme
pour 1000 de sel de Seignette, et nous avons recherché à quelle
dose limite de sulfate de cuivre s'arrêterait la germination des
spores dans ces conditions nouvelles. Nous avons pris comme
point de départ une solution de sulfate de cuivre à o,5o qui,
* Ce chilFre ne s'accorde point avec celui de i/iooo que donne M. Guégen (1898-1899). Cela doit tenir à ce que nous n'avons pas observé les cultures après une période de temps dépassant six à sept jours, et à ce que l'atmosphère des cellules est confinée, celles-ci étant hermétiquement closes.
Ceci n'a d'ailleurs pas grande importance, puisque nous comparerons des résultats obtenus dans des conditions semblables.
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPÈCES lit)
en l'absence de sel de Seignette, n'aurait pas permis la germination des spores; puis nous avons augmenté, peu à peu, la quantité de cuivre dans les solutions suivantes :
Sulfate de cuiv. o,5o i 2 3 4 5 lo
Sel de Sei<^aiette i 1 i i i i i
Eau .... 1000 1000 1000 leoo 1000 1000 1000
Agissant comparativement toujours avec un ensemencement dans l'eau ordinaire, nous avons trouvé que la dose limite était un peu supérieure à deux. L'acide tartrique donne des résultats très voisins.
En divisant la dose limite supérieure ainsi obtenue par la dose limite inférieure, nous voyons que la présence de i gramme d'acide tartrique ou de sel de Seignette a rendu le cuivre environ — ^ ou quatre fois moins toxique.
Or^ M. Trabut, dans l'observation que nous citions plus haut, a constaté une forte végétation de ce champignon dans des solutions à 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 9 1/2 pour 100 d'eau, mais alors la solution était rendue nutritive par la macération pendant vingt-quatre heures d'une poignée de blé. M. de Seynes, de son côté, a fait des cultures dans des solutions à 2 1/2,5 et 9 1/2 pour 100 d'eau provenant d'une décoction d'orge; il est vrai que le champignon se développait assez mal surtout dans la solution à 9 1/2. M. de Seynes attribue la différence qui se manifeste entre ses résultats et ceux de M. Trabut au fait que le sulfate de cuivre dont se servait ce dernier, destiné au sulfatage des blés, devait contenir des impuretés diminuant d'autant la teneur en cuivre, tandis que le sel dont il se servait était un produit de laboratoire parfaitement pur.
Toujours est-il que ces observations monirent que les substances nutritives provenant de la macération ou de la décoction de l'orge ou du blé ont, comme l'acide tartrique et le sel de Seignette, la propriété d'atténuer l'action du sulfate de cuivre. Il faut donc attribuer le rôle de ces deux substances,
dans le cas qui nous occupe, à leur valeurnutritive; seulement, ces produits de macération constituant des aliments plus abondants et plus complets, permettent au Pénicillium de résister à une quantité encore bien plus grande de sulfate de cuivre.
De plus, cette propriété d'atténuation de la toxicité du cuivre augmente proportionnellement (jusqu'à une certaine concentration) à la quantité de substance nutritive employée. Nous avons fait une autre série de cultures en cellule en augmentant d'une unité les doses d'acide tartrique, tandis que nous accroissions celles de sulfate de cuivre. Soit les doses suivantes :
Sulfate de cuivre 2 4 6
Acide tartrique i 2 3
Eau 1000 1000 1000
Tandis qu'avec i gramme d'acide tartrique les germinations s'arrêtaient vers 2/1000 de sulfate, elles se produisaient ici abondamment dans les solutions à 4, 6 de cuivre. Nous avons vu plus haut que nous avions eu une végétation extrêmement abondante, surtout quant à l'appareil mycélien, dans notre solution à 84/1000 de sulfate de cuivre avec 200/1000 de sel de Seignette.
On peut facilement aussi se rendre compte de l'importance de la qualité de la substance nutritive que l'on oppose à l'action du poison. L'acide tartrique ne constitue pas pour le Pénicillium un aliment très favorable, et l'on pourrait faire affronter au champignon des doses beaucoup plus grandes de cuivre en lui fournissant une substance plus nutritive. Cette différence se constate déjà, si l'on ajoute à l'acide organique de l'azotate d'ammoniaque soit :
Sulfate de cuivre 6
Acide tartrique i
Azotate d'ammoniaque i
Eau 1000
Cette solution avait permis des germinations assez nombreuses dès le deuxième jour.
Nous avons obtenu des germinations assez rapides dans bouillon de viande looo, additionné de sulfate de cuivre lo.
En re^i/me Faction du sulfate de cuivre, et probablement de beaucoup d'autres substances toxiqlies, varie, vis-à-vis des champignons, en s'atténuant proportionnellement à la quantité et à la qualité des substances nutritives qui l'accompagnent.
L'importance de cette faculté d'atténuation est variable encore suivant les espèces de champignons.
Ce fait doit être considéré dans la pratique : il faut se mettre en garde, dans le traitement des maladies des plantes par le sulfate de cuivre, contre l'apport, d'une façon quelconque, de substances nutritives capables d'atténuer ou d'annihiler le bon effet des solutions de cuivre.
Nous avons vérifié pour les autres espèces étudiées dans ce travail, que ce fait d'atténuation existe. Nous avons fait des cultures dans des solutions d^antiseptiques divers additionnées de substances nutritives, les doses employées étant de celles qui tuent le champignon, lorsque le poison est seul.
Dans la même solution concentrée et mixte de sulfate de cuivre et de sel de Seignette, se trouvait, intimement mêlé au Pénicillium, un Sterigmatocystis, La présence de cet organisme dans un tel milieu est intéressante, car s'il est démontré que le P. glaucum peut, entre toutes les moisissures, résister aux influences toxiques ; le fait a été moins observé pour d'autres espèces. Ce Sterigmatocystis était apparu, à l'origine, sous forme de deux petites taches, jaune vert très pâle, à la surface du stroma formé par le Pénicillium ; il se développa assez rapidement. Des spores ayant germé dans le liquide environnant, donnèrent de nombreux îlots qui arrivaient à se réunir. Après deux mois il avait supplanté presque complètement le Pénicillium ^
^ II est vrai que le Pénicillium lui-mênie^par sa végétation, ses sécrétions (?), avait pu modifier le milieu.
Université de Lyon. — Beauverie. 8.
Voici quels sont les caractères microscopiques de ce petit Sterigmatocystis : Filaments mycéliens très minces, ramifiés, cloisonnés, plongeant profondément dans la solution. Filaments fertiles, dressés, simples, non cloisonnés, de 65o u. de long, max., sur 3 y. 5 de larg. Vésicule terminale de forme allongée, i4 [^ long. Basides 3 y. 33, supportant 3 à 4 stigmates de 6 p y de long., chacun se terminant par un chapelet de conidies mesurant 3 |u de diamètre ; elles sont échinulées et d'un jaune pâle.
Ce petit Sterigmatocystis rentre dans la catégorie de ceux, assez peu nombreux, qui possèdent des basides plus courtes que les stérigmates. Nous n'avons pu l'identifier à aucune des espèces décrites dans le Sylloge de Saccardo.
Il offrait assez fréquemment les proliférations décrites par nous chez l'A. variahilis.
Le Pénicillium glaucHias et les cltniti|»iinou9
des solutions.
Nous avons vu comment un Aspergillus (A. variahilis) pouvait s'adapter à une vie complètement submergée, en devenant stérile et prenant l'aspect mycélien. Il peut végéter facilement dans cette situation. Etant donnée la grande diflusion du Pénicillium, sa faculté de vivre dans les milieux les plus insolites, on peut penser que lui, plus que tout autre, doit constituer les masses fongiques mycéliennes des solutions, que Ton a quelquefois attribuées aux Algues, et qu'Agarth (1824), qui en décrivait neuf espèces, désignait sous le nom àTlijcjrocrocis.
Ces Hygrocrocis constituent au sein de diverses solutions des masses d'apparence lactescente^ formant bientôt des flocons plus ou moins denses, capables d'envahir la totalité du récipient. Elles sont constituées par des filaments mycéliens enchevêtrés^ qui^ en certains points, lorsque la culture vieillit, prennent une teinte foncée brune, noire, verdàtre, rougeàtre, etc..
suivant la solution dans laquelle le champignon se développe
FiG. 19 — Hygrocrocis végétant dans une solution faible d'aeitle suU'ui'ique. Forme Dematium. — a, Extrémités de filaments fertiles vues à un plus fort grossissement pour montrer le mode d'insertion des conidies. (Gross. 220.)
Nous avons étudié ces masses fongiques dans des solutions d'acide chlorhydrique à lo/iooo et d'acide sulfuriquè à lOy^iooo où avaient macéré des filaments d'Algues; dans des solutions composées de :
I20 DEUXIEME PARTIE Sulfate de cuivre
. . , . . - I .•,... pour 1000 eau
Acide tartrique i I
Le développement du champignon était surtout net dans la solution d'acide sulfurique : il y formait des touffes submergées, d'abord hyalines, se réunissant en masses de formes irréoulières au sein desquelles se dessinaient, dans les cultures plus âgées, des formations en boule d'un vert noirâtre, plusieurs étant accotées aux parois du récipient.
Les filaments rayonnant en sont d'aspect plus ou moins toruleux, présentant des alternances de dilatations et d'étranglements, surtout vers le centre de la masse. Ces filaments renferment fréquemment des gouttelettes très réfringentes d'une substance huileuse ; puis on voit quelquefois sur leur parcours, ou ])lus souvent à leur extrémité, et en naissant directement, de petits corps oviformes, hyalins, qui ont les rapports avec la plante et l'aspect de spores exogènes. Ces conidies ont de 2 à 3 u de longueur.
A quelle espèce rapporter ces végétations si peu caractérisées? Constituent-elles bien des entités spécifiques?
Les expériences que nous avons faites nous poussent fortement à admettre que, dans un très grand nombre de cas, les végétations des solutions ne sont que des modifications stériles ou des formes évoluées dans une direction rétroorade, de champignons donnant à l'air des fructifications nettement définies, des Aspergillus, quelquefois des Mucor, mais surtout le Pénicillium (jlnucum.
Dans le cas de la végétation sur acide sulfurique, nous constations, outre l'existence des masses fongiques submergées, la présence à la surface d'une couche bien fructiliée de P. glaucum la recouvrant incomplètement.
Nous avions observé de même, dans les cultures pures de r.l, variabilis sur divers milieux, un développement aérien à fructifications normales, parallèle à une végétation submergée, très modifiée et finalement stérile. On pouvait saisir dans le
cas du Pénicillium la continuité des deux formations. Il est vrai que dans une culture en grand, comme celle que nous étudiions, Tobservalion pouvait induire en erreur.
En isolant avec le plus grand soin possible une portion du mycélium submergé, et en le cultivant sur d'autres milieux
FiG. 20. — Hygrocrocis végétant dans solution faible d'acide sulfurique.
(Gross. 320.) Pénicillium glaucum végétant dans une solution faible d'acide sulfurique. —
(Oculaire 3 ; objectif 8, Verick.)
tels que pomme de terre, le substratum ne tardait pas à se recouvrir d'une couche de fructifications de Pénicillium (jlaucum. Cependant ce procédé doit laisser des doutes, car le liquide contenant Tllygrocrocis n'était point stérilisé et, de plus, fréquemment découvert à l'air sans précautions particulières; des spores de Pénicillium avaient pu tomber à sa sur face, et être transportées, au bout de l'aiguille de platine, sur la poitime de terre en même temps que le champignon aquicole, et là germer et se développer au point d'envahir toute la culture.
De plus, s'il y avait mélange de deux espèces, Tune le Pénicillium superficiel, et l'autre, submergée, ce serait le premier qui s'adapterait le plus facilement au nouveau milieu, un développement aérien étant normal pour lui, tandis que l'Hygrocrocis serait vite étouffé.
Une expérience beaucoup plus probante est celle que nous avons faite en parlant du Pénicillium lui même. Nous avons dit comment cette moisissure peut résister à de fortes proportions de substances réputées toxiques, pourvu qu'elles soient en présence de matières suffisamment nutritives.
Utilisant cette donnée, nous avons fait des cultures en gouttelettes suspendues dans des cellules de Van Tieghem, gouttelettes ayant la composition suivante :
Sulfate de cuivre lo
Bouillon de viande looo
Les spores y germent en assez grand nombre, mais le développement est ralenti. Après six jours de culture, nous avions cependant de longs filaments cloisonnés et ramifiés, portant au au bout de ramifications latérales, ou à leur extrémité, des petits corps arrondis ou plus souvent légèrement allongés, ressemblant beaucoup, comme disposition, nombre et dimensions, aux sortes de conidies que nous avons décrites à propos de l'Hygrocrocis. Cette disposition va s'accentuant par le fait de quelques générations successives du Pénicillium glaucum dans ce milieu.
Nous reproduisons ainsi expérimentalement l'Hygrocrocis en partant du Pénicillium glaucum. Nous n'avions pas, il est vrai, les filaments épaissis et vert noirâtre, remplis de gouttelettes huileuses de rilygrocrocis âgé; cela tient au peu de durée de l'expérience. Mais l'apparition, dans les deux cas, de conidies dont la disposition sur les filaments mycéliens et la forme constituent un stade Demalium de l'évolution du champignon, établit bien selon nous la relation des deux formes. On peut d'ailleurs observer parfois des formes de transition
telles que celles que nous figurons (fig. 21). Le passage paraît être beaucoup plus brusque pour le Pénicillium que pour VA. variahilis .
Nous avons pu examiner une végétation analogue, qui s'était développée dans une solution de :
Sulfate de cuivre i
Acide tartrique i
jour 1000 cl eau
FiG. 21. — Culture du Pénicillium glaucnm en gouttelettes suspendues dans des cellules Van Tieghem, constituées par la solution suivante: sulfate de cuivre lo, pour bouillon de viande 1000. — Passage à la forme Dematium. (Gross. 220.)
x\u moment où nous l'avons examinée, la solution était âgée de plus de trois ans. Par le fait de cette ancienneté, le thalle du champignon présentait d'importantes modifications, et Taspect bizarre dont les figures 22 et 28 relatent quelques-unes des particularités.
Nous avions au fond du flacon, de la contenance d'un litre et bien bouché, de gros nodules de 4, 5 ou 6 millimètres de diamètre, souvent reliés entre eux par des masses de filaments enchevêtrés, le tout d'une teinte noirâtre. Ces masses, disso-
ciéessous le microscope à dissection, se montraient constituées par un mycélium in trique rappelant bien celui de Fllygrocrocis précédent, mais extrêmement déformé. On y rencontre des fdaments alternativement très ténus et renflés en boules, dont les parois sont brunes et plus épaisses que le reste du filament. Tandis que les parties minces et hyalines du filament ont de I à I 1/2 |U de largeur, les parties renflées, sphériques
FiG. 22 — Végétation dans une solution très ancienne de sulfate de cuivre i et acide tarlrique i/iooo d'eau. (Gross. 36o.)
ou oviformes, peuvent avoir laX^p. D'autres filaments, dont la couleur est plus sombre que les précédents, sont constitués par des cellules volumineuses, à parois fortement épaissies et brunes, affectant les formes les plus irrégulières et les plus variables, se dilatant parfois en forme de cul-de-sac.
Tous ces filaments sont remplis de gouttelettes très réfringentes qui doivent être dues à une huile grasse. Elles se succèdent en chapelet dans*les portions étranglées du filament et se
groupent clans les portions dilatées. Leurs dimensions sont variables ; si l'on chauffe la préparation, on peut les voir changer de forme ou se fusionner par groupes. Elles se colorent en brun noirâtre par l'acide osmiqye.
Nous ne retrouvons plus ici les conidies de la forme Dematium que nous avons signalées plus haut.
FiG. 23. — Véfi-étation dans uno solution très âgée de sulfate de cuivre i, et acide tartrique i; looo eau. (Gross. 36o.)
Il y a loin de cette végétation à la forme Pénicillium dont elle dérive, et nous avons sous les yeux un exemple remarquable de polymorphisme, dû en grande partie au mode de vie submergée et anaérobie, et à la composition insolite du substratum.
Nous avons pu nous, procurer également VHygrocrocis ar5e/zic«5 Marchand (i883), qui est un Hormodendron assez net. M. Guegen pense que cette forme n'est très probablement qu'un des états évolutifs du P. glaucum; il a obtenu des form.es de passage, mais pas plus que nous^ pour les formes dématioïdes de cette espèce, il n'a pu observer dune manière constante et irréfutable la continuité des deux organismes. Toutefois, les résultats que nous mentionnons apportent en-
core un appui au fait de la possibilité pour les Pénicillium de donner des formes Dematium, car la parenté de ceux-ci et des Hormodendron a été souvent démontrée.
Nous savons, surtout par les recherches de M. Brefeld, que la forme DemaLium est très répandue : plusieurs Ascomy-
FiG. 24. — Pied prolifère de Pénicillium (jlancum. Culture en cellule dans eau de levure à 10/1000. (Gross. 32o.)
cètes peuvent donner, en germant, un thalle et des fructifications de Dematium. Il faut voir dans ce fait un cas du phénomène que M. Gostanlin désigne sous le nom de « convergence des formes conidiennes », en vertu duquel des espèces de champignons, fort différentes, peuvent présenter au cours de leur développement, s'effecUiant dans des conditions normales ou dans des conditions expérimenlales, des formes identiques ; par exemple, un stade I^cvure ou Dematium ou Gladosporium, etc., sans que Ton doive nécessairement ratta-
cher ces espèces les unes aux autres dans la classification actuelle.
Toutefois cette explication laisse toyle latitude de penser que Ton peut avoir là une forme ancestrale commune, d'où se
FiG. 20. — Pied prolifère de Pénicillium (jlanciim. Culture en cellule dans eau de levure à 10/1000. (Gross. 32o.)
seraient détachées, en divergeant, plusieurs de nos espèces actuelles de champignons ; cette forme primitive étant susceptible de réapparaître dans le cours de l'onlogénie de certains d'entre eux, soit quand leur développement s'opère normalement, soit quand il s'effectue d'une façon anormale par suite de conditions spéciales favorisant l'atavisme.
Le Pénicillium cflaucum est susceptible de s'adapter à une
vie complètement submergée, subissant de ce fait des modifications importantes : généralement, il passe à une forme stérile et se maintient dans cet état, ses cellules se déformant et épaississant leur membrane ; quelquefois, il émet de petits bourgeonnements qui lui donnent un aspect rappelant abso-
FiG. 2G. — ^'égétation âgée du Pénicillium glaiicuin. Culture on cellule dans l'eau ordinaire. Formes simjilos rappelant parfois les Acremonium et les Oospora. (Gross. 288.)
lumenl la forme Dematium. Dans tous les cas, il constitue une bonne part des masses fongiques qui se développent dans les solutions, et que Ton avait longtemps décrites comme entités spécifiques, sous le nom d'IIygrocrocis. Dans ces liquides, à côté de ces végétations dématioïdes provenant d'une
ÉTUDE J'AI'. TIC L'LlÈKi: Di: QL'KJ.QL'ES ESPECES I2()
adaptation rapide du Pénicillium normalement aérien à une vie submergée f|iii l'oblige au retoiii- al;i\ifjiieà cette forme ancestrale, on pourra rencontrer des Demaliuni qui. s'étant constammeni proj)agés en milieux licpiides, se seront fixés et constitueroni bien. eux. des espèces distinctes.
Nous avons vu que \Asper([illus vurinhilis donne des formes analogues, ce (jui lu- jjcuI be;iucoup ikju- élrjnner ét;int donné l'étroite parenté de ces deux genres, el ou pcul i m'ttre l'hypothèse que les foiines Oospora^, Penicilliuiu. Aspergillus, Sterigmatocjstis, soul fies étapes de la complication d'espèces issues de Dematium, forcées de s'adapter à une vie aérienne, tandi-; que ces Dematium, continuant de végéter dans l'intérieur du li(piide, se seraient maintenus dans leur forme ou compliqués en Hormodendron, Cladospoiiuin et formes analogues.
MUCOR SPINOSUS Van Tieghem
Le Miicor spinosus van Tiegh. fait partie des champignons moisissures que l'on trouve fréquemment sur le pain humide, le crottin de cheval, etc. On l'a rencontré également sur de la cochenille broyée, du tourteau de colza, delà tourbe, etc. Nous avons trouvé les exemplaires que nous avons étudiés, sur un mur humide, où ils vivaient en compagnie d'une flore abondante de champignons.
Cette espèce a été signalée en premier lieu par Bonorden (1864, p. 109, pi. I) qui l'appela, à cause de sa couleur, Mucor pliimheus. Elle a été l'objet de quelques recherches ultérieures mais peu étendues.
M. Van Tieghem (1876, p. 60) en donne une diagnose précise, et lire la dénomination spécifique, M. .spinosus, du fait que la columelle porte des prolongements épineux. De par la loi de priorité, cette espèce devrait porter le nom de M. plumheus ; cependixnl, l'appellalion nouvelle est beaucoup plus caractéristique, el doit à cet avantage d'avoir été adoptée par Schroeter (p. 2o5), Saccardo (1888, p. 191), Fischer (p. 2o3, fg. 3o, e), dans leurs ouvrages descripLils, el par les autres auteurs.
Zopl" (1881) avait décril un Mucor aspergilloides, très curieux en ce qu'il semblait |)résenter à la fois les formes des deux genres auxquels le nom fait allusion ; mais Fischer (1S92, p. 204)5 qui ^'ul^ l'occasion de voir des préparations et
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPECES l3l
des dessins de ce soi-disant Miicor aspergilloides, ne doute pas que les prolongements que porte, quelquefois en très grand nombre, la moitié supérieure de la columelle, prolongements qui retiennent fréquemment les spores entre eux après la déhiscence, n'aient été pris par Zopf pour des stérigmates avec spores plus ou moins détachées. Le mucor en question n'est autre que le M. spinosus.
En 1884 (p. 2oi^, pi. VII), M. Bainier étudie cette espèce et en obtient les Zygospores qui n'étaient point encore signalées. Elles se sont produites, en août, sur décoction alcoolique de poires et de pruneaux. Selon l'auteur, leur formation n'a pas lieu pendant l'hiver. Elles sont jaunes ou brunâtres et ont la membrane externe recouverte d'épaississements en forme de plaques dont chacune constitue à maturité une éminence pointue. M. U, Gayon (1878, Mém. Bord., -2^ série, ii.fig. 10 12), observe chez ce champignon une forme levure sphérique dont l'existence est corrélative à la fermentation alcoolique. Elle se produit si le champignon végète sans oxygène libre dans un moût sucré. Elle agit sur ce moût comme le fait la levure de bière placée dans des circonstances semblables. On connaissait déjà cette propriété au mycélium du Mucor racemosiis Eres., chez lequel Bail, qui le premier l'avait constatée, crovait à la transformation du Mucor en une levure véritable : un Saccharomyces (1861, p. 23).
M. Gayon constate encore cette propriété du M. spinosus, chez le M. circinelloides. On l'a retrouvée depuis chez le M. ieiiuis (Bainier, i883, p. 353), le M. erectus (id., 1884, p. 207). les Mortierella reticulata et candelahrum (Van Tieghem et Le Monnier), \e Mucor hi/idus (Brefeld), M. amhiguus (Vuillemin 1886), le Thamnidium (Brefeld. 1871 : Bachmann, 1895), etc.
Le Mucor spinosus, comme les Mucorinées en général, ne produit pas d'invertine et consomme simplement le saccharose. Le champignon végétant sur du sucre interverti, du glucose ou du lévulose, en l'absence de l'oxygène libre, les décompose
en alcool, acide carbonique, glycérine, acide succinique et autres produits accessoires. En présence de l'oxygène libre, le champignon consomme simplement le glucose.
On sait que le Mucor circinelloides, cultivé dans le moût de bière, provoque une fermentation alcoolique aussi active que la levure ordinaire, produisant une bière ayant une saveur de prune; le M. spinosus est beaucoup moins actif à ce point de vue et donne, dans un moût sucré, seulement i ,5 à 2, pour 1000 d'alcool, quand le M. circinelloides en donne 5,5 pour 1000 (Gayon, 1878, C. R.)
M. Bainier (1884, pi- VII) dessine quelques éléments de ce « ferment sphérique ».
Voici la diagnose de cette espèce d'après M, Van Tieghem (1876, p. 391) et les auteurs précités : Mycélium rampant, remarquable par le nombre de chlamydospores qui s'y produisent; pieds sporangifères en tapis très serré, ayant de 5 millimètres à I centimètre de hauteur, irrégulièrement ramifiés, se terminant par des sporanges brun chocolat. Les tubes sporangifères sont incolores, lisses, souvent renflés vers le haut, columelle sans apophyse, brune de = 22 — 85 /y. hauteur sur 8 — 65 p. longueur; elle porte au sommet un nombre variable de petits prolongements en doigts de gant, pointus, épineux, généralement très courts. La membrane du sporange, difïluente à maturité, est incrustée d'oxalate de chaux. Spores globuleuses, brunes, 4 — ^ l^- (Van Tieghem), 5 — 8 ou 9 f/. (in Fischer), lisses ou hérissées de petits granules noirs qui sont les granules calcaires de la membrane du sporange demeurées adhérentes aux spores périphériques. Zygospores globuleuses à exospore jaune brun. — Peut présenter une forme levure.
Gomme pour Y Aspergillus vnricibilis^ notre but a été, en étudiant cette espèce, de voir comment agit le milieu pour provoquer l'apparition de telle ou telle forme, de déterminer dans quelle mesure il peut les faire varier. Le choix n'en a pas été prémédité ; cette espèce a été prise au hasard, parmi celles qui s'offraient à nous.
ÉTUDE PARTICULIÈIŒ DE QUELQUES ESPÈCES l33
Sporanges.
Voyons *d'abord quelle est la température la plus convenable au développement et à la maturation des sporanges.
Le champignon, ensemencé sur licpiide de Raulin dans des matras d"Erlenmeyer, n'avait donné qu'une faible germination de ses spores vers 6 ou 7 degrés centigrades et n'avait pas encore produit de sporanges après dix jours; entin, à partir d'une vingtaine de degrés, jusqu'à 3o-32 degrés, le développement s'effectuait en un jour, l'optimum était réalisé vers 25- 3o degrés.
A 35 degrés, le développement se trouvait notoirement ralenti et gêné, mais il se produisait encore faiblement à 40 degrés.
Si nous faisons des cultures aux températures favorables de 20 à 3o degrés, nous constatons que le développement de la plante est intimement lié à la qualité et à la quantité des substances qui entrent dans le substratum, à sa constitution physique ou. d'une façon plus précise, à la pression osmotique de ce milieu.
Influence de l'air sur la formation des sporanges. — ■ Gomme l'a déjà montré Klebs pour le Mucor racemosus^ la première condition pour que s'effectue la formation des sporanges est que le développement se poursuive à l'air libre. Nous avons cependant fréquemment observé des cas de végétations de pieds sporangifères à l'intérieur de liquide, mais alors ils subissent d'importantes déformations. Gela se produit surtout lorsque des sporanges, normalement formés à l'air, se trouvent submergés pour une cause quelconque, avant leur complète maturation. A partir de ce moment le développement se poursuit, mais en déviant de la ligne normale.
Ainsi, dans des cultures sur peptone , additionnées
U.MW DL LlO.N. — l}i;AL\£;i\lIi, 9
d'alcool à 90 degrés , il se forme en quelques jours un
FiG. 27. — Mucor spinosus. Culture en cellule dans h\ liqueur de Rauiin.
(Gi'oss. 212.)
stroma très compacl, de couleur brune, qui émet bienlôl des filamenls fruclifèrcs courts et larges. Puis, en vertu de Tac-
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croissement de son poids, la masse se submerge bientôt, le mycélium continue de croître et finit par envelopper les fructifications anciennes. Si l'on soumet à l'examen microscopique une partie de la masse submergée, on reconnaît les fructifications anciennes qui étaient déjà mûres au moment de Timmersion. Quant aux sporanges qui se trouvaient à ce moment en état de formation, ils ont été gênés dans leur développement : il s'est formé une columelle rudimenlaire, et la masse proloplasmique sporigène ne s'est divisée qu'en un petit nombre de spores atteignant de fortes dimensions, le volume du sporange n'ayant pas sensiblement varié. Fréquemment, la columelle disparaît. Le sporange ne contient plus que deux ou une seule masse (fig. 28, e, c, cl) entourées d'une membrane propre et renfermées dans l'enveloppe sporangiale. Enfin, dans quelques cas, le sporange reste à l'état imparfait.
Nous avons observé des modifications analotrues dans des • ...
cellules sur liquide de Raulin stérilisé à 120 degrés. Dans ce
milieu se produit, comme nous le dirons plus loin, une végétation fructifère abondante et, bientôt, un développement considérable de la partie submergée du champignon, qui a pris la forme de levure. On peut voir dans ces cultures des filaments produisant, en même temps que des cellules sphériques de levure, des masses énormes pouvant avoir de 80 à go (x de diamètre. Nous avons rencontré quelquefois dans le liquide quelques-unes des spores produites suivant le processus que nous venons d'indiquer, donnant naissance à un appendice rempli comme elle d'un protoplasma très dense (fig. 28, i, j). Mais, en général, elles germent en produisant uu filament bientôt cloisonné, et dont les éléments s'arrondissent et se dissocient pour constituer la levure sphérique. Des faits semblables se produisent sur jus d'orange {Jig. 28 et 29).
On peut encore mettre en évidence le rôle utile de l'air dans la formation des sporanges au moyen d'une expérience très simple. Soit un matras d'Erlenmeyer contenant du liquide de Uaulin stérilisé à 120 degrés cL ensemencé avec le Mucor ; on
le bouche au moyen d'un tampon d'ouate très serré : la germination est d'abord retardée, puis le développement est gêné. Après quelques jours, on place le flacon au-dessus d'une sou-
FiG. u8. — Miicnr spinoaiiii. (aûIuw sur li(|U('iir de H;iuliu rn niatras d'Erleniiinycr. (Gross. a r\. I>, l'Si.)
coupe, contre laquelle on le frappe, assez légèrement pour qu'il s'y pratique une simple fente, le liquide s'échappe alors lentement et l'équilibre de niveau s'élablil dans les deux récipients.
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Ce système avait été préalablement recouvert d'une assez grande cloche afin de le garantir contre les poussières. En très peu de temps le liquide de la soucoupe se recouvre d'une végétation touffue du mucor, dont la hauteur dépasse bientôt de beaucoup celle de la culture qui s'effectue dans l'intérieur du matras, et, cependant, le milieu nulrilif y était évidemment moins riche '. Cette différence est due à l'aération du second milieu, favorable au développement des pieds fructifères, tandis que l'atmosphère restait confinée dans la fiole d'Erlenmeyer. Les deux .végétations étant situées côte à côte, la différence de l'intensité de leur développement est tout à fait tangible.
Sur liquide de Raulin stérilisé, puis ensemencé et recouvert d'une couche d'huile, il se forme une abondante végétation submergée avec production de la forme levure, mais pas de sporanges. Sur pomme déterre arrosée de liquide de llaulin, et immergée de la même façon, il se fait un développement mycélien important : les extrémités des filaments sont souvent cloisonnées, et les cellules ont une tendance à s'arrondir, prenant la forme d'un ferment sphérique, mais il ne se produit pas non plus de sporanges ; s'il existe quelques portions émergées du substratum, le mycélium se dirige vers elle, et là produit abondamment les pieds sporangifères.
De même sur peptone sous l'huile, le développement
lOO ^
du mycélium est considérable et se produit exactement à la surface de la solution, il y forme bientôt une croûte épaisse ; sur son pourtour s'échappent des filaments qui rampent et se ramifient sur la paroi du récipient, et s'élèvent à plusieurs centimètres de hauteur comme pour aller chercher l'air, mais il ne se produit aucune trace d'appareils fructifères.
Il ne se forme donc pas de sporanges normaux en l'absence
* Le cliampigiion ayant déjà abscn-bé une certaine quantité des éléments nutritifs du milieu.
de Tair. Dans l'action de celui-ci deux facteurs peuvent intervenir : 1" l'oxygène ; 2' Tévaporation de l'eau. M. Klebs est d'avis que cette évaporation de l'eau joue un rôle très important pour la formation des sporanges chez le Mucor racemosiis. comme cela était pour la production des conidies chez V Aspergillus repens.
L'expérience suivante nous semble ne pas devoir confirmer le fait pour le Mucor spinosus.
Si l'on fait une culture de V Aspergillus variahilis dans un milieu privé de vapeur d'eau en employant le procédé que nous avons décrit au chapitre a technique », on constate que la germination est ralentie : après deux ou trois jours on voit apparaître des filaments aériens blancs, courts, formant un duvet lâche, et ce développement s'arrêtera sans qu'il se soit constitué aucun sporange ; cependant, il a dû se produire dans le végétal cette évaporation abondante qui favorisait la formalion des spores exagènes. Le ballon où se faisait cette expérience était assez grand etla surface du substratum assez faible, pour qu'on ne pût pas attribuer cet avortement de l'appareil reproducteur au manque d'oxygène. Une expérience parallèle était faite sur un substratum seml)lable et dans un ballon de mêmes dimensions que ceux qui servaient à l'expérience ci-dessus, seulement on y produisait une atmosphère saturée d'humidité : on avait alors un développement rapide et luxuriant, avec production de nombreux pieds fructifères dont les sporanges donnaient ù l'ensemble de la culture un aspect noirâtre. Dans ce cas, la transpiration était cependant entravée, par le fail d'uiu' atmosphère saturée de vapeur d'eau.
En résumé^ si l'évaporation de l'eau par la plante, résultant de la sécheresse de l'atmosphère, est un facteur de la formation des spores chez Y Kiiroliuni hcrharioriim d'après Klebs, chez V Aspergillus variahilis, comme nous l'avons montré nousinême et peut-être chez tous les Aspergilhis et chez le Pcnicillium glaucum qui produit d'abondantes conidies dans une
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPECES I Sp
atmosphère absolument sèche, on ne saurait généraliser cette action pour d'autres groupes.
Fir,. 2«). — Végélntions on loviii'C (lu Miicnr ftpinosiis, obsorvéos ans (livcM-s milieux (sauf/", fhlaniydosporos;. (Gross. a, b, d, e, /", -j^i ; c, 270.)
C'est ainsi que la transpiration ne nous a pas paru avoir
i4o Di-uxiKME PAirrii:
d'effet sur la formation des sporanges chez les deux espèces de Mucorinées] que nous avons étudiées à ce point de vue. On doit dans ce cas rapporter à l'oxygène le rôle actif de l'air.
Nous savons maintenant que la présence de l'air et une température restant entre certaines limites sont des conditions nécessaires delà formation des sporanges. Ces deux conditions étant acquises, recherchons comment agira le substratumnutritif.Xous étudierons : i" la qualité des éléments qui le composent (composition chimique); i" la quantité ; 3" leur concentration (Hi la structure du substratum.
Composition chimique du substhatum. — Le champignon s'est développé à des degrés divers, sur liquide de Raulin, sur des milieux azotés organiques comme : peptone, albumine, eau de levure; ou de nature minérale : comme solutions d'azotate ou tartrate d'ammoniaque : sur des substances hydrocarbonées, telles que amidon, dextrine, glucose, lévulose, etc., sur jus d'orange, de pruneau, sur pomme de terre ou carotte, sur solutions nutritives à azote exclu.
Bachmann (iSgS) a pu séparer nettement les milieux nutritifs en deux catégories, au point de vue de leur action sur la morphologie de l'appareil reproducteur du Thamnidium ele - (/ans : d'une part ceux qui sont riches en azote, d'autre part ceux chez qui dominent les matières hydrocarbonées. Nous n'avons pu déceler ici une démarcation aussi nette dans l'action de ces deux groupes de corps.
On sait que le mode de ramification des pieds- sporangifères est extrêmement variable chez le Mucor spinosus,ei cela quelquefois sur un même milieu. Ainsi, sur liquide de Raulin on pourra trouver les ramifications dessinées iig. 27, (jui se trouvaient côte à côte dans une même culture en cellule. L'abondance des ramilications, leur irrégularité, la production de petits groupes de rameaux adventifs fréquents, caractérisent la végél.'ilion r-ur licjuide de Uauliu, mais sur d'auli^'s milieux moins uuiiilirs s'établil rapidement un mode dominant de ramilication.
Sur eau de levure
lO
lOOO
, elle est sympodique.passantsouvent
à la ramification en grappe (fig. 3o et fig. 3i) ; de plus, on observe fréquemment sur ce milieu des géniculalions : un
FiG. 3o. — Mucor spino^iis vég'élant dans eau do levure.
rameau, normal d'abord, se renfle en boule qui se recouvre d'aiguilles d'oxalate de chaux, mais le sporange qui dél)ute ainsi n'achève pas son évolution ; il développe une branche à angle aigu, qui portera, elle, le sporange à son extrémité. Sur liquide de llaulin sans azote, les pieds sporangifères sont fort
i42 deuxiî;mf. partie
espacés à la surface du liquide nutritif; comme cela a lieu aussi pour l'eau de levure, on a encore une ramification sjmpodiale
dominante (fi(^. 3 i).Sur i^lucose à ,le3 pieds fructifères sont
très élevés et atteignent 6 ou 7 millimètres, la ramification est
en cyme scorpioïde nettement allongée (fig. 3 1 ,^j ou corymbi-
forme (fig. 3 1 , h), sur peptone domine le type cyme (fig. 3 1 ,e)
les tubes sporangifères sont très gros et peu ramifiés; l'axe
primaire est court et de beaucoup dépassé par les branches
d'ordre secondaire ou plus élevé. Il en est de môme dans
peptone i -|- sulfate de zinc . , 1 ,
- — i ; les tubes sont seulement moins
gros et les rameaux plus nombreux ; l'ensemble tend à devenir
corymbiforme (fig. 3i, /> et c).
Lorsque la ramification est sympodique, comme sur liqueur de Raulin sans azote ou sur eau de levure, on a souvent une fausse apparence de végétation indéfinie : les branches se produisent au-dessous des sporanges, et alternativement à droite et à gauche (fig. 3i, f).
En résumé^ le mode de ramification est extrêmement variable chez le Mucor spiiiosus, mais il est capable de se fixer sur certains milieux, et une classification des Mucor basée sur le mode de ramification, telle que celle donnée par M. Fischer (1892, p. 184), ne peut être considérée que comme tout à fait provisoire; ce dont l'auteur convient d'ailleurs lui-même.
La 7\i pidité du développement varie aussi avec la nature du
substralum. Ainsi, deux jours après rensemencement, on
avait sur peptone a un développement aérien et submergé
abondant; il était à peu près égal sur liqueur de Kaulin ; sur jus de pruneau, la végétal ion aérienne était plus faible, le mycélium submergé plus important.
Sur licrueur de Uaulin sans azote, tanin à — ^ -solutions
^ lOOO
de glucose 10, 2, 1, 0,01 0/00, il ne s'était produit qu'un
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES ESPÈCES l ^'^
mycélium complèlemenl immergé et pas de fruclificalions
aériennes. Après sept jours, le rapport des masses aériennes
et submergées était le même.
Le développement croît avec la quantité des substances
nutritives, pour de faibles concentrations. Des cultures sur
o,oi .
peptone à étaient beaucoup moins avancées après deux
FiG .'h. — Sclioma des divers modes de raniillcalions f[iie peul luvsenler le Mucor spinosus végélanl sur des milieux dilTéreuLs.
jours que celles dans lesquelles on avait mis — ^ — de peptone ;
— . Un exa-
lOO
la différence était moins sfrande entre
^ loo et 100
men fait après huit jours montre que ces différences s'atténuent
un peu.
Des cultures sur azotate d'ammoniacrue de à
ne
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nous ont jamais donné qu'un mycélium submergé stérile. Après un jour, on avait une production fort appréciable de ce mycélium dans la solution à 2o/ioo. plus faible pour celle à
l44 DEUXIÈME PARTIE
et à partir de il ne s'était rien développé même
après vingt jours.
Uemarquons aussi que le Macor spinosus présente comme les autres espèces que nous avons étudiées une résistance aux substances toxiques qui est proportionnelle à la qualité et à la quantité des aliments qu'on lui fournit. On obtient des développements
importants dans
Sulfate de cuivre o,o5-4- Jus de pruneau i 5
lOO
dans
Sul. de cuivre o, i -1- Pep. i Sul. de zinc o,5 -h Pep. i
A.cide tar trique i, 5 -h Jus de pruneau 2 5
^ 5 alors que ces sub-
stances plus ou moins toxiques, employées seules à de pareilles doses, tuent les spores du mucor.
Mais l'accroissement de la quantité de la substance nutritive n'est favorable que jusqu'à une certaine concentration, au delà de laquelle il devient préjudiciable, l'action osmotique entrant en jeu.
Le tableau suivant présente le résumé de quelques-uns des faits que nous avons signalés et permet leur comparaison.